Discours de la ministre des Affaires étrangères, l’honorable Chrystia Freeland, à l’occasion de la troisième réunion ministérielle du Groupe de Lima

Discours

Le 26 octobre 2017 – Toronto, Ontario

Sous réserve de modifications. Ce discours a été traduit en conformité avec la Politique sur les langues officielles du gouvernement du Canada et révisé aux fins d’affichage et de distribution conformément à sa politique sur les communications.

Bonjour,

Alors que je vous souhaite la bienvenue à Toronto à l’occasion de la troisième réunion ministérielle du Groupe de Lima, chers collègues et amis de partout dans les Amériques, je tiens à souligner que nous nous rassemblons aujourd’hui sur le territoire traditionnel de la Première Nation des Mississaugas de New Credit.

Nous nous réunissions à un moment crucial de l’histoire de notre région. La promotion de la démocratie et la protection des droits de la personne n’ont jamais revêtu une aussi grande importance.

Près de 4 000 kilomètres au sud, une crise fait rage. Elle n’est pas d’origine naturelle, comme la région en a connu dans le passé. Il s’agit plutôt d’une crise d’origine politique, dont le but est de consolider le pouvoir aux mains de quelques personnes, sans égard aux conséquences pour le reste de la population.

Le régime Maduro affirme que nous ne devrions pas nous prononcer sur ses affaires internes, que la façon dont il dirige le Venezuela ne nous regarde pas.

À cela, je réponds sans équivoque :

La faim généralisée parmi les citoyens, le refus délibéré de fournir des médicaments et des fournitures médicales pour soigner les malades, cela nous concerne tous.

Les arrestations massives, la brutalité et la torture que subissent des civils innocents, cela nous concerne tous.

La destruction des institutions démocratiques, le mépris intentionnel des normes démocratiques, cela nous concerne tous.

Et l’avenir même de notre stabilité régionale, de ce qui a été sans contredit une famille forte et solidaire d’États des Amériques depuis près de 70 ans, cela nous concerne tous.

Ainsi, par souci de solidarité envers nos semblables, envers la population du Venezuela qui fait face aujourd’hui à des difficultés et à des bouleversements auxquels la majorité des gens n’ont jamais été contraints, nous ne pouvons pas rester les bras croisés. 

D’un point de vue canadien, je tiens à dire que j’ai hâte de collaborer avec vous, mes homologues et mes collègues des Amériques, pour élargir notre coalition et coordonner nos actions en réponse au mépris répété et flagrant dont fait preuve le régime Maduro à l’égard des principes démocratiques. 

Le gouvernement du Venezuela a choisi la voie de la dictature, en se livrant à des manœuvres électorales illégitimes, en instaurant la corruption institutionnelle généralisée et en imposant des restrictions soutenues aux libertés fondamentales qui ont réduit au silence une vaste majorité de Vénézuéliens.

On ne peut permettre au régime Maduro de continuer sur cette voie.

Il y a quelques semaines à peine, les élections régionales tenues dans le pays ont donné au régime une victoire retentissante.

Mais comment ces résultats peuvent-ils inspirer un sentiment de légitimité lorsque le gouvernement contrôle le Conseil électoral national et le soumet à sa volonté? 

Comment pouvons-nous percevoir ces résultats autrement qu’avec des doutes lorsque le processus électoral lui-même a été entaché d’irrégularités si nombreuses en faveur des candidats du gouvernement?

Nous ne pouvons pas.

Et devant l’échec systématique de l’état de droit, le gouvernement du Venezuela doit subir des conséquences qui dépassent les propos durs et les condamnations. 

C’est pourquoi le Canada a imposé des sanctions à 40 Vénézuéliens dont les agissements ont miné la sécurité, la stabilité et l’intégrité des institutions démocratiques du Venezuela.

C’est pourquoi nous invitons les autres pays à prendre des mesures décisives semblables.

Et c’est pourquoi nous demandons que le régime Maduro prenne un virage clair et légitime vers la démocratie :

  • Le régime doit libérer tous les prisonniers politiques;
  • Le régime doit reconnaître la suprématie de l’Assemblée nationale élue démocratiquement;
  • Le régime doit permettre la prestation de l’aide humanitaire;
  • Le régime doit reconstituer un Conseil électoral national complètement indépendant, accompagné d’un calendrier précis pour la tenue d’élections libres et équitables.

Si le gouvernement du Venezuela choisit de ne pas donner suite à ces demandes, le Canada n’aura d’autre choix que d’élargir et de renforcer ses sanctions contre le régime.

Et les autres pays qui, comme le nôtre, croient à un système de gouvernement qui donne à tous les citoyens le droit de voter en toute liberté pour les candidats de leur choix, de contester les décisions de leurs élus et de leur demander des comptes, de s’opposer à l’injustice sans crainte de représailles, devraient faire de même.

Parallèlement, nous devons continuer d’appuyer le peuple vénézuélien dans la défense de ses droits fondamentaux et dans la satisfaction de ses besoins les plus élémentaires. À ce titre, je suis heureuse d’annoncer que le Canada verse un financement de 310 000 $ pour répondre aux besoins les plus urgents des personnes touchées par la crise, notamment les besoins en matière de services de santé, de nutrition et de compléments alimentaires.

Étant donné que les effets de la crise se sont propagés au-delà des frontières du Venezuela, le Canada fournira également environ 35 000 $ pour améliorer les services de santé et d’éducation fournis aux 480 Vénézuéliens hébergés au Centre de référence pour immigrants à Boa Vista, au Brésil.

Ici, aujourd’hui, nous devons coordonner nos actions afin de mettre suffisamment de pression internationale sur le régime Maduro pour amener des changements pacifiques au Venezuela.

À défaut d’y parvenir, la violence s’intensifiera. Le désespoir s’accroîtra. Et les Vénézuéliens devront endurer davantage de souffrances, eux qui ont déjà beaucoup trop souffert.

Le moment est venu d’agir de façon concertée et de prendre des mesures supplémentaires pour favoriser une transition pacifique au Venezuela.

Parce qu’un règlement pacifique est possible. J’en suis fermement convaincue. Mais il doit être dirigé par les Vénézuéliens eux-mêmes.

Il y a assez de connaissances et d’expérience autour de cette table pour faire progresser la dynamique actuelle dans cette direction. 

À titre de membres du Groupe de Lima, en qualité de partenaires régionaux importants au sein de la communauté plus vaste des Amériques, unissons nos efforts au profit du Venezuela et de sa population. 

L’enjeu est simplement trop grand, et les risques sont trop élevés, si le régime Maduro continue de diriger le Venezuela de plus en plus vers la dictature.

Je serai heureuse de discuter de quelques idées avec vous.

Merci.

Contacts

Adam Austen
Attaché de presse
Cabinet de la ministre des Affaires étrangères
Adam.Austen@international.gc.ca

Le Service des relations avec les médias
Affaires mondiales Canada
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