Notes d'allocution pour l'honorable Marc Garneau, ministre des Transports, devant le Club du rail canadien

Discours

Montréal (Québec)
Le 9 septembre 2016

La version prononcée fait foi

Introduction

Merci de m'avoir invité à me joindre à vous aujourd'hui. C'est toujours un plaisir de discuter avec des gens dont l'expérience et les connaissances nous font apprendre et nous aident à comprendre ce qui nous entoure.

Et croyez-moi, j'ai beaucoup appris au cours des 11 derniers mois.

Depuis les élections et ma nomination au poste de ministre des Transports du Canada, je multiplie les kilomètres en train entre Montréal et Ottawa. D'ailleurs, comme je le dis souvent, c'est un excellent moyen de transport!

Et croyez-moi, j'ai appris beaucoup au cours des onze derniers mois.

Je me suis rendu au Centre de formation du CN à Winnipeg, au Justice Institute en Colombie-Britannique, au Musée ferroviaire à Toronto, au Centre de maintenance de VIA Rail à Montréal et à Lac-Mégantic. Je me suis efforcé de rencontrer le plus grand nombre possible de spécialistes et d'usagers des transports.

Mon mandat en tant que ministre des Transports est essentiellement le suivant : appuyer le programme du gouvernement visant la croissance économique grâce à un réseau de transport sécuritaire et efficace.

L'économie du Canada dépend de tous les moyens de transport, dont le transport ferroviaire, pour assurer le mouvement des marchandises que nous achetons ou que nous produisons et établir des liens avec les marchés mondiaux.

Chaque année, selon l'Association des chemins de fer du Canada, plus de 280 milliards de dollars de marchandises transportées par voie terrestre sont chargées à bord de trains : il peut s'agir de ressources naturelles, de produits pétroliers, de grain, d'automobiles et de bon nombre d'autres biens de consommation.

Il est indispensable d'acheminer les marchandises et les voyageurs du point A au point B; mais ce qui me préoccupe le plus, c'est ce qui se passe entre le point A et le point B.

C'est précisément ce dont j'aimerais vous parler aujourd'hui… les récents efforts réalisés par le gouvernement pour améliorer l'exploitation sécuritaire, efficace et respectueuse de l'environnement du transport ferroviaire entre le point A et le point B. J'aimerais également vous parler de ma vision de l'avenir du transport ferroviaire au sein d'un réseau de transport unique et bien connecté.

La sécurité, la protection de l'environnement et l'efficacité de notre réseau se situent en tête de liste lorsque j'évalue où nous venons et où nous allons.

Derniers progrès dans l'amélioration du transport ferroviaire

J'aimerais d'abord vous parler de l'amélioration du transport ferroviaire.

Il y a trois ans, j'ai été bouleversé, comme tous les Canadiens, par l'accident terrible qui s'est produit à Lac-Mégantic.

Cette tragédie nous a tous touchés de près et nous a rappelé l'importance qu'il y a à exercer une vigilance constante sur la sécurité ferroviaire et le transport des marchandises dangereuses.

Cette année, 143 millions de dollars sur trois ans sont prévus dans le budget de 2016 pour améliorer notre capacité d'inspection ferroviaire et l'encadrement de la formation.

Depuis que je suis devenu ministre des Transports, j'ai renforcé la réglementation et son application au profit de la sécurité du transport ferroviaire, et surtout celui des marchandises dangereuses.

Je m'explique :

  • En février, j'ai annoncé un règlement relatif aux trains clés qui transportent des marchandises dangereuses. Ce règlement prescrit des limites de vitesse et des inspections plus fréquentes sur certaines routes.
  • En avril dernier, j'ai donné l'ordre numéro 36 qui exige que les compagnies de chemin de fer fournissent plus de données sur les marchandises dangereuses aux municipalités et aux premiers intervenants, pour améliorer la planification des mesures d'urgence, l'évaluation des risques et la formation des premiers intervenants.
  • L'ordre exige aussi que les exploitants fournissent aux autorités les renseignements qu'elles peuvent transmettre directement au public canadien.
  • Aussi en avril, j'ai demandé à Transports Canada de fournir aux municipalités plus de renseignements sur les passages à niveau au Canada à l'aide du nouveau portail du gouvernement ouvert du Canada.
  • En juin, le gouvernement a adopté un régime de responsabilité et d'indemnisation amélioré pour le secteur ferroviaire aux termes de la Loi sur les transports au Canada. Grâce à ces nouvelles mesures, des ressources suffisantes seront débloquées pour l'indemnisation et l'assainissement en cas d'accident ferroviaire.
  • En juillet, j'ai annoncé l'accélération du calendrier de retrait complet du service des wagons-citernes DOT-111, les wagons qui résistent le moins bien à un accident, pour le transport de pétrole brut au Canada.
  • Il existe désormais une norme plus rigoureuse visant les wagons-citernes, la norme TC-117, pour le transport des marchandises dangereuses en Amérique du Nord. Et les exigences sont plus strictes que jamais lorsqu'il s'agit de mettre en place des moyens physiques pour immobiliser les trains et de réduire leur vitesse lorsqu'ils transportent des marchandises dangereuses dans les zones urbaines.
  • Les compagnies de chemin de fer sont tenues de se livrer plus fréquemment à des inspections des voies et d'incorporer les préoccupations relatives à la sécurité et à la sûreté des municipalités dans leurs évaluations des risques.
  • La fréquence des vérifications des systèmes de gestion de la sécurité a augmenté à un cycle de trois à cinq ans, ou encore plus souvent si nécessaire.
  • Un nouveau règlement sur le système de gestion de la sécurité ferroviaire a pour effet de renforcer les exigences et d'aider les compagnies de chemin de fer à gérer leurs risques en matière de sécurité.
  • On a adopté un nouvel outil en ligne qui fournit aux premiers intervenants les renseignements dont ils ont besoin pour évaluer les risques sur les lieux d'un incident ferroviaire, pour connaître les personnes-ressources et pour déterminer la meilleure façon d'intervenir.
  • Cet outil complète les travaux de CANUTEC, le centre d'intervention d'urgence de Transports Canada ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, que les premiers intervenants peuvent contacter en cas de déraillement.

