Rapport biennal 2011-2012 de FoodNet Canada

Sommaire

FoodNet Canada assure le suivi chez les Canadiens des maladies intestinales, communément appelées « intoxications alimentaires », et retrouve leurs sources, comme les aliments, l'eau et les animaux. Ces données sont analysées pour aider à déterminer quelles sources causent le plus grand nombre de maladies chez les Canadiens, et nous aident à faire le suivi des maladies ainsi que de leurs causes, au fil du temps.

Dans les années de surveillance 2011 et 2012, FoodNet Canada a été actif dans deux régions : la région de Waterloo et la région sanitaire de Fraser, située dans les basses-terres continentales de la Colombie-Britannique. Dans chaque emplacement, ou « site sentinelle », la surveillance accrue des maladies humaines est effectuée parallèlement à la surveillance active de bactéries, de virus et de parasites particuliers, ainsi que des sources possibles auxquelles les personnes infectées ont pu être exposées.

Les constatations clés suivantes sont fondées sur les données de surveillance de 2011-2012 transmises par les sites de l'Ontario et de la Colombie-Britannique :

  • Au total, 1 663 cas humains de 11 maladies d'origine bactérienne, virale et parasitaire ont été signalés dans les sites de l'Ontario et de la Colombie-Britannique entre 2011 et 2012. Les trois maladies les plus fréquemment signalées (campylobactériose, salmonellose et giardiase) représentaient 82 % des cas.
  • La campylobactériose est restée la maladie entérique la plus couramment signalée dans les deux sites sentinelles, et Campylobacter jejuni était l'espèce la plus fréquemment associée à la campylobactériose humaine. La majorité des échantillons de poulet cru testés étaient également contaminés par Campylobacter jejuni. Les facteurs d'exposition possibles comprenaient le fait d'habiter dans une ferme ou dans une propriété de campagne, le contact avec de la volaille à la ferme, le contact avec des animaux de compagnie, le contact avec du fumier d'animaux de ferme et la consommation d'aliments gâtés. Dans l'ensemble, comme par le passé, la viande de poulet vendue au détail a été considérée comme le principal véhicule de la transmission de Campylobacter.
  • La répartition par âge et par sexe des patients des cas humains de salmonellose signalés en 2011 et 2012 était semblable à celle observée historiquement tant dans le site de l'Ontario que dans le site de la Colombie-Britannique. Les sérotypes signalés le plus fréquemment pour les cas humains de salmonellose étaient Enteritidis, Typhimurium et Heidelberg. Un alignement des lysotypes continue à être observé parmi les isolats provenant de cas humains endémiques, de viande de poulet et d'excréments de poulets à griller, tant pour Salmonella Heidelberg que pour Salmonella Enteritidis. Une légère diminution du taux a été constatée dans les deux sites (pour les années 2011 et 2012 combinées, par rapport à 2010), qui est comparable à la tendance nationale observée sur la même période. La prévalence de Salmonella dans le poulet haché était deux fois plus élevée que celle observée dans les poitrines de poulet. Ce résultat peut mettre en évidence une plus forte probabilité de contamination des produits pendant le traitement. Dans l'ensemble, les facteurs possibles d'exposition à la salmonellose étaient les suivants : contact avec des reptiles gardés comme animaux de compagnie, produits avicoles vendus au détail et fumier de poulets à griller (tableau 4.6). Les produits de volaille vendus au détail sont considérés comme le véhicule de transmission possible le plus important.
  • Les infections à E. coli producteur de vérotoxine (sérotypes O157:H7 et non-O157:H7) continuent d'être principalement contractées dans le pays, comme le montre le faible nombre de cas associés à des voyages qui ont été signalés en 2011-2012. Les profils d'E. coli O157:H7 obtenus par électrophorèse en champ pulsé (PFGE) aussi bien dans des échantillons humains que dans des échantillons non humains en 2011-2012 continuaient à présenter une diversité considérable, comme cela a été observé à l'échelle nationale et dans les sites de FoodNet Canada au cours des années précédentes.
