Résumé : Suivi des maladies du cœur et des accidents vasculaires cérébraux au Canada 2009

Résumé

Les maladies cardiovasculaires (MCV) sont des maladies chroniques permanentes causées par l’interaction entre les prédispositions génétiques, les comportements liés à la santé et l’environnement. Heureusement, les traitements permettent de soulager les symptômes des personnes atteintes, d’améliorer leur qualité de vie et de réduire le risque de décès prématuré. Mieux encore, il est possible de prévenir les MCV par l’abstention du tabagisme, une activité physique régulière, une alimentation saine et le maintien d’un poids santé, le diagnostic et le traitement précoces de l’hypertension artérielle et de l’hypercholestérolémie, et une gestion efficace du stress.

Le présent rapport propose une vue d’ensemble des MCV afin de sensibiliser l’opinion publique aux progrès réalisés par le Canada en matière de prévention de ces maladies et de leurs répercussions. Nous espérons que les gouvernements, les organismes bénévoles, les associations professionnelles, les chercheurs et les universitaires, les dispensateurs de services de santé et le grand public y trouveront des informations qui guideront les décisions visant à réduire les risques de MCV et à atténuer les répercussions de ces maladies dans la population canadienne.

Selon une estimation prudente, 1,6 million de Canadiens ont une maladie du coeur ou vivent avec les séquelles d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Chez les aînés, 14,8 % des personnes de 65 à 74 ans déclarent souffrir d’une maladie du coeur, et cette proportion grimpe à 22,9 % après l’âge de 75 ans. Dans ce même groupe d’âge, 7,1 % des Canadiens disent vivre avec les séquelles d’un AVC.

Les MCV ont des répercussions majeures sur la vie des particuliers et des familles; de nombreuses personnes disent que leur état de santé est passable ou mauvais et déclarent être limitées dans leurs activités et avoir besoin d’aide pour accomplir les activités de la vie quotidienne. Des troubles anxieux et une dépression peuvent se manifester et avoir un retentissement sur les facultés d’adaptation et les résultats sur le plan de la santé.

En 2000, les MCV ont engendré des coûts de 22,2 milliards de dollars, dont 7,6 milliards en coûts directs et 14,6 milliards en coûts indirects, se classant au deuxième rang parmi les facteurs ayant le plus contribué aux coûts de santé au Canada. Toujours en 2000, les soins hospitaliers (4,0 milliards de dollars) ont représenté la plus grande part des coûts des soins de santé attribuables aux MCV. Les médicaments (2,1 milliards) ont coûté plus que les soins médicaux (1,5 milliard). Les décès prématurés attribuables aux MCV ont coûté quelque 9,3 milliards de dollars en pertes de productivité. Par ailleurs, les incapacités de longue durée ont coûté 4,2 milliards de dollars, et les incapacités de courte durée, 1,2 milliard.

Des progrès ont été réalisés au chapitre de la réduction de la mortalité associée aux MCV. Après ajustement pour tenir compte de la croissance démographique et du vieillissement de la population, le taux de mortalité attribuable aux MCV a diminué de façon importante entre 1960 et 2004. On ignore la raison précise de cette diminution, mais elle résulte probablement d’une combinaison de facteurs, dont la baisse du risque de contracter des MCV qui accompagne les taux réduits de tabagisme et d’inactivité physique, la consommation accrue de légumes et de fruits, l’amélioration du diagnostic et du traitement de l’hypertension artérielle et de la dyslipidémie, ainsi que la meilleure prise en charge des personnes présentant des MCV, et donc leur survie prolongée.

Le taux de mortalité diminue, mais le nombre réel de décès attribuables aux MCV n’a commencé à baisser que tout récemment, car parallèlement à la réduction des risques et à l’amélioration de la prise en charge, la population croît et vieillit. On observe les taux de mortalité attribuables aux maladies cardiovasculaires les plus élevés chez les personnes de plus de 65 ans. Dans l’avenir, le nombre de décès attribuables aux MCV pourrait augmenter, car la population continue de vieillir, et la prévalence de l’obésité et du diabète (deux facteurs de risque de MCV) s’accroît.

