Fiche Technique Santé-Sécurité : Agents Pathogènes – Virus de la Ross River

SECTION I – AGENT INFECTIEUX

NOM : Virus de la Ross River1-3.

SYNONYME OU RENVOI : Fièvre de la Ross River, maladie de la Ross River, polyarthrite épidémique exanthémateuse, arthrite virale érythémateuse transmise par des arthropodes, exanthème1-3.

CARACTÉRISTIQUES : Virus du genre Alphavirus (arbovirus du groupe A), de la famille des Togaviridae, appartenant au complexe SemlikiFootnote 1. De forme sphérique (60 à 70 nm de diamètre), il est composé d’une capside icosaédrique recouverte d’une enveloppe constituée d’une double couche lipidique et renferme une seule molécule d’ARN linéaire monocaténaire à polarité positiveFootnote 1.

SECTION II – DÉTERMINATION DU RISQUE

PATHOGÉNICITÉ ET TOXICITÉ : La fièvre de la Ross River présente trois caractéristiques principales : des symptômes rhumatismaux, une éruption cutanée et des effets généraux (p. ex. myalgie, fièvre légère, fatigue et céphalées). La maladie apparaît brusquement et le premier symptôme est généralement celui d’une polyarthrite classique se manifestant par des douleurs articulaires aux poignets, aux genoux, aux chevilles, aux doigts, aux coudes, aux orteils et aux tarses. Une éruption cutanée (maculopapulaire, vésiculaire ou purpurique) s’observe chez 50 % à 75 % des patients, surtout au niveau du thorax et des membres, et disparaît en 7 à 10 jours2Footnote 3. La myalgie (chez 60 % des patients), la fatigue et la fièvre surviennent très souvent pendant la maladie, mais pas nécessairement au début1Footnote 2Footnote 4. L’adénopathie cervicale est également un signe courantFootnote 3.

La fièvre de la Ross River disparaît généralement en 3 à 6 mois2Footnote 4. La forme arthritique de la maladie ne touche pas les enfantsFootnote 1. Cependant, les éruptions cutanées maculopapulaires surviennent tant chez les enfants que chez les adultes (dans 40 % à 70 % des cas)Footnote 1.

La maladie peut aussi se manifester par une splénomégalie, une hématurie ou une glomérulonéphrite et, dans des cas extrêmement rares, par une méningite ou une encéphalite (3 cas signalés)Footnote 2.

ÉPIDÉMIOLOGIE : Le virus est indigène en Australie et dans les régions du Pacifique Ouest. Jusqu’en 1979, il n’était observé qu’en Australie, en Nouvelle-Guinée et aux Îles Salomon. Plus tard, il a gagné les Fidji, les Samoa américaines, la Nouvelle-Calédonie et les îles Cook, dans le Pacifique Sud1Footnote 3Footnote 4. L’infection par le virus de la Ross River est l’arbovirose la plus courante et la plus répandue en Australie, où 5 000 cas humains sont signalés chaque annéeFootnote 5. Les épidémies surviennent généralement après de fortes pluies (le facteur de risque le plus important, contribuant à plus de 90 % des éclosions importantes), lorsque la densité des moustiques vecteurs est élevée. La maladie touche le plus souvent les adultes de 30 à 49 ans1Footnote 6-8. Le risque d’éclosion est plus faible dans les pays au climat plus froidFootnote 2. L’isolement du virus chez l’humain n’est pas systématique. Cependant, l’isolement du virus chez les moustiques a contribué à définir la répartition géographique et les vecteurs des différentes souchesFootnote 7.

GAMME D’HÔTES : Le virus se perpétue dans un cycle primaire dans lequel interviennent des moustiques et des mammifères tels que des macropodidés (kangourou et wallaby) et peut-être d’autres marsupiaux (p. ex. opossum), les roussettes (chauve-souris frugivores) et des rongeurs indigènes (rat sombre d’Australie). Un cycle humain-moustique pourrait s’observer dans les grandes épidémies. Le cheval, l’âne, le chien, le chat et les oiseaux peuvent également servir d’hôtes amplificateurs2Footnote 9Footnote 10.

DOSE INFECTIEUSE : Inconnue.

MODE DE TRANSMISSION : Piqûres de moustiques1-3. Des cas de transmission transplacentaire et de transmission par transfusion sanguine ont été signalés, mais n’ont pas été confirmésFootnote 2.

PÉRIODE D’INCUBATION : La période d’incubation est de 9 jours en moyenne, mais elle peut s’échelonner sur 3 à 21 jours, ou plus1Footnote 2Footnote 8Footnote 10.

TRANSMISSIBILITÉ : Aucune donnée concernant une transmission directe d’un humain à un autre1-3.

SECTION III – DISSÉMINATION

RÉSERVOIR : Les macropodidés indigènes non migrateurs tels que le kangourou, le wallaby et d’autres marsupiaux (p. ex. opossum), ainsi que la fausse souris de Nouvelle‑Hollande (Pseudomys novaehollandiae), les roussettes (chauve-souris frugivores), le cheval, l’âne et trois espèces de passereaux2Footnote 5Footnote 10. Étant donné qu’il y a transmission transovarienne chez les moustiques, il est possible que des insectes jouent le rôle de réservoirs du virus de la Ross River2Footnote 3.

ZOONOSE : Indirecte, par les moustiques.

VECTEURS : Plus de 40 espèces de moustiques se reproduisant dans l’eau salée ou dans l’eau douce, notamment Culex annulirostris, Aedes vigilax, Ae. polynesiensis et autres espèces du genre Aedes3Footnote 6Footnote 7Footnote 11.

