Vidéos décrites : Écoutez des témoignages de personnes Survivante du trafic sexuel
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Écoutez des témoignages de personnes Survivantes sur les signes à surveiller
Chaque cas de traite des personnes est unique, mais certains signes sont communs chez les victimes de trafic sexuel. Dans la vidéo suivante, de vraies personnes Survivantes de trafic sexuel témoignent de leur expérience.
Transcription
[Un texte apparaît en blanc sur fond noir. Texte à l'écran : « La vidéo qui suit traite de sujets pouvant causer de la détresse chez certaines personnes, comme l'exploitation sexuelle, la consommation de drogues et la violence. Nous préférons vous en avertir. »]
[Des lettres blanches apparaissent sur un fond bleu. Texte à l'écran : « La vidéo qui suit contient des témoignages de victimes de trafic sexuel et de membres de leur famille. » Les mots « trafic sexuel » et « membres de leur famille » sont mis en évidence en vert.]
[Texte à l'écran :« Ces personnes ont partagé leurs expériences pour aider les Canadiennes et Canadiens à comprendre le problème du trafic sexuel au pays. » Les mots « trafic sexuel » sont mis en évidence en vert.]
[Sur un fond bleu pâle, un texte apparaît en blanc dans un cadre bleu foncé. Texte à l'écran : « Quels ont été les signes précurseurs pour les victimes ou les personnes survivantes de trafic sexuel? » Les mots « signes précurseurs » sont mis en évidence en vert. Texte à l'écran : « Brenda. » Assise sur un canapé gris, la femme aux cheveux noirs mi-longs porte un haut noir orné d'une épingle rouge et des boucles d'oreilles rondes. Derrière elle se trouve un tableau représentant un arbre.]
[Brenda] On doit apprendre à reconnaître les signes et on doit utiliser notre instinct et offrir notre soutien. Je pense que très souvent, on voit des choses, mais on se dit que ça ne nous regarde pas, puis on ne fait rien.
J'ai seulement le sentiment que c'est notre responsabilité de prendre soin les uns des autres et de veiller les uns sur les autres. Et si on savait les signes, on en saurait plus.
[Un texte souligné apparaît en blanc sur fond bleu. Texte à l'écran : « Des formes subtiles de contrôle. Texte à l'écran : « Mallory. » Assise sur un canapé, la femme aux cheveux bruns porte un chandail gris et a un perçage à la joue. Près d'elle, les flammes de trois bougies sur une table vacillent.]
[Mallory] Il attendait dans une autre chambre d'hôtel que je payais. Il était avec des amis. Il y avait de l'alcool, de la drogue. Ils passaient du temps ensemble à s'amuser pendant que je travaillais.
S'il fallait que je parte, je devais l'aviser et rentrer tout de suite après, évidemment. Il envoyait habituellement la blonde d'un de ses amis avec moi pour que je n'aille nulle part toute seule. Et au bout d'un moment, j'ai réalisé que c'était devenu habituel, que je n'allais jamais vraiment nulle part toute seule.
Un jour, mes cartes d'identité et mes affaires avaient disparu.
[Un texte souligné apparaît en blanc sur fond bleu. Texte à l'écran : « La consommation de substances. Texte à l'écran : « Raine. » Debout près d'un boisé, la femme aux cheveux noirs porte des lunettes et des boucles d'oreilles en perles. Elle est vêtue d'un blouson en jean et a un perçage au nez et à la lèvre.]
[Raine] On ne m'a pas expliqué les choses de la vie sur le sexe, les pratiques sures, le consentement. On n'en parlait pas dans les années 90 et 2000. Je vivais mal avec les conséquences du viol que j'avais subi, et je prenais de la drogue et de l'alcool pour y faire face.
[Des bûches brûlent à l'extérieur.]
En ce moment, j'élève un garçon de treize ans et s'il commençait à consommer systématiquement de grandes quantités de drogue et d'alcool, je dirais, qu'est ce qui se passe? Vous voyez ce que je veux dire? Je ne pense pas qu'un jeune enfant se dise, quand je serai grand, je veux boire énormément d'alcool et me mettre plein de drogue dans le corps. Personne ne veut faire ça.
