Fiche Technique Santé-Sécurité : Agents Pathogènes – Yersinia pseudotuberculosis

FICHE TECHNIQUE SANTÉ-SÉCURITÉ : AGENTS PATHOGÈNES

SECTION I - AGENT INFECTIEUX

NOM : Yersinia pseudotuberculosis

SYNONYME OU RENVOI : Yersiniose, pseudotuberculose (à Yersinia).

CARACTÉRISTIQUES : Yersinia pseudotuberculosis est un bacille coccoïde, asporulé, anaérobie facultatif Gram négatif qui appartient au genre Yersinia et à la famille des Enterobacteriaceae Note de bas de page 1 ,Note de bas de page 2 . Il est mobile à la température ambiante mais non mobile à 37 ºC Note de bas de page 1 . Les membres de cette espèce mesurent habituellement 0,5‑0,8 µm par 1‑3 µmNote de bas de page 1 . Il possède 15 sérotypes différents (8 groupes thermostables, I‑VIII, avec 9 sous‑types et 5 antigènes H thermolabiles, a‑e); le sérotype O : 1 est responsable de 60 à 70 % des cas de pseudotuberculose humaine (à Yersinia) Note de bas de page 1 -Note de bas de page 3 . Les sérogroupes sont déterminés par les antigènes présents dans la bactérieNote de bas de page 2 .

SECTION II - DÉTERMINATION DU RISQUE

PATHOGÉNICITÉ ET TOXICITÉ : Yersinia pseudotuberculosis est une cause rare d’entéropathie aiguë s’accompagnant de symptômes comme une lymphadénite mésentérique aiguë et une gastro‑entérite associée à des douleurs abdominales et à une fièvre (la diarrhée est inhabituelle)Note de bas de page 3 -Note de bas de page 5 . Une à 3 semaines après la phase aiguë de la maladie, des complications post‑infectieuses peuvent survenir, notamment une arthrite réactionnelle et un érythème noueux. La phase arthritique de la maladie peut durer jusqu’à 6 moisNote de bas de page 3 . D’autres complications ont également été observées : lésions des ganglions lymphatiques, de la rate et du foie, de même que septicémie chez les patients immunodéprimésNote de bas de page 1 ,Note de bas de page 4 . La maladie touche le plus souvent les enfants et les jeunes adultes; les sujets immunodéprimés courent un plus grand risque de maladie grave ou de décèsNote de bas de page 1 ,Note de bas de page 5 .

ÉPIDÉMIOLOGIE : Distribution dans le monde entier, le plus souvent chez les jeunes patients Note de bas de page 2,Note de bas de page 3. Lors d’une éclosion en Finlande due à de la laitue contaminée, l’âge médian des patients était de 19 ans Note de bas de page 6. Le nombre d’infections culmine de la fin de l’automne jusqu’au printemps, et des épidémies ont été associées à des aliments ou à de l’eau contaminés Note de bas de page 3,Note de bas de page 4.

GAMME D'HÔTES : La bactérie est surtout présente chez des mammifères sauvages, les porcs, les bovins, les animaux de compagnie et les oiseaux sauvages Note de bas de page 1,Note de bas de page 4. Les humains sont des hôtes fortuits Note de bas de page 4.

DOSE INFECTIEUSE : La dose infectieuse est de 10bactéries ou plus par voie orale Note de bas de page 5.

MODE DE TRANSMISSION : La maladie peut se propager entre humains ou des animaux aux humains surtout par voie oro‑fécale Note de bas de page 4. La consommation d’aliments contaminés (lait pasteurisé, lait au chocolat, tofu, haricots et porc abattu à la maison) et d’eau contaminée de même qu’un contact avec le sol contaminé peuvent causer une infection Note de bas de page 1,Note de bas de page 3,Note de bas de page 4.

PÉRIODE D'INCUBATION : Elle dure de 5 à 10 jours, mais elle peut s’étendre jusqu’à 21 jours Note de bas de page 3,Note de bas de page 5.

TRANSMISSIBILITÉ : La maladie peut se propager entre humains et peut être toujours présente dans les fèces des semaines après la disparition des symptômes cliniques Note de bas de page 7.

SECTION III - DISSÉMINATION

RÉSERVOIR : Les lapins, les rongeurs, les bovins, les porcs, les animaux de compagnie et les mammifères et oiseaux sauvages constituent les hôtes réservoirs de cette maladie Note de bas de page 1,Note de bas de page 4.

ZOONOSE : La maladie peut se propager des animaux aux humains par contact avec des animaux infectés et leurs fèces Note de bas de page 4.

VECTEURS : Aucun

SECTION IV - VIABILITÉ ET STABILITÉ

SENSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS : Sensibilité à l’ampicilline, aux céphalosporines de troisième génération, aux aminosides, aux tétracyclines et au chloramphénicol Note de bas de page 4.

SENSIBILITÉ AUX DÉSINFECTANTS : Sensibilité au phénol à 2‑5 %, à l’hypochlorite de sodium à 1 %, à l’éthanol à 70 %, au formaldéhyde à 4 %, au glutaraldéhyde à 2 %, à l’acide peracétique à 2 %, au peroxyde d’hydrogène à 3‑6 % et à l’iode à 0,16 % Note de bas de page 8,Note de bas de page 9.