  • Tout comme les années précédentes, la plupart des cas de Yersinia ont été contractés dans le pays. Parmi les cas associés à un voyage, la plupart des patients ont indiqué avoir voyagé en Amérique centrale ou en Amérique du Sud entre 2011 et 2012. L'incidence des cas contractés dans le pays était nettement plus élevée chez les femmes que chez les hommes. En 2011, dans le site de l'Ontario, la présence de Yersinia pathogène n'a été décelée dans aucun des échantillons de fumier de porc (biotype 4, sérotype O:3).
  • Tout comme les années précédentes, des souches pathogènes de Listeria monocytogenes ont été détectées en 2011 et 2012 dans des échantillons de poitrines de poulet sans peau, de bœuf haché, de poulet haché et de dinde hachée, ainsi que dans des croquettes de poulet cru. La documentation scientifique indique que les abattoirs et les établissements de transformation de la viande peuvent être des sources plus importantes que les animaux d'élevage en ce qui concerne L. monocytogenes. Les données sur la viande vendue au détail issues de la surveillance menée pendant de nombreuses années indiquent que des sérotypes pathogènes de L. monocytogenes sont présents dans la viande crue de poulet, de bœuf et de porc vendue au détail, ainsi que dans les légumes-feuilles emballés. Selon un profil d'électrophorèse en champ pulsé utilisant une enzyme, une concordance entre un cas humain et un échantillon de croquette de poulet crue a été établie en 2011-2012, mais aucune concordance entre des sources et des cas de listériose signalés dans les sites sentinelles en 2011-2012 n'a été établie lorsque les deux profils d'électrophorèse en champ pulsé utilisant l'enzyme ont été comparés. De plus, d'après les analyses utilisant une enzyme, quelques concordances ont été établies entre des isolats de viande (poulet et bœuf) et quatre des cinq principaux profils d'électrophorèse en champ pulsé signalés chez les humains à l'échelle nationale (selon les données de PulseNet Canada). En 2012, des herbes fraîches ont fait l'objet d'une analyse visant à détecter L. monocytogenes, mais la présence de ce pathogène n'a pas été décelée.
  • La majorité des infections à Shigella ont été contractées pendant des voyages, l'Asie étant la destination la plus fréquemment signalée.
  • Dans le cadre de la surveillance de FoodNet Canada, des souches de norovirus pathogènes chez l'humain ont été détectées dans les herbes fraîches et les baies fraîches vendues au détail en 2011 et 2012. Dans le passé, des sous-types du pathogène avaient également été trouvés dans le fumier d'animaux d'élevage ainsi que dans des côtelettes de porc et des légumes-feuilles vendus au détail.
  • Le Cryptosporidium a été décelé en 2011 et 2012 dans des baies fraîches vendues au détail et dans l'eau de surface non traitée. Le Giardia a été détecté dans des baies fraîches et des herbes vendues au détail, ainsi que dans l'eau, sur la même période. Le Cyclospora a également été détecté dans des baies fraîches. Toutefois, il n'a pas été possible de déterminer la viabilité de ces pathogènes.
  • Les voyages à l'extérieur du Canada ont continué à alourdir le fardeau des maladies entériques observées au Canada en 2011 et 2012, puisque 27 % des cas recensés dans les deux sites (combinés) concernaient probablement des infections contractées à l'étranger. Les pratiques de voyage en toute sécurité restent des considérations importantes pour les Canadiens.
  • Les analyses accrues et normalisées en laboratoire réalisées pour toutes les composantes de la surveillance de FoodNet Canada (cas humains, vente au détail, fermes et eau) ont permis de repérer des profils dans la distribution des sous-types parmi les cas humains ainsi que des sources d'exposition potentielles dans le temps. La poursuite de la surveillance et l'ajout d'autres sites sentinelles contribueront à affiner les principales observations et à guider les mesures de prévention et de contrôle des maladies entériques au Canada.

Pour plus de détails sur le rapport et ses principales conclusions, s'il vous plaît envoyer un courriel au: phac-FoodNet.Canada-aspc@phac-aspc.gc.ca

Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez sélectionner toutes les cases qui s'appliquent :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :