Événement virtuel d’échange de connaissances sur le dépistage du cancer du sein - Rapport sommaire « Ce que nous avons entendu » 

Table des matières

Sommaire

Contexte

En juin 2023, l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a annoncé son intention d'organiser un événement d'échange de connaissances visant à réunir des experts, des partenaires, des personnes ayant des expériences vécues et des intervenants afin de discuter de l'état actuel des connaissances scientifiques, y compris des lacunes dans les connaissances relatives au dépistage du cancer du sein. Cet événement d'échange de connaissances (EEC) a été organisé par l'ASPC avec le soutien de Santé Canada, des Instituts de recherche en santé du Canada, du Partenariat canadien contre le cancer, de la Société canadienne du cancer, du Réseau canadien de dépistage du cancer du sein et de la Dre Aisha Lofters. L'Association canadienne de santé publique (ACSP) a été chargée d'assurer la coordination de l'événement et de fournir des conseils sur la planification et la logistique.

Objet

L'événement visait à éclairer la mise à jour de la ligne directrice sur le dépistage du cancer du sein du Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs (GECSSP) et à favoriser la collaboration entre les intervenants pour faire progresser les questions liées au dépistage du cancer du sein au Canada.

Événement

L'EEC sur le dépistage du cancer du sein, qui a eu lieu les 26 et 27 septembre 2023, a réuni des participants de divers secteurs et régions du Canada. L'événement comprenait des présentations de 15 intervenants différents dans trois domaines principaux : les lignes directrices sur le dépistage du cancer du sein au Canada et à l'étranger, les points de vue des intervenants, ainsi que la recherche et l'innovation pour faire progresser les pratiques de dépistage (y compris les défis actuels et futurs). Les présentations des experts ont été suivies de séances de questions et réponses, ainsi que de tables rondes avec des membres de l'auditoire.

Points saillants des discussions

Les tables rondes ont porté sur les aspects suivants du dépistage du cancer du sein au Canada :

Réflexions finales

Les participants ont exprimé les réflexions finales suivantes :

1.0 Contexte

1.1 Au sujet du présent rapport

Ce rapport fournit un résumé des contributions des panélistes et des participants dans le cadre d'un événement d'échange de connaissances (EEC) organisé par l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) en septembre 2023. L'EEC a réuni des experts, des partenaires, des personnes ayant une expérience vécue et d'autres intervenants pour discuter de l'état actuel des connaissances scientifiques, y compris des lacunes dans les connaissances relatives au dépistage du cancer du sein. Les résultats de l'EEC ont été résumés et analysés dans le présent rapport.

L'ASPC a retenu les services de l'Association canadienne de santé publique (ACSP) pour assurer la coordination de l'événement, fournir des conseils sur la planification et la logistique et organiser l'EEC. Le présent rapport a été financé par l'ASPC et préparé par l'ACSP en collaboration avec l'ASPC. Il ne représente pas de manière globale l'opinion publique, les politiques ou les positions institutionnelles, ni l'opinion d'un échantillon de population sélectionné au hasard. Il présente plutôt une synthèse des idées exprimées par les personnes ayant participé à l'EEC. Il ne reflète pas nécessairement les opinions de l'ACSP et de l'ASPC.

1.2 Remerciements

Merci à toutes les personnes qui ont pris le temps de participer à l'EEC. Vos contributions et vos idées éclaireront les efforts du gouvernement du Canada pour améliorer la santé des personnes vivant au Canada.

1.3 Contexte

En juin 2023, l'honorable Jean-Yves Duclos, alors ministre de la Santé, a annoncé l'intention de l'ASPC d'organiser un EEC lié au dépistage du cancer du sein. L'événement virtuel d'échange de connaissances sur le dépistage du cancer du sein visait à faire ce qui suit :

Cet EEC virtuel de deux jours a créé un espace accessible, sûr et inclusif pour que tous les participants soient traités avec dignité et respect; diverses perspectives et expériences ont été exprimées et reconnues. Pour ce faire, on a mis en place les stratégies de mobilisation suivantes au cours des discussions :

Veuillez consulter l'annexe A pour obtenir de plus amples renseignements au sujet du programme de l'événement.

1.4 Processus

Pour aider à planifier cet événement, l'ASPC a mis sur pied un comité consultatif de planification, qui était composé de représentants de Santé Canada, des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), du Partenariat canadien contre le cancer (PCCC), de la Société canadienne du cancer et du Réseau canadien de dépistage du cancer du sein (RCDCS). La Dre Aisha Lofters a également fourni de précieux commentaires sur les principaux documents de la réunion.

L'EEC a eu lieu les 26 et 27 septembre 2023, avec des participants de divers secteurs et régions du Canada. L'événement comprenait des présentations de 15 intervenants différents représentant trois secteurs clés : les lignes directrices sur le dépistage du cancer du sein au Canada et à l'étranger, les points de vue des intervenants, ainsi que la recherche et l'innovation pour faire progresser les pratiques de dépistage (y compris les défis actuels et futurs). Après chaque table ronde, les participants ont été invités à poser des questions et à faire part de leurs points de vue sur les différents sujets présentés. Ils pouvaient le faire oralement ou en utilisant la fonction de clavardage pour les questions et réponses dans la plateforme Zoom.

Pour assurer l'accessibilité, l'interprétation simultanée et le sous-titrage codé en français et en anglais ont été offerts à chaque séance, et les participants malvoyants ont reçu les documents à l'avance. L'EEC, organisé à l'aide de la plateforme Zoom, a été animé par Mme Julie Desmarais, membre de l'équipe de NIVA Inc., sous contrat avec l'ACSP.

Le Comité consultatif de planification de l'EEC a établi la liste des panélistes et des participants invités à l'EEC en s'appuyant sur divers critères et méthodes, y compris leur leadership et leur expertise dans le secteur du dépistage du cancer du sein. Les panélistes et les participants comprenaient des personnes ayant une expérience vécue, des experts canadiens et internationaux, des professionnels de la santé, des universitaires et des chercheurs, des représentants de groupes de défense des patients, des communautés autochtones et racisées, des organismes non gouvernementaux, ainsi que des provinces et des territoires.

Plus de 100 intervenants clés ont été invités à participer et environ 70 d'entre eux ont assisté aux deux journées. L'honorable Ya'ara Saks, ministre de la Santé mentale et des Dépendances et ministre associée de la Santé, et des hauts fonctionnaires de l'ASPC ont également participé à l'EEC.

2.0 Groupes d'experts et présentations

Les participants ont assisté à des présentations de divers intervenants. Les présentations des groupes d'experts ont été suivies de séances de questions et réponses ainsi que de tables rondes avec des membres de l'auditoire. Des résumés de toutes les présentations, les points saillants de toutes les tables rondes en direct et les principaux éléments tirés des questions et réponses soumises au moyen du clavardage sont fournis dans cette section.

2.1 Préparer le terrain – Lignes directrices sur le dépistage du cancer du sein au Canada et à l'étranger

Ce groupe d'experts a présenté les expériences de groupes qui élaborent des lignes directrices sur le dépistage du cancer du sein au Canada et à l'étranger.

2.1.1 Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs (GECSSP)

Présentation des Drs Guylène Thériault et Ahmed Abou-Setta (Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs)

La présentation des panélistes s'intitulait « Breast Cancer Screening: Update to the CTFPHC 2018 guideline » (« Dépistage du cancer du sein : Mise à jour de la ligne directrice 2018 du GECSSP »).

Certains points saillants de la présentation :

Le processus utilisé par le Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs (GECSSP) pour mettre à jour sa ligne directrice sur le dépistage du cancer du sein de 2018 a été présenté. Lorsque la ligne directrice sur le dépistage du cancer du sein a été mise à jour pour la dernière fois en 2018, les recommandations étaient fondées sur un aperçu des examens systématiques des essais randomisés ainsi que sur les valeurs et les préférences des patientes. Les recommandations concernant le dépistage du cancer du sein de 2018 étaient les suivantes :

La ligne directrice indiquait également que les femmes de 40 à 49 ans peuvent choisir de se soumettre à un dépistage en fonction de leurs valeurs et préférences personnelles. Dans de tels cas, les fournisseurs de soins de santé devraient participer activement à la prise de décision partagée avec les femmes exprimant un intérêt pour le dépistage. Dans les deux tranches d'âge, la décision de se soumettre au dépistage est conditionnelle à la valeur relative qu'une femme accorde aux bénéfices et aux méfaits possibles du dépistage, façonnée par une prise de décision partagée avec un fournisseur de soins de santé.

Le GECSSP a décidé de mettre à jour la ligne directrice actuelle en février 2023 (avec un échéancier accéléré depuis juin 2023). La mise à jour tiendra compte de diverses sources de données, notamment des suivantes :

De plus, le GECSSP a reçu 145 documents en tout (dont 88 publications évaluées par des pairs) de 19 personnes et de neuf organisations par l'entremise de son portail en ligne, qui était accessible au cours du mois d'août 2023. Les publications seront examinées en vue de leur inclusion dans les examens systématiques en cours.

Les données tirées des diverses sources doivent être fournies en chiffres absolus pour donner aux cliniciens de première ligne des recommandations concernant le dépistage du cancer du sein et pour informer et outiller les Canadiennes afin qu'elles décident si elles veulent participer ou non au dépistage.