[Un texte souligné apparaît en blanc sur fond bleu. Texte à l'écran : « Des comportements autodestructeurs. » Texte à l'écran : « Charlie. » Assise devant un foyer, la jeune femme aux cheveux châtain attachés en chignon porte une veste noire et un gros collier de perles colorées. Elle a des perçages aux oreilles, au nez et sur une joue.]
[Charlie] Je ne peux pas parler pour d'autres, mais pour moi, mon trouble alimentaire a commencé quand je devais avoir autour de l'âge de huit ans, et c'est l'âge où j'ai commence à être victime de traite.
[Charlie se tient devant une fenêtre et regarde le boisé en contrebas.]
J'ai commencé à contrôler ce que je mangeais. Je cachais de la nourriture. Je ne comprenais pas ce que je faisais, mais je le faisais et ça m'aidait à me sentir mieux. Et ça a juste continue à progresser à partir de là.
[Le jour, Charlie marche dans un boisé, vêtue d'un manteau d'hiver rose au collet noir et d'un pantalon noir.]
J'ai longtemps lutté contre l'automutilation. Les gens appellant ça une dépendance et c'est une chose que j'ai surmonté. Mais je faisais ça pour échapper au traumatisme.
On peut vraiment être affecté par un traumatisme et avec ce qui se passait, je ne savais pas quoi faire d'autre. J'avais l'impression de n'avoir personne vers qui me tourner. Je sais que ça a l'air étrange de se faire du mal physiquement, mais j'imagine que te causer de la douleur physique enlève la douleur émotionnelle.
[Un texte souligné apparaît en blanc sur fond bleu. Texte à l'écran : « Des changements dans l'apparence physique. » Vêtue d'un bonnet noir et d'un gilet vert sur une chemise en flanelle orange et noir, Mallory se fait tatouer la main. Elle est assise face au tatoueur, le bras tendu.]
[Mallory] Je me suis fait tatouer pendant que j'étais avec mon trafiquant et c'était le nom qu'il m'avait donné. C'était mon identité pendant très longtemps.
[Le tatoueur, dont les bras sont couverts de tatouages, s'affaire sur le dessus de la main de Mallory. Il a une barbe et porte des lunettes et des gants noirs.]
C'est dur d'avoir une partie de tonne corps que tu ne veux pas voir, sur laquelle tu ne veux pas que les autres te posent des questions ou que tu essaies d'éviter. Mais comment est-ce qu'on peut éviter son propre corps?
[Un texte apparaît en blanc sur fond bleu. Texte à l'écran : « Les signes d'alerte dont font état les expériences partagées ne représentent que quelques-uns des signes possibles. Chaque situation de traite des personnes est unique, et les signes d'alerte sont très variés. » Les mots « signes d'alerte potentiels de trafic sexuel » sont mis en évidence en vert.]
[Texte à l'écran : « Si vous pensez que vous ou quelqu'un que vous connaissez pourriez être victime ou un survivant ou une survivante de trafic sexuel, appelez la Ligne d'urgence canadienne contre la traite des personnes : 1-833-900-1010. » Le numéro de téléphone apparaît en vert.]
[Un texte s'affiche en blanc sur fond noir. Texte à l'écran : « Sa Majesté le Roi du chef du Canada, représenté par le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, 2025. »]
[PS18-96/1-2025F-MP4]
[ISBN 978-0-660-75684-4 »]
[Le drapeau du Canada apparaît en rouge et noir à côté des mots Sécurité publique Canada et Public Safety Canada.]
[En lettres blanches, le mot Canada apparaît avec un drapeau canadien rouge et blanc flottant au-dessus de la lettre « a ».]
Écoutez des témoignages de personnes Survivantes sur le ciblage des victimes
Dans la vidéo suivante, de vraies personnes Survivantes de trafic sexuel parlent de certaines des méthodes utilisées par les trafiquants pour cibler et recruter leurs victimes, en se basant sur leurs expériences vécues.
Transcription
[Un texte apparaît en blanc sur fond noir. Texte à l'écran : « La vidéo qui suit traite de sujets pouvant causer de la détresse chez certaines personnes, comme l'exploitation sexuelle, la consommation de drogues et la violence. Nous préférons vous en avertir. »]
[Des lettres blanches apparaissent sur un fond bleu. Texte à l'écran : « La vidéo qui suit contient des témoignages de victimes de trafic sexuel et de membres de leur famille. » Les mots « trafic sexuel » et « membres de leur famille » sont mis en évidence en vert.]