Comme le montre le rapport, les Canadiens courent encore un risque élevé d’être atteints de MCV. Chez les adultes (plus de 20 ans), neuf personnes sur dix présentent au moins un des facteurs de risque suivants : tabagisme, inactivité physique, consommation de légumes et de fruits inférieure aux apports quotidiens recommandés, stress, surcharge pondérale ou obésité, hypertension artérielle et diabète. Deux adultes sur cinq présentent au moins trois de ces facteurs de risque. En s’attaquant à ces facteurs, on réduira non seulement les risques de MCV, mais aussi les risques de bien d’autres maladies chroniques.

Certains progrès ont été réalisés au chapitre de la réduction des risques de MCV dans la population : les taux de tabagisme ne cessent de diminuer depuis 2000, les taux d’inactivité physique pendant les temps libres diminuent aussi (bien que depuis moins longtemps), et la consommation de légumes et de fruits augmente. Il reste cependant du chemin à parcourir. La hausse du taux d’obésité, qui s’accompagne d’une augmentation du diabète, est devenue le problème de santé publique numéro un au Canada. Les taux élevés de tabagisme et d’obésité chez les membres des Premières nations, les Inuits et les Métis sont également préoccupants.

Les connaissances sur la susceptibilité génétique aux MCV ont progressé. En général, les risques accrus de MCV s’expliquent par des états polygéniques ou par l’incidence de certaines variations du code de l’ADN dans de nombreux gènes, plutôt que par un seul gène qui aurait une grande influence. Les « polymorphismes nucléotidiques simples » (SNP), qui sont de petites variations dans les gènes, peuvent influencer de nombreux facteurs qui jouent un rôle dans l’évolution des MCV, dont les lipides sanguins, la pression artérielle, l’obésité, le diabète et l’insulinorésistance.

Les maladies du coeur les plus courantes sont les cardiopathies ischémiques (qui englobent les crises cardiaques) et l’insuffisance cardiaque. Les maladies du coeur touchent les hommes à un âge moins avancé que les femmes. Les taux d’hospitalisation et de mortalité associés aux cardiopathies ischémiques et aux crises cardiaques deviennent perceptibles vers l’âge de 45 ans chez les hommes et vers 55 ans chez les femmes.

Les taux d’hospitalisation et de mortalité associés aux cardiopathies ischémiques et aux crises cardiaques sont en baisse, ce qui permet de croire que les efforts de prévention et de traitement donnent des résultats. Ces victoires sont cependant menacées par le vieillissement de la population, qui pourrait accroître le nombre de personnes atteintes de maladie du coeur dans l’avenir.

Des progrès ont été réalisés au chapitre de la réduction des taux de mortalité attribuables aux accidents vasculaires cérébraux. Depuis 1995, les taux d’hospitalisation pour AVC aigus sont en baisse. Cette baisse au fil du temps pourrait s’expliquer par le moindre nombre d’hospitalisations pour AVC mineurs et majeurs, ainsi que par la baisse des taux d’AVC associée à la réduction des taux de tabagisme, à l’amélioration de la prise en charge de l’hypertension artérielle et de la dyslipidémie, et au meilleur usage des traitements préventifs, comme l’aspirine. Le vieillissement de la population et en particulier des nombreux baby-boomers ainsi que les taux accrus d’obésité et de diabète laissent entrevoir une augmentation possible du nombre d’AVC au cours des 20 prochaines années.

En résumé, on peut se féliciter de la baisse soutenue des taux de mortalité cardiovasculaire, mais il ne faut pas s’illusionner : les mauvaises habitudes qui sont monnaie courante dans la société actuelle exposent toujours les Canadiens aux MCV. Au cours des 20 prochaines années, le nombre de personnes qui souffriront de maladies du coeur ou d’AVC pourrait augmenter considérablement chez les baby-boomers vieillissants. Cette situation compromettra la santé des Canadiens, exercera des pressions sur le système de santé et aura des répercussions majeures sur l’économie du Canada.

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