Synthèse des données probantes : facteurs sociaux et culturels liés à l’utilisation d’antimicrobiens

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Ce rapport complète le document Pleins feux de l'administratrice en chef de la santé publique du Canada 2019.

Table des matières

Introduction

On décrit dans la présente synthèse des données probantes les facteurs sociaux et culturels, y compris les normes, les valeurs, les croyances, le contexte historique et d’autres facteurs socioculturels, qui ont une incidence sur l’utilisation inutile d’antimicrobiens au Canada et dans les pays membres de l’ Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Méthodologie

Le Bureau de l’administratrice en chef de la santé publique (BACSP), qui fait partie de l’Agence de la santé publique du Canada, a réalisé un examen des données probantes afin de cerner les facteurs sociaux et culturels liés à l’utilisation inutile d’antimicrobiens en milieu communautaire et dans le milieu des soins de première ligne au Canada et dans les pays membres de l’OCDE.  

De concert avec la Bibliothèque de la santé de l’Agence de la santé publique du Canada, une stratégie de recherche de la littérature en fonction de critères PICO prédéfinis (annexe a) a été formulée. Des recherches par mots-clés pour trouver des études ont été réalisées dans les bases de données électroniques suivantes : Ovid MEDLINE/PubMed, Embase, PsychINFO et les bases de données de collaboration Cochrane et Campbell. Seules des études publiées après le 1er janvier 2009 (les dix dernières années) font partie de la sélection initiale.

Le BACSP a réalisé un examen des titres, des extraits et des mots clés pour établir la pertinence des articles en ce qui concerne les facteurs socioculturels de l’utilisation d’antimicrobiens au Canada et dans les pays membres de l’OCDE. Au total, le BACSP a examiné 113 articles canadiens et 866 articles issus de pays membres de l’OCDE. De ce nombre, 13 articles canadiens et 203 articles de pays de l’OCDE répondaient aux critères de sélection. À la suite d’un examen initial de 203 articles de pays de l’OCDE, 25 revues systématiques et études principales portant sur de nombreux pays ont été retenues, outre les 13 articles canadiens, pour faire l’objet d’un examen plus approfondi. La recherche a dévoilé des lacunes au niveau de la documentation canadienne en ce qui a trait à la science du comportement et aux facteurs socioculturels liés à l’utilisation d’antimicrobiens. Pour combler ces lacunes, 11 autres articles ou rapports ont été identifiés en dépouillant la littérature grise, en réalisant des recherches manuelles et en vérifiant les références.

Il a été demandé au Centre Michael G. DeGroote-Cochrane Canada et au Centre GRADE (de la McMaster University) de réaliser un examen rapide et autonome des faits, exercice qui a permis de cerner les facteurs socioculturels liés à une mauvaise utilisation ou à une utilisation excessive d’antimicrobiens au Canada et dans les pays membres de l’OCDE à tous les niveaux du système de santé. L’examen externe a porté notamment sur des faits issus de revues systématiques extraits de Ovid MEDLINE et des bases de données probantes de la McMaster University, y compris ACCESSSS, Health Evidence et Health Systems Evidence, de la littérature grise provenant de sites Web d’organisations de santé internationales et nationales et d’études de recherche principales au Canada. Les conclusions ont fait l’objet d’une comparaison croisée avec les résultats de l’examen des données probantes réalisé par le BACSP. Douze autres articles/rapports ont été sélectionnés et inclus dans la synthèse. Il s’agissait d’articles pertinents publiés avant 2009 retrouvés grâce à une vérification de références et au dépouillement de la littérature grise. Au total, 61 articles/rapports ont été inclus dans la synthèse des données probantes présentée au tableau 1.

Limites

Les recherches réalisées n’étaient pas exhaustives et n’ont pas tenu compte de documents non indexés dans les bases de données indiquées. Seuls les documents publiés en anglais et en français ont été examinés, et il est possible que certains documents aient été exclus pour cette raison. Le risque de biais et la qualité de l’étude n’ont pas été évalués dans le cadre du présent exercice. Enfin, sauf pour quelques articles-clés, l’ensemble de données présentées ne comprend que des articles publiés après le 1er janvier 2009.  

Résultats

Une analyse thématique des facteurs identifiés a été réalisée. Les résultats ont été résumés et classés au tableau 1, selon un des thèmes suivants : déterminants liés au patient, déterminants liés au praticien, déterminants liés à l’organisation et aux systèmes de santé, et enfin, déterminants socioculturels de l’utilisation d’antimicrobiens.

