Le virus du papillome humain (VPH) et les hommes : Questions et réponses

Qu'est-ce que le VPH?

Il existe plus de 100 types de virus du papillome humain (VPH), et un numéro d'identification est attribué à chacun, par exemple VPH-6, VPH-11, VPH-16 et VPH-18. Les VPH sont des virus qui peuvent infecter de nombreuses parties du corps. Certains types de VPH sont transmis sexuellement et peuvent causer des verrues ou avoir d'autres conséquences, comme le cancer (p. ex. le cancer du col utérin, le cancer du pénis et le cancer de l'anus. Les types de VPH qui infectent les régions anales et génitales (anogénitales) sont différents de ceux qui infectent d'autres parties du corps, comme les doigts, les mains et le visage. Les types qui sont à l'origine des verrues anogénitales ne causent généralement pas le cancer.

Les divers types de VPH sont souvent classés comme étant à faible risque et à risque élevé, compte tenu de leur association au cancer. Les types « à faible risque » sont rarement associés au cancer. Les types « à risque élevé » sont plus susceptibles de conduire au développement d'un cancer. Bien que certains types de VPH soient associés au cancer, il est rare qu'un cancer se développe des suites d'une infection à VPH.

Quels sont les signes et les symptômes d'une infection à VPH chez les hommes?

La plupart des hommes qui ont une infection à VPH dans la région anogénitale n'ont aucun symptôme, et la plupart des infections disparaissent sans traitement en quelques années. Toutefois, chez certaines personnes, les infections à VPH peuvent persister pendant de nombreuses années.

Chez certaines personnes infectées, des verrues anogénitales peuvent se former (voir ci-après : Le VPH cause-t-il les verrues anogénitales?). L'infection à VPH est également associée au développement de cancers chez les hommes, notamment les cancers du pénis et de l'anus. Les changements précancéreux et cancéreux qui peuvent résulter d'une infection à VPH ne présentent habituellement pas de symptômes visibles. Il est donc essentiel de se faire examiner régulièrement.

Le VPH cause-t-il les verrues anogénitales?

Certaines infections à VPH, surtout les types 6 et 11, peuvent causer des verrues dans la région anogénitale. Ces dernières sont généralement de la couleur de la peau, souples au toucher et peuvent ressembler à de petites protubérances plates ou à des excroissances semblables à des choux-fleurs. Elles sont généralement indolores, mais elles peuvent causer des démangeaisons. Elles apparaissent généralement à plus d'un endroit et peuvent être regroupées en masse. Parfois, les verrues anogénitales peuvent être présentes sans être visibles si elles sont internes (p. ex. à l'intérieur du vagin ou du rectum) ou si elles sont sur la peau, mais tellement petites qu'elles sont invisibles. Les verrues anogénitales ne se transforment pas en cancer. Si vous êtes actif sur le plan sexuel, vous devriez vous faire examiner régulièrement. Si vous croyez avoir des verrues, vous devriez en parler avec un professionnel de la santé.

Quel est le lien entre une infection à VPH et le cancer?

Une infection à VPH persistante, de type à risque élevé, est la principale cause de 99 % des cancers du col utérin. Les infections à VPH de types à risque élevé sont également une cause importante du cancer de l'anus. Le VPH peut aussi jouer un rôle dans le développement des cancers du pénis et de l'oropharynx (dans la gorge, à l'arrière de la bouche). Les cancers de l'anus et du pénis sont rares au Canada, mais les taux du cancer de l'anus sont en hausse. Ce type de cancer est fortement répandu chez les femmes et les hommes séropositifs ainsi que chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.

Comment les hommes contractent‑ils le VPH anogénital?

On estime que le VPH est l'une des infections transmises sexuellement (ITS) les plus répandues au Canada et dans le monde. Quiconque est actif sexuellement peut attraper le virus. Des études montrent qu'environ 75 % des hommes et des femmes actifs sexuellement sont susceptibles de contracter une infection à VPH dans la région anogénitale un jour ou l'autre. La plupart des infections à VPH sont asymptomatiques et disparaissent sans traitement en mois de deux ans.

Les types de VPH qui causent des verrues anogénitales (surtout les types 6 et 11) se propagent au contact de la peau, habituellement au cours de relations vaginales, anales ou peut-être buccales avec une personne atteinte de cette infection. Il est toutefois possible de contracter le virus en l'absence de relations sexuelles avec pénétration lorsqu'on est en contact avec une région infectée (peau contre peau) dans la région anogénitale. L'infection à VPH est plus susceptible de se transmettre en présence de verrues, mais elle peut se transmettre même lorsqu'aucune verrue n'est visible.

Il est possible d'être infecté par plus d'un type de VPH à la fois.

Une infection à VPH signifie-t-elle qu'une personne a été infidèle?

Un diagnostic récent de verrues anogénitales ou de lésions précancéreuses ou cancéreuses liées au VPH ne signifie pas nécessairement que cette personne a été infidèle. L'infection à VPH peut s'être produite des années auparavant, et le virus peut demeurer dans l'organisme pendant des semaines, des années, voire la vie durant sans signe d'infection. Il est donc difficile de savoir exactement quand ou de qui une personne a contracté le virus. Rien ne permet de savoir depuis combien de temps une infection particulière existe.  La plupart des personnes ayant une infection à VPH dans la région anogénitale ne le savent pas.

Existe-t-il un test de dépistage du VPH, des cancers connexes ou des verrues anogénitales chez les hommes?

Actuellement, un test de dépistage de l'ADN du VPH a été approuvé au Canada à l'intention des femmes, mais pas pour les hommes. Toutefois, il est possible de détecter des verrues anogénitales, qui sont la conséquence la plus répandue d'une infection à VPH chez les hommes. Les verrues anogénitales sont diagnostiquées à l'occasion d'une inspection visuelle au cours d'un examen physique fait par un professionnel de la santé. Il convient de se rappeler que vous pourriez avoir des verrues anogénitales même si vous ne les voyez pas. Elles peuvent être petites où à un endroit ou elles ne sont pas visibles, comme à l'intérieur du rectum. Il importe de se faire examiner régulièrement par un professionnel de la santé.

Il n'existe actuellement pas de programmes généraux de dépistage dans le cas du cancer du pénis ou de l'anus. Le test de Pap (Papicanolaou) peut servir à détecter les changements cellulaires dans l'anus (changements précancéreux et cancéreux) de la même façon qu'il est utilisé chez une femme pour détecter des changements dans le col de l'utérus. Les chercheurs tentent encore d'établir s'il s'agit là d'un moyen satisfaisant et économique de détecter le cancer anal. En l'absence de programmes de dépistage ou de tests de dépistage efficaces, il importe de se faire examiner régulièrement et d'informer votre professionnel de la santé sur les signes et les symptômes que vous avez.

Peut-on traiter le VPH?

Bien qu'une infection à VPH ne se guérisse pas, les verrues, les lésions et les changements précancéreux ou cancéreux causés par le virus se gèrent ou se traitent. Aucun traitement ne permet de garantir que l'organisme est débarrassé de l'infection à VPH.

Certains traitements indiqués à l'égard des verrues anogénitales, comme la cryothérapie (enlever les verrues en les gelant), sont suivis dans une clinique ou au bureau du médecin tandis que d'autres, comme les crèmes d'ordonnance, peuvent être administrés chez soi. Il faut souvent répéter le traitement. Le fait de ne plus voir la verrue ne signifie pas que l'infection à VPH est éliminée; le virus peut demeurer présent, ce qui signifie que vous pourriez avoir d'autres verrues sans être exposé de nouveau au virus. Chez la plupart des personnes, les verrues disparaissent d'elles-mêmes à la longue.

