Harcèlement criminel: Poursuivre quelqu'un, ce n'est pas l'aimer!

C'est quoi?

Êtes-vous victime ou connaissez-vous une victime de harcèlement criminel?

Craignez-vous pour votre sécurité ou celle de l'une de vos connaissances à cause d'actes, de gestes ou de paroles d'une autre personne?

  1. Est-ce que quelqu'un vous suit ou suit l'une de vos connaissances de façon répétée? Répétée veut dire plus d'une fois et pas nécessairement pendant une période de temps étendue. Les événements peuvent parfois avoir lieu dans une même journée.
  2. Est-ce que quelqu'un vous fait des communications indésirables de façon répétée, que ce soit directement ou non? Directement , peut être par téléphone, en personne ou sur votre répondeur, par l'envoie de cadeaux, de petits mots, lettres ou courriels. Indirectement , peut être par l'envoie de messages par des connaissances ou amis, ou en s'informant de façon répétitive et non désirée sur vous ou votre vie privée. Ces gestes montrent que l'auteur force sa présence dans votre vie.
  3. Est-ce que quelqu'un encercle ou surveille votre maison, votre lieu de travail ou ceux d'une connaissance?
  4. Est-ce que cette personne vous a menacé ou a menacé un membre de votre famille?

Si vous pouvez répondre OUI à l'une ou l'autre de ces questions, il est possible que vous ou quelqu'un de votre entourage soyez victime de HARCÈLEMENT CRIMINEL .

Quoi faire et NE PAS faire

Vous n'êtes PAS seul(e)! Brisez le silence :

  • Appelez la police
  • Contactez les services communautaires
  • Parlez à un(e) ami(e), un(e) collègue de travail ou un membre de votre famille

Relevez dans un journal personnel tous les incidents concernant le harcèlement. Les dates, les heures, les endroits, les actes et les menaces sont plus faciles à se souvenir et à expliquer lorsque tout est écrit.

Conservez toutes les bandes magnétoscopiques de messages, les courriels, cadeaux, notes et lettres, ainsi que tout autre élément de preuve concernant ces événements.

Gardez toujours dans différents endroits et à portée de la main une liste de numéros d'urgence tels que :

  • police
  • famille immédiate
  • amis
  • collègues de travail
  • services d'aide et appuis aux victimes

N'ignorez pas les incidents qui semblent être des coïncidences. Rencontrez-vous cet individu plus souvent qu'avant à des endroits où vous ne le voyiez pas auparavant?

Si vous n'êtes pas certain(e) d'être une victime de harcèlement criminel, contactez la police.

N'acceptez jamais de rencontrer l'auteur(e) de poursuites incessantes. Ne négociez jamais directement avec cette personne, surtout seul(e)! Chaque situation de harcèlement criminel est unique. Plutôt que d'essayer d'intervenir, appelez la police. Considérez que lorsqu'un auteur de harcèlement est confronté ou on lui résiste, il peut accentuer ses actes de harcèlement ou même réagir violemment.

Que savons-nous, au Canada, au sujet du harcèlement criminel?

Le harcèlement criminel n'est pas nécessairement d'ordre psychiatrique et il existe plus d'un profil type d'auteurs de poursuites incessantes. Il semble que le motif principal de harcèlement d'une autre personne provient du désir de contrôler un expartenaire.

Les individus qui poursuivent d'autres personnes peuvent présenter une ou plusieurs difficultés psychologiques pouvant passer d'un simple trouble de personnalité jusqu'au plus profond dérangement mental. La plupart de ces individus sont obsessifs. Ce comportement obsessif fait en sorte qu'ils ont des idées et des pensées persistantes vis-à-vis d'autres personnes. Ceux qui commettent des infractions de harcèlement criminel n'ont pas nécessairement de troubles psychiatriques sérieux.

Types de comportements d'auteurs du harcèlement criminel*

Historique légal du harcèlement criminel La poursuite incessante d'une autre personne n'est pas une conduite nouvelle, mais sa reconnaissance comme conduite criminelle distincte est entrée en vigueur le 1er août 1993. La création de cette nouvelle infraction de harcèlement criminel a été adoptée pour répondre plus précisément à la violence contre les femmes. La création de l'article 264 du Code criminel du Canada prévoit que le comportement de harcèlement criminel constitue un acte criminel.

La simple obsession : La plupart de ces individus ont eu une relation avec leur victime. Le contact peut avoir été minimal, notamment dans le cas d'un rendez-vous à l'aveuglette, mais plus généralement, il s'agit d'une relation prolongée,
d'une union de fait ou d'un mariage. L'auteur du harcèlement refuse de reconnaître que la relation avec sa victime est terminée et, en général, il
adopte l'attitude selon laquelle "si je ne peux pas l'avoir, personne d'autre ne l'aura". Cet individu se lance dans une campagne de harcèlement,
d'intimidation et de terreur psychologique. Le motif de ce harcèlement criminel va de la vengeance à la croyance erronée qu'il peut convaincre ou forcer la victime à reprendre la relation.

L'érotomanie : L'individu est convaincu que l'objet de son affection, habituellement une personne du sexe opposé, l'aime avec ferveur et lui rendrait son affection si ce n'était pas de certaines influences externes. Généralement, cette dernière personne est d'un statut plus élevé que celle de l'individu érotomane, mais souvent il ne s'agit pas d'une vedette. Il peut s'agir d'un superviseur au travail, du pédiatre des enfants, d'un ministre d'église ou d'un agent de police qui a arrêté l'individu pour une infraction aux règlements de la circulation, mais n'a pas déposé d'accusation. Parfois, il peut s'agir d'un parfait étranger.

L'obsession amoureuse : L'individu peut être obsédé par l'objet de son amour, sans croire que la victime l'aime en retour. Très souvent, la personne souffrant d'obsession amoureuse est atteinte d'une maladie mentale grave, notamment de schizophrénie ou d'une autre manie, et veut ‘gagner' l'amour de sa victime.

Une autre catégorie d'auteurs de harcèlement a été reconnue mais n'a pas fait l'objet d'une étude réelle. Il s'agit d'une catégorie formée de personnes dont les actes de harcèlement s'inscrivent dans le cadre de leur perversion sexuelle (déviante). Certains violeurs et certains pédophiles se livrent à du harcèlement parce que ce comportement s'inscrit dans leurs fantasmes sexuellement déviants. Certaines personnes se livrant à du sadisme sexuel feront un ‘essai de comportement' qui englobe le fait de harceler une victime.

*Source: Groupe de travail fédéral-provincial-territorial sur le harcèlement criminel, Guide à l'intention des policiers et des procureurs de la couronne, 1999, Ottawa, ministère de la Justice
du Canada.

Renseignements sur le harcèlement criminel :

  • Plus d'une femme sur dix (âgée de 15 ans ou plus) a été victime de harcèlement criminel au Canada.
  • Les appels téléphoniques obscènes constituent la forme de harcèlement criminel signalée le plus souvent par les victimes féminines.
  • La plupart des victimes de harcèlement criminel connaissent leur harceleur.
  • Plus du tiers des victimes de harcèlement criminel ont signalé le problème à la police.
  • Une victime de harcèlement criminel sur dix a demandé une ordonnance préventive contre le harceleur, et presque la moitié d'entre elles ont été enfreintes.
  • Les femmes harcelées par un ancien partenaire intime ont fait l'objet de violence physique, par opposition aux victimes poursuites par un étranger ou une connaissance.

Centre national d'information sur la violence dans la famille
Tél. : 1-800-267-1291 ou 613-957-2938
TTY : 1-800-561-5643 ou 613-952-6396
Télécopieur : 613-941-8930
Courriel : sfv-avf@phac-aspc.gc.ca
Sources : Statistique Canada - La violence familiale au Canada : un profil statistique 2005

© 2007, Sa Majesté la Reine en droit du Canada
Cat. no. : PS64-19/2007
ISBN : 978-0-662-69757-2

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