Tableau 1 : Résumé des facteurs socioculturels liés à l’utilisation d’antimicrobiens documentés
Déterminants de l’utilisation d’antimicrobiens Description Références
Liés aux patients

Attitudes, connaissances ou croyances au sujet des antibiotiques

Les différences sur le plan de l’épidémiologie et des soins de santé ne peuvent à elles seules expliquer les variations bien connues qui existent entre les pays membres de l’OCDE en ce qui a trait à l’utilisation des antibiotiques. Des facteurs sociaux et culturels jouent également un rôle important dans la consommation d’antibiotiques.

Les attitudes, les connaissances et les croyances des patients au sujet des antibiotiques sont parmi les déterminants de l’utilisation d’antimicrobiens les plus fréquemment étudiés, notamment la perception du rôle que ce type de médicaments peut jouer dans le maintien d’une bonne santé. De nombreuses études révèlent que les fausses idées et les incertitudes concernant le rôle des antibiotiques découlent des attitudes, des connaissances et des croyances des patients au sujet des causes de la résistance aux antibiotiques, par exemple les croyances et les connaissances entourant l’efficacité des antibiotiques pour le traitement des infections virales, ainsi que les connaissances et les croyances générales à propos des maladies infectieuses.

Rennert-May et Conly, 2016; Lucas et coll., 2015; Borg, 2012; Pechere, 2001; van Duijn et coll., 2003; Grigoriyan et coll., 2007; Grigoriyan et coll., 2008; Cabral et coll., 2016; Tahtinen et coll., 2009; Alili-Idrizi et coll., 2014; Rzeuwuska et coll., 2019; Bosley et coll., 2018; Altiner et coll., 2007; Cantarero-Arevalo, 2017

Selon au moins 1 étude, les gens sont d’avis qu’ils courent peu de risques de développer une résistance aux antibiotiques et que cette résistance est attribuable aux actions des autres, et que les stratégies visant à minimiser la résistance devraient viser les cliniciens.

McCullough et coll., 2016

Attitudes, connaissances ou croyances au sujet de la maladie et des comportements liés à la santé

L’utilisation d’antimicrobiens a été liée à de nombreux facteurs socioculturels, comme les attitudes, les connaissances ou les croyances au sujet des maladies et les comportements liés à la santé, notamment les connaissances et les croyances concernant la caractérisation d’un diagnostic (c.-à-d. la perception de ce qui est considéré comme un symptôme problématique), les connaissances relatives au cours naturel des maladies infectieuses, les seuils perçus menant à la consultation d’un médecin, les stratégies d’adaptation, ainsi que les croyances concernant le pouvoir inhérent de guérison du corps humain.

van Duijn et coll., 2003; Grigoriyan et coll., 2008; Rosman et coll., 2008; McKay et coll., 2016; McIsaac et coll., 2011

Selon des études canadiennes, il existe un lien rigoureux entre la saison de la grippe et l’utilisation à la hausse d’antibiotiques, qui illustre bien la croyance erronée selon laquelle les antibiotiques peuvent servir à combattre des maladies causées par des virus. Une baisse du nombre de prescriptions d’antibiotiques pour des infections respiratoires associées à la grippe a été constatée dans les provinces qui ont adopté un programme universel de vaccination contre la grippe, notamment l’Ontario. 

Glass et coll., 2010; Kwong et coll., 2009

Attente que la consultation d’un médecin mènera à l’obtention d’une prescription

On a déterminé que les attentes du patient ou du prestataire de soins font partie des principaux facteurs favorisant la prescription inappropriée d’antibiotiques par les médecins de première ligne. Les attentes des patients varient selon le type, la durée et la gravité des symptômes. En outre, les parents ou les prestataires de soins sont plus susceptibles de s’attendre à recevoir un antibiotique si leur enfant a déjà reçu une prescription d’antibiotiques.

Il est arrivé qu’ un lien soit observé entre des facteurs démographiques et les attentes des patients. Par exemple, des études menées aux États-Unis ont révélé que des immigrants récemment arrivés de pays où les antibiotiques sont en vente libre étaient plus susceptibles de s’attendre à recevoir des antibiotiques pour le traitement d’infections des voies respiratoires supérieures, comparativement à la population générale.