[Texte à l'écran : « Ces personnes ont partagé leurs expériences pour aider les Canadiennes et Canadiens à comprendre le problème du trafic sexuel au pays. » Les mots « trafic sexuel » sont mis en évidence en vert.]
[Sur un fond bleu pâle, un texte apparaît en blanc dans un cadre bleu foncé. Texte à l'écran : « Comment les trafiquants ciblent-ils leurs victimes ? » Les mots « ciblent-ils les victimes » sont mis en évidence en vert.]
[Texte à l'écran : « Mallory. » Assise sur un canapé, la femme aux cheveux bruns porte un chandail gris et a un perçage à la joue.]
[Mallory] Je ne sais vraiment pas comment identifier un trafiquant, un prédateur, quelqu'un qui est prêt à vous sacrifier pour son propre intérêt. Sacrifier votre spiritualité, votre santé mentale, votre sécurité, votre identité, votre connexion avec le monde, tout ça.
[Un texte souligné apparaît en blanc sur fond bleu. Texte à l'écran : « Par des amis. Texte à l'écran : « Brenda. » Assise au pied d'un lit, la femme aux cheveux châtain clair porte une veste noire sur un haut fleuri et des boucles d'oreilles.]
[Brenda] Ma fille avait seize ans, elle a rencontré une fille sur Facebook et elles sont devenues amies. Et c'est peut-être que c'est ce qu'elle traversait avec son partenaire que je ne connaissais pas, qui a entraîné ce changement, ces nouveaux amis. Son amie l'a invitée à Toronto.
[Le jour, vue aérienne de Toronto par une journée ensoleillée. Au loin, la Tour CN domine le centre-ville.]
Nous allions à un match des Blue Jays en famille. Elle avait mentionné que cette amie était à Toronto. Elle va faire du magasinage. Est-ce que je peux aller dans les magasins avec elle? Et j'ai répondu demande à tonne amie de nous rejoinder ici. Et c'est ce qu'a fait son amie. Elle est venue et elle avait l'air de son âge. Elle avait l'air bien.
Nous avons tous pris une photo en famille avant qu'elle parte, parce qu'on faisait une activité en famille. Et puis elle est partie.
[Brenda montre la photo d'une jeune femme aux longs cheveux blonds sur l'écran de son téléphone. Le visage de la jeune femme est flou.]
Ils l'ont gardée deux jours.
Ouais, c'était les pires deux jours de ma vie. Je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie.
Je ne sais pas combine de filles cette autre fille a amené. Elle est-- ma fille est probablement une des nombreuses filles que cette jeune femme m'a détruite.
[Un texte souligné apparaît en blanc sur fond bleu. Texte à l'écran : « Par des relations amoureuses. » Mallory réapparaît, assise sur un canapé.]
[Mallory] J'ai rencontré mon trafiquant quand j'avais 19 ans.
[Mallory hoche la tête.]
Oui, nous sommes devenus très proches parce qu'il était drôle, il était charmant, il était accessible et il se tenait avec des personnes très intéressantes, mais il semblait être different des autres.
[Trois bougies scintillent sur une table voisine.]
Ca l'a aidé à gagner ma confiance encore plus vite. Ca a commencé dès la première nuit où j'étais avec lui. Il a pris mon argent et il a dit que c'était pour payer la chambre d'hôtel et pour payer l'essence pour venir me chercher et pour payer les vêtements qu'il m'achetait. Et il n'arrêtait pas de me prendre de l'argent.
[Mallory joint ses mains sur ses genoux. Ses mains sont tatouées et ses ongles sont manucurés à la française.]
Il entrait dans la chambre d'hôtel après que mon client soit parti, et il prenait l'argent. Et il disait merci et il m'embrassait.
C'était Presque présenté comme une relation. Je pensais que c'était ça tomber amoureuse. Et en fait, c'était plutôt un lavage de cerveau. Toutes les promesses, les choses auxquelles je croyais pouvoir me fier n'étaient pas vraies.
[Un texte souligné apparaît en blanc sur fond bleu. Texte à l'écran : « Par des membres de la famille ». Texte à l'écran : « Charlie. » Assise dans une maison devant deux fenêtres, la femme aux cheveux châtains attachés en chignon porte une veste noire sur un haut rose avec un grand collier de perles colorées. Elle a des perçages aux oreilles, au nez et sur une joue.]