SECTION IV – VIABILITÉ ET STABILITÉ

SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS : Inconnue.

SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS : Sensible à l’éthanol à 70 % (v/v), à l’hypochlorite de sodium (500 à 1 000 ppm de chlore libre), au peroxyde d’hydrogène accéléré et aux composés d’ammonium quaternaire12Footnote 13.

INACTIVATION PHYSIQUE : Virus inactivé aux températures au-dessus de 58°C14.

SURVIE À L’EXTÉRIEUR DE L’HÔTE : Il est possible d’utiliser des souris naissantes pour isoler le virus, puis la culture cellulaire pour le répliquerFootnote 1.

SECTION V – PREMIERS SOINS ET ASPECTS MÉDICAUX

SURVEILLANCE : Pour les patients des régions où le virus n’est pas endémique, le diagnostic repose sur les symptômes, l’historique des déplacements et l’exposition à des moustiques, et est confirmé par des tests sérologiques. La détection d’IgM par ELISA dans un échantillon de sérum prélevé en phase aiguë de la maladie permet un diagnostic présomptif d’infection récente. En général, on effectue en même temps la détection des IgG et des IgM. L’analyse d’échantillons de sérum prélevés en phase aiguë de la maladie et en phase de convalescence est nécessaire à la confirmation du diagnostic. La norme diagnostique est une augmentation du titre d’anticorps par un facteur de quatre ou plus au test d’inhibition de l’hémagglutination, de fixation du complément, de séroneutralisation ou ELISA1Footnote 2Footnote 4.

Remarque : Les méthodes de diagnostic ne sont pas nécessairement toutes disponibles dans tous les pays.

PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT : Dans les cas les moins graves, on peut administrer un traitement non spécifique tel qu’un anti-inflammatoire non stéroïdien en plus d’un analgésique ordinaire. La physiothérapie est également utile. S’il y a la moindre possibilité que la personne souffre de la dengue, il faut éviter l’acide acétylsalicylique (aspirine) en raison du risque d’exacerber les manifestations hémorragiques2Footnote 5Footnote 15.

IMMUNISATION : Il n’existe aucun vaccinFootnote 1.

PROPHYLAXIE : En cas d’épidémie, des mesures doivent être prises pour lutter contre les vecteurs. Comme mesures de protection individuelle, on peut utiliser un chasse-moustiques et recourir à d’autres stratégies anti-moustiques comme porter des vêtements de couleur claire. Afin de prévenir toute transmission ultérieure du virus, il faut protéger les patients contre les moustiques1-3.

SECTION VI – DANGERS POUR LE PERSONNEL DE LABORATOIRE

INFECTIONS CONTRACTÉES EN LABORATOIRE : Aucun cas n’a été signalé jusqu’ici.

SOURCES ET ÉCHANTILLONS : Inconnu.

DANGERS PRIMAIRES : Piqûres d’aiguille et aérosols15Footnote 16.

DANGERS PARTICULIERS : Aucun.

SECTION VII – CONTRÔLE DE L’EXPOSITION ET PROTECTION PERSONNELLE

CLASSIFICATION PAR GROUPE DE RISQUE: Groupe de risque 2.

EXIGENCES DE CONFINEMENT : Installations, équipement et pratiques opérationnelles de niveau de confinement 2 pour le travail avec des matières, cultures ou animaux infectieux ou potentiellement infectieux.

VÊTEMENTS DE PROTECTION : Sarrau. Gants, lorsqu’un contact direct de la peau avec des matières infectées ou des animaux est inévitable. Une protection pour les yeux doit être utilisée lorsqu’il y a un risque connu ou potentiel d’éclaboussure Footnote 17.

AUTRES PRÉCAUTIONS : Toutes les procédures pouvant produire des aérosols ou mettant en cause des concentrations ou des quantités élevées doivent s’effectuer dans une enceinte de sécurité biologique (ESB). L’utilisation d’aiguilles, de seringues et d’autres objets tranchants doit être strictement restreinte. Des précautions supplémentaires doivent être envisagées pour les activités avec des animaux ou à grande échelle Footnote 17.

SECTION VIII – MANUTENTION ET ENTREPOSAGE

DÉVERSEMENTS : Laisser les aérosols se déposer et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie‑tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer.

ÉLIMINATION : Décontaminer toutes les matières à éliminer contenant l’agent infectieux ou ayant été en contact avec celui‑ci par stérilisation à la vapeur, désinfection chimique, rayonnement gamma ou incinération.

ENTREPOSAGE : L’agent infectieux doit être entreposé dans des contenants étanches étiquetés de façon appropriée.

SECTION IX – RENSEIGNEMENTS SUR LA RÉGLEMENTATION ET AUTRES

INFORMATION SUR LA RÉGLEMENTATION : L’importation, le transport et l’utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l’Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.

DERNIÈRE MISE À JOUR : Novembre 2011

Préparée par : Direction de la règlementation des agents pathogènes, Agence de la santé publique du Canada.

Bien que les renseignements, opinions et recommandations présentés dans cette Fiche de renseignements proviennent de sources que nous jugeons fiables, nous ne nous rendons pas responsables de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l’utilisation de ces renseignements. Comme on découvre fréquemment de nouveaux dangers, il est possible que ces renseignements ne soient pas tout à fait à jour.

Tous droits réservés © Agence de la santé publique du Canada, 2011 Canada

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