Les effets de la violence familiale sur les enfants - Où est-ce que ça fait mal?

La violence envers les enfants nous blesse tous

Les effets de la violence familiale sur les enfants - Où est-ce que ça fair mal?
La violence familiale au Canada: un profil statistique

Nous devons tous prendre soin des enfants. Aujourd’hui, nous assumons davantage la responsabilité d’intervenir dans la violence familiale et
de prévenir la violence envers les enfants, parce qu’elle doit cesser.

Qu’est-ce que le mauvais traitement des enfants?

Le mauvais traitement des enfants renvoie aux mauvais traitements physiques, psychologiques, sociaux ou sexuels commis envers un enfant. Il blesse et met en danger la survie, la sécurité, l’estime de soi, la croissance et le développement de l’enfant. Il peut impliquer un seul incident ou un schème d’incidents. La violence physique est l’usage délibéré de la force contre un enfant, d’une manière telle que l’enfant subit un mal corporel ou risque d’en subir un.

La violence physique englobe des comportements tels que secouer, étouffer, mordre, donner des coups de pied, brûler, empoisonner, tenir l’enfant sous l’eau ou tout autre usage dangereux ou nocif de contrainte. D’après le Centre national d’information sur la violence dans la famille, la violence physique est habituellement reliée à une punition ou confondue avec la discipline.

La violence psychologique renvoie aux actes ou aux omissions qui nuisent à l’estime personnelle d’un enfant de façon à causer ou à risquer de causer des troubles comportementaux, cognitifs et émotionnels. Par exemple, la violence psychologique peut comprendre les menaces verbales et le dénigrement; forcer un enfant à l’isolement social; l’intimidation, l’exploitation, le fait de terroriser un enfant ou d’avoir couramment des exigences déraisonnables à son endroit.

La violence sexuelle englobe à la fois le harcèlement sexuel et l’activité sexuelle. Elle comprend les relations sexuelles et les tentatives de relations sexuelles; inviter un enfant à toucher ou à être touché sexuellement; l’exhibitionnisme, l’exploitation sexuelle, et le voyeurisme.

Il y a négligence lorsque les besoins fondamentaux de l’enfant ne sont pas satisfaits. La négligence physique peut comprendre ne pas assurer la nourriture, les vêtements, l’abri, la propreté, les soins médicaux et la protection adéquate contre l’abus. Il y a négligence émotionnelle lorsque les besoins d’amour, d’acceptation, de sécurité et d’estime de soi d’un enfant ne sont pas satisfaits.

Les faits concernant le mauvais traitement des enfants

Le mauvais traitement des enfants

Le mauvais traitement des enfants a longtemps été gardé secret. Au Canada, une bonne moitié des femmes adultes et un homme sur trois disent avoir été victimes de violence sexuelle pendant leur enfance Note de bas de page 2. Récemment, la première étude nationale sur la violence et la négligence envers les enfants a jeté une lumière essentielle sur l’étendue de la violence familiale et du mauvais traitement des enfants et sur les circonstances qui les entourent Note de bas de page 1.

Il est important de signaler les cas soupçonnés de mauvais traitements à l’égard des enfants, parce que près de la moitié des enquêtes corroborent les cas signalés et qu’un autre 22 % des cas demeurent suspects. La négligence est la cause d’enquête la plus répandue, suivie par la violence physique, la violence psychologique et la violence sexuelle. Les garçons courent autant de risques que les filles d’être victimes de violence, mais les garçons sont plus susceptibles d’être victimes de violence physique et les filles, de violence sexuelle. La majorité des cas de violence physique comprennent une punition inappropriée, mais le tiers d’entre eux sont de nature plus grave. La forme la plus répandue de violence sexuelle consiste à toucher ou à caresser les parties génitales de l’enfant, mais un cas sur trois comprend une relation sexuelle complète ou une tentative de relation sexuelle.

Dans 9 cas sur 10, les auteurs présumés sont des membres de la famille ou d’autres personnes apparentées. La majorité des cas de violence physique impliquent le père ou la mère, mais la violence sexuelle est habituellement fait par d’autres personnes apparentées ou des personnes non apparentées.

Les parents qui maltraitent leurs enfants viennent souvent eux-mêmes d’un milieu difficile où il y avait du mauvais traitement des enfants. Ils ont souvent peu de soutien et ne savent pas très bien comment jouer leur rôle parental de manière adéquate. La famille fonctionne souvent mal pour ce qui est de la résolution de problèmes, de la communication et du contrôle du comportement. Près de la moitié des enquêtes sur les cas de mauvais traitements des enfants ont lieu dans des familles monoparentales, où les chefs de famille sont des femmes pour la plupart, et dans la moitié des enquêtes ou plus personne n’a d’emploi à plein temps dans le ménage Note de bas de page 1.

Lorsqu’il y a de la violence conjugale, il y a aussi du mauvais traitement des enfants dans 30 % à 60 % des cas. L’exposition à la violence familiale est la forme la plus répandue de violence psychologique envers les enfants.

Dernier fait important concernant le mauvais traitement des enfants : les enfants se trompent et mentent rarement à ce sujet.

