PICRA 2013 – Rapport annuel

Le Programme intégré canadien de surveillance de la résistance aux antimicrobiens (PICRA) permet le suivi de certaines bactéries qui résident dans le tractus intestinal des humains et des animaux afin de comprendre les tendances en matière d'utilisation des antimicrobiens et de la résistance à ces derniers. Les antimicrobiens sont utilisés pour tuer les bactéries qui peuvent causer des maladies infectieuses. Ces bactéries peuvent développer ou acquérir des mécanismes de résistance à ces médicaments et les rendre moins efficaces ou inefficaces.

Chapitre 1. Design et Méthodes

Le Chapitre 1 du Rapport annuel du PICRA de 2013 inclut des informations sur le design et les méthodes utilisés en vue d'obtenir des données sur la résistance aux antimicrobiens (RAM) et sur leur utilisation (UAM) chez les humains, les bovins, les poulets, les porcs, les dindes, les chevaux et les aliments pour animaux. On rapporte également des détails sur les méthodes d'analyses utilisées sur les données de RAM et d'UAM.

C'est en avril 2013, que débutait pour la composante à la ferme la collecte d'information sur la RAM et l'UAM chez les poulets à griller provenant des quatre provinces productrices de volailles au Canada (la Colombie-Britannique, l'Alberta l'Ontario, et le Québec). Pour la première en 2013, le PICRA présentera des données d'UAM intégrées provenant de cinq sources différentes :  des pharmacies humaines, des hôpitaux, des diagnostics émis par le médecin et la recommandation d'antimicrobiens faite par ce dernier, des questionnaires administrés à la ferme (porcs en croissance-finition et poulets à griller) et les antimicrobiens distribués pour la vente pour leur utilisation chez les animaux.

Pour consulter le chapitre, visitez Publications.gc.ca (Document PDF).

Chapitre 2. Résistance aux antimicrobiens

Le Chapitre 2 du Rapport annuel du PICRA de 2012 met en lumière les résultats du suivi de la résistance aux antimicrobiens dans le temps et dans différentes régions au Canada. Les renseignements présentés aident à orienter les décideurs afin de mieux gérer l'utilisation des antimicrobiens en médecine humaine et vétérinaire. Ce rapport relève des renseignements sur la résistance aux antimicrobiens chez les humains, les bovins, les poulets, les porcs, les dindes, les chevaux et ainsi que dans les aliments pour animaux.

Parmi les faits ayant une importance en santé publique, notons le pourcentage d'infections humaines causées par des Salmonella résistantes est demeuré stable en 2013 avec 26 % de l'ensemble des isolats qui étaient résistants à un antimicrobien ou plus. La résistance à la gentamicine, un antimicrobien considéré comme étant de haute importance en médecine humaine (Catégorie II), a augmenté parmi les infections causées par S. Newport. La résistance à la ciprofloxacine (Catégorie I) parmi les isolats de S. Typhi a continué d'augmenter avec un taux de résistance qui est passé de 10 % en 2012 à 18 % en 2013. Dans le secteur agroalimentaire, des augmentations marquantes de Campylobacter résistants à la ciprofloxacine ont été observées parmi les échantillons de poulets ou de viande de poulet. Une diminution de la résistance au ceftiofur (Catégorie I) a été observée parmi les Salmonella en Ontario depuis 2004 alors qu'une augmentation a été observée au Québec parmi Salmonella et E. coli depuis la réintroduction de l'utilisation de cet antimicrobien en 2007. De plus, de la résistance multiclasse a été observée parmi des E. coli provenant de bovins de boucheries. D'autres tendances significatives ont été trouvées pour d'autres antimicrobiens parmi d'autres espèces animales destinées à la consommation humaine et ont été mises en lumière dans ce chapitre.

Pour consulter le chapitre, visitez Publications.gc.ca (Document PDF).

Chapitre 3 - Utilisation des antimicrobiens chez les animaux

Le Programme intégré canadien de surveillance de la résistance aux antimicrobiens (PICRA) recueille, analyse et communique les tendances en matière de résistance aux antimicrobiens et d'utilisation d'antimicrobiens chez certaines bactéries isolées parmi des humains, des animaux et de la viande vendue au détail de partout au Canada. Les bactéries sous surveillance sont connues comme étant des bactéries entériques (peuvent être présentes dans les intestins des personnes ou des animaux ou infecter les intestins) et peuvent être transmises de l'animal à l'homme et vice-versa. Les renseignements tirés du PICRA soutiennent les mesures visant à freiner l'apparition et la propagation des bactéries résistantes chez les animaux et les humains et dans les aliments, afin de prolonger l'efficacité des antimicrobiens.