Les trois principales questions qui servent à mettre à jour la ligne directrice sur le dépistage du cancer du sein sont les suivantes :

  1. Quels sont les bénéfices et les méfaits associés aux différentes stratégies de dépistage par mammographie comparativement à l'absence de dépistage chez les femmes de 40 ans et plus, et les bénéfices et les méfaits diffèrent-ils selon les caractéristiques démographiques (âge, densité mammaire, race et origine ethnique, statut socioéconomique, disponibilité du dépistage par mammographie, antécédents familiaux)?
  2. Quels sont les bénéfices et les méfaits comparatifs des différentes stratégies de dépistage par mammographie du cancer du sein chez les femmes de 40 ans et plus, et les bénéfices et les méfaits comparatifs diffèrent-ils selon les caractéristiques démographiques?
  3. Quelle est l'importance relative accordée par les patientes aux bénéfices et aux méfaits potentiels du dépistage du cancer du sein par mammographie?

Les résultats cliniques pris en compte pour la ligne directrice sont les suivants :

Les prochaines étapes du GECSSP comprennent les suivantes :

2.1.2 Groupe de travail américain des services préventifs (USPSTF)

Présentation de la Dre Wanda Nicholson (Groupe de travail américain des services préventifs)

La présentation de la panéliste s'intitulait « U.S. Preventive Services Task Force : Screening for Breast Cancer » (« Groupe de travail américain des services préventifs : Dépistage du cancer du sein »).

Certains points saillants de la présentation :

Cette présentation se penchait sur la mise à jour provisoire des lignes directrices sur le dépistage du cancer du sein du Groupe de travail américain des services préventifs (USPSTF). Le cancer du sein est le deuxième cancer le plus commun et la deuxième cause la plus fréquente de décès attribuables à un cancer chez les femmes américaines. En 2023, on estime qu'il y aura 297 790 nouveaux cas de cancer du sein et 43 170 femmes mourront de la maladie. Les femmes noires sont 40 % plus susceptibles de mourir d'un cancer du sein malgré une incidence similaire chez les femmes blanches non hispaniques et les femmes noires non hispaniques.

Recommandations :

Les recommandations de 2016 du Groupe de travail américain des services préventifs (USPSTF) relatives au dépistage du cancer du sein énonçaient ce qui suit :

En mai 2023, l'USPSTF a publié des recommandations provisoires sur le dépistage du cancer du sein fondées sur des données probantes concernant les bénéfices et les méfaits du dépistage liés à l'âge de début et d'arrêt du dépistage et à l'intervalle de dépistage. Les recommandations comprenaient des essais cliniques, des études et une modélisation collaborative. Les recommandations provisoires sont les suivantes :

Pour les femmes âgées de 40 à 74 ans, la mammographie de dépistage bisannuelle est recommandée.

Les ressources suivantes ont servi à élaborer ces recommandations :

S'attaquer aux iniquités :

Pour tirer parti du dépistage et atténuer les disparités dans la mortalité par cancer du sein selon la race et l'origine ethnique, il est important que toutes les personnes ayant subi une mammographie de dépistage et obtenu des résultats anormaux fassent l'objet d'une évaluation de suivi équitable et appropriée ainsi que de tests supplémentaires (y compris des biopsies), et que les personnes ayant reçu un diagnostic positif puissent bénéficier d'un traitement efficace. Des études ont cerné des disparités dans le suivi après le dépistage des femmes noires, hispaniques et asiatiques, ainsi que des disparités dans le traitement du cancer du sein chez les femmes noires. Des améliorations sont nécessaires dans l'ensemble des soins du cancer du sein pour aider à atténuer les iniquités. Par exemple, commencer le dépistage à l'âge de 40 ans est une première étape pour lutter contre le taux de mortalité plus élevé attribuable au cancer du sein chez les femmes noires.

Lacunes dans la recherche :

2.1.3 Services de santé de l'Alberta

Présentation de M. James Newsome (Innovation et intégration des programmes, Programmes de dépistage des Services de santé de l'Alberta)

La présentation du panéliste s'intitulait « Alberta Breast Cancer Screening Clinical Practice Guideline 2022 Update » (« Mise à jour 2022 de la Ligne directrice de l'Alberta sur la pratique clinique du dépistage du cancer du sein »).

Certains points saillants de la présentation :

Cette présentation a porté sur la récente mise à jour de la Ligne directrice de l'Alberta sur la pratique clinique du dépistage du cancer du sein. Le Comité de la ligne directrice a été financé par l'Équipe de transformation de l'accélération du changement (ACTT) de l'Alberta Medical Association. Le comité était composé de médecins de famille, de radiologistes, de technologues en mammographie, d'oncologues, de chirurgiens, de représentants du public, d'infirmières praticiennes, de médecins de santé publique et de médecine préventive, d'épidémiologistes et d'experts du programme de dépistage du cancer du sein (y compris des examinateurs externes). Le comité a examiné les données probantes tirées des rapports d'examen, de la modélisation de micro-simulation à l'aide des données de dépistage du cancer du sein en Alberta et de l'opinion d'experts. Les décisions ont été prises en soupesant les avantages et les préjudices de concert avec le poids des données probantes à l'aide d'un processus Delphi modifié pour parvenir à un consensus.

Les sujets prioritaires pour la mise à jour de 2022 comprenaient les suivants :

Nouvelles recommandations :

Pour les personnes présentant un risque moyen, la recommandation de dépistage bisannuel a été changée; à la lumière de nouvelles données probantes soutenant un taux de mortalité moindre lorsque le dépistage se produit avant l'âge de 50 ans, il est maintenant recommandé de commencer le dépistage à l'âge de 45 ans. Le taux de participation pour les femmes de 45 à 49 ans était déjà de 24 % (contre 65 % pour les femmes de 50 à 74 ans). En 2018, 246 cancers du sein ont été détectés chez des Albertaines de 45 à 49 ans (contre 287 chez les femmes de 50 à 54 ans). Les nouvelles recommandations indiquent que :

Les lignes directrices mises à jour ne recommandent pas l'IRM, l'échographie, la tomosynthèse, la thermographie ou l'auto-examen des seins pour le dépistage systématique. Plus précisément :

Ces changements devraient avoir une incidence sur ce qui suit :

Depuis la publication de la ligne directrice révisée, le nombre total de premiers dépistages pour les personnes de 40 à 44 ans et de 45 à 49 ans a augmenté, bien que le programme à jour continue d'être pleinement mis en œuvre.

2.1.4 Résumé des discussions de la table ronde

Cette section présente un résumé des principaux points de discussion soulevés par les participants ainsi que des renseignements supplémentaires fournis par les panélistes au cours de la table ronde ayant suivi chacune des présentations résumées ci-dessus.

Données et recherches sur le dépistage du cancer du sein :

Méfaits :

Faux positif :

Surdiagnostic :

Modélisation OncoSim :

Considérations relatives aux recommandations de l'USPSTF à titre de référence :

Considérations pour les lignes directrices de l'Alberta relatives à la pratique clinique en tant que modèle :

La tomosynthèse ou la mammographie comme modalités de dépistage :

2.2 Perspectives des intervenants – Mieux comprendre

Ce groupe d'experts a présenté les expériences et les points de vue de divers intervenants sur le cancer du sein.

2.2.1 Personnes avec une expérience vécue

Présentation de Mme Michelle Audoin (Uncovered: A Breast Recognition Project)

La panéliste a présenté son expérience vécue du cancer du sein en tant que femme noire.

Certains points saillants de la présentation :

Mme Audoin a parlé de sa première tumeur bénigne au sein enlevée de son sein droit à l'âge de 14 ans, et du fait que la cicatrice était une source de honte et un rappel constant de la maladie. Elle a également parlé du fait qu'elle n'avait reçu à l'époque aucun renseignement sur la santé des seins de la part de ses médecins et qu'elle a dû apprendre à effectuer elle-même un auto-examen des seins. Elle n'a été informée de sa densité mammaire élevée que de nombreuses années plus tard, lorsqu'elle a reçu un diagnostic de cancer du sein.

En tant que jeune fille noire dans le système de soins de santé, elle ne se sentait pas représentée dans les images et les histoires sur le cancer du sein et les risques. Elle avait également des besoins et des préoccupations qui n'étaient pas pris en compte. Elle vit actuellement avec un cancer du sein de stade quatre.

Uncovered – A breast recognition project :

Mme Audoin aimerait notamment voir des images de femmes noires, et plus particulièrement de reconstruction mammaire touchant des femmes de couleur, y compris de l'information sur la meilleure façon de gérer les cicatrices de mastectomie. L'absence totale de tels renseignements l'a amenée à créer le projet Uncovered. C'est la première ressource du genre, créée en collaboration avec Rethink Breast Cancer. Le projet s'est concrétisé après que Mme Audoin ait consigné pendant des années ses frustrations de ne pas se sentir vue et entendue – et le manque d'images culturellement pertinentes et diversifiées du cancer du sein – au sein du système de soins de santé.

Uncovered a comblé cette lacune et créé un espace sûr permettant aux femmes noires, autochtones et de couleur de partager leurs histoires de cancer du sein et leurs expériences avec le système de soins de santé. Plus important encore, le projet donne accès à diverses images de cicatrices et de reconstruction mammaire (la ressource est disponible en ligne gratuitement). Il s'agit également d'un appel à l'action sous la forme d'une liste de souhaits destinés aux fournisseurs de soins de santé et aux organismes communautaires afin de mettre fin aux disparités grâce à des éléments qui sont accessibles et qui peuvent être mis en œuvre facilement.