[Charlie] Je pense que plusieurs ne comprennent pas que ça, ça se produit dans des familles et c'est quelque chose qu'il faut améliorer.
Quand j'avais huit ans, c'était mon anniversaire. Un membre de la famille m'a emmené dehors et m'a dit que je pouvais avoir beaucoup de bonbons et de toutous si j'étais une bonne fille et si je faisais ce qu'on me disait.
Je ne comprenais pas que j'étais une victime de traite. Mais aujourd'hui, en tant qu'adulte, je comprends ce qui se passait.
On m'a dit de mentir. On m'a dit qu'on m'enlèverait si je leur disais quoi que ce soit.
[Charlie serre ses mains l'une contre l'autre.]
C'est surtout ma grand-mère qui s'occupait de moi. Elle me posait des questions, mais on m'avait dit de ne rien dire. Donc je n'ai rien dit pendant longtemps.
[Un texte souligné apparaît en blanc sur fond bleu. Texte à l'écran : « En comblant un besoin. » Texte à l'écran : « Raine. » Debout près d'un boisé, la femme aux cheveux noirs porte un blouson en jeans, des lunettes, des boucles d'oreilles de perles et a des perçages au nez et à la lèvre.]
[Raine] C'est du pouvoir et du contrôle. La traite des personnes, c'est plus que de travailler dans la rue et d'échanger du sexe contre de l'argent. C'est aussi échanger du sexe pour de la drogue et de l'alcool. C'est aussi échanger du sexe pour un endroit sécuritaire, parce que cette maison-là est peut-être plus sûre que ce qui se passe chez soi.
[De jour, vue d'une ruelle bordée d'arbres, de buissons et de mauvaises herbes qui poussent à travers, dessous et par-dessus des clôtures.]
Il y a beaucoup d'exploitation dans la communauté plus jeune, mais ça ne se passe plus dans les rues. Ça s'est déplacé à l'intérieur. On les appelle des trap house.
[Vue depuis le pare-brise avant d'une voiture circulant sur une rue de banlieue par une journée ensoleillée.]
C'est un terme urbain qu'on utilise pour parler des maisons où il y a de la drogue et il y a beaucoup d'exploitation.
[Un texte souligné apparaît en blanc sur fond bleu. Texte à l'écran : « Par des offres d'emploi. » Texte à l'écran : « Augusta. » Assise devant une fenêtre, la femme aux cheveux châtains bouclés a un perçage à la narine gauche. Elle porte un chandail gris à manches longues. Elle utilise son pouce pour faire défiler des publications sur l'écran de son téléphone, puis elle rédige un message.]
[Augusta] J'ai rencontré cette personne en novembre et il m'a ajouté par hazard sur Snapchat, et il m'a envoyé un message à propos d'une possibilité d'emploi. C'est une tactique et il la maîtrise parfaitement.
Il a ensuite commence à essayer de me connaître, de devenir un peu plus comme mon ami. Parce que plus ils apprennent à vous connaître, plus ils savent comment vous manipuler.
[Un texte apparaît en blanc sur fond bleu. Texte à l'écran : « Les modes de recrutement dont font état les expériences partagées ne représentent que quelques-uns des moyens utilisés par les trafiquants. Les trafiquants ont recours à différents moyens pour recruter et exploiter les victimes potentielles. » Les mots « recruter et exploiter » sont mis en évidence en vert.]
[Texte à l'écran : « Si vous pensez que vous ou quelqu'un que vous connaissez pourriez être victime ou un survivant ou une survivante de trafic sexuel, appelez la Ligne d'urgence canadienne contre la traite des personnes :1-833-900-1010. » Le numéro de téléphone apparaît en vert.]
[Un texte s'affiche en blanc sur fond noir. Texte à l'écran : « Sa Majesté le Roi du chef du Canada, représenté par le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, 2025. »]
[PS18-96/2-2025F-MP4]
[ISBN 978-0-660-75686-8 »]
[Le drapeau du Canada apparaît en rouge et noir à côté des mots Sécurité publique Canada et Public Safety Canada.]
[En lettres blanches, le mot Canada apparaît avec un drapeau canadien rouge et blanc flottant au-dessus de la lettre « a ».]