Ce chapitre met en évidence les tendances relatives à l'utilisation des antimicrobiens chez les animaux au Canada. Les conclusions concernant l'utilisation des antimicrobiens sont fondées sur les renseignements du questionnaire provenant des fermes d'élevage sentinelles de poulets de chair et de porcs en croissance-finition. En outre, ce chapitre présente les données sur les ventes et la distribution des antimicrobiens fournies par l'Institut canadien de la santé animale (ICSA) pour tous les animaux au Canada.

En 2013, des antimicrobiens ont été administrés par l'alimentation à 77 % des troupeaux de porcs en croissance-finition, par injection à 61 % des troupeaux, et par l'eau à 26 % des troupeaux. La proportion des porcs en croissance-finition exposés à des antimicrobiens ajoutés aux aliments ou à l'eau était généralement de 100 %, comparativement à moins de 5 % si les antimicrobiens étaient administrés par injection. La raison la plus souvent invoquée pour l'utilisation d'antimicrobiens dans l'alimentation était la prévention de maladies (51 %), suivie de la stimulation de la croissance (41 %) et du traitement de maladies (8 %). Les antimicrobiens utilisés en plus grande quantité dans l'alimentation étaient la chlortétracycline, la tylosine, la lincomycine, la sulfaméthazine et la salinomycine. Les antimicrobiens ont été le plus souvent utilisés pour le traitement ou la prévention des infections à Streptococcus suis, E. coli et Mycoplasma chez les porcelets dans les pouponnières, et pour le traitement ou la prévention des infections à Streptococcus suis, Mycoplasma et Lawsonia chez les porcs en croissance-finition.

En 2013, 93 % des élevages de poulets de chair ont utilisé des antimicrobiens dans l'alimentation. Le ceftiofur et l'enrofloxacine étaient les seuls antimicrobiens de catégorie I (antimicrobiens dont la classe est considérée comme étant de très haute importance en médecine humaine) utilisés dans les élevages de poulets de chair. L'utilisation du ceftiofur au couvoir a été mentionnée par 31 % des fermes d'élevage participantes et l'utilisation de l'enrofloxacine l'a été dans 2 élevages. L'utilisation documentée de ces antimicrobiens précède le début d'un changement volontaire apporté par l'industrie visant à éliminer l'utilisation préventive d'antimicrobiens jugés comme étant de très haute importance pour la médecine humaine. Dans l'ensemble, la prévention des maladies était la raison la plus souvent invoquée pour justifier l'utilisation d'antimicrobiens chez les poulets de chair élevés à la ferme pour les motifs suivants :

  1. les utilisations dans les couvoirs visent à prévenir les maladies néonatales (c.-à-d. l'omphalite et la septicémie principalement);
  2. l'utilisation dans l'alimentation vise à prévenir deux maladies entériques importantes sur le plan économique chez les poulets de chair, à savoir l'entérite nécrotique causée par Clostridium perfringens et la coccidiose causée par diverses espèces d'Eimeria.

En 2013, 1,6 million de kilogrammes d'antimicrobiens aux fins d'utilisation chez les animaux ont été distribués pour la vente au Canada par les entreprises membres de l'ICSA; il s'agit d'une diminution de 2 %, par rapport au total de 2012. Sur ces 1,6 million de kilogrammes distribués, 32 % étaient de catégorie IV (qui sont considérés comme étant de faible importance en médecine humaine). En tenant compte des populations et du poids santé sous-jacents des animaux, la quantité totale d'antimicrobiens distribués pour la vente de 2006 à 2012 a été relativement stable. On a observé des différences interprovinciales dans les quantités d'antimicrobiens distribués pour la vente. En 2013, la proportion d'antimicrobiens distribués pour utilisation chez les animaux de compagnie représentait 0,6 % de la quantité totale d'antimicrobiens distribués pour la vente à des fins d'utilisation chez les animaux. Les antimicrobiens distribués pour utilisation chez les animaux de compagnie étaient principalement des céphalosporines, des β-lactamines et des sulfamides, tandis que chez les animaux de production, les classes d'antimicrobiens les plus couramment utilisées étaient les tétracyclines, les ionophores et les β-lactamines.

Pour demander la copie du rapport complet (format PDF), s'il vous plait envoyez un courriel au cipars-picra@phac-aspc.gc.ca ou contactez-nous au 519-826-2174.

Chapitre 4 - Intégration des résultats et discussion.