Principaux points à retenir :

Obstacles et lacunes dans les soins de dépistage :

Présentation de Mme Vicky auf der Mauer (Indigenous Primary Health Care Council et programme juridique autochtone Giiwedin Anang Council)

La panéliste a présenté son expérience vécue du cancer du sein en tant que femme autochtone.

Certains points saillants de la présentation :

Toutes les préoccupations et les frustrations liées aux disparités et au manque de représentation des personnes de couleur dans le système de soins de santé s'appliquent également aux communautés autochtones. Mme auf der Mauer a été présentée dans le projet Uncovered, qui a été une expérience transformatrice pour elle. C'était la première fois qu'elle était témoin d'une représentation autochtone dans le secteur du cancer du sein.

En octobre 2019, Mme auf der Mauer a reçu un diagnostic de cancer du sein. En tant que femme autochtone, elle n'avait pas l'intention d'utiliser la médecine occidentale pour traiter la maladie parce qu'elle estimait qu'il s'agissait d'un système malade et déséquilibré. Elle a consigné son expérience sur vidéo et l'a partagée en temps réel.

Lorsqu'elle a reçu son diagnostic, elle s'est sentie obligée de planifier la chirurgie immédiatement. Sa perception a changé une fois qu'elle a été jumelée à une guide autochtone, c'est-à-dire une personne autochtone qui avait obtenu le même diagnostic qu'elle. En discutant avec elle, Mme auf der Mauer est devenue plus réceptive au système occidental, même si elle souhaitait toujours recourir aux médicaments traditionnels.

En 2021, Mme auf der Mauer a subi deux chirurgies et a effectué des traitements de radiothérapie tels que prescrits. Son processus décisionnel, appuyé par une guide autochtone, lui a permis de faire la paix avec sa décision de subir un traitement offert par le système de santé occidental. Elle sent qu'elle a trouvé sa voix au cours de ce processus.

2.2.2 Réseau canadien de dépistage du cancer du sein

Présentation de M. Gregory Doyle (Réseau canadien de dépistage du cancer du sein)

Le panéliste a intitulé sa présentation « Noise, Evolution, and the Beauty of Hindsight » (« Bruit, évolution et la beauté d'un examen rétrospectif »). Il exposait son point de vue en tant que membre du Réseau canadien de dépistage du cancer du sein (RCDCS).

Certains points saillants de la présentation :

Sous l'égide du Partenariat canadien contre le cancer (PCCC), le Réseau canadien de dépistage du cancer du sein est une communauté de pratique réunissant des membres de partout au Canada (programmes provinciaux et territoriaux de dépistage du cancer du sein, ASPC, ACSP et associations professionnelles) qui travaillent ensemble pour assurer un dépistage du cancer du sein de haute qualité, équitable et sûr le plan culturel au Canada. Il est aux prises avec les différentes normes provinciales et territoriales en matière de dépistage du cancer du sein.

Plus précisément, il se heurte notamment aux défis suivants :

Le RCDCS adhère aux principes de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour le dépistage de la population en tant que critères d'évaluation des données probantes sur les bénéfices, les risques et les coûts du dépistage du cancer. Les deux principes suivants doivent être mis en évidence pour les lignes directrices sur le dépistage du cancer du sein :

Évolution des lignes directrices et des programmes de dépistage du cancer du sein :

Au cours des 40 dernières années, les lignes directrices du GECSSP ont évolué, passant de la recommandation d'une mammographie annuelle et d'un examen clinique des seins (ECS) pour les femmes âgées de 50 à 59 ans et aucun dépistage chez les femmes de 40 à 49 ans (sans recommandation d'auto-examen des seins [AES]), puis au dépistage des femmes de 50 à 69 ans et éventuellement au dépistage bisannuel des femmes de 50 à 74 ans, à donner de l'information aux femmes de 40 ans et plus sur les bénéfices et les risques du dépistage et à la recommandation contre l'ECS et l'AES.

Les programmes de dépistage du cancer du sein mis en œuvre à la fin des années 1980 et dans les années 1990 ont évolué avec les lignes directrices changeantes, et les différentes régions du pays n'ont pas déterminé les mêmes groupes d'âge pour le début du dépistage. Aujourd'hui, l'ECS n'est pas une modalité de dépistage offerte et l'AES n'est plus enseigné par les ressources humaines en santé. Il a été noté qu'il peut être très difficile de mettre en œuvre la prise de décision partagée (PDP) en raison du manque d'accès aux fournisseurs de soins primaires en 2023.

Mise à jour de la ligne directrice actuelle sur le dépistage du cancer du sein :

Des questions clés entourant la mise à jour de la ligne directrice sur le dépistage du cancer du sein ont été présentées, y compris le recours aux anciens ECR, le biais perçu à l'égard des méfaits du dépistage, le fait que les données du programme de dépistage ne sont pas acceptées comme données probantes et la légitimité des Études nationales canadiennes de dépistage du cancer du sein (ENCDCS).

Pour la mise à jour de la ligne directrice, il est recommandé d'élargir la base de données probantes, de reconnaître les données probantes du programme de dépistage, d'inclure une diversité de voix et de prendre en considération des données probantes récentes, comme l'amélioration de l'imagerie mammaire, de la technologie et de la prestation des programmes de dépistage du cancer du sein, ainsi que l'utilisation de modèles à jour.

En 2001, le GECSSP a recommandé que « dès l'âge de 40 ans, les Canadiennes devraient être informées des potentiels bénéfices et méfaits de la mammographie de dépistage, et devraient être accompagnées dans leur décision de l'âge auquel elles désirent commencer le dépistage ». Avec le recul, c'était peut-être une bonne approche à adopter.

2.2.3 Médecins de famille

Présentation de la Dre Aisha Lofters (Women's College Research Institute)

La panéliste a donné une présentation intitulée « Primary Care Perspectives » (« Perspectives des soins primaires »), communiquant son point de vue en tant que professionnelle des soins primaires. La présentation mettait notamment l'accent sur l'équité en santé.

Certains points saillants de la présentation :

Bien qu'il existe des lignes directrices sur le dépistage du cancer du sein, de nombreuses questions, qui se posent encore aux médecins, peuvent mener à des soins inéquitables pour les patientes, en particulier les femmes marginalisées ou mal desservies ou les femmes confrontées à des difficultés socioéconomiques. Des études de cas hypothétiques ont été employées pour discuter de l'accès équitable et médicalement approprié au dépistage du cancer du sein.

Parmi les considérations importantes, mentionnons les suivantes :

Défis dans les soins primaires :

2.2.4 Professionnels de l'imagerie

Présentation de la Dre Jean Seely (Service de l'imagerie du sein, Hôpital d'Ottawa)

La panéliste, une professionnelle de l'imagerie, a fait part de son point de vue lors d'une présentation intitulée « Clinical Perspectives on Breast Cancer Screening Guidelines and/or Practice in Canada Today » (« Perspectives cliniques concernant les lignes directrices sur le dépistage du cancer du sein et/ou la pratique au Canada à l'heure actuelle »).

Certains points saillants de la présentation :

Détection du cancer du sein et résultats :

La proportion de cancers du sein diagnostiqués par le dépistage – et non en raison de la présence de symptômes (p. ex., masse palpable, masse axillaire, écoulement suspect du mamelon) – a diminué depuis 2016. Une étude rétrospective menée dans un centre de référence tertiaire en 2016 a révélé que la détection par dépistage par rapport à la détection symptomatique chez les femmes de 40 ans et plus présentait des probabilités significativement plus faibles d'avoir un cancer du sein avancé et des probabilités significativement plus faibles de décès à 4 ans de suivi. De plus, les cancers symptomatiques présentaient une probabilité 6,5 fois plus élevée d'avoir un cancer avancé comparativement à un stade moins avancé.

Dépistage et survie :

Au Canada, le cancer du sein représentait 14 % de tous les décès attribuables au cancer chez les femmes en 2022. Un diagnostic plus précoce du cancer du sein (et à un stade précoce) peut mener à un meilleur taux de survie, à une diminution de la morbidité et à une réduction du coût du traitement. On observe une corrélation directe entre le stade auquel un cancer du sein est diagnostiqué et le taux de survie :

Incidence et race :

L'âge de l'incidence maximale du cancer du sein varie selon la race et l'origine ethnique. Comparativement aux femmes noires, autochtones, chinoises, sud-asiatiques et philippines, seules les femmes blanches ont une incidence maximale après le groupe d'âge des 50 à 59 ans. Ainsi, le fait de retarder le dépistage à l'âge de 50 ans pourrait avoir des répercussions différentes sur ces femmes.

Études nationales canadiennes de dépistage du cancer du sein :

Les recommandations du GECSSP de 2018 sur le dépistage du cancer du sein chez les femmes âgées de 40 à 74 ans qui ne présentent pas un risque accru se fondaient sur des données probantes issues d'ECR et des données provenant de femmes qui ont été invitées à se soumettre à un dépistage seulement. Ces lignes directrices s'appuyaient sur les études nationales canadiennes sur le dépistage du cancer du sein (ENCDCS) I et II qui, en plus de remonter à plus de 60 ans, sont erronées en raison de l'inclusion de personnes présentant des symptômes de cancer, de mammographies de piètre qualité et d'une forte proportion de cancers avancés dans le groupe de dépistage.

Impact des programmes de dépistage sur le stade du cancer du sein au moment du diagnostic pour les femmes âgées de 40 à 49 ans et de 50 à 59 ans :

En partie à cause de l'influence des ENCDCS au Canada, de nombreuses provinces n'incluent pas les femmes de 40 ans dans les programmes de dépistage, qui ne sont offerts qu'aux femmes de 50 ans et plus. Dans une vaste étude (2022) menée auprès de 55 000 femmes ayant reçu un diagnostic de cancer du sein au Canada, la répartition du stade du cancer du sein au moment du diagnostic était significativement différente entre les quinquagénaires et les quadragénaires non ciblées par les programmes de dépistage. À l'exception du stade IV, les quadragénaires ont reçu un diagnostic de cancer du sein à des stades significativement plus avancés que les quinquagénaires. Des proportions significativement plus élevées de cancer du sein de stade I ont été observées dans les provinces et territoires privilégiant le dépistage, comparativement aux administrations qui ne ciblaient pas les femmes âgées d'une quarantaine d'années. Les administrations qui ne les incluaient pas avaient proportionnellement plus de diagnostics de cancer du sein à des stades plus avancés : stade II (43,7 % contre 40,7 %), stade III (18,3 % contre 15,6 %) et stade IV (4,6 % contre 3,9 %). Il y avait également une proportion significativement plus faible de cancers du sein de stade I chez les femmes de 50 ans (44,5 % contre 46,8 %) et des proportions significativement plus élevées de cancers de stade II (37,2 % contre 36,0 %) et de stade III (13,6 % contre 12,3 %).

Dépistage du cancer du sein et survie nette chez les femmes âgées de 40 à 49 ans :

Une étude (2022) portant sur la survie nette à 10 ans dans plus de 50 000 cas de cancer du sein de 2002 à 2007, selon les différentes politiques provinciales et territoriales en matière de dépistage, a révélé ce qui suit :

Le cancer du sein était responsable de 90,7 % des décès chez les femmes de 40 à 49 ans ayant obtenu un diagnostic positif. L'impact sur la mortalité diminuait avec l'âge (c.-à-d. 80,9 % chez les femmes de 50 à 59 ans; 61,5 % chez les femmes de 60 à 69 ans; 48,3 % chez les femmes entre 70 et 74 ans). Chez les femmes plus âgées, le concept de surdiagnostic (c.-à-d. la détection et le traitement du cancer du sein qui ne causerait pas la mort) est très probablement un facteur avec d'autres causes de décès concurrentes.

Le coût réel du traitement du cancer du sein :

Une étude canadienne (2023) visait à déterminer le coût réel du traitement du cancer du sein à l'aide de la comptabilité par activités (CPA) pour parvenir à un coût par cas selon le stade et le sous-type moléculaire. Les commentaires d'experts de l'imagerie diagnostique, de la pathologie, de la chirurgie, de la radio-oncologie, de l'oncologie médicale, de la pharmacie, de l'administration des centres de cancérologie et de la modélisation ont été utilisés. L'étude a également intégré proportionnellement la gamme d'options de traitement multidisciplinaires fondées sur des données probantes pour les patientes et les fournisseurs (c.-à-d. la lumpectomie comparativement à la mastectomie) afin de produire un coût de cas unique pour la durée totale du traitement par cas. L'étude a conclu que les 26 175 cas de cancer du sein en 2017 ont coûté 1,8 milliard de dollars au total à traiter (sans compter le coût du traitement des maladies récurrentes). Pour le traitement par stade, il a été constaté que les coûts augmentent de façon exponentielle d'un stade à l'autre. Plus précisément :

Temps d'attente actuels pour le suivi et le traitement à l'Hôpital d'Ottawa :

Conclusions de la présentation :

2.2.5 Résumé des discussions de la table ronde

Cette section présente un résumé des principaux points de discussion soulevés par les participants ainsi que des renseignements supplémentaires fournis par les panélistes au cours de la table ronde ayant suivi la présentation des panélistes.

Accessibilité :

Crise des soins primaires :

Éloignement :

Âge :

Mortalité toutes causes confondues comme résultat clinique dans les études :

Lacunes dans les données démographiques et fondées sur la race :

Mortalité plus élevée chez les femmes noires

Dépistage fondé sur le niveau de risque :

Densité mammaire :

Sécurisation culturelle :

Données des ENCDCS et lignes directrices actuelles :

Différences dans les pratiques de dépistage :

2.3 Recherche et innovation pour perfectionner les pratiques de dépistage – Défis actuels

Ce groupe d'experts a discuté des défis actuels liés aux pratiques de dépistage du cancer du sein.

2.3.1 Prise de décision partagée

Présentation de la Dre France Légaré (Département de médecine familiale et de médecine d'urgence, Université Laval)

La présentation de la panéliste, qui portait sur la prise de décision partagée (PDP), s'intitulait « Shared Decision-Making in the Context of Population-Based Screening Programs » (« La prise de décision partagée dans le contexte des programmes populationnels de dépistage »).

Certains points saillants de la présentation :

Qu'est-ce que la prise de décision partagée?

La prise de décision partagée (PDP) est un processus au cours duquel les cliniciens et les patients travaillent ensemble pour prendre des décisions concernant les soins de santé du patient. Elle repose sur deux grands piliers, soit les données probantes et les facteurs les plus importants pour le patient, et peut être facilitée par des outils d'aide à la décision destinés aux patients (p. ex., le Guide de décision personnelle (Ottawa)). De tels outils peuvent aider à prendre une décision, à discuter des options offertes, à explorer les rôles préférés, ainsi qu'à déterminer les besoins en matière de prise de décision et à y répondre.

La PDP est un outil qui devrait être utilisé selon une approche de consommateur (c.-à-d. en supposant que l'outil fournira automatiquement une réponse). La recherche indique que les patients veulent toujours être soutenus lorsqu'ils prennent une décision. Un outil d'aide à la décision n'est pas destiné à remplacer le clinicien dans le processus décisionnel. Il risque par ailleurs d'être utilisé de façon inappropriée et ne devrait jamais se substituer à l'ensemble d'un processus décisionnel (il sert plutôt à faciliter le processus).

Pourquoi est-il pertinent de faire des choix dans les programmes populationnels de dépistage?

Pour prendre des décisions, nous nous appuyons sur l'éthique. D'un point de vue téléologique, nous nous misons sur des concepts tels que le conséquentialisme, les valeurs et la vertu (p. ex., voir le quintuple objectif).

D'un point de vue déontologique, nous nous appuyons sur des concepts tels que le devoir, le droit et le procéduralisme. À titre d'exemple, dans la section « Droits en matière de soins de santé – Initiatives fédérales », la Charte de santé des Canadiens décrit une liste exhaustive des droits individuels des utilisateurs du système public de soins de santé, y compris le droit :

Le résumé scientifique de Cochrane concernant les outils d'aide à la décision et la mise à jour des Normes internationales d'aide à la décision des patients 2023 ont relevé :

Les pièges de la PDP pour le dépistage du cancer du sein comprennent l'absence de relation clinicien-patient et l'exercice du droit de choisir comme résultat (p. ex., la PDP peut ne pas accroître le dépistage et pourrait même donner lieu à une réduction des efforts à cet égard).

Pour le dépistage du cancer du sein, la PDP tire parti des partenariats et de l'engagement de toutes les parties prenantes.

2.3.2 Approche de dépistage fondée sur le niveau de risque

Présentation du Dr Jacques Simard (Recherche et innovation, Faculté de médecine, Université Laval) et de la Dre Anna Chiarelli (Santé Ontario)

La présentation des panélistes s'intitulait « Implementation of risk-stratified breast cancer screening: Opportunities and Challenges » (« Mise en œuvre du dépistage du cancer du sein en fonction d'une stratification des risques : possibilités et défis »).

Certains points saillants de la présentation :

Les défis actuels dans les pratiques de dépistage du cancer du sein comprennent les suivants :

À la lumière de nouvelles données probantes, une évaluation personnalisée du risque de cancer du sein à l'échelle de la population pourrait orienter les recommandations en matière de dépistage.

L'élaboration d'un cadre pour appuyer la mise en œuvre d'une approche personnalisée du dépistage du cancer du sein fondée sur le niveau de risque comprend ce qui suit :

Cette étude a révélé que, lorsque le dépistage se fondait uniquement sur le niveau de stratification du risque multifactoriel plutôt que sur l'âge, les antécédents familiaux ou la densité de BI-RADS (système de rapports et de données en imagerie du sein), les groupes présentant un risque plus élevé que la moyenne et un risque élevé faisaient l'objet d'un sous-dépistage (et le groupe présentant un risque moyen était trop dépisté en fonction des antécédents familiaux et de la densité mammaire uniquement).

Moteurs et défis :

La mise en œuvre d'une approche de dépistage fondée sur le niveau de risque permettrait :

Bien qu'elle puisse grandement améliorer le dépistage, la mise en œuvre d'une approche de dépistage du cancer du sein selon une stratification des risques est également remise en question en raison de ce qui suit :

Futures orientations :

Pour aller de l'avant avec le dépistage du cancer du sein fondé sur le niveau de risque au Canada, nous devons :

  1. Élaborer des processus de recrutement et de collecte de données qui réduisent au minimum les disparités dans l'accès à l'évaluation du risque de cancer du sein à l'échelle de la population.
  2. Élaborer un outil multifactoriel de prédiction du risque de cancer du sein validé au sein de différentes populations et convivial pour les fournisseurs de soins de santé et les participants.
  3. Élaborer un cadre de mise en œuvre du dépistage fondé sur le niveau de risque au sein du contexte sociojuridique et des structures organisationnelles des soins de santé du Canada.

2.3.3 Enjeux liés à l'accès, à la sensibilisation et à l'équité

Présentation de la Dre Juliet Daniel (Recherche et relations externes, Faculté des sciences, Université McMaster)

La présentation de la panéliste s'intitulait « Research and Innovation for Advancing Breast Cancer Screening Practices: Current Challenges in People of African Ancestry » (« Recherche et innovation pour le perfectionnement des pratiques de dépistage du cancer du sein : défis actuels chez les personnes d'ascendance africaine »).

Certains points saillants de la présentation :

Sur le plan clinique, le cancer du sein est classé en sous-types fondés sur l'expression des récepteurs : récepteur d'œstrogène (ER), récepteur de progestérone (PR), et récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2). Le tamoxifène est le traitement standard des cancers positifs à l'ER/PR, tandis que l'Herceptin est le traitement standard du cancer HER2 positif. Pour un cancer triple négatif (c.-à-d. un cancer qui n'exprime aucun des récepteurs mentionnés), il n'y a pas de traitement ciblé; par conséquent, le pronostic est sombre.

Cancer du sein triple négatif et disparités dans les résultats :

L'incidence du cancer du sein triple négatif (CSTN) est plus élevée chez les jeunes femmes noires et hispaniques que chez les femmes blanches. Bien que le statut socioéconomique puisse expliquer la piètre évolution de l'état de santé et de la maladie, il ne peut pas expliquer le taux d'incidence du CSTN. De plus, les traumatismes du racisme (y compris l'esclavage, la violence communautaire, le profilage racial, l'incarcération de masse et les mauvais traitements) sont maintenant considérés comme un déterminant social de la santé.

Données démographiques sur la santé :

Le cancer du sein est une nouvelle crise sanitaire en Afrique; le taux de survie à 5 ans est inférieur à 50 % (comparativement à 90 % aux États-Unis). La prévalence estimée du CSTN est de 20 % chez les Noires américaines non hispaniques, de 14 à 17 % chez les Antillaises et de 15 à 80 % chez les Africaines.

Au Canada, il n'y a pas suffisamment de données démographiques sur la santé et la plupart des chercheurs doivent ainsi utiliser des données provenant des États-Unis (avec des conséquences inconnues). La majorité des hôpitaux et des établissements canadiens ont commencé à recueillir des données démographiques, mais ces données ne sont pas encore disponibles.

Une étude canadienne (2016) portant sur les taux de dépistage selon l'ascendance a révélé que les taux de dépistage étaient les plus faibles chez les femmes sans fournisseur de soins, avec des taux allant de 5,3 % pour les femmes sud-asiatiques à 21,5 % pour les femmes des Antilles et d'Amérique latine. Parmi les femmes qui avaient un médecin, les taux étaient les plus élevés chez les personnes faisant partie d'un groupe de médecine familiale (GMF) (64,6 %), et les plus faibles chez les personnes qui n'avaient pas accès à une telle équipe. Pour tous les groupes, les taux de dépistage étaient supérieurs à 60 % pour les personnes faisant partie d'un GMF, d'une organisation de médecine familiale (OMF) ou d'un réseau de santé familiale (RSF), à l'exception des femmes sud-asiatiques et des femmes d'Europe de l'Est et d'Asie centrale. Bien que le fait d'avoir des médecins formés à l'étranger soit assorti d'une probabilité significativement plus faible de dépistage que le fait d'avoir des médecins formés au pays pour l'ensemble de la cohorte, les différences n'étaient significatives que pour les femmes des Antilles, d'Amérique latine, de l'Asie de l'Est et du Pacifique. Le fait d'avoir un médecin de famille originaire de la même région que la femme augmentait considérablement les chances de dépistage des Sud-Asiatiques, des femmes de l'Europe de l'Est et de l'Asie centrale, ainsi que du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord.

Une autre étude (2018) portant sur les taux d'incidence normalisés selon l'âge et la mortalité par pays a révélé que les pays des Antilles (Barbade et Bahamas) avaient des taux de mortalité beaucoup plus élevés que la population mondiale, ainsi que des taux d'incidence très élevés.

Kaiso – Un facteur de transcription à multiples facettes :

Kaiso est un facteur de transcription qui régule de nombreux processus biologiques tels que la prolifération cellulaire, l'apoptose (mort cellulaire), la motilité cellulaire et l'inflammation. Il joue un rôle dans de multiples cancers. L'expression élevée de Kaiso a une corrélation avec le piètre taux de survie des personnes atteintes du cancer du sein.

Recommandations :

2.3.4 Résumé des discussions de la table ronde

Cette section présente un résumé des principaux points de discussion soulevés par les participants ainsi que des renseignements supplémentaires fournis par les panélistes au cours de la table ronde ayant suivi leurs présentations.

Dépistage fondé sur le niveau de risque :

Prise de décision partagée et outils d'aide à la décision :

Soupeser les bénéfices et les méfaits pour l'élaboration de lignes directrices :

2.4 Recherche et innovation pour le perfectionnement des pratiques de dépistage – Regard vers l'avenir

2.4.1 Biomarqueurs circulants

Présentation du Dr Scott Bratman (Institut de recherche du Centre de cancérologie Princess Margaret)

La présentation du panéliste s'intitulait « Research and Innovation for Advancing Screening Practices – Circulating Biomarkers » (« Recherche et innovation pour le perfectionnement des pratiques de dépistage – Biomarqueurs circulants »).

Certains points saillants de la présentation :

Aperçu du diagnostic du cancer par biopsie liquide :

Une biopsie liquide est un échantillon de sang prélevé pour détecter des cellules cancéreuses et des fragments d'ADN provenant d'une tumeur dans la circulation sanguine. L'ADN tumoral circulant (ADNtc) peut être utilisé comme biomarqueur du cancer dans le sang. Il surpasse les autres biomarqueurs circulants pour le cancer du sein :

Bien que les marqueurs d'ADN dérivés du cancer dans l'ADNtc puissent être difficiles à repérer, ils peuvent être identifiés à l'aide de ce qui suit :

L'ADNtc pourrait devenir une partie intégrante de la médecine personnalisée dans l'ensemble du continuum des soins contre le cancer.

  1. Détection, dépistage ou diagnostic précoce du cancer :
    Aucun test n'est approuvé ou financé. Bien que les analyses sanguines puissent permettre la détection simultanée de plusieurs cancers, des études sont en cours pour les cancers faisant l'objet de dépistage et les autres.
  2. Profilage moléculaire ou pronostic :
    Il existe des tests approuvés par la Food and Drug Administration des États-Unis pour la sélection du traitement ciblé. Les cancers de stade avancé ont des niveaux plus élevés d'ADNtc, et les études montrent que nous pouvons éviter la biopsie des tissus.
  3. Détection des maladies résiduelles, surveillance de la réponse et surveillance de l'évolution clonale :
    Aucun test n'est approuvé ou financé. Il y a des preuves émergentes soutenant son utilisation dans le cancer du côlon, le cancer du sein et d'autres cancers. De nombreux essais cliniques sont en cours sur la question.

Biopsie liquide pour détecter une récidive précoce :

Les traitements actuels se voulant curatifs impliquent des décisions complexes pour l'intensification ou la réduction des traitements. Par exemple, après une chirurgie et/ou une radiothérapie, on doit décider d'opter pour l'observance thérapeutique ou de poursuivre le traitement adjuvant. La détection de la maladie résiduelle moléculaire (MRM)Note de bas de page 3 pourrait guider les décisions de traitement curatif. Par exemple, un test positif à la MRM confirmerait la nécessité d'un traitement adjuvant tandis qu'un test négatif confirmerait que l'observance est suffisante. En outre, l'ADNtc reflète le statut de MRM et permet fortement de poser un pronostic pour le cancer du côlon, du poumon, de la tête et du cou et du sein.

Approches relatives à la biopsie liquide pour le dépistage du cancer :

Lorsque l'on examine les programmes de dépistage du cancer actuellement recommandés, il est prouvé qu'ils réduisent la mortalité chez les personnes atteintes d'un cancer du col de l'utérus, du sein, du côlon et du poumon. Pourtant, les pratiques de dépistage actuelles comportent encore des défis et des limites :

Les tests de dépistage du cancer par biopsie liquide fondés sur le sang pourraient éventuellement permettre de surmonter les défis suivants :

Le bien-fondé du dépistage des cancers d'origine virale à l'aide de la biopsie liquide a été démontré, notamment pour le virus du papillome humain (VPH) associé aux cancers de l'oropharynx, du col de l'utérus et aux cancers anogénitaux, ainsi que le virus d'Epstein-Barr (VEB) associé aux cancers du nasopharynx, de l'appareil gastrique et du lymphome. Par exemple, une étude (2017) utilisant l'ADN plasmatique du VEB pour dépister le cancer du nasopharynx a permis de relever principalement des cancers de stade précoce ayant un taux de survie favorable. Un ECR serait nécessaire pour prouver la réduction de l'incidence du cancer à un stade avancé ainsi que de la mortalité attribuable au cancer.

