Transformer les déchets en énergie dans le Nord
POLAIRE évalue le rendement des technologies d’énergie propre dans l’Arctique

Turning waste into energy in the North
Les employés de POLAIRE Spencer Klengenberg (à gauche) et Brian Vandenbrink vérifient un des « compteurs intelligents » qui surveillent les habitudes de consommation d’énergie à Cambridge Bay.

Par John Bennett

Le 9 décembre 2019


Au campus de la SCREA, à Cambridge Bay, au Nunavut, les chercheurs de Savoir polaire Canada (POLAIRE), un organisme du gouvernement du Canada qui exploite les installations de la SCREA, explorent de nouvelles technologies qui pourraient aider les collectivités de l’Arctique à réduire leur consommation de combustibles fossiles.

« Les technologies d’énergie propre sont généralement conçues pour être utilisées dans le Sud », soutient Rob Cooke, qui dirige le programme sur l’énergie propre de POLAIRE. « Souvent, elles n’ont pas le même rendement dans le froid extrême, les forts vents et les longues périodes d’obscurité en hiver qui caractérisent la vie dans l’Arctique. Nous travaillons avec des partenaires pour mettre à l’essai certaines de ces technologies dans un environnement contrôlé et aplanir certaines difficultés. »

POLAIRE a évalué plusieurs systèmes producteurs d’énergie tout en s’attaquant à un autre défi auquel font face les collectivités nordiques : réduire l’impact environnemental des déchets domestiques et des eaux usées. POLAIRE a aidé à tester la fiabilité du microsystème autonome de gazéification (Micro Automated Gasification System [MAGS]) de Terragon, qui utilise des températures d’incinération élevées pour convertir les déchets domestiques en chaleur ainsi que le gaz naturel de substitution, qui peut servir à produire de l’électricité. Cooke et ses collègues de POLAIRE ont également accompagné les représentants de la municipalité de Cambridge Bay à Utqiagvik, en Alaska, pour évaluer un autre système d’incinération utilisé là bas, notamment sa capacité potentielle à produire de la chaleur et des gaz de synthèse à partir de déchets à Cambridge Bay et dans d’autres collectivités de l’Arctique canadien.

En collaboration avec le Conseil national de recherche du Canada (CNRC), POLAIRE fait aussi l’essai d’un réacteur de traitement bioélectrochimique des eaux usées en milieu anaérobie, qui peut produire de la chaleur, et éventuellement des biocarburants, à partir des eaux usées. « L’objectif à long terme, selon Cooke, est de faire en sorte que les eaux usées qui aboutissent dans des étangs d’épuration soient plus propres tout en générant de l’énergie sous forme de produit de récupération. »

POLAIRE travaille également avec le CNRC pour mesurer le rendement des ventilateurs de récupération de chaleur et d’énergie dans l’Arctique, qui améliorent la qualité de l’air dans une maison grâce à un apport continu en air frais, tout en réduisant au minimum les pertes de chaleur et d’énergie. Ces appareils sont mis à l’essai au campus de la SCREA et dans plusieurs résidences de Cambridge Bay.

En collaboration avec Ressources naturelles Canada, les chercheurs de POLAIRE étudient la consommation d’énergie des collectivités éloignées – la tendance de la demande d’énergie (pics et creux), par exemple – pour trouver la meilleure façon d’intégrer l’énergie propre au réseau local et réduire la dépendance de ces collectivités à l’égard des génératrices alimentées au diesel, qui sont coûteuses et polluantes. Ils ont installé des « compteurs intelligents » qui surveillent et enregistrent la consommation d’énergie dans dix bâtiments de Cambridge Bay. Ils vérifient également la vitesse du vent et les heures d’ensoleillement, données qui serviront ensuite à préparer des projets d’énergie éolienne et solaire dans la collectivité et au campus de la SCREA.

Le campus ainsi que l’accent mis par POLAIRE sur la collaboration avec les collectivités nordiques en ce qui a trait aux priorités de recherche qu’elles ont définies sont essentiels au succès de toutes ces recherches et à leur application éventuelle. « Grâce à son emplacement au sein même d’une collectivité inuite et à ses laboratoires et autres équipements sophistiqués, explique Rob Cooke, le campus de la SCREA a un potentiel immense pour contribuer au développement de l’énergie propre. Et c’est une priorité pour POLAIRE, parce que c’est ce que les collectivités souhaitent. »

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