L’incidence de la violence familiale sur les enfants

Les enfants qui vivent des situations de violence familiale peuvent encourir des dommages corporels immédiats et permanents et même être tués. Ils peuvent aussi connaître des problèmes émotionnels, comportementaux ainsi que des problèmes de développement à court et à long termes, notamment une névrose post-traumatique.

Dans 6 cas de violence physique ou sexuelle sur 10, les victimes ont de très gros problèmes de comportement, des relations perturbées avec leurs camarades, souffrent d’un retard de dépression et d’angoisse, sont violentes envers les autres, souffrent d’un retard de développement, leur fréquentation scolaire n’est pas assidue et leur comportement sexuel est inapproprié.

Il est maintenant connu que le fait d’être témoin de violence familiale est aussi nocif que de l’avoir vécue directement. Souvent, les parents croient avoir protégé leurs enfants contre la violence conjugale, mais les recherches montrent que les enfants voient ou entendent de 40 % à 80 % de cette violence. Les enfants qui sont témoins de violence familiale souffrent des mêmes conséquences que ceux qui ont été directement victimes de violence. En d’autres termes, un enfant qui est témoin de violence conjugale vit une forme de mauvais traitement des enfants.

Signes de violence envers les enfants et de violence familiale

violence envers les enfants et de violence familiale

Les effets du mauvais traitement des enfants et de la violence familiale se manifestent de bien des façons. Voici quelques-uns des signes de mauvais traitements, surtout lorsqu’ils se manifestent ensemble ou qu’ils représentent un changement de comportement :

  • blâme de soi, sentiments de culpabilité et de honte, attitude très dépendante, timidité extrême, cauchemars intenses à répétition, solitude, excès de tristesse prolongée, retrait social, trouble d’angoisse de séparation, crainte des étrangers, crainte des personnes qui sont du même sexe que l’agresseur, appréhension générale, anxiété et phobies;
  • sentiment de ne pas avoir le contrôle, pensées non désirées, sentiments de stigmatisation, attachement angoissé aux parents et aux fournisseurs de soins, perte de confiance dans les autres, école buissonnière, fugues, bagarres avec les camarades, infractions criminelles, utilisation précoce des drogues et de l’alcool, abus de substances intoxicantes;
  • retards dans le développement, maux de tête, maux de ventre, incontinence d’urine nocturne, troubles de l’alimentation, automutilations ou brûlures, pensées suicidaires, dissociation mentale, comportement sexuel inapproprié;
  • estime de soi extrêmement faible, difficulté à faire confiance aux autres, difficulté à résoudre des problèmes, problèmes relationnels, hauts niveaux de colère et d’agression, colères violentes, victime ou auteur de violence dans les fréquentations.

Agissez de manière à aider

Il est généralement très difficile pour des enfants qui sont victimes de violence ou de négligence de signaler le problème à quelqu’un. C’est pourquoi il importe de connaître les signes de mauvais traitements et de savoir quoi faire à ce sujet. Nous avons tous le devoir de déclarer les cas de mauvais traitement des enfants, que ce soit l’enfant qui en parle ou que nous ayons des doutes raisonnables à ce sujet. C’est la loi.

Si un enfant vous dit qu’il est victime de violence, croyez-le. Écoutez-le ouvertement et calmement. Rassurez l’enfant et donnez-lui du soutien. Dites à l’enfant que ce qui s’est passé n’est pas sa faute. Écrivez ce que l’enfant vous dit, en utilisant les mêmes mots que l’enfant, et communiquez avec votre service de police local ou un service de protection de l’enfance.

Il y a aussi des moyens d’aider les enfants victimes de violence à guérir : permettez-leur de briser le silence qui entoure la violence dans leur vie, renforcez leur capacité à se protéger physiquement et psychologiquement, renforcez leur estime de soi et offrez un milieu sain et agréable où ils pourront vivre des expériences positives. Si vous êtes un parent, un membre de la famille ou un fournisseur de soins qui maltraite un enfant, vous pouvez obtenir de l’aide pour vousmême et pour l’enfant. Il n’est jamais trop tard pour faire cesser la violence familiale.Commencez dès aujourd’hui.

Ressources

  • service de police local
  • services de protection de l’enfance
  • médecin de famille
  • centres de santé communautaire
  • amis, famille et centres communautaires
  • ateliers sur le rôle parental
  • programmes d’aide aux alcooliques et toxicomanes
  • groupes de soutien dans les cas de d épression post-partum
  • lignes d’écoute téléphonique
  • lignes de réconfort à l’intention des parents

Centre national d’information sur la violence dans la famille
Tél. : 1-800-267-1291 ou 613-957-2938
TTY : 1-800-561-5643 ou 613-952-6396
Télécopieur : 613-941-8930
Courriel : sfv-avf@phac-aspc.gc.ca

Si vous êtes un enfant qui a besoin d’aide, appelez « Jeunesse, J’écoute » au numéro 1 800 668-6868. C’est sécuritaire et c’est gratuit.

Sources :

© 2007, Sa Majesté la Reine en droit du Canada
Cat. no. : PS64-21/2007
ISBN : 978-0-662-69759-6

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