La biopsie liquide tire parti de la circulation sanguine pour détecter la présence de cancers liés à plusieurs tissus. La détection multi-cancérologique grâce à des analyses sanguines comporte des avantages, y compris son évolutivité pour le dépistage de la population, la possibilité de simplifier les soins cliniques et le dépistage de cancers rares. Dans le cas des efforts visant à détecter un seul cancer, les avantages comprennent un développement plus rapide, une voie réglementaire plus directe et des paradigmes de dépistage éprouvés déjà existants. Dans les deux cas, les coûts de développement des tests et des tests individuels, les faux positifs cumulatifs, le développement complexe, les voies réglementaires et un long parcours possible en vue d'obtenir un diagnostic représentent des limites.

Les tests de détection précoce du cancer fondés sur le sang doivent être assortis de critères de performance (c.-à-d. une sensibilité élevée pour les cancers de stade précoce, une spécificité élevée pour réduire au minimum les examens) et de critères d'accessibilité (c.-à-d. déployables à l'échelle mondiale par une seule prise de sang, efficaces, rentables et complets). Ils doivent également être dotés des caractéristiques suivantes : une grande précision pour identifier le type de cancer et le tissu d'origine et la capacité de surveiller la maladie et de révéler les données biologiques.

Les changements épigénétiques tels que la méthylation de l'ADN sont prometteurs pour la détection de plusieurs cancers au moyen du sang. Les tests de méthylation de l'ADNtc peuvent détecter plusieurs cancers, mais d'après les données actuellement publiées, la sensibilité au cancer du sein est trop faible pour le dépistage primaire (sensibilité de 30,5 %). La sensibilité de détection de cancer du sein semble dépendre du stade et du sous-type. La détection de l'ADNtc méthylé est utile pour le pronostic dans le cas d'autres cancers, mais pas pour le cancer du sein.

Conclusions de la présentation :

2.4.2 Intelligence artificielle

Présentation de la Dre Nehmat Houssami (Groupe de recherche clinique sur le cancer du sein et la santé des populations, Daffodil Centre [Australie])

La présentation de la panéliste s'intitulait « Research and Innovation for Advancing Screening Practices: Looking to the Future – Artificial Intelligence » (« Recherche et innovation pour le perfectionnement des pratiques de dépistage : regard vers l'avenir – Intelligence artificielle »).

Certains points saillants de la présentation :

Cette présentation était axée sur l'utilisation de l'intelligence artificielle (IA) pour le dépistage des populations atteintes du cancer du sein afin d'améliorer le flux de travail et potentiellement de prévoir l'évolution de la maladie chez les participantes. L'IA pourrait être appliquée pour la détection du cancer (c.-à-d. le risque actuel) ou pour l'évaluation du risque futur. L'IA pour le dépistage du cancer du sein est actuellement définie comme un cas d'« utilisation précoce » où un ensemble de technologies interdépendantes sert à résoudre des problèmes qui nécessiteraient autrement des capacités cognitives humaines. L'IA est un domaine de l'informatique qui s'occupe de la construction de machines et de logiciels capables d'effectuer des tâches qui exigent généralement des esprits humains (p. ex., percevoir, raisonner, apprendre, interagir).

Données actuelles :

Un examen de la portée (2019) sur l'IA pour la détection précoce du cancer du sein a révélé que la plupart des publications sur ce sujet sont principalement de petites études rétrospectives avec des ensembles de données d'images très sélectionnés (c.-à-d. un pourcentage de cancer élevé). Les experts s'entendent pour dire que ces préoccupations méthodologiques et ces lacunes en matière de données probantes limitent l'application de l'IA dans les milieux cliniques de dépistage du cancer du sein. Les limites méthodologiques mises en évidence sont les suivantes :

Une revue systématique (2022) sur la validation des algorithmes d'IA pour la mammographie de dépistage automatisée a révélé un faible potentiel d'amélioration de la précision du diagnostic. Les études sur ce sujet présentent toujours un risque de biais et soulèvent des préoccupations relatives à l'applicabilité, dont une évaluation inadéquate de l'évolution de la maladie. Les experts conviennent que la qualité des études doit être améliorée.

Une étude de cohorte rétrospective (2023) a examiné 109 000 examens de dépistage consécutifs de novembre 2015 à décembre 2016 concernant des femmes de 50 à 74 ans à l'aide du logiciel BreastScreen AI (suivi complet de 2 ans et couplage avec le registre du cancer pour déterminer les cancers d'intervalle). Il a été constaté que l'IA n'était pas aussi performante que les radiologistes au seuil prospectif (prédéfini) :

Cette étude a également révélé que la proportion de cancers détectés au moyen du dépistage qui ont obtenu un diagnostic positif par l'IA s'élevait à 77 % et que la proportion de cancers d'intervalle détectés par l'IA totalisait 37 %. Une double lecture simulée (c.-à-d. radiologiste + lecture de l'IA) a également été effectuée et il a été constaté que la conception rétrospective de l'étude ne pouvait pas quantifier les taux potentiels de détection du cancer en raison des limites de l'arbitrage analytique. Ces résultats confirment la nécessité de mener des essais prospectifs.

Une étude d'analyse clinique de l'innocuité (2023) a comparé le dépistage par mammographie avec l'IA et la lecture prise en charge par l'IA plutôt que la double lecture standard. En 2021-2022, des personnes de quatre sites du programme de dépistage suédois ont été recrutées aux fins de l'essai au moyen d'une analyse de sécurité prédéfinie (80 000 dépistages) pour les mesures de détection où le critère d'évaluation principal était le taux de cancers d'intervalle (100 000 participantes dépistées avec un suivi d'au moins 2 ans). Cette intervention de l'IA a entraîné un taux de rappel plus élevé et un plus grand nombre de cancers détectés (ainsi qu'un taux de détection du cancer plus élevé) tout en ayant 44 % moins de lectures de dépistage. Le système de conception assistée par ordinateur fondé sur l'apprentissage profond (Transpara v.1.7) a été utilisé pour :

Une étude prospective de non-infériorité basée sur la population, à lecture appariée (2023) portait sur des personnes recrutées en 2021-2022 lors d'une mammographie de routine en Suède. L'étude se fondait sur 55 581 dépistages au moyen du système d'IA Insight MMG (v1.1.6; Lunit, Corée du Sud) et était conçue afin d'avoir une double lecture en plus de la lecture de l'IA suivie d'une réunion de consensus en cas de discordance. On a constaté que la double lecture par un radiologiste et l'IA n'était pas inférieure à la double lecture par deux radiologistes pour la détection des cancers. En outre, l'étude a révélé un taux d'interprétation anormal plus élevé pour les cas d'IA résolus lors des réunions de consensus.

L'IA pour le dépistage du risque de cancer du sein :

L'IA pour la prédiction du risque de cancer du sein est un nouveau domaine de recherche dans lequel l'étendue et la qualité des données probantes ne sont pas encore bien développées. Les divers facteurs de risque qui déterminent le risque d'une personne d'être atteinte d'un cancer du sein devraient être pris en compte dans l'estimation du risque et inclure les caractéristiques personnelles et de mode de vie, les facteurs reproductifs et hormonaux, les facteurs familiaux et génétiques, ainsi que les renseignements issus de la mammographie.

Dans le cadre du dépistage du cancer du sein, l'IA est-elle acceptable pour la population desservie?

Une étude sur les perceptions des femmes australiennes concernant l'utilisation de l'IA pour la lecture des mammographies a été menée. Huit groupes de discussion ont été organisés en ligne avec des femmes de 50 à 74 ans. Les deux principales questions abordées étaient les suivantes :

Les commentaires ont été principalement positifs. Toutefois, deux questions ont été soulevées :

  1. Le rendement et l'assurance de la qualité (c.-à-d. que l'on devrait avoir recours à l'IA que si elle obtient de meilleurs résultats en matière de dépistage que les méthodes actuelles).
  2. Les experts demeurent des acteurs centraux (c.-à-d. les radiologistes devraient continuer d'assumer la responsabilité, afin d'appuyer l'explication des résultats, la responsabilisation et l'assurance de la qualité; l'expertise en radiologie est considérée comme une ressource précieuse).

Conclusions de la présentation :

2.4.3 Résumé des discussions de la table ronde

Cette section présente un résumé des principaux points de discussion soulevés par les participants ainsi que des renseignements supplémentaires fournis par les panélistes au cours de la table ronde ayant suivi leurs présentations.

Analyses sanguines pour le dépistage :

L'intelligence artificielle (IA) dans le dépistage du cancer du sein :

3.0 Discussions des tables rondes

3.1 Points saillants généraux des discussions

Éducation et sensibilisation :

Réflexions finales des intervenants

À la fin de l'événement, une table ronde finale sur le dépistage du cancer du sein visait à se pencher sur les questions suivantes :

Certains points saillants :

Annexes

Annexe A – Programme de l'événement

Jour 1 – Le mardi 26 septembre 2023

11 h à 11 h 05

Mot de bienvenue – Julie Desmarais (animatrice)

11 h 05 à 11 h 10

Mot de bienvenue d'une gardienne du savoir algonquine – Monique Manatch (gardienne du savoir)

11 h 15 à 11 h 25

Remarques liminaires – Nancy Hamzawi (première vice-présidente, Agence de la santé publique du Canada)

11 h 25 à 11 h 35

Aperçu de l'événement et examen des objectifs – Julie Desmarais (animatrice)

11 h 35 à 12 h 35

Préparer le terrain – Lignes directrices sur le dépistage du cancer du sein au Canada et à l'étranger

Ce groupe d'experts présentera les expériences de groupes qui élaborent des lignes directrices sur le dépistage du cancer du sein au Canada et à l'étranger :

12 h 35 à 13 h 30

Table ronde

13 h 30 à 14 h

Pause

14 h à 15 h

Perspectives des intervenants – Mieux comprendre

Ce groupe d'experts présentera les expériences et les points de vue d'une gamme d'intervenants sur le cancer du sein, dont des présentations de la part des groupes suivants :

15 h à 15 h 25

Table ronde

15 h 25 à 15 h 30

Mot de la fin pour le jour 1 – L'honorable Ya'ara Saks, ministre de la Santé mentale et des Dépendances et ministre associée de la Santé

Nota : Toutes les heures sont exprimées en heure normale de l'Est.

