Comment les changements climatiques touchent-ils l’omble chevalier?

Depuis des millénaires, l'omble chevalier fait partie de l'alimentation des Inuit, qu'il soit cru, cuit, séché, gelé ou fermenté. D'innombrables générations ont pu compter sur ce poisson délicieux pour assurer leur subsistance. La gratitude et le respect à l'égard de l'omble chevalier sont solidement ancrés dans la culture inuite. Il s'agit d'un aliment de base dans la plupart des communautés.

L'omble chevalier est aussi une source d'emploi dans certaines communautés comptant de petites entreprises de pêche commerciale. Or, alors que les Inuit font face aux effets des changements climatiques sur leur environnement et la faune de l'Arctique, ils s'interrogent sur ce que l'avenir réserve à l'omble chevalier – et ce que cela signifie pour leur sécurité alimentaire.

Des scientifiques et des détenteurs du savoir inuit travaillent ensemble pour répondre à certaines de ces questions. Qu'ont-ils appris?

Température et comportement de l'omble chevalier

L'état de la glace de mer, la salinité, la présence de proies et de prédateurs et, tout particulièrement, la température sont autant de facteurs pouvant influer sur la santé de l'omble chevalier et son aire de répartition dans l'océan. À mesure que la saison de glace de mer raccourcit sous l'effet des changements climatiques, la forme anadrome de l'omble chevalier (qui migre vers l'océan en été pour se nourrir et revient en eau douce à l'automne) pourrait migrer vers l'océan plus tôt et y passer plus de temps pour se nourrir.

L'omble chevalier a besoin de moins de nourriture dans des eaux froides que dans des eaux plus chaudes. C'est peut-être pourquoi l'espèce s'éloigne des côtes à la fin de l'été pour se rendre en eaux plus profondes et froides. À mesure que la température moyenne de l'océan continue de se réchauffer, il se peut que ce poisson se dirige plus tôt dans la saison vers la haute mer afin de demeurer plus longtemps dans les eaux froides.

Arrivée de nouvelles espèces de poissons

Par ailleurs, les températures plus chaudes attirent vers le nord des poissons vivant habituellement plus au sud, comme le capelan et le saumon, qui fréquentent des régions de l'Arctique où il était rare de les voir par le passé. L'effet de ces nouveaux venus sur l'omble chevalier reste à établir. Des experts inuits surveillent la situation, et ils ont observé dans la baie Cumberland, au Nunavut, que l'omble chevalier mange plus de capelan, ce qui donne à sa chair orangée une teinte plus claire.

Dans les zones méridionales de l'est de l'Arctique, le territoire le plus au nord du saumon de l'Atlantique chevauche celui de l'omble chevalier. Les deux espèces ne se disputent cependant pas les aires de fraie, puisqu'elles frayent dans deux types d'habitats bien distincts. Il faudra faire d'autres recherches pour déterminer avec plus d'exactitude l'effet que les espèces de poissons méridionales ont sur l'omble chevalier.

On trouve de moins en moins de polluants organiques persistants, comme les BPC, dans l'omble chevalier, grâce aux lois ayant interdit l'utilisation de ces produits et au nettoyage de sites contaminés dans l'Arctique. Cependant, la présence de mercure, un polluant d'origine naturelle, peut augmenter dans l'environnement en raison des barrages et de l'exploitation minière. Il s'agit là d'une source d'inquiétudes au Nunatsiavut. Les recherches indiquent que les concentrations de mercure dans la forme anadrome de l'omble chevalier sont très faibles, bien en deçà des seuils prescrits pour la vente commerciale. Les individus de l'espèce qui ne migrent jamais vers l'océan, en particulier les poissons vivant dans de petits lacs, sont plus susceptibles de présenter des concentrations plus élevées de mercure.

Conclusion

Il y a encore beaucoup à apprendre sur les effets qu'exercent actuellement les changements climatiques sur l'omble chevalier et ce à quoi il faut s'attendre dans l'avenir. Les communautés inuites, qui sont les premières concernées, contribuent considérablement aux recherches sur l'omble chevalier, en travaillant de près avec des biologistes et en apportant leur point de vue et leur expertise.

Pour découvrir les facteurs qui influent sur la santé et l'abondance de l'omble chevalier et les façons les plus efficaces de gérer les populations de ce poisson, il faudra une collaboration constante entre les scientifiques et les détenteurs de savoir inuit, afin que cette espèce emblématique continue de nourrir encore longtemps les familles et les communautés inuites.

Savoir polaire Canada

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