Les lésions et les changements précancéreux causés par des types de VPH à risque élevé peuvent être traités si les fournisseurs de soins de santé estiment que cela est nécessaire. Un grand nombre de ces infections s'éliminent sans traitement. Un petit nombre à peine d'infections persistantes à risque élevé deviendront des cancers. Comme pour bon nombre d'autres cancers, le dépistage précoce est l'un des principaux facteurs d'un traitement qui porte fruit.

Il faut discuter des traitements possibles avec un professionnel de la santé pour déterminer quel est le meilleur choix de traitement dans chaque cas. Les personnes immunodéficientes, particulièrement celles qui sont séropositives, peuvent exiger des soins spéciaux.

Qu'arrive‑t‑il si les résultats du test de dépistage Pap de ma partenaire sont anormaux ou si elle a des verrues anogénitales?

Si le test de Pap que subit une femme révèle des anomalies ou la présence d'un cancer du col utérin, son partenaire sexuel n'a pas besoin d'obtenir d'évaluation clinique ou de traitement à moins qu'une telle évaluation soit nécessaire à l'égard de symptômes du VPH (c.-à-d. des verrues anogénitales) ou d'autres infections transmissibles sexuellement. De la même façon, si votre partenaire sexuelle a actuellement ou a déjà eu des verrues anogénitales ou une infection à VPH, il n'est pas nécessaire d'obtenir d'évaluation clinique ou de traitement à moins que des symptônes du VPH ou d'autres infections transmissibles sexuellement l'exigent.

Comment se protéger contre le VPH?

Bien que les condoms n'éliminent pas le risque d'infection à VPH, l'utilisation d'un condom régulièrement et correctement au cours de rapports vaginaux, anaux et buccaux permettra de réduire la probabilité d'attraper le VPH ou de le transmettre à son partenaire. Il faut se rappeler qu'un condom ne protège que la région qu'il couvre de sorte qu'il est possible d'être infecté par des verrues non couvertes (p. ex. sur le scrotum). L'utilisation d'un condom permet également de se protéger contre d'autres infections transmises sexuellement et de réduire la probabilité de grossesses non désirées.

Parmi les autres moyens de réduire le risque d'infection, mentionnons le fait de reporter l'activité sexuelle à plus tard (attendre d'être plus âgé), de limiter le nombre de ses partenaires sexuels et de tenir compte des antécédents sexuels de ses partenaires, car cela peut constituer un risque pour soi (p. ex. si les partenaires ont eu précédemment de multiples partenaires).

Il existe aujourd'hui deux vaccins contre le VPH autorisés au Canada, le GardasilMD et le CervarixMD.

Le GardasilMD protège contre quatre types de VPH, deux qui causent environ 70 % de tous les cancers de col utérin (les types 16 et 18) et deux qui causent environ 90 % de toutes les verrues anogénitales chez les hommes et les femmes (les types 6 et 11). Il est autorisé pour les femmes et les hommes de 9 à 26 ans.

Le CervarixMD protège contre les deux types de VPH qui causent environ 70 % de tous les cancers du col utérin (les types 16 et 18). Il a été autorisé pour les femmes de 10 à 25 ans.

Pour obtenir des précisions sur les vaccins contre le VPH, consultez la fiche de renseignements Prévention du virus du papillome humain (VPH) et vaccin contre le VPH.

Que devrais-je savoir de plus au sujet des infections à VPH?

Il faut se rappeler que les infections à VPH sont courantes. Il ne faut pas condamner les personnes ayant une infection transmise sexuellement, car cela n'est pas une indication de la conduite personnelle. Il importe de savoir qu'il est possible de mener une vie équilibrée et saine et d'avoir une vie sexuelle satisfaisante même avec une infection à VPH ou une autre infection transmise sexuellement. En outre, en ce qui concerne le lien entre le VPH et le cancer, il importe de se rappeler que, si on a une infection à VPH, il est peu probable qu'on développe un cancer.

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