Jour 2 – Le mercredi 27 septembre 2023

11 h à 11 h 02

Mot de bienvenue – Julie Desmarais (animatrice)

11 h 02 à 11 h 10

Remarques liminaires – Nancy Hamzawi (première vice-présidente, Agence de la santé publique du Canada)

11 h 10 à 12 h 15

Recherche et innovation pour le perfectionnement des pratiques de dépistage – Défis actuels

Ce groupe d'experts discutera des défis actuels liés aux pratiques de dépistage du cancer du sein et comprendra des présentations sur les sujets suivants :

12 h 15 à 13 h

Table ronde

13 h à 13 h 30

Pause

13 h 30 à 14 h 30

Recherche et innovation pour le perfectionnement des pratiques de dépistage – Regard vers l'avenir

Ce groupe d'experts discutera des priorités pour les futures études afin de favoriser le perfectionnement des pratiques de dépistage du cancer du sein et comprendra des présentations sur les sujets suivants :

14 h 30 à 15 h 15

Table ronde

15 h 15 à 15 h 25

Mot de la fin – Heather Jeffrey (présidente, Agence de la santé publique du Canada)

15 h 25 à 15 h 30

Mot de la fin d'une gardienne du savoir algonquine – Monique Manatch

Nota : Toutes les heures sont exprimées en heure normale de l'Est.

Annexe B – Biographies des présentateurs

Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs

La Dre Guylène Thériault est coprésidente du Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs. Outre ses fonctions cliniques, la Dre Thériault est co-responsable de la pratique familiale pour la campagne Choisir avec soin et enseigne depuis plusieurs années la médecine fondée sur les données probantes et la prise de décision partagée aux étudiants, aux résidents et aux médecins. Elle exerce différentes fonctions académiques au Campus McGill en Outaouais et est la fondatrice du Centre pour l'avancement des soins de santé fondés sur les données probantes, un site Web qui propose des outils pour aider à intégrer les soins judicieux et la prévention dans la pratique clinique.

Le Dr Ahmed Abou-Setta est l'autre coprésident du Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs. Il est professeur adjoint au département des sciences de la santé communautaire à l'Université du Manitoba, directeur de la synthèse des connaissances (Knowledge Synthesis) au George & Fay Yee Centre for Healthcare Innovation (aussi à l'Université du Manitoba), une unité de soutien de la SARP manitobaine (SPOR SUPPORT Unit) financée par les IRSC. Il est aussi chercheur principal de la SPOR Evidence Alliance financée par les IRSC. Il dirige et soutient des recherches axées sur le patient, notamment des directives de pratique clinique, des revues systématiques et des aperçus de revues.

Groupe de travail américain sur les services préventifs

La Dre Wanda Nicholson a été nommée vice-présidente du Groupe de travail américain des services préventifs en mars 2022. Elle est obstétricienne-gynécologue de formation et occupe actuellement le poste de professeure en prévention et santé communautaire au George Washington Milken Institute of Public Health. Elle mène des études sur la périnatalité et la santé des femmes, en se concentrant sur l'élaboration d'interventions comportementales pour le diabète et les troubles d'hypertension pendant la grossesse.

Services de santé de l'Alberta

James Newsome est responsable de l'Innovation et de l'intégration des programmes au sein de l'équipe chargée des programmes de dépistage des Services de santé de l'Alberta. Il travaille depuis six ans dans le domaine des programmes de dépistage et depuis 13 ans dans le secteur des soins de santé, et il est titulaire de diplômes en sciences, en recherche clinique et en administration des affaires. En plus de contribuer à l'élaboration de la nouvelle ligne directrice relative à la pratique clinique du dépistage du cancer du sein de l'Alberta, il en a assuré la coordination.

Patientes

Mme Michelle Audoin est la créatrice de « Uncovered: A Breast Recognition Project » et vit avec un cancer du sein de stade 4. Elle collabore avec les communautés mal desservies dans le secteur des soins oncologiques et travaille pour que l'on réponde à leurs besoins non satisfaits, en misant sur l'équité en santé et la voix des patientes.

Mme Vicky auf der Mauer est une fière femme inuite de la région de Qikiqtaaluk au Nunavut, connue sous le nom d'île de Baffin, qui vit maintenant dans le territoire Dish with One Spoon, aussi appelé Toronto. Elle est une conteuse et une bénéficiaire de l'Accord sur les revendications territoriales du Nunavut. Elle siège en tant que gardienne du savoir au sein de l'Indigenous Primary Health Care Council (IPHCC) et du programme juridique autochtone Giiwedin Anang Council, qui est une approche autochtone pour appuyer les conflits de garde des organismes de protection de l'enfance. Après avoir reçu un diagnostic grave en 2019 et ne sachant pas trop quelle direction emprunter, elle s'est d'abord tournée vers sa communauté autochtone, puis a finalement eu recours au système de santé occidental pour recevoir un traitement. Elle fait part de son cheminement et de toutes les leçons qui s'y rattachent.

Réseau canadien de dépistage du cancer du sein

M. Gregory Doyle est le gestionnaire de division des programmes de dépistage du cancer à Terre-Neuve-et-Labrador et le président du RCDCS.

Women's College Research Institute

La Dre Aisha Lofters est une scientifique au Women's College Research Institute (WCRI), une scientifique principale adjointe à l'Institute for Clinical Evaluative Sciences (IC/ES) et une professeure agrégée au département de médecine familiale et communautaire de l'Université de Toronto. Elle a reçu une bourse pour nouveaux chercheurs décernée par les Instituts de recherche en santé du Canada et agit à titre de directrice médicale et de présidente des sciences de la mise en œuvre au Peter Gilgan Centre for Women's Cancers du Women's College Hospital en partenariat avec la Société canadienne du cancer. Son programme de recherche met l'accent sur l'amélioration de la qualité des soins dans le dépistage et la prévention du cancer, particulièrement pour les populations marginalisées, grâce à diverses méthodes dont des approches axées sur le partenariat avec la communauté.

Université d'Ottawa – Service de l'imagerie du sein

La Dre Jean Seely est professeure titulaire au département de radiologie de l'Université d'Ottawa, cheffe du Service de l'imagerie du sein de l'Hôpital d'Ottawa et responsable régionale de l'imagerie du sein pour le Programme ontarien de dépistage du cancer du sein de la région de Champlain. Elle est présidente de la Société canadienne de l'imagerie mammaire et boursière de la Société canadienne de l'imagerie mammaire et de l'Association canadienne des radiologistes. Ses intérêts de recherche comprennent l'imagerie mammaire, le dépistage du cancer du sein, la qualité de l'imagerie mammaire et l'expérience des patientes.

Université Laval – Département de médecine familiale et de médecine d'urgence

La Dre France Légaré est une médecin de famille à Québec. Elle est titulaire d'une maîtrise en santé communautaire et d'un doctorat en santé des populations de l'Université d'Ottawa. Elle est professeure titulaire au département de médecine familiale et de médecine d'urgence de l'Université Laval et détient le titre de titulaire de la chaire de recherche du Canada en prise de décision partagée et en application des connaissances depuis 2006.

Université Laval – Recherche et innovation à la Faculté de médecine / Département de médecine moléculaire / Centre de recherche de l'Université Laval

Le Dr Jacques Simard est actuellement vice-doyen à la recherche et à l'innovation au sein de la Faculté de médecine de l'Université Laval, professeur au département de médecine moléculaire et scientifique au Centre de recherche de l'Université Laval au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec. Il a été titulaire de la chaire de recherche du Canada en oncogénétique (2001-2022). Depuis 2001, il dirige l'une des plus grandes équipes de recherche interdisciplinaire et internationale sur la susceptibilité génétique au cancer du sein orientée par les principes de la science ouverte.

Santé Ontario

La Dre Anna Chiarelli est chercheuse principale à Santé Ontario (auparavant Action Cancer Ontario), responsable scientifique provinciale du Programme ontarien de dépistage du cancer du sein et professeure en épidémiologie de la Dalla Lana School of Public Health de l'Université de Toronto. La professeure Chiarelli codirige actuellement un vaste projet de recherche appliquée intitulé « Évaluation personnalisée du risque pour la prévention et la détection précoce du cancer du sein : intégration et mise en œuvre ». Ce projet international auquel participent plusieurs établissements d'enseignement vise à faire progresser la mise en œuvre efficiente des lignes directrices sur le dépistage du sein en fonction d'une stratification des risques.