Rowan et Thompson, 2016; Cadieux et coll., 2007; Cockburn et Pit, 1997; Avorn et coll., 2000

Expérience relative aux antibiotiques

Au moins 1 étude a révélé que les patients ayant déjà reçu des antibiotiques sont plus susceptibles d’en redemander ultérieurement.

Tahtinen et coll., 2009

Déterminants démographiques et sociaux de la santé

L’âge (c.-à-d. les groupes de patients les plus jeunes et les plus âgés), un statut socio-économique inférieur (c.-à-d. pauvreté, faible niveau d’éducation), le fait d’être né à l’étranger, le fait de vivre dans un milieu urbain, la présence de comorbidités, ainsi qu’un accès limité au système de soins de santé ou à des soins continus sont des facteurs invariablement associés à une utilisation supérieure ou inappropriée des antibiotiques.

Kozyrskyj et coll., 2004; Marra, Mak et Chong, 2010; PHAC, 2012

Une forte densité d’occupation, l’itinérance et la pauvreté ont toutes été associées à des taux plus élevés de résistance aux antimicrobiens dans les pays à revenus élevés.

Alividza et coll., 2018

Liés au praticien

Attentes perçues des patients

Plusieurs études laissent croire que les prescripteurs sont influencés par le désir de maintenir ou d’établir une relation positive avec leurs patients, et qu’ils prescrivent ainsi des traitements selon leur perception des attentes des patients. Ce comportement est souvent associé à leurs croyances ou leurs hypothèses selon lesquelles les patients s’attendent à recevoir des antibiotiques, ou voulant que la satisfaction des patients soit associée à une prescription, alors qu’en fait, des facteurs comme le temps alloué à la consultation ont tendance à être un meilleur facteur prédictif de la satisfaction des patients.

Ternhag, et coll., 2014; Teixeira Rodrigues et coll., 2013; MacFarlane et coll., 1997; Coenen et coll., 2013

Connaissances, croyances et attitudes relatives aux antibiotiques

De nombreuses études révèlent qu’une meilleure compréhension des connaissances, des croyances et des attitudes des médecins concernant la prescription d’antibiotiques est essentielle en vue d’élaborer des programmes efficaces de gestion de l’utilisation des antimicrobiens.

Rosman et coll., 2008; Deschepper et coll., 2008; Cole, 2014; Teixeira Rodrigues et coll., 2013

Selon un examen systématique réalisé dans les pays membres de l’OCDE, même si les prescripteurs sont conscients du problème de la résistance aux antibiotiques, ils imputent la responsabilité aux patients, à d’autres pays et aux milieux entourant les soins de santé. Aussi, la résistance antimicrobienne est pour eux une question de faible priorité et représente une conséquence distante de la prescription d’antibiotiques.

McCullough et coll., 2015

Attitudes, croyances ou pratiques relatives à la prise de décision conjointe

La prise de décision conjointe est depuis longtemps reconnue comme une stratégie efficace en vue de réduire la surutilisation de traitements et les conflits décisionnels concernant les options thérapeutiques. Au moins 1 étude de bonne qualité a révélé qu’un programme de prise de décision conjointe aux soins primaires avait amélioré la participation des patients et réduit le nombre de patients qui décidaient d’utiliser des antibiotiques pour le traitement d’infections aiguës des voies respiratoires.

Légaré et coll., 2012

Attitudes, croyances ou pratiques relatives à l’évitement de l’incertitude

On croit que l’évitement de l’incertitude, ou le degré de tolérance envers une situation ambiguë, se traduit par une demande du patient pour la prescription d’antibiotiques et  la prescription de ceux-ci par le praticien, dans des situations où l’indication du traitement peut être équivoque. Dans le cadre de deux études écologiques, une corrélation positive significative a été observée entre l’évitement de l’incertitude et l’utilisation d’antibiotiques.

Deschepper, 2008; Gaygisiz, Lajunen et Gaygisiz, 2016; Teixeira Rodrigues et coll., 2013

Facteurs qui influent sur la qualité des relations patient-praticien
(p. ex. distance hiérarchique, confiance et compétences perçues)

On a décrit la relation patient-praticien comme un des déterminants les plus importants de l’utilisation d’antimicrobiens. Les normes, les valeurs, les croyances et les attitudes culturelles envers la santé et les soins de santé peuvent influencer la qualité de la communication entre les médecins et leurs patients. Plusieurs études ont porté sur les différences entre des pays européens en ce qui a trait à la communication médicale en fonction de la théorie des dimensions culturelles d’Hofstede. Les résultats ont révélé que des facteurs tels que la distance hiérarchique (soit la façon propre à une culture qu’ont les gens de se comporter par rapport à l’autorité et aux compétences perçues du médecin par les patients et la confiance qu’ont ces derniers en leur médecin) sont des dimensions importantes qui influencent la prescription d’antibiotiques, en agissant sur la communication et la prise de décision conjointe.