INACTIVATION PHYSIQUE : La bactérie est sensible à la chaleur humide (121 ºC pendant au moins 12 minutes) et à la chaleur sèche (170 ºC pendant 1 heure) Note de bas de page 10.

SURVIE À L'EXTÉRIEUR DE L'HÔTE : Yersinia pseudotuberculosis survit jusqu’à 15 jours dans l’eau de rivière et 3 à 4 jours dans l’eau de mer à une température de 6 à 8 ºC Note de bas de page 11. Il peut survivre jusqu’à 9 mois dans le sol Note de bas de page 12.

SECTION V - PREMIERS SOINS ET ASPECTS MÉDICAUX

SURVEILLANCE : Surveiller l’apparition de symptômes. Le diagnostic peut être confirmé par la sérologie, une culture des échantillons de sang, de tissu ou de ganglions lymphatiques, un dosage ELISA, une coloration immunohistochimique et la PCR Note de bas de page 1,Note de bas de page 3.

Remarque : Les méthodes de diagnostic ne sont pas nécessairement disponibles dans tous les pays.

PREMIERS SOINS ET TRAITEMENT : Dans certains cas, des antibiotiques peuvent devoir être administrés même si les infections causées par cette bactérie évoluent en général spontanément vers la guérison Note de bas de page 13.

IMMUNISATION : Aucune.

PROPHYLAXIE : Aucune.

SECTION VI - DANGERS POUR LE PERSONNEL DE LABORATOIRE

INFECTIONS CONTRACTÉES AU LABORATOIRE : Aucune n’a été signalée jusqu’à maintenant.

SOURCES ET ÉCHANTILLONS : La bactérie peut être détectée dans les fèces, le sang ou le tissu des ganglions lymphatiques Note de bas de page 1.

DANGERS PRIMAIRES : L’inoculation parentérale accidentelle constitue toujours un risque lorsqu’on travaille avec des agents pathogènes, et l’ingestion de l’agent infectieux (par les mains contaminées) est un danger auquel est exposé le personnel de laboratoire qui travaille avec des entéropathogènes Note de bas de page 5.

DANGERS PARTICULIERS : Contact avec des animaux infectés Note de bas de page 4.

SECTION VII - CONTRÔLE DE L'EXPOSITION ET PROTECTION PERSONNELLE

CLASSIFICATION PAR GROUPE DE RISQUE : Groupe de risque 2 Note de bas de page 14.

EXIGENCES DE CONFINEMENT : Installations, équipement et pratiques opérationnelles de niveau de confinement 2 pour le travail avec des matières, cultures ou animaux infectieux ou potentiellement infectieux Note de bas de page 15, Note de bas de page 16.

VÊTEMENTS DE PROTECTION : Sarrau. Gants, lorsqu’un contact direct de la peau avec des matières infectées ou des animaux est inévitable. Une protection pour les yeux doit être utilisée lorsqu’il y a un risque connu ou potentiel d’éclaboussure Note de bas de page 15.

AUTRES PRÉCAUTIONS : Toutes les procédures pouvant produire des aérosols ou mettant en cause des concentrations ou des quantités élevées doivent s’effectuer dans une enceinte de sécurité biologique (ESB). L’utilisation d’aiguilles, de seringues et d’autres objets tranchants doit être strictement restreinte. Des précautions supplémentaires doivent être envisagées pour les activités avec des animaux ou à grande échelle Note de bas de page 15.

SECTION VIII - MANUTENTION ET ENTREPOSAGE

DÉVERSEMENTS : Laisser les aérosols se déposer et, tout en portant des vêtements de protection, couvrir délicatement le déversement avec des essuie‑tout et appliquer un désinfectant approprié, en commençant par le périmètre et en se rapprochant du centre. Laisser agir suffisamment longtemps avant de nettoyer.

ÉLIMINATION : Décontaminer les matières à éliminer qui contiennent l’agent infectieux ou sont venues en contact avec celui‑ci par autoclavage, désinfection chimique, irradiation gamma ou incinération.

ENTREPOSAGE : L’agent infectieux devrait être conservé dans des contenants étanches qui sont étiquetés de façon appropriée.

SECTION IX - RENSEIGNEMENTS SUR LA RÉGLEMENTATION ET AUTRES

INFORMATION SUR LA RÉGLEMENTATION : L’importation, le transport et l’utilisation de pathogènes au Canada sont régis par de nombreux organismes de réglementation, dont l’Agence de la santé publique du Canada, Santé Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Environnement Canada et Transports Canada. Il incombe aux utilisateurs de veiller à respecter tous les règlements et toutes les lois, directives et normes applicables.

DERNIÈRE MISE À JOUR : Décembre 2011

PRÉPARÉE PAR : Direction de la règlementation des agents pathogènes, agence de la santé publique du Canada.

Bien que les renseignements, opinions et recommandations présentés dans cette Fiche de renseignements proviennent de sources que nous jugeons fiables, nous ne nous rendons pas responsables de leur justesse, de leur caractère exhaustif ou de leur fiabilité, ni des pertes ou blessures pouvant résulter de l’utilisation de ces renseignements. Comme on découvre fréquemment de nouveaux dangers, il est possible que ces renseignements ne soient pas tout à fait à jour.

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