Écoutez des témoignages de personnes Survivantes qui ont réussi à s'en sortir
Pour bien des raisons, il peut être très difficile d'échapper au trafic sexuel. Écoutez les témoignages de personnes qui ont survécu à des situations de trafic sexuel, qui s'en sont sorties saines et sauves et qui racontent aujourd'hui leur expérience pour contribuer à la sécurité des Canadiens.
Transcription
[Un texte apparaît en blanc sur fond noir. Texte à l'écran : « La vidéo qui suit traite de sujets pouvant causer de la détresse chez certaines personnes, comme l'exploitation sexuelle, la consommation de drogues et la violence. Nous préférons vous en avertir. »]
[Des lettres blanches apparaissent sur un fond bleu. Texte à l'écran : « La vidéo qui suit contient des témoignages de victimes de trafic sexuel et de membres de leur famille. » Les mots « trafic sexuel » et « membres de leur famille » sont mis en évidence en vert.]
[Texte à l'écran : « Ces personnes ont partagé leurs expériences pour aider les Canadiennes et Canadiens à comprendre le problème du trafic sexuel au pays. » Les mots « trafic sexuel » sont mis en évidence en vert.]
[Sur un fond bleu pâle, un texte apparaît en blanc dans un cadre bleu foncé. Texte à l'écran : « Comment les personnes survivantes peuvent-elles échapper au trafic sexuel ? » Les mots « trafic sexuel » sont mis en évidence en vert. Texte à l'écran : « Raine. » La femme aux cheveux noirs porte des lunettes et des boucles d'oreilles en perles. Elle est vêtue d'un blouson en jean et a un piercing au nez et à la lèvre.]
[Raine] Ce que je voudrais dire aux personnes prises dans cet engrenage, c'est que peu importe ce qui se passe, vous êtes sacré, vous êtes aimé et ça va être difficile.
[Elle hoche la tête. Des bûches brûlent.]
Mais n'abandonnez pas, il y a une vie de l'autre côté de la traite des personnes, une belle vie.
[Le jour, Raine est assise sur un sol sablonneux, près d'un muret, en bordure d'une petite colline couverte de broussailles. Une femme âgée aux cheveux blancs et une femme d'âge moyen aux cheveux bruns sont assises à ses côtés. Raine et la femme âgée secouent des hochets, tandis que l'autre joue du tambourin. Raine chante en jouant de l'instrument.]
J'ai une voix maintenant et j'ai le contrôle de mon corps. J'ai mon mot à dire sur qui peut s'approcher de moi et je mérite le respect.
[Une décoration suspendue est composée de plusieurs rangs de perles décoratives attachées à des clochettes, projetant une ombre sur un mur. Les clochettes, de hauteurs décalées, s'agitent au gré du vent.]
[Augusta] C'était un samedi et j'ai reçu un message de mon père qui me disait tu veux venir pour le souper? J'ai répondu oui, ça serait super.
[Dans une maison, des assiettes remplies de nourriture, des boissons et un bol de salade sont posés sur une table à manger.]
Donc je suis allée souper et à la fin, le ton a change dans toute la pièce. C'était comme si quelqu'un avait aspiré toute l'énergie de la pièce. C'était devenu complètement comme stagnant.
[Un ventilateur au-dessus de la table ralentit jusqu'à s'arrêter. Texte à l'écran : « Augusta. » Assise devant une fenêtre, la femme aux cheveux châtains bouclés a un perçage à la narine gauche.]
Mon père m'a regardé de l'autre côté de la table, puis il m'a dit j'ai reçu un texto bizarre aujourd'hui et j'ai tout de suite commence à pleurer parce que je savais. On a envoyé le même texto à ma sœur aînée et à ma mère et à mon père. Ça disait c'est son Instagram, il la prostitue, êtes-vous au courant que ça se produit?
[En soirée, Augusta, vêtue d'un haut à bretelles fines, est assise sur sa véranda, un verre à la main. De la lumière provient des fenêtres des maisons voisines et une lumière en forme d'étoile est posée sur une table.]
J'ai donc appelé la ligne d'entraide et nous avons commencé à parler le jour même. J'ai passé trois semaines chez mes parents et puis je crois que c'était trois jours plus tard, je suis entrée en traitement. C'était un foyer pour femmes survivantes de la traite des personnes.