Université McMaster – Faculté des sciences

La Dre Juliet Daniel est une biologiste du cancer et vice-doyenne à la recherche et aux relations externes de la Faculté des sciences de l'Université McMaster. Les travaux de recherche de la professeure Daniel sont axés sur le rôle du facteur de transcription Kaiso dans le développement du cancer et des vertébrés. Son équipe se penche également sur les causes moléculaires et génétiques des disparités dans l'incidence et l'évolution moins favorable du cancer du sein triple négatif chez les femmes noires. En guise de reconnaissance de ses travaux de recherche et de son service communautaire, plusieurs prix ont été attribués à la professeure Daniel, notamment le tout premier Prix d'excellence en matière d'inclusion de la Société canadienne du cancer.

Centre de cancérologie Princess Margaret / Réseau universitaire de santé / Université de Toronto

Le Dr Scott Bratman est radio-oncologue au Centre de cancérologie Princess Margaret / Réseau universitaire de santé et professeur agrégé à l'Université de Toronto. Le Dr Bratman est reconnu pour ses contributions à de nouvelles méthodes liées à la biopsie liquide qui ont des répercussions de taille sur les plans scientifique et clinique. Ses travaux de recherche révolutionnaires ont mené à des découvertes fondamentales dans les domaines de la biologie de l'ADN sans cellules, des technologies et des applications pour la médecine de précision et la surveillance de la réponse en oncologie.

Daffodil Centre – Groupe de recherche clinique sur le cancer du sein et la santé des populations

La Dre Nehmat Houssami est clinicienne-chercheuse et médecin en santé publique, ainsi que professeure en santé publique. Elle dirige le Groupe de recherche clinique sur le cancer du sein et la santé des populations au Daffodil Centre. Elle travaille depuis une trentaine d'années dans les services de dépistage du cancer du sein et agit à titre de clinicienne au Royal Hospital for Women de Sydney. La professeure Houssami est spécialisée dans l'évaluation des nouvelles technologies, y compris les essais liés au dépistage. Elle est présidente de la prévention du cancer du sein de la Fondation nationale du cancer du sein et boursière du Conseil national de recherche médicale et en santé.

Annexe C – Liste de sigles

ACSP
Association canadienne de santé publique
ACTT
Équipe de transformation de l'accélération du changement (ACTT) de l'Alberta Medical Association
ADNtc
ADN tumoral circulant
AES
Auto-examen des seins
ASPC
Agence de la santé publique du Canada
BI-RADS
Système de rapports et de données en imagerie du sein
CCIS
Carcinome canalaire in situ
CHU
Centre hospitalier universitaire
CPA
Comptabilité par activités
CSTN
Cancer du sein triple négatif
CTC
Cellules tumorales circulantes
ECR
Essai contrôlé randomisé
ECS
Examen clinique des seins
EEC
Événement d’échange de connaissances
ENCDCS
Études nationales canadiennes sur le dépistage du cancer du sein
ER
Récepteur d'œstrogène
FAA
Femmes d'ascendance africaine
GECSSP
Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs
GMF
Groupe de médecine familiale
HER2
Récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain
IA
Intelligence artificielle
IC/ES
Institute for Clinical Evaluative Sciences
IPHCC
Indigenous Primary Health Care Council
IRM
Imagerie par résonance magnétique
IRSC
Instituts de recherche en santé du Canada
MRM
Maladie résiduelle moléculaire
OMF
Organisation de médecine familiale
OMS
Organisation mondiale de la Santé
OSF
Open Science Framework
PCCC
Partenariat canadien contre le cancer
PDP
Prise de décision partagée
PR
Récepteur de progestérone
RCDCS
Réseau canadien de dépistage du cancer du sein
RMF
Réseau de médecine familiale
RSPN
Régie de la santé des Premières Nations
SERF
Surveillance, épidémiologie et résultats finaux
SPOR
Strategy for Patient Oriented Research
SRP
Score de risque polygénique
StatCan
Statistique Canada
TMN
Tomosynthèse mammaire numérique
USPSTF
Groupe de travail américain des services préventifs
WCRI
Women's College Research Institute

Annexe D – Glossaire des termes importants

ADN tumoral circulant (ADNtc) :
ADN à simple ou double brin qui contient des mutations et qui est libéré dans le sang par des cellules tumorales dans le sang.
Bénéfices (liés au dépistage du cancer du sein) :
bénéfices du dépistage éventuel d'un cancer du sein avant l'apparition des symptômes. Une détection plus précoce peut mener à une meilleure évolution de la maladie.
Biomarqueurs :
Substances mesurables dans un organisme dont la présence est révélatrice d'une maladie, le cancer du sein dans ce cas-ci.
Biopsie liquide :
Échantillon de sang prélevé pour détecter dans la circulation sanguine des cellules cancéreuses et de fragments d'ADN provenant d'une tumeur.
Cancer d'intervalle :
Cancer repéré pendant la période entre le dépistage régulier par mammographie (p. ex., parce qu'une personne remarque une masse mammaire et que les évaluations diagnostiques déterminent qu'il s'agit d'un cancer du sein).
Changements épigénétiques :
Altérations de la fonction cellulaire qui ne sont pas causées par un changement dans la séquence d'ADN. Ces changements sont réversibles, mais héréditaires, et ont trait à des facteurs environnementaux.
Dépistage (lié au cancer du sein) :
Évaluation ou examen à l'aide de technologies d'imagerie ou de tests moléculaires pour déterminer la présence d'un cancer du sein chez des personnes asymptomatiques.
Détection :
Détermination de la présence d'un cancer du sein à l'aide de l'imagerie ou de méthodes moléculaires.
Équité en santé :
Fait référence au contexte dans lequel chaque personne a une chance juste et équitable d'atteindre un état de santé optimal.
Facteur de risque :
Se définit comme quelque chose qui augmente le risque ou la susceptibilité au cancer du sein. Ces facteurs peuvent être génétiques ou environnementaux.
Faux positif :
Résultat de test incorrectement classé (pour la présence d'un cancer du sein), qui nécessite des tests supplémentaires pour confirmer l'absence de maladie (c.-à-d. « rappel »).
Méthylation de l'ADN :
Processus biologique par lequel des groupes méthyles sont ajoutés aux molécules d'ADN qui peuvent modifier l'activité d'un segment d'ADN sans changer sa séquence.
Mortalité toutes causes confondues :
S'entend du taux de mortalité découlant de toutes les causes de décès pour une population donnée.
Méfaits (liés au dépistage du cancer du sein) :
Désigne les effets négatifs du dépistage, tels que l'anxiété et l'inquiétude causées, les faux positifs nécessitant des tests supplémentaires et le surtraitement ou surdiagnostic.
Prise de décision partagée :
Processus au cours duquel les médecins et les patients travaillent ensemble pour prendre des décisions médicales qui tiennent compte des bénéfices et des méfaits potentiels, ainsi que des valeurs et des préférences du patient. Il est considéré comme un élément clé des soins de santé axés sur le patient.
Sécurisation culturelle :
Désigne un environnement exempt de racisme et de discrimination dans lequel les patients se sentent en sécurité. Il est fondé sur un engagement respectueux qui reconnaît les inégalités de pouvoir inhérents au système de soins de santé et qui tente d'y remédier.
Sein dense :
Terme servant à décrire le tissu mammaire ayant des quantités relativement élevées de tissu glandulaire et de tissu conjonctif fibreux (et une quantité relativement faible de tissu adipeux).
Surdiagnostic :
Détection d'un cancer qui n'entraînerait pas de méfaits pour le patient (c.-à-d. qui ne causerait pas le décès du patient, qui pourrait mourir d'autres causes). Cela comprend un cancer qui ne serait pas devenu symptomatique et qui n'a été détecté que par le dépistage. Le surdiagnostic des lésions précancéreuses (p. ex., CCIS) se distingue du surdiagnostic des cancers.
Surtraitement (découlant du surdiagnostic) :
Interventions relatives à un traitement qui ne profitent pas nécessairement au patient, ou qui comportent un risque de méfaits susceptible de l'emporter sur tout bénéfice pour le patient.

Annexe E – Ressources

Note de bas de page 1

Le 15 novembre 2023, le GECSSP a annoncé publiquement qu'en raison de la complexité et du volume de données à évaluer, il vise maintenant une date de publication au printemps 2024 pour les nouvelles recommandations (https://canadiantaskforce.ca/calendrier-revise-pour-la-mise-a-jour-de-la-ligne-directrice-sur-le-depistage-du-cancer-du-sein/?lang=fr)

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Note de bas de page 2

Le PCCC a fourni des précisions à l'ASPC après l'EEC à l'effet qu'OncoSim a en fait été mis à jour pour les variables de survie en 2023, et que la mise à jour des variables des coûts de traitements est en cours et devrait être complétée en 2024. Les mises à jour d'OncoSim sont effectuées régulièrement (plusieurs fois par année), et de nouvelles hypothèses de modèle sont ajoutées selon des données récentes, des fonctionnalités du modèle, et des tableaux de résultats du modèle. Les mises à jour récentes d'OncoSim ont fait en sorte que les projections d'incidence et de survie du modèle sont similaire aux données les plus récentes du Registre canadien du cancer (jusqu'aux diagnostics faits en 2020).

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Note de bas de page 3

Les tests de MRM sont maintenant standards pour les leucémies et le cancer de la prostate, tandis qu'une grande majorité de cancers solides n'ont toujours pas de biomarqueur fiable de la MRM.

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