Bosley et coll., 2018; Brooks-Howell et coll., 2013; Lucas et coll., 2015; Deschepper, 2008

Volume de la clientèle

Au moins 3 études ont révélé que les médecins dont la clientèle est vaste sont plus susceptibles de prescrire des antibiotiques de façon inappropriée ou excessive, comparativement à ceux dont le volume de la clientèle est restreint.

Cadieux et coll., 2007; Daneman et coll., 2017; Fleming-Dutra et coll., 2018

Facteurs sociodémographiques des praticiens

Parmi les facteurs sociodémographiques des praticiens, l’âge plus élevé, la spécialité médicale et le nombre élevé d’années de pratique étaient associés à une prescription inappropriée. Par exemple, 1 étude menée au Manitoba portant sur les habitudes de prescription aux enfants a révélé des taux de prescription plus élevés chez les médecins plus âgés, ceux formés à l’extérieur de l’Amérique du Nord et les non-spécialistes.

Lopez-Vasquez et coll., 2012; Kozyrskyj et coll., 2004

Formation et études médicales

De meilleures compétences cliniques et études médicales sont associées à une diminution du nombre de prescriptions d’antibiotiques pour des infections des voies respiratoires virales. Un examen systématique des pays de l’OCDE a démontré que le manque d’expérience clinique et de formation médicale continue était associé à une prescription inappropriée d’antibiotiques.

Cadieux et coll., 2011; Teixeira Rodrigues et coll., 2013

Selon une étude réalisée en Colombie-Britannique sur le nombre de prescriptions d’antibiotiques préparées par les prestataires de soins, les dentistes se situaient au deuxième rang parmi les prescripteurs d’antibiotiques, après les médecins.Citons parmi les facteurs qui ont incité les dentistes à prescrire, les différences au niveau de la formation et l’adoption lente des nouvelles lignes directrices.

Marra et coll., 2016

Liés à l’institution et au système de santé

Disponibilité des outils diagnostiques et accès à ces derniers

L’incertitude diagnostique peut jouer un rôle dans l’utilisation inappropriée des antibiotiques. Des outils diagnostiques peuvent souvent contribuer à identifier le microorganisme à l’origine de l’infection et fournir des renseignements sur la réponse immunitaire du patient, permettant ainsi aux prestataires de soins de faire la distinction entre les infections requérant un traitement antimicrobien et celles qui n’en nécessitent pas.

Laxminarayan et coll., 2013; Drekonja et coll., 2015

Disponibilité de lignes directrices adaptées au contexte local

L’incertitude diagnostique et le souhait d’éviter des complications peuvent être d’importants facteurs favorisant la prescription inappropriée d’antimicrobiens. Les auteurs d’une enquête menée auprès de pédiatres de soins primaires dans 21 pays européens ont conclu qu’il existait un besoin en matière d’interventions éducatives, telles que des lignes directrices de pratique clinique, afin de réduire le nombre de prescriptions inappropriées d’antimicrobiens. Dans d’autres contextes, la diffusion de lignes directrices pour la prise en charge des pneumonies aiguës acquises dans la communauté a été étroitement associée à une hausse de la conformité des prescripteurs dans les services d’urgence.

Grossman et coll., 2012; Doyon et coll., 2009; Ness et coll., 2016; Dickson et coll., 2017

Influence des pairs et disponibilité de systèmes d’autosurveillance

Les normes sociales peuvent influencer le comportement humain. Quelques études révèlent que des valeurs communes au sein d’une pratique clinique peuvent définir la culture en matière de prescription d’antibiotiques à l’échelle locale. Les caractéristiques des cultures où ces résultats peuvent être plus fréquents comprennent les pratiques où la surutilisation des antibiotiques est généralement acceptée, où les effets indésirables possibles des antibiotiques ont peu d’influence sur la prise de décision clinique et où les rétroactions entre pairs peuvent être limitées.

