Section 7 : Des cadres sains pour les jeunes du Canada – La santé et le bien-être émotionnels

7 La santé et le bien-être émotionnels

par John Freeman

L’importance de la santé émotionnelle

La santé émotionnelle des jeunes traduit l’incidence de leurs émotions et de leur psychologie sur leur santé, leurs attitudes et leur bien-être et traduit également la mesure dans laquelle ils sont conscients d’éprouver ces émotions.

La santé émotionnelle devrait préoccuper tous les Canadiens. La recherche a démontré que nombre de personnes qui éprouvent des problèmes de santé mentale à l’adolescence continuent de les éprouver à l’âge adulte. Il est donc capital d’assurer le dépistage précoce des symptômes de problèmes d’ordre émotionnel.Note de bas de page 1

Les problèmes de santé mentale peuvent avoir pour les personnes qui en souffrent de multiples répercussions négatives, incluant une limitation des possibilités d’emploi, un accès plus difficile au logement et des relations familiales difficiles.Note de bas de page 2 Lorsque la détérioration de la santé émotionnelle donne lieu à l’apparition d’une maladie mentale plus grave, elle risque d’exposer la personne atteinte à la pauvreté, à l’itinérance et à l’exclusion sociale, et même mettre éventuellement sa vie en danger.

La recherche peut nous aider à repérer les jeunes d’âge scolaire les plus exposés à une détérioration de leur santé émotionnelle et l’Enquête HBSC fait donc oeuvre utile en recueillant des données sur la santé émotionnelle des jeunes Canadiens.

Comment l’Enquête HBSC évalue-t-elle la santé émotionnelle?

L’Enquête HBSC évalue l’état de santé émotionnelle des adolescents de quatre façons différentes, faisant appel à des mesures directes et indirectes de la santé émotionnelle (incluant ses aspects somatiques) prises à l’échelle spécifique et globale (tableau 7.1).

7.1 Mesures de la santé émotionnelle
  Spécifique Globale
Indirecte Symptômes psychosomatiques Perception de la santé
Directe Bien-être émotionnel Satisfaction au regard de la vie

Les huit symptômes psychosomatiques évalués dans le cadre de l’enquête HBSC représentent des indicateurs indirects, mais spécifiques de la santé émotionnelle. Figurent au nombre de ces symptômes les maux de tête, les maux d’estomac, les maux de dos, le fait d’être déprimé ou d’avoir le cafard, l’irritabilité ou la mauvaise humeur, la nervosité, la difficulté à s’endormir et les étourdissements. Nous avons demandé aux jeunes de nous indiquer la fréquence à laquelle ils avaient souffert de ces malaises au cours des six mois précédents, les réponses proposées pour chaque malaise étant : « presque chaque jour », « plus d’une fois par semaine », « presque chaque semaine », « presque chaque mois » et « rarement ou jamais ».

Neuf questions sur le bien-être émotionnel avaient été incluses dans le questionnaire afin d’obtenir des indicateurs directs, spécifiques de l’état de santé émotionnelle des jeunes. À cet égard, nous leur avons demandé s’ils avaient confiance en eux, s’il leur arrivait de souhaiter être quelqu’un d’autre, de se sentir impuissant, d’avoir de la difficulté à prendre des décisions, de regretter avoir fait quelque chose, de vouloir changer leur apparence, d’avoir l’impression d’être délaissés, de se sentir seuls et d’avoir de la difficulté à dire non. Pour chacune de ces questions, les réponses proposées étaient : « je suis tout à fait d’accord », « je suis d’accord », « je n’ai pas d’avis particulier », « je ne suis pas d’accord » et « je ne suis pas du tout d’accord ».

Pour obtenir un indicateur indirect de la santé émotionnelle globale, nous demandions aux jeunes de décrire simplement leur état de santé en choisissant parmi « excellent », « bon », « moyen » ou « mauvais ».

Enfin, pour obtenir un indicateur direct de la santé émotionnelle globale, nous avons demandé aux élèves d’indiquer leur degré de satisfaction au regard de la vie sur une échelle de 0 à 10 où 0 correspond à la pire vie possible et 10 à la meilleure vie possible.

Sur quoi le présent chapitre porte-t-il?

Les huit symptômes psychosomatiques et les neuf indicateurs du bien-être émotionnel peuvent être examinés séparément ou de concert de façon à obtenir deux échelles. La première de ces échelles, celle des symptômes psychosomatiques, comporte trois degrés (aucun symptôme, 1 à 3 symptômes et 4 symptômes ou plus), tout comme la seconde, celle du bien-être émotionnel (faible, moyen et élevé).

Nous tenons compte de la fréquence à laquelle les élèves ont présenté les trois symptômes psychosomatiques suivants au cours des six mois précédents, à savoir les maux de dos (au moins une fois par fois), le fait d’être déprimé ou d’avoir le cafard (au moins une fois par semaine) et l’irritabilité ou la mauvaise humeur (plus d’une fois par semaine). Nous examinons ensuite les réponses à trois des neuf questions portant sur le bien-être émotionnel des élèves, à savoir celles ayant trait à la confiance en soi, au souhait d’être quelqu’un d’autre et au fait de se sentir impuissant.

Nous voyons ensuite comment les élèves évaluent leur état de santé général et leur satisfaction au regard de la vie et examinons les liens entre le degré de satisfaction au regard de la vie et les échelles des symptômes psychosomatiques et du bien-être émotionnel.

Nous examinons aussi la corrélation entre ces deux échelles et les quatre variables contextuelles – fait de vivre avec ses deux parents, expérience scolaire (rendement scolaire et attitude à l’égard de l’école), relations avec les camarades (communication avec les amis et attitudes prosociales des amis), et statut socioéconomique (aisance de la famille).

Symptômes psychosomatiques dont souffrent les élèves canadiens

La figure 7.2 présente le pourcentage d’élèves qui ont déclaré avoir souffert de maux de dos au moins une fois par mois au cours des six mois précédents. On y voit que la proportion d’élèves souffrant de maux de dos augmente tant chez les garçons que chez les filles en fonction de l’année d’études, passant de 36 % chez les garçons et de 31 % chez les filles de 6e année à 53 % et 60 % chez ceux et celles de 10e année. Cette hausse est plus marquée chez les filles que chez les garçons de la 6e à la 8e année et, aux années supérieures, la proportion d’élèves souffrant de maux de dos est 7 % plus élevée chez filles que chez les garçons.

Peu prononcé lors des trois années d’enquête précédentes (sauf dans le cas des élèves de 10e année en 1994 et en 1998), l’écart relevé entre les garçons et les filles eu égard au taux de déclaration de maux de dos est plus marqué en 2006, les garçons de 6e année étant plus nombreux que leurs consoeurs à souffrir régulièrement de maux de dos, alors que le rapport s’inverse dans le cas des élèves de 8e et de 10e année (figure 7.3).

Figure 7.2: Les élèves qui ont souffert de maux de dos
Figure 7.3: Les élèves qui ont souffert de maux de dos

Équivalent textuel - Figure 7.3

La figure 7.4 montre le pourcentage d’élèves qui ont déclaré avoir été déprimés (avoir eu le cafard) au moins une fois par semaine dans les six mois précédents. Chez les garçons, ce pourcentage atteint un sommet de 26 % en 6e année, pour descendre à 21 % en 7e année, puis se maintenir à cette valeur au cours des trois années subséquentes. Par contraste, chez les filles, il prend une valeur plancher de 24 % en 6e année, pour passer à 32 % en 7e année et atteindre un sommet de 38 % en 10e année. Aussi, bien que l’incidence des épisodes de déprime soit légèrement plus élevée (de 2 %) chez les garçons que chez les filles en 6e année, elle est beaucoup plus élevée chez les filles que chez les garçons en 10e année.

On peut voir à la figure 7.5 que le nombre d’élèves déclarant être déprimés ou avoir le cafard est demeuré essentiellement le même au fil des ans, bien que l’écart entre les sexes soit plus prononcé en 2006 tant chez les élèves de 8e année que chez ceux de 10e année.

Figure 7.4: Les élèves qui ont été déprimés
Figure 7.5: Les élèves qui ont été déprimés

Équivalent textuel - Figure 7.5

Comme pour les deux autres symptômes psychosomatiques étudiés, on enregistre des écarts entre les garçons et les filles au titre de l’incidence de l’irritabilité ou de la mauvaise humeur (figure 7.6). Le pourcentage de garçons qui ont déclaré être irritables ou de mauvaise humeur reste constant d’une année d’études à l’autre, alors que le pourcentage de filles correspondant augmente selon l’année d’études, la hausse la plus marquée étant observée de la 6e à la 7e année. Ainsi, alors que l’incidence de l’irritabilité ou de la mauvaise humeur est à peu près la même chez les garçons et chez les filles de 6e année (17 % et 16 %, respectivement), elle diffère selon le sexe chez les élèves de toutes les autres années d’études, étant dans chaque cas plus élevée chez les filles que chez les garçons.

Les écarts relevés entre les garçons et les filles concernant l’irritabilité et la mauvaise humeur se maintiennent d’une année d’enquête à l’autre (figure 7.7). Bien que l’incidence de ce symptôme ait diminué chez les deux sexes et à toutes les années d’études entre 1994 et 1998, elle n’a que très peu varié de 1998 à 2002 et est restée virtuellement inchangée de 2002 à 2006.

Figure 7.6: Les élèves qui ont été irritables ou de mauvaise humeur
Figure 7.7: Les élèves qui ont été irritables ou de mauvaise humeur
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