[Augusta est assise à l'extérieur, deux bougies brûlent sur une table.]
On deviant dépendante de cette relation. C'est ce sur quoi il compte.
[Texte à l'écran : « Mallory. » Assise sur un canapé, la femme aux cheveux bruns porte un t-shirt gris et a un perçage à la joue. À proximité, les flammes de trois bougies posées sur une table vacillent.
[Mallory] Quand j'ai quitté mon trafiquant, j'avais presque 20 ans. En fait, c'est quelqu'un qui était impliqué dans la traite dont j'étais victime, qui a parlé des raisons pour lesquelles tout ça a eu lieu.
[Une couverture à carreaux noirs et rouges recouvre les genoux de Mallory. Elle a plusieurs tatouages sur les bras, les mains et les doigts. Ses ongles sont manucurés à la française.]
Si personne n'avait rien dit, je serais morte aujourd'hui. Je serais morte aujourd'hui parce que je ne savais même pas que ce que j'avais vécu était de la traite de personnes.
[Le jour, la lumière du soleil se reflète sur la surface d'un grand lac près d'une chaîne de montagnes. Mallory est assise au bout d'un quai en bois et observe l'eau. On aperçoit un petit bateau au loin.]
Et c'est une question que je me suis souvent posée. Pourquoi je n'ai jamais rien dit à personne? Pourquoi je n'ai pas demandé de l'aide, ou pourquoi je ne suis pas partie avec l'un d'eux ?
Et c'était par peur. La peur de mon trafiquant, la peur des connexions qu'il avait, des gens qu'il connaissait, la peur des abus de sa part, la peur pour ma vie, la peur pour la vie de ma famille, la peur pour la sécurité de mon enfant à l'époque.
[Mallory, sur une berge rocailleuse, patauge dans l'eau jusqu'aux chevilles avec une petite fille.]
C'est l'un des crimes les plus horribles que l'on puisse commettre envers une personne. Et pour savoir quelle résilience il faut pour se défendre, ce n'est pas ce que la plupart des gens ont en eux.
[Mallory ramasse une grosse pierre dans l'eau et la laisse tomber. La jeune fille se bouche les oreilles lorsque la pierre touche l'eau.]
Il faut une telle force pour essayer de sortir de ce feu. C'est impossible de le faire seul.
[Mallory joint ses mains sur ses cuisses.]
J'ai prouvé ma resilience à moi-même, c'est certain. Et j'ai l'impression que la guérison ne s'arrête jamais.
[Le jour, Charlie, une femme aux cheveux châtains attachés en chignon vêtue d'un manteau d'hiver rose avec un collet noir et d'un pantalon noir foncé, marche dans un boisé.]
[Charlie] En accédant au service, personne ne m'a jamais questionné sur la traite des personnes. En fait, pendant longtemps, je n'ai même réalisé que c'était ça qui m'était arrivé.
[Texte à l'écran : « Charlie. » Maintenant vêtue d'un coupe-vent mauve et d'un bandeau à motifs floraux, elle est assise dehors, adossée contre un arbre, devant une zone bordée d'arbres.]
Quand un médecin a rassemblé les pièces du casse-tête et pris le temps de me comprendre dans mon ensemble, ça a tout changé dans les soins que je recevais.
Pouvoir avancer avec des gens et des services qui s'occupent de la traite des personnes a changé ma vie. Parce que j'ai été capable de sortir cette partie de ma vie de l'ombre et de la mettre en lumière pour que je puisse guérir. Et il n'y a rien de parfait.
[À l'intérieur d'une maison, Charlie se tient debout devant une fenêtre et regarde le boisé en contrebas. Ensuite, Raine est dehors, le jour.]
[Raine] Je pense qu'on ne finit jamais vraiment notre route vers la guérison. Le parcours continue, il est sinueux.
J'ai d'abord dû devenir sobre, puis j'ai dû me pencher sur mes relations et mes limites et la dynamique de grandir dans un foyer avec des problèmes de dépendance.
C'est un processus. Il faut continuer d'avancer, de faire ce qu'il faut et de guérir.
[Assise sur la plage d'une rivière, Raine fait brûler une tresse d'herbes sèches.]
