Bacilles gram négatif résistants aux carbapénèmes dans les hôpitaux canadiens de soins de courte durée: rapport de surveillance du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2012

Sommaire

Les bacilles Gram négatif causent toute une variété de maladies, allant de la pneumonie aux infections urinaires, et même de graves infections du sang ou de plaies. Les symptômes varient d'une maladie à l'autre. Les infections et la colonisation par des bacilles Gram négatif se produisent habituellement chez des patients malades exposés à des milieux de soins de courte ou de longue durée. Les bacilles Gram négatif qui causent le plus souvent des infections en milieu de soins sont Klebsiella pneumonia, Escherichia coli et le genre Acinetobacter. On nomme les bacilles Gram négatif qui ont acquis une résistance aux carbapénèmes « bacilles Gram négatif résistants aux carbapénèmes » (BGNRC).

Le présent rapport offre un exposé exhaustif de la situation relative aux BGNRC et aux organismes producteurs de carbapénémases (OPC) dans les hôpitaux canadiens de soins de courte durée depuis 2010, selon le Programme canadien de surveillance des infections nosocomiales (PCSIN). Au Canada, les OPC demeurent relativement rares dans la plupart des hôpitaux de soins de courte durée, particulièrement dans la région de l'Est. Les OPC forment un sous-ensemble de BGNRC ayant acquis une résistance aux carbapénèmes par la capacité de produire une carbapénémase, c'est-à-dire une enzyme qui décompose un carbapénème. Les OPC se détectent principalement parmi l'espèce Klebsiella pneumoniae et on les retrouve essentiellement dans le milieu hospitalier.

On observe des différences des taux d'OPC d'une région à l'autre du Canada. Une éclosion du sous-type Klebsiella pneumoniae productrice de carbapénémases (KPC) signalée dans la région du Centre a largement contribué à cette variation. On a également signalé des variations régionales des taux d'OPC aux États-Unis et dans des pays européens. Parmi les facteurs pouvant influencer l'émergence et la propagation de carbapénémases, on compte les habitudes locales d'utilisation des antimicrobiens, les différences en matière de politiques ou de mise en œuvre des mesures de lutte contre les infections, le rôle des transferts entre les établissements, ainsi que les différences quant aux pratiques et aux méthodes de dépistage, d'un hôpital et d'un laboratoire à l'autre. L'importation de carbapénémases d'autres pays attribuable aux voyages et au tourisme médical peut aussi jouer un rôle important dans la distribution régionale des cas, puisque les hôpitaux des grands centres urbains peuvent servir des patients étant plus susceptibles d'avoir voyagé à l'étranger.

En conclusion, le fardeau des BGNRC et des OPC dans les hôpitaux canadiens de soins de courte durée demeure faible, mais la propagation mondiale de bacilles Gram négatif ayant acquis des gènes de carbapénémases est une préoccupation croissante en matière de santé publique. De surcroît, l'importante proportion de patients positifs pour des OPC non associés à des voyages laisse croire à un établissement et à une propagation d'organismes producteurs de carbapénémases au Canada. Ainsi, la surveillance continue des organismes résistants aux carbapénèmes et producteurs de carbapénémases permettra à l'Agence de poursuivre sa surveillance de la propagation et du fardeau de ces types de résistance aux antimicrobiens dans les hôpitaux canadiens de soins de courte durée.

Les paragraphes qui suivent énoncent les principales conclusions qui se dégagent du présent rapport de surveillance :

  • Les taux de BGNRC dans les hôpitaux participant au PCSIN demeurent faibles. En 2012, 0,14 cas d'entérobactéries résistantes aux carbapénèmes pour 1 000 hospitalisations et 0,02 cas du genre Acinetobacter résistant aux carbapénèmes pour 1 000 hospitalisations ont été dépistés parmi 38 hôpitaux.
  • Le nombre de cas d'OPC (154 cas du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2012) signalés au Canada demeure faible et les taux sont restés stables au cours des trois années écoulées depuis que l'Agence a entrepris la surveillance.
  • Parmi ces cas, 44,8 % étaient colonisés, 31,8 % étaient infectés, et l'état de 23,4% des cas était inconnu.
  • La région du Centre du Canada a signalé le plus grand nombre de cas, dont la majorité était probablement attribuable à une éclosion signalée dans un hôpital.
  • Seulement 23 cas (14,9 %) ont dit avoir voyagé à l'étranger dans les 12 mois précédant le diagnostic et, parmi eux, 16 cas ont reçu des soins médicaux alors qu'ils étaient à l'extérieur du pays.
  • Aucun cas n'a été admis à une unité de soins intensifs en raison d'une infection par un OPC, alors qu'on a établi que trois décès étaient attribuables à des infections par un OPC.
  • Durant ces trois ans, le sous-type blaKPC (Klebsiella pneumonia productrice de carbapénémases) d'OPC a été observé dans la plus grande proportion, suivi du sous-type blaNDM-1 (New Delhi métallo-bêta-lactamase).

Pour obtenir une copie de ce rapport, veuillez envoyer votre demande à : ccdic-clmti@phac-aspc.gc.ca

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