Si j'ai mentionné ces éléments, c'est que j'ai répété à maintes reprises que la sécurité ferroviaire est ma priorité absolue et que je m'emploie à apporter des améliorations. Ce processus d'amélioration reste en vigueur.

J'aimerais également ajouter que je n'hésiterai pas à agir si quelqu'un ne respecte pas les règles. Sous ma direction, le Ministère a infligé plusieurs amendes ou sanctions pécuniaires administratives, depuis qu'elles ont été adoptées pour la première fois en 2015.

Voici à quoi ont mené tous ces efforts : Nous faisons le nécessaire pour accroître la sécurité et la sûreté ferroviaires, afin que les Canadiens sachent que nous gérons bien les risques et qu'ils peuvent cohabiter en toute sécurité avec les voies ferrées.

Mais il reste encore beaucoup à faire.

Nous avons annoncé près de 11 millions de dollars pour poursuivre le Programme d'amélioration des passages à niveau du gouvernement du Canada et accroître la sécurité des Canadiens.

Nous veillons également à la fiabilité, la durabilité et l'efficacité des services voyageurs.

Notre avons fourni à VIA Rail un nouveau financement qui dépasse les 42 millions de dollars. Ce montant permettra à VIA d'améliorer son infrastructure, d'accroître la sécurité aux passages à niveau et la sûreté aux gares, et de planifier l'avenir de son matériel roulant.

Le budget de 2016 accorde également à Transports Canada 3,3 millions de dollars pour l'évaluation du projet de service ferroviaire à fréquence élevée de VIA.

Le renforcement de la législation et le financement alloué témoignent de notre engagement à vouloir améliorer les choses dès maintenant. Mais nous devons aussi nous tourner vers l'avenir. Pour poursuivre notre démarche, il faut notamment savoir écouter les intervenants comme vous.

Nous prévoyons que la demande de produits canadiens augmentera à long terme, autant que le transport par conteneurs, pour les importations en provenance d'Asie. Nous ressentons déjà les effets d'une demande accrue quand, par exemple, nous voyons de longs trains à conteneurs empilés.

La bonne nouvelle, c'est que notre réseau ferroviaire peut supporter ce volume. Nous devrons quand même relever certains défis inévitables et continuer de faire preuve d'innovation et d'efficacité en établissant de solides relations commerciales.

Nous devons préparer les infrastructures de transport de demain pour répondre à la demande des marchés futurs.

Notre réseau de transport a changé radicalement au cours des dernières générations. Lorsque mon grand-père est né, personne n'avait jamais pris l'avion, et pourtant j'ai réussi à me rendre dans l'espace.

Je me demande souvent à quoi ressembleront les choses lorsque mes petits-enfants auront mon âge. Qui sait de quelle manière ils se déplaceront?

L'examen de la Loi sur les transports au Canada a contribué à soulever certaines questions que nous devons examiner tandis que nous nous évertuons à bâtir un réseau de transport plus résistant et plus perfectionné qui répond aux besoins de l'avenir. Le Rapport sur l'examen a été déposé devant le Parlement au début de l'année, et je l'ai lu avec grand intérêt.

C'est maintenant à moi et à mon gouvernement d'établir un programme à long terme – une feuille de route, si vous préférez – qui permettra au réseau de transport du Canada d'appuyer la compétitivité internationale, les échanges commerciaux et la prospérité des générations futures.

Pour m'aider dans cette tâche, j'ai lancé une série de consultations publiques avec les Canadiens, les intervenants de l'industrie, les provinces, les territoires et les groupes autochtones, en me concentrant sur certains thèmes clés.

Nous avons examiné les questions qui nous intéressent : des transports plus sécuritaires; des corridors commerciaux vers les marchés mondiaux; des transports verts et novateurs; l'expérience des voyageurs; et les voies navigables, les côtes et le Nord.

J'ai conclu une série de tables rondes au mois de juillet qui m'ont littéralement conduit aux quatre coins du pays – à Vancouver (Colombie-Britannique), puis à Dartmouth (Nouvelle-Écosse) et même à Iqaluit (Nunavut).

J'ai également sollicité des commentaires par des mémoires en ligne et sur les médias sociaux, notamment un dialogue en direct sur Facebook pour connaître l'opinion des Canadiens des classes moyennes sur leurs expériences de voyage et leurs idées pour l'avenir. Il se peut que certains d'entre vous aient participé à ces consultations.

Si vous n'y avez pas participé, sachez que mon cabinet est toujours ouvert, et que mes collaborateurs sont là pour entendre et écouter les intervenants.

J'espère que vous avez pris le temps de dire ce que vous avez à dire, car il existe d'importantes questions auxquelles il faut répondre, notamment :

  • Quelle densité de circulation notre réseau ferroviaire peut-il supporter?
  • Quel niveau d'investissement est nécessaire, et par qui?
  • Quel est le bon niveau d'intervention réglementaire?
  • Comment pouvons-nous assurer des investissements progressifs et la qualité des services dans nos corridors commerciaux?
  • Comment envisagez-vous le rôle du transport ferroviaire dans un réseau de transport intégré?

Comment répondriez-vous à toutes ces questions?

Voici ma vision de l'avenir des transports :

  • un réseau sécuritaire de calibre mondial qui s'adapte bien aux conditions changeantes;
  • des modes de transport interconnectés sur toute la ligne;
  • un réseau pratique qui informe les voyageurs des délais d'attente et qui offre plus de choix pour un prix raisonnable;
  • des infrastructures de base qui offrent un réseau de transport sécuritaire et efficace dans le Nord, pour mettre en valeur l'immense potentiel économique du territoire sans perturber les peuples autochtones et la fragilité de l'environnement;
  • l'électrification des automobiles et des transports en commun, entre autres, pour renforcer nos réseaux urbains, améliorer l'efficacité des services de navette et transformer nos déplacements quotidiens;
  • j'imagine aussi un régime réglementaire qui favorise l'innovation et qui fait du Canada un chef de file mondial en matière de nouvelles technologies des transports.

Je sais que je vois grand, mais avec un grand pays et un grand réseau de transport, nous devons imaginer de grandes choses et nous préparer à déployer les grands moyens.

Vous savez sûrement que nous examinons la viabilité d'une proposition de service de train à grande fréquence sur des voies réservées du corridor Québec-Windsor. Nous avons déjà engagé 3,3 millions de dollars pour évaluer cette proposition en profondeur.

Tout comme les autres possibilités et projets novateurs, il s'agit d'une idée fascinante où l'imagination, l'innovation et l'inspiration sont de mise.

Continuons d'être visionnaires ensemble et planifions l'avenir.

Conclusion

Les compagnies de chemin de fer de ce pays ont une longue histoire. Nos fondateurs avaient envisagé un réseau pour relier l'Est à l'Ouest. Aujourd'hui, avec plus de 48 000 kilomètres de voies, le Canada a l'un des plus longs réseaux ferroviaires du monde.

Chaque année, des centaines de milliards de dollars de marchandises transportées par voie de surface sont chargées à bord de trains. Le volume de ces marchandises a doublé au cours des 30 dernières années, et nous devons être prêts à continuer à répondre à ce genre de demande.

Personne dans cette salle ne contestera le besoin de concevoir et de gérer des systèmes pour assurer la protection constante des voyageurs, de l'industrie, de nos collectivités et de l'environnement.

Le gouvernement doit apporter sa contribution pour subvenir aux besoins de notre société et de notre économie, et ma tâche consiste à m'occuper du réseau de transport du Canada.

Je suis satisfait de nos dernières réalisations, et j'entends continuer à travailler fort pour défendre la vision dont je vous ai parlé aujourd'hui.

Mais le gouvernement ne peut pas y arriver seul. Je compte sur vous tous – partenaires, leaders, dirigeants et amis de l'industrie ferroviaire. Nous aurons besoin d'une collaboration sans précédent, de compromis et d'un bon échange d'informations entre les secteurs des transports et le gouvernement.

J'espère que vous serez à mes côtés pour surmonter les obstacles et voir grand.

Je vous cède maintenant le micro pour me faire savoir ce qui revêt pour vous de l'importance et ce que vous aimeriez signaler à mon attention. Merci.


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