On a la responsabilité de faire attention à notre façon de travailler avec les personnes qui ont survécu à la traite des personnes, de penser à des détails, de vous demander ce que fait votre famille.
Parlez-vous ouvertement avec vos enfants du consentement et des pratiques sécuritaires, par exemple ?
[Texte à l'écran : « Si vous pensez que vous ou quelqu'un que vous connaissez pourriez être victime ou un survivant ou une survivante de trafic sexuel, appelez la Ligne d'urgence canadienne contre la traite des personnes : 1-833-900-1010. » Le numéro de téléphone apparaît en vert.]
[Un texte s'affiche en blanc sur fond noir. Texte à l'écran : « Sa Majesté le Roi du chef du Canada, représenté par le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, 2025. »]
[PS18-96/4-2025F-MP4]
[ISBN 978-0-660-75690-5]
[Le drapeau du Canada apparaît en rouge et noir à côté des mots Sécurité publique Canada et Public Safety Canada.]
[En lettres blanches, le mot Canada apparaît avec un drapeau canadien rouge et blanc flottant au-dessus de la lettre « a ».]
Écoutez des témoignages de personnes Survivantes sur les facteurs de risque
Tout le monde peut être victime de traite des personnes, certains facteurs peuvent jouer un rôle dans le ciblage des victimes par les trafiquants. Dans la vidéo suivante, de vraies personnes Survivantes de trafic sexuel soulignent quelques-uns des potentiels facteurs de risque, en se basant sur leurs expériences vécues.
Transcription
[Un texte apparaît en blanc sur fond noir. Texte à l'écran : « La vidéo qui suit contient du langage grossier et traite de sujets pouvant causer de la détresse chez certaines personnes, comme l'exploitation sexuelle, la consommation de drogues et la violence. Nous préférons vous en avertir. »]
[Un texte blanc apparaît sur un fond bleu. Texte à l'écran : « La vidéo qui suit contient des témoignages de survivants et survivantes de la traite des personnes et de membres de leur famille ». Les mots « survivants et survivantes », « traite des personnes » et « membres de leur famille » sont mis en évidence en vert.]
[Texte à l'écran : « Ces personnes ont fait part de leurs expériences pour aider les Canadiens et les Canadiennes à comprendre le problème de la traite des personnes au pays. » Les mots « traite des personnes » sont mis en évidence en vert.]
[Sur un fond bleu pâle, un texte blanc apparaît dans un cadre bleu foncé. Texte à l'écran : « Qui est à risque d'être victime de la traite des personnes? » Les mots « traite des personnes » sont mis en évidence en vert. Texte à l'écran : « Brenda. » Assise au pied du lit, la femme aux cheveux châtain clair porte un blazer noir par-dessus un haut fleuri et des boucles d'oreilles.]
[Brenda] Ça peut arriver à n'importe qui. Ça arrive à des gens riches, à des gens pauvres, dans des familles éduquées, et à des gens qui n'ont pas fait d'études.
Ça ne discrimine personne, nulle part ou quoi que ce soit.
[Une décoration suspendue composée de plusieurs rangs de perles décoratives attachées à des clochettes projette une ombre sur un mur. Les clochettes, de hauteurs décalées, tournent lentement au gré de la brise. Texte à l'écran : « Augusta. » Assise devant une fenêtre, la jeune femme aux cheveux châtains bouclés a un perçage à la narine gauche. Elle porte un tricot gris à manches longues.]
[Augusta] Il savait que je voulais m'occuper de ma famille. Il savait que je voulais être autonome et que je voulais payer l'école. J'étais pleine de rêves, d'aspirations. Je voulais être financièrement stable parce que c'est vraiment difficile à atteindre.
[Le menton appuyé sur sa main, Augusta est assise à une petite table et regarde par une fenêtre. Son téléphone et ses lunettes sont posés sur la table devant elle.]
J'ai pas vu ça dans le sens de, oh mon dieu, il voit que je suis vulnérable. Il voit ça comme une porte d'entrée. Ça ne m'a même pas traversé l'esprit.
[Les lumières floues de la ville scintillent la nuit. Texte à l'écran : « Mallory. » La femme aux cheveux bruns a un perçage à la joue. Elle porte un bonnet noir et un gilet matelassé vert. Elle se tient debout dehors.]