Doyon et coll., 2009; Daneman et coll., 2017; Livorsi et coll., 2015

Prescription d’antibiotiques en vente libre

L’utilisation des antimicrobiens peut être influencée par les politiques de remboursement, des incitatifs financiers et les règlements en matière de soins de santé. La façon dont les soins de santé sont financés ou remboursés peut influer sur la prescription d’antibiotiques. Au moins 1 étude a signalé une diminution de l’utilisation des antibiotiques après l’imposition de restrictions réglementaires sur la prescription d’antibiotiques en vente libre.

Harbarth et Monnet, 2007

Incitations économiques ou pressions de l’industrie pharmaceutique

Les incitations économiques ou les pressions de l’industrie pharmaceutique peuvent influer sur la prescription d’antibiotiques par les cliniciens. Quelques études ont révélé que des sociétés pharmaceutiques tentent parfois avec insistance d’influencer les habitudes de prescription d’un médecin. Par exemple, Harbarth et ses collègues (2002) ont décrit comment les bas prix des médicaments dans 1 pays européen avaient motivé l’industrie pharmaceutique à mener, pour compenser, des activités de commercialisation extrêmement intenses. Les réunions fréquentes entre médecins et représentants de sociétés pharmaceutiques ont aussi été associées à des taux élevés de prescription d'antibiotiques.

Hulscher et coll., 2010; Harbarth et Monnet, 2007; Harbarth et coll., 2002; Teixeira Rodrigues et coll., 2013

Lois visant les fautes professionnelles

Dans certains pays, les médecins peuvent être plus susceptibles de prescrire des médicaments afin d’éviter les plaintes en justice.

Rosman, 2009; Harbarth et Monnet, 2007

Politiques concernant les congés de maladie

Une étude a souligné l’influence des politiques concernant les congés de maladie sur les demandes d’antibiotiques, illustrant le besoin des parents de retourner travailler comme facteur favorisant la demande pour des antibiotiques.

Harbarth et Monnet, 2007

Pratiques et politiques relatives aux garderies

Au moins 1 étude a révélé que la fréquentation d’une garderie a été associée à un risque accru d’infection aux oreilles chez les enfants et à une utilisation excessive d’antibiotiques.

Harbarth et Monnet, 2007

Campagnes de vaccination et mise au point de vaccins

En contribuant à réduire la sensibilité à diverses maladies infectieuses, les investissements dans la mise au point de nouveaux vaccins et la mise en œuvre de stratégies de vaccination sont susceptibles d’engendrer une diminution de la transmission et des répercussions des bactéries résistantes aux antimicrobiens.

Kwong et coll., 2009; Harbarth et Monnet, 2007; Harbarth et Samore, 2005

Facteurs socioculturels

Distance hiérarchique

La distance hiérarchique fait référence à la force des hiérarchies sociales réelles ou perçues. La prescription d’antibiotiques peut revêtir des connotations symboliques et être perçue comme un signe de pouvoir et d’expertise. Plusieurs études indiquent qu’une grande distance hiérarchique entre le prescripteur et le patient peut nuire à la communication et mener à une prise de décision moins collaborative.

À l’opposé, une courte distance hiérarchique entre le prescripteur et le patient améliorerait la communication avec le patient et la satisfaction de ce dernier, et mènerait à une prise de décision plus collaborative. Alors que les liens entre l’utilisation d’antimicrobiens et la distance hiérarchique ont été examinés dans le cadre d’études écologiques, limitant ainsi les inférences de causalité, on croit qu’une courte distance hiérarchique entre le patient et le praticien peut réduire l’utilisation inappropriée d’antimicrobiens, grâce à la prise d’une décision conjointe fondée sur les préférences du patient relatives aux avantages et aux inconvénients d’une antibiothérapie. La prise de décision conjointe peut aussi permettre de clarifier les attentes du patient, qui ont été recensées comme un des principaux facteurs favorisant l’utilisation d’antimicrobiens.

Harbarth et Monnet, 2007; Deschepper et coll., 2008; Pechere et coll., 2001; Rosman 2010

Évitement de l’incertitude

De nombreuses études ont révélé que l’utilisation d’antibiotiques est associée à la réticence, tant des praticiens que des patients, d’accepter l’incertitude. Un haut degré d’évitement de l’incertitude est susceptible de pousser un patient à demander ou un médecin à prescrire des antibiotiques dans des situations où l’indication du traitement peut être équivoque. Des analyses culturelles de ce phénomène démontrent une faible utilisation d’antibiotiques dans des pays où les stratégies « d’attente sous surveillance » sont plus fréquentes chez les praticiens prescripteurs d’antibiotiques.