Le Programme intégré canadien de surveillance de la résistance aux antimicrobiens (PICRA) recueille, analyse et communique les tendances en matière de résistance aux antimicrobiens et d'utilisation d'antimicrobiens chez certaines bactéries isolées parmi des humains, des animaux et de la viande vendue au détail de partout au Canada. Les bactéries sous surveillance sont connues comme étant des bactéries entériques (peuvent être présentes dans les intestins des personnes ou des animaux ou infecter les intestins) et peuvent être transmises de l'animal à l'homme et vice-versa. Les renseignements tirés du PICRA soutiennent les mesures visant à freiner l'apparition et la propagation des bactéries résistantes chez les animaux et les humains et dans les aliments, afin de prolonger l'efficacité des antimicrobiens. Le présent chapitre vise à repérer et à décrire les résultats les plus pertinents provenant des différentes composantes de la surveillance, en fonction du temps, des régions, des espèces hôtes et des bactéries.

Salmonella Enteritidis était le sérotype de Salmonella le plus couramment recensé dans les cas humains d'infection et était souvent détecté dans la viande de poulet vendue au détail en 2013. Aucune résistance aux antimicrobiens n'a été détectée dans les isolats de S. Enteritidis provenant d'échantillons prélevés à la ferme, en abattoir et dans la viande vendue au détail, quelle que soit l'espèce animale testée. Les isolats d'infections à la S. Enteritidis résistants chez les personnes ne semblent pas provenir des principales denrées agroalimentaires canadiennes échantillonnées dans ce programme (bovins, poulets et porcs), mais la viande de poulet vendue au détail pourrait être une source d'exposition importante pour les personnes infectées par des souches sensibles de S. Enteritidis au Canada.

Comme les années précédentes, il existe des preuves de résistance à des antimicrobiens importants sur le plan médical dans les isolats de Salmonella non typhique et d'E. coli générique. La résistance la plus courante aux céphalosporines de troisième génération (antimicrobiens de très haute importance en médecine humaine) a été observée dans les isolats de S. Heidelberg obtenus chez des personnes malades et dans les isolats de S. Heidelberg et de S. Kentucky provenant de poulets et de viande de poulet. Il existe généralement en corrélation étroite entre la résistance aux céphalosporines de troisième génération dans les isolats d'E. coli provenant de poulets de chair et l'utilisation déclarée d'antimicrobiens à la ferme.

La bactérie Campylobacter jejuni a été souvent détectée dans la viande de poulet vendue au détail, ce qui laisse croire que des cas humains nationaux pourraient être associés à la manipulation ou à la consommation de produits à base de poulet fabriqués au Canada. Les liens possibles entre les cas humains et la viande de poulet pourraient être précisés davantage en ajoutant les données sur la résistance aux antimicrobiens pour les infections humaines à Campylobacter à l'avenir. Le profil de résistance à la ciprofloxacine (un antimicrobien de très haute importance en médecine humaine) de Campylobacter isolé dans le poulet vendu au détail continue à varier dans le temps et entre les régions.

En ce qui a trait à l'intégration de données sur l'utilisation d'antimicrobiens chez les animaux et les humains, après ajustement en fonction des populations et du poids, il y a eu environ 1,4 fois plus d'antimicrobiens importants sur le plan médical distribués ou vendus pour une utilisation chez les animaux que pour une utilisation chez les humains en 2013. Soixante-seize pour cent des antimicrobiens distribués pour la vente et destinés aux animaux étaient importants du point de vue médical. Parmi les antimicrobiens distribués aux fins d'utilisation au Canada, 79 % étaient destinés à une utilisation chez les animaux de production (animaux destinés à la consommation et chevaux); 20 % étaient destinés à une utilisation chez les humains et moins de 1 % était destiné à une utilisation chez les animaux de compagnie. Bien que les mêmes antimicrobiens soient souvent distribués ou vendus pour être utilisés aussi bien chez les humains que chez les animaux, les quantités relatives utilisées sont différentes entre les humains et les animaux ainsi qu'entre les différentes espèces animales.

Il existe d'importantes différences en ce qui concerne les principales raisons justifiant l'utilisation des antimicrobiens et la manière dont ils sont administrés entre les humains et les différentes espèces d'animaux d'élevage. La principale raison la plus souvent invoquée pour justifier l'utilisation d'antimicrobiens dans les fermes de porcs en croissance-finition et de poulets de chair échantillonnées était la prévention de maladies.

Pour demander la copie du rapport complet (format PDF), s'il vous plait envoyez un courriel au cipars-picra@phac-aspc.gc.ca ou contactez-nous au 519-826-2174.

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