Introduction : Le diabète au Canada : Perspective de santé publique sur les faits et chiffres

Introduction – La surveillance du diabète au Canada

Le présent rapport – Le diabète au Canada : Perspective de santé publique sur les faits et chiffres – offre une vision d'ensemble des données permettant de décrire le diabète au pays. Les données présentées sont destinées aux professionnels de la santé, aux organisations non gouvernementales (ONG), aux décideurs, aux universitaires et à tout lecteur intéressé.

Définir le diabète

Répercussions sur le fonctionnement normal de l'organisme humain

Le diabète est une maladie chronique qui se déclare lorsque l'organisme est incapable de sécréter une quantité suffisante d'insuline ou qu'il ne peut la métaboliser correctement. L'insuline est une hormone sécrétée par les cellules bêta du pancréas et permet aux cellules de l'organisme d'absorber le glucose circulant dans le sang et de s'en servir comme source d'énergie. S'il n'est pas contrôlé, le diabète entraîne des taux de glycémie élevés, une condition connue sous le nom d'hyperglycémie. Au fil du temps, l'hyperglycémie peut endommager les vaisseaux sanguins, les nerfs et certains organes comme les reins, les yeux et le cœur, occasionnant de complications graves et, en dernier ressort, le décès. L'hypertension artérielle et l'hyperlipidémie, qui accompagnent souvent le diabète et accélèrent la détérioration des vaisseaux sanguins, sont également d'importantes cibles du contrôle.

Types de diabète

Le diabète se manifeste sous différentes formes : le diabète de type 1, de type 2 et le diabète gestationnel en sont les plus courantes (encadré I-1). Bien que tous les types de diabète soient caractérisés par une même incapacité de l'organisme à réguler adéquatement les taux de glycémie, leurs causes, leurs complications et leurs traitements, eux, peuvent varier. Entre 90 % et 95 % de Canadiens et Canadiennes atteints de diabète ont le diabète de type 2, alors qu'entre 5 % et 10 % sont atteints de diabète de type 1. Le diabète gestationnel, qui se manifeste au cours de la grossesse et qui disparaît généralement par la suite, a été détecté dans environ 3 % à 5 % des grossesses ayant donné lieu à une naissance vivanteNote de bas de page 1 Note de bas de page 2. Le prédiabète décrit un état de risque accru de diabète de type 2. Ce ne sont pas toutes les personnes atteintes de prédiabète qui développeront le diabète, mais les probabilités s'accroissent si des interventions ne sont pas entreprises pour le gérer. Heureusement, des études récentes révèlent qu'en apportant des changements au mode de vie (principalement l'alimentation, l'activité physique et la gestion du poids), il est possible de ralentir ou de mettre fin à la progression du prédiabète vers le diabèteNote de bas de page 3 Note de bas de page 4 Note de bas de page 5.

Encadré I-1. Les principales formes de diabète

  • Le diabète de type 1, autrefois connu sous le nom de « diabète juvénile » et également connu sous le nom de « diabète insulinodépendant », est une maladie auto-immune caractérisée par une agression de l'organisme par son propre système immunitaire. Les cellules du pancréas qui produisent l'insuline sont détruites, obligeant ainsi la personne à dépendre d'une source externe d'insuline afin de survivre. Le diabète de type 1 se manifeste généralement chez les personnes de moins de 40 ans, le plus souvent les enfants et les jeunes.
  • Le diabète de type 2, également appelé diabète non insulinodépendant, est un trouble métabolique qui se manifeste lorsque le pancréas ne sécrète pas suffisamment d'insuline et lorsque l'organisme n'utilise pas adéquatement l'insuline qu'il produit. Le risque de développer le diabète de type 2 est plus élevé chez les personnes qui font de l'embonpoint ou qui sont obèses, sont physiquement inactives et sont issues de certains groupes ethniques. Bien que le diabète de type 2 se manifeste habituellement chez les adultes de plus de 40 ans, il peut apparaître plus tôt et est observé même chez les enfants et les jeunes.
  • Le diabète gestationnel se produit lorsque l'hyperglycémie se manifeste au cours de la grossesse. Bien que les taux élevés de glycémie disparaissent habituellement après l'accouchement, les femmes ayant reçu un diagnostic de diabète gestationnel présentent un risque accru de développer le diabète de type 2 dans les cinq à dix années suivantes.
  • D'autres types de diabète sont plus rares. Ces types de diabète comprennent ceux associés à des défauts génétiques, à d'autres maladies, à des infections et à la prise de certains médicaments qui altèrent la capacité de l'organisme de sécréter de l'insuline ou de réagir à l'insuline, entraînant ainsi de l'hyperglycémie.

Diagnostic du diabète

Les mesures de la glycémie (encadré I-2) servent à déterminer si une personne est atteinte de diabète ou si elle risque de le développer. La définition des critères appliqués au diagnostic du diabète se trouve dans Lignes directrices de pratique clinique 2008 de l'Association canadienne du diabète pour la prévention et le traitement du diabète au Canada. Les personnes dont les taux de glycémie sont supérieurs à la normale, sans pour autant satisfaire aux critères de diagnostic du diabète, font souvent l'objet d'un diagnostic de prédiabète. Ce dernier est caractérisé par une anomalie de la glycémie à jeun (AGJ), une intolérance au glucose (IG) ou les deux.

Encadré I-2. Critères cliniques pour le diagnostic d'une anomalie de la glycémie à jeun, de l'intolérance au glucose et du diabète

  Glycémie à jeun (mmol/L)   Glycémie deux heures après l'ingestion de 75 g de glucose (mmol/L)   Glycémie aléatoire (mmol/L)

À jeun : aucun apport calorique depuis au moins huit heures.

Aléatoire : à tout moment de la journée, sans égard au moment du dernier repas.

Source : Agence de la santé publique du Canada, 2011; adapté du Comité d'experts des Lignes directrices de pratique clinique de l'Association canadienne du diabète. « Lignes directrices de pratique clinique 2008 de l'Association canadienne du diabète pour la prévention et le traitement du diabète au Canada », Can J Diabetes, vol. 32 (suppl. 1), 2008, p. S1-S225.

Anomalie de la glycémie à jeun 6,1 – 6,9 et < 7,8    
Intolérance au glucose < 6,1 et 7,8 – 11,0    
Anomalie de la glycémie à jeun et intolérance au glucose 6,1 – 6,9 et 7,8 – 11,0    
Diabète ≥ 7,0 ou ≥ 11,1 ou ≥ 11,1, accompagné de symptômes du diabète (polyurie, polydipsie et perte de poids inexpliquée)

Le diagnostic du diabète de type 1 se fait en recherchant des marqueurs de la destruction auto-immune des cellules du pancréas produisant de l'insuline. Ces marqueurs comprennent les anticorps anti-îlots de Langerhans, les anticorps anti-insuline, les anticorps acide glutamique décarboxylase et les anticorps anti-tyrosine phosphataseNote de bas de page 6. Souvent, l'apparition du diabète de type 1 se fait assez rapidement, alors que, dans le cas du diabète de type 2, l'augmentation de l'hyperglycémie se produit progressivement. Dans ce cas, des années peuvent s'écouler avant que les taux de glycémie soient suffisamment élevés pour présenter des symptômes donnant lieu à un diagnostic du diabète de type 2Note de bas de page 7. Par conséquent, de nombreuses personnes sont atteintes de diabète de type 2 et n'ont aucun symptômeNote de bas de page 8 Note de bas de page 9. C'est pour cette raison que des complications du diabète apparaissent avant même que les personnes ne soient diagnostiquées, d'où l'importance d'accentuer les efforts de prévention et de dépistage précoce du diabète de type 2.

Le système de surveillance du diabète

La planification des politiques et des programmes et l'évaluation de leur efficacité reposent essentiellement sur des données de haute qualité provenant de la surveillance de l'état de santé, des facteurs de risque, des déterminants de la santé et de l'utilisation des services de santé. La disponibilité des données de haute qualité provenant de la surveillance du diabète au Canada s'est améliorée de façon importante au cours de la dernière décennie. Le Système canadien de surveillance des maladies chroniques (SCSMC)Note de bas de page i s'appuie sur des données administratives populationnelles. Ces données proviennent des provinces et des territoires et fournissent des renseignements détaillés et comparables en ce qui a trait à l'étendue des maladies chroniques, dont le diabète, ainsi qu'à l'utilisation des services de santé et à certaines conséquences de ces maladies sur la santé. Les enquêtes nationales de santé et les statistiques de l'état civil fournissent des données supplémentaires sur le diabète, ses facteurs de risque et ses complications. Comme ce rapport s'appuie sur plusieurs sources de données, les estimations qui y figurent peuvent référer à des périodes et à des groupes d'âge différents et les définitions peuvent varier selon la source des données. Des notes d'ordre technique au sujet de ces sources de données (encadré I-3) font état de ces considérations.

Encadré I-3. Sources des données nationales et limitations

  • Période de référence
    • Dans le présent rapport, des conventions précises sont employées afin de pouvoir établir une distinction entre différentes périodes de référence. Le format « 200X/0Y » réfère à une année financière débutant le 1er avril 200X et se terminant le 31 mars 200Y. Les données provenant du SCSMCsont rapportées par année financière, sur une base annuelle.
    • Lorsque la collecte de données s'étend sur plus d'une année, la période de référence est identifiée comme « 200X-200Y ». L'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) recueille ses données une fois par année, mais regroupe les échantillons de deux années consécutives afin d'élargir la taille de l'échantillon. De même, les données recueillies entre 2008 et 2010 dans le cadre de l'Étude longitudinale régionale sur les Premières Nations (ERS) sont identifiées comme « 2008-2010 ».
  • Groupes d'âge
    • Dans la mesure du possible, des groupes d'âge et des catégories des variables standards ont été utilisés dans le présent rapport, mais cela est parfois impossible selon les sources de données. De plus, selon la variable en question, il est parfois préférable d'exclure certains groupes d'âge ou, en raison de la taille restreinte de l'échantillon, de ne pas rendre compte des estimés pour certains groupes d'âge.
  • Intervalles de confiance
    • Les intervalles de confiance (IC) à 95 % présentés avec les données délimitent une plage de valeurs susceptible d'inclure le taux de prévalence réel 19 fois sur 20.
  • Année des données
    • Bien que publiées en 2011, les estimations dans le rapport renvoient à des données d'années antérieures. Ceci est dû, notamment, à la fréquence variable des collectes de données selon les sources. En outre, l'organisation responsable des données nécessite un certain temps pour les traiter exhaustivement et les communiquer. Enfin, l'Agence de la santé publique du Canada doit vérifier la qualité et l'exactitude des données, effectuer des analyses, les interpréter et rendre public le rapport final.
  • Définitions du diabète
    • Dans ce rapport, le mot « diabète » réfère généralement à des données déclarées par le répondant ou à la maladie en général. Dans l'ESCC de 2009-2010 par exemple, le mot « diabète » indique qu'une personne a déclaré qu'un professionnel de la santé a posé un diagnostic de diabète de type 1 ou de type 2 en répondant « oui » à la question « Êtes-vous atteint (e) du diabète? ». Afin d'écarter les cas de diabète gestationnel, lorsque les répondantes ont affirmé que leur diabète avait été diagnostic au cours d'une grossesse (« Étiez-vous enceinte lorsqu'on a posé le diagnostic de diabète pour la première fois? ») et qu'elles n'étaient pas atteintes de diabète autrement qu'au cours d'une grossesse (« À un moment autre que pendant la grossesse, un professionnel de la santé vous a-t-il déjà dit que vous étiez atteinte du diabète? »), celles-ci ont été exclues des analyses.
    • Le mot « diabète diagnostiqué », qui exclut les personnes vivant avec la maladie mais qui n'ont pas encore reçu un diagnostic de diabète de la part d'un professionnel de la santé, est utilisé lorsqu'il est question de données du SCSMC. Le SCSMC présente une synthèse des données concernant les résidents du Canada qui ont fait appel au système de soins de santé canadien. Un cas de diabète est considéré être diagnostiqué lorsqu'il y a eu hospitalisation ou deux facturations de médecins avec un ou plusieurs codes afférents au diabète au cours d'une période de deux ans. Les critères du SCSMC pour établir un cas excluent les femmes atteintes de diabète gestationnel et ne font pas la distinction entre le diabète de type 1 et le diabète de type 2.
    • Dans tous les cas, la description du diabète exclut les cas de diabète non diagnostiqué dans la population.