[Mallory] Je pensais juste à être une travailleuse du sexe qui était tombée sur le Mauvais gars, qui s'était mise dans une situation affreuse, qui avait rencontré des gens vraiment affreux, et j'ai eu la chance de m'en sortir.
[Mallory se fait tatouer la main. Le tatoueur est barbu, a les bras tatoués et porte des lunettes.]
J'étais une cible parfaite, une cible parfaite. Je n'avais pas de famille qui prenait régulièrement de mes nouvelles à ce moment-là dans ma vie.
Je pouvais disparaître et personne ne le remarquerait. J'étais probablement une des cibles les plus faciles pour lui. Je manquais de confiance, d'éducation. Je n'avais pas vraiment de compétences. Et il s'est nourri de ça.
C'était un prédateur et j'étais la proie parfaite pour lui.
[Mallory hoche la tête.]
C'était difficile pour moi d'accepter qu'il savait ce qu'il faisait. C'est plus facile pour moi de me dire que j'avais tout mis en place pour lui.
Comme si c'était moi qui l'avais fait. Et c'est ce qu'il m'a conditionné à penser. Comme si c'était encore ma faute. Et j'ai encore du mal avec ça, certains jours.
[Texte à l'écran : « Charlie. » Assise à une table à manger, la jeune femme aux cheveux châtains attachés en chignon porte un bandeau fleuri. Vêtue d'un t-shirt jaune orné d'une abeille sur le devant, elle dessine une maison au marqueur noir sur une feuille de papier rose.]
[Charlie] J'ai été victime de traite entre l'âge de huit et quatorze ou quinze ans environ.
De 0 à 6 ans, j'ai vécu dans quatre foyers différents et de 6 à 11 ans, j'étais avec ma grand-mère. Mes grands-parents ont divorcé. Comme différents membres de la famille entraient et sortaient de ma vie, c'est là que la traite de personnes a commencé, et ma grand-mère en avait aucune idée.
[Le jour, des bûches brûlent à l'extérieur. Texte à l'écran : « Raine. » Debout près d'un boisé, la femme aux cheveux noirs porte des lunettes. Elle est vêtue d'un blouson de jean et porte des boucles d'oreilles en perles. Elle a un perçage au nez et à la lèvre.]
[Raine] Je m'enfuyais des foyers de groupe parce que c'était littéralement un lit et de la nourriture. Mais il n'y avait pas d'amour, pas d'appartenance. Je n'avais aucun lien avec les travailleurs. Il n'y avait comme-- ça manquait de cœur. C'était juste un travail pour certaines personnes. Et donc j'ai couru dans la rue parce que ça me donnait un sentiment d'appartenance, de pouvoir.
J'avais douze ans, donc de 12 à 16 ans, j'étais suivi par les services à l'enfance et à la famille. Et je dormais dans la rue, j'étais sans abri.
Ma drogue de predilection était la méthamphétamine. Ma consummation de substances n'était pas hors de contrôle à ce moment-là. Je pense que c'était plus pour affronter la douleur. Mais quand on est sans abri et dans la rue, vous savez, on se tourne vers la drogue et l'alcool pour nous soutenir, pour aider à gérer le traumatisme.
[Un texte blanc apparaît sur un fond bleu. Texte à l'écran : « Même si la traite des personnes peut toucher n'importe qui, les trafiquants ont tendance à cibler de manière inéquitable des personnes dont certains besoins ne sont pas satisfaits et qui ont été victimes d'injustice systémique. » Les mots « traite des personnes » sont mis en évidence en vert.]
[Texte à l'écran : « Si vous ou une personne de votre entourage pensez être victimes de la traite des personnes ou en êtes un survivant ou une survivante, appelez la Ligne d'urgence canadienne contre la traite des personnes : 1-833-900-1010. » Le numéro de téléphone est mis en évidence en vert.]
[Un texte blanc apparaît sur un fond noir. Texte à l'écran : « Sa Majesté le Roi du chef du Canada, représentée par le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, 2025.]
[PS18-96/3-2025F-MP4]
[ISBN 978-0-660-75688-2 »]
[Le drapeau du Canada apparaît en rouge et noir à côté des mots Sécurité publique Canada et Public Safety Canada.]
[Le mot Canada apparaît en blanc, ainsi qu'un drapeau canadien rouge et blanc flottant au-dessus de la lettre « a ».]