Harbarth et Monnet, 2007; Deschepper et coll., 2008; Pechere et coll., 2001; van Duijn et coll., 2003; Deschepper, Vander et Stichele, 2001

Perceptions culturelles de la santé et de la maladie

Parmi les facteurs culturels pouvant influer sur l’utilisation des antibiotiques, citons les conceptions culturelles de la santé et des maladies, notamment les croyances à propos de la santé et des causes des maladies, la caractérisation des maladies, ainsi que les stratégies d’adaptation. Ces facteurs peuvent déterminer quels signes et symptômes nécessitent une attention médicale et orienter les comportements favorisant la santé.

WHO, 2019; OECD, 2017; Harbarth et Monnet, 2007; Hulscher et coll., 2010

Inégalité des revenus

Une étude écologique a révélé une corrélation modérée entre la résistance aux antimicrobiens, ainsi que l’utilisation d’antimicrobiens et l’inégalité des revenus dans 15 pays européens. Bien que les mécanismes qui pourraient relier l’inégalité des revenus et la résistance aux antimicrobiens restent mal compris, ce lien pourrait être influencé par des facteurs qui sont associés à l’inégalité des revenus, comme l’investissement dans les soins de santé et l’accès à ces derniers.

Kirby et Herbert, 2013

Selon une étude canadienne, il y a augmentation de la demande d’antibiotiques chez les populations ayant un pourcentage élevé de personnes à faibles revenus, un taux de chômage élevé et un faible pourcentage de personnes possédant un baccalauréat.

Glass et coll., 2010

Références

Annexe A : critères PICO

Critères Inclusion Exclusion

Population

Patients et prescripteurs (p. ex. des médecins, des pharmaciens, des dentistes, des infirmiers praticiens et des spécialistes)

Études sur des animaux, études vétérinaires

Système de soins de santé

Systèmes et institutions sociales et culturelles

Expositions

Facteurs liés au patient – Normes, croyances, attitudes et valeurs susceptibles de créer chez les patients des idées fausses au sujet de l’efficacité des antibiotiques et de créer des attentes concernant une utilisation problématique.

Facteurs liés au praticien – Facteurs qui incitent les prestataires de soins de santé à prescrire inutilement des antibiotiques. Il peut s’agir de croyances, d’habitudes de pratique (pression exercée par les patients souhaitant une prescription, prescrire « au cas où »), d’un manque de connaissances et de formation (programme d’études médicales, lignes directrices liées à la pratique), de même que des obstacles structurels comme ne pas avoir suffisamment de temps pour tenir une conversation avec les patients au sujet de la bonne utilisation d’antibiotiques et des solutions de rechange en matière de traitement.

Facteurs liés au système de santé – les facteurs qui perpétuent la surutilisation et la mauvaise utilisation d’antibiotiques (p. ex. le manque de moyens de soutien liés au système, tels que des outils de diagnostic rapides et le financement de la recherche et du développement sur la résistance aux antimicrobiens, les délais insuffisants dans un milieu axé sur le paiement à l’acte).

Facteurs culturels – normes, valeurs et croyances sociétales des divers groupes susceptibles d’inciter des groupes de personnes à mal utiliser des agents antimicrobiens.

-

Comparateur(s)

Utilisation appropriée d’antimicrobiens

-

Résultats

Principaux : mauvaise utilisation ou surutilisation d’agents antimicrobiens

-

Secondaires :

Résultats liés au patient (c’est-à-dire la gravité des symptômes, la disparition des symptômes, la durée de la maladie et les complications ou les effets secondaires)

Résistance aux antibiotiques, connaissances, attitudes ou croyances du patient ou du prestataire de soins au sujet de l’utilisation d’antibiotiques

Participation du patient à la prise de décision partagée au sujet de l’utilisation des antibiotiques

Satisfaction du patient à l’égard des soins

Qualité de la communication entre le patient et le prestataire de soins

Changements aux pratiques de réglementation

-

Conceptions d’étude

Revues systématiques

Rapports de conférence

Éditoriaux

Lettres

Rapports de séries de cas

Études cas-témoins

Études de cohortes/longitudinales

Études transversales

Essais randomisés contrôlés (ERC) et/ou ERC par grappes

Évaluations économiques

Milieux

Canada et pays membres de l’OCDE

-

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