Références

Note de bas de page 1

INSTITUT CANADIEN D'INFORMATION SUR LA SANTÉ. Nés trop vite et trop petits : étude sur les bébés de faible poids au Canada, Ottawa, Institut canadien d'information sur la santé, 2009.

Retour à la référence de la note de bas de page 1

Note de bas de page 2

FEIG, D. S., B. ZINMAN, X. WANG et J. E. HUX. « Risk of development of diabetes mellitus after diagnosis of gestational diabetes », JAMC, vol. 179, no 3, 2008, p. 229-234.

Retour à la référence de la note de bas de page 2

Note de bas de page 3

BENJAMIN, S. M., R. VALDEZ, L. S. GEISS, D. B. ROLKA et K. M. V. NARAYAN. « Estimated number of adults with prediabetes in the U.S. in 2000 : Opportunities for prevention », Diabetes Care, vol. 26, no 3, 2003, p. 645-649.

Retour à la référence de la note de bas de page 3

Note de bas de page 4

KNOWLER, W. C., E. BARRETT-CONNOR, S. E. FOWLER et coll. « Reduction in the incidence of type 2 diabetes with lifestyle intervention or metformin », N Engl J Med, vol. 346, no 6, 2002, p. 393-403.

Retour à la référence de la note de bas de page 4

Note de bas de page 5

TUOMILEHTO, J. « Nonpharmacologic therapy and exercise in the prevention of type 2 diabetes », Diabetes Care, vol. 32 (suppl. 2), 2009, p. S189-S193.

Retour à la référence de la note de bas de page 5

Note de bas de page 6

KAUFMAN, F. R. « Type 1 diabetes mellitus », Pediatr Rev, vol. 24, no 9, 2003, p. 291-300.

Retour à la référence de la note de bas de page 6

Note de bas de page 7

LEITER, L. A., A. BARR, A. BÉLANGER et coll. « Diabetes Screening in Canada (DIASCAN) Study: Prevalence of undiagnosed diabetes and glucose intolerance in family physician offices », Diabetes Care, vol. 24, no 6, 2001, p. 1038-1043.

Retour à la référence de la note de bas de page 7

Note de bas de page 8

HARRIS, M. I., K. M. FLEGAL, C. C. COWIE et coll. « Prevalence of diabetes, impaired fasting glucose, and impaired glucose tolerance in U.S. adults : The Third National Health and Nutrition Examination Survey, 1988-1994 », Diabetes Care, vol. 21, no 4, 1998, p. 518-524.

Retour à la référence de la note de bas de page 8

Note de bas de page 9

YOUNG, T. K., et C. A. MUSTARD. « Undiagnosed diabetes: Does it matter? », JAMC, vol. 164, no 1, 2001, p. 24-28.

Retour à la référence de la note de bas de page 9

Note de bas de page i

Le SCSMC était autrefois connu sous le nom de Système canadien de surveillance du diabète (SNSD).

Retour à la référence de la note de bas de page i


Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez sélectionner toutes les cases qui s'appliquent :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :