Discours pour Matt DeCourcey, Député de Fredericton et secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères, à l’atelier de conception consacré à l’Initiative Elsie sur les femmes dans les opérations de paix

Discours

Le 22 février 2018 - Ottawa

Sous réserve de modifications. Ce discours a été traduit en conformité avec la Politique sur les langues officielles du gouvernement du Canada et révisé aux fins d’affichage et de distribution conformément à sa politique sur les communications.

Chers collègues, chers amis, je tiens d’abord à souligner que nous nous trouvons aujourd’hui sur des terres traditionnelles non cédées de la Nation algonquine. Bienvenue à Ottawa et à cet atelier de conception consacré à l’Initiative Elsie sur les femmes dans les opérations de paix.

Nous nous trouvons aujourd’hui dans un édifice qui porte le nom d’un ancien premier ministre du Canada, Lester B. Pearson. Cet homme avait bien compris que la paix dans le monde demande un engagement de tous les instants et une volonté de travailler avec tout le monde, y compris les personnes avec qui nous sommes en désaccord.

Alors qu’il était secrétaire d'État au ministère des Affaires extérieures du Canada, M. Pearson a reçu le prix Nobel de la paix en reconnaissance de son idée novatrice et efficace de mettre sur pied une force de maintien de la paix des Nations Unies afin de contribuer à stabiliser et à régler la crise du canal de Suez.

Pour les Canadiens, cette distinction demeure une immense source de fierté nationale, en raison de l’importance du prix Nobel de la paix dans le monde et parce que le mécanisme de maintien de la paix que M. Pearson a aidé à établir est encore aujourd’hui un moyen d’intervention à l’étranger qui bénéficie d’un soutien populaire remarquable au pays.

Nous sommes ici aujourd’hui pour déterminer ce que l’Initiative Elsie peut apporter aux opérations de paix dans le monde, lesquelles ont été façonnées par l’héritage que nous a laissé Lester B. Pearson.

Cependant, cela résulte aussi du fait que les structures entièrement nouvelles de maintien de la paix établies dans les années 1950 et 1960 ne répondent plus adéquatement aux situations actuelles, qui évoluent constamment.

Dans sa résolution 2242 adoptée en 2015, l’Organisation des Nations Unies souhaitait doubler le nombre de femmes dans les contingents militaires et les effectifs de police des opérations de maintien de la paix. Depuis, le pourcentage de femmes est passé de 4,2 à 4,4 %, une hausse de 0,2 % seulement. À ce rythme, il faudrait 37 ans pour atteindre l’objectif établi.

Une nouvelle approche est essentielle.

Lors de la Conférence des ministres de la Défense des pays participant aux missions de maintien de la paix des Nations Unies, tenue en novembre dernier, le premier ministre Trudeau a annoncé de nouvelles contributions canadiennes en appui aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies.

Ces contributions prévoient jusqu’à 200 troupes terrestres pour une force de réaction rapide ainsi que la mise à disposition d’hélicoptères, d’avions cargo et d’autre matériel; une approche novatrice pour mieux protéger les enfants lors des conflits; et, bien sûr, l’Initiative Elsie sur les femmes dans les opérations de paix.

L’Initiative Elsie sur les femmes dans les opérations de paix vise à déployer davantage de femmes en uniforme dans les contingents militaires et policiers des opérations de maintien de la paix, à réduire les obstacles que doivent surmonter les femmes pour se prévaloir de ces possibilités et à instaurer une paix durable.

L’Initiative se veut une réponse à de nouvelles réalités, comme le fait que les femmes et les filles ne vivent pas les conflits de la même manière que les hommes et les garçons.

Pensons aux tactiques monstrueuses employées par Daech contre les femmes yézidies en Irak, ou encore aux communautés sud-soudanaises en conflit où des enfants sont kidnappés tandis que les femmes et les filles sont violées dans des cycles de vengeance et de représailles qui perpétuent la violence, l’insécurité alimentaire et la pauvreté extrême.

Personne ne devrait être contraint de vivre dans la crainte de subir de telles violences. Mais la simple reconnaissance de ce fait ne suffit pas. Pour que le changement prenne véritablement racine, les femmes doivent être intégrées aux organismes et participer aux activités qui définissent nos interventions en situation de conflit, y compris les opérations de maintien de la paix de l’ONU.

L’énorme sous-représentation des femmes dans ces opérations est une faiblesse stratégique et tactique pour les missions de l’ONU et les pays participants. Nous savons que les femmes contribuent à faire changer les choses. Elles renforcent le leadership et améliorent la gouvernance des pays, de l’ONU et de la société civile.

Et il est grandement temps que les choses changent.

Le leadership et la sensibilisation n’ont jamais été aussi forts aux Nations Unies, entre autres, avec la Stratégie sur la parité des sexes dans les missions des Nations Unies, avec un réseau de conseillers en matière d’égalité entre les sexes et avec un nombre croissant de femmes qui occupent des postes d’influence ainsi que des postes politiques au sein des États membres.

Durant cet atelier, nous en apprendrons davantage sur les effets que peut avoir la présence de femmes dans les opérations de maintien de la paix.

On dit que les femmes qui patrouillent dans des zones de conflit ont accès à une information plus diversifiée sur les menaces et les dynamiques du conflit, car elles établissent des liens avec les groupes des communautés locales d’une manière différente de celle des hommes. Les femmes en uniformes peuvent accéder à des espaces où les femmes se rassemblent, discuter avec elles et établir un lien de confiance.

Nous savons aussi que les femmes soldats de la paix sont des modèles pour les autres femmes et les filles. Elles deviennent des modèles dans les communautés d’accueil et rentrent chez elles après avoir acquis de nouvelles compétences et vécu diverses expériences. Par exemple, après que l’Inde ait envoyé un contingent de femmes soldats de la paix au Liberia, le pourcentage de femmes dans le secteur de la sécurité du Liberia est passé de 6 à 17 %.

Cependant, accroître la participation des femmes n’est pas seulement une question d’efficacité opérationnelle. C’est aussi une question d’égalité entre les sexes et de droits des femmes.

Nous avons donné à l’Initiative le nom d’Elsie MacGill, une Canadienne née en 1905 qui a surmonté de grands obstacles au cours de sa vie, obstacles liés à son sexe et à un handicap, pour devenir la première ingénieure en exercice au Canada.

Mme MacGill, a été une pionnière du féminisme. Elle a dû lutter contre l’idée que les femmes n’étaient pas faites pour certains emplois, y compris les tâches physiquement et mentalement exigeantes, un discours que l’on entend encore aujourd’hui au sujet des femmes en uniformes membres des forces policières et militaires, et participant aux missions de maintien de la paix.

Même lorsqu’elles se joignent aux forces de sécurité de leur pays, les femmes ne bénéficient pas au même titre que les hommes d’occasions de perfectionnement et d’application des compétences fondamentales nécessaires à l’exercice des activités menées durant les missions de maintien de la paix.

Et lorsqu’elles sont déployées dans des missions des Nations Unies, les femmes soldats de la paix jugent généralement que ces environnements, qui sont difficiles pour tous, manquent de commodités ou de services qui répondent à leurs besoins, parfois même en ce qui concerne leur sécurité.

L’Initiative Elsie nous permettra, ce que nous souhaitons vivement, de nous attaquer à ces difficultés en collaboration avec d’autres pays qui ont la même ambition que nous d’offrir un soutien solide et coordonné afin de recruter, de former, d’outil et de déployer des femmes soldats de paix.

Le Canada envisage les opérations de paix sous un nouvel angle. Au-delà de l’endroit où nous déployons nos troupes, il faut penser à la manière dont nous le faisons.

Et aujourd’hui, une des choses les plus importantes en ce qui concerne notre manière de faire, c’est d’inclure un plus grand nombre de femmes dans un plus grand nombre d’opérations.

C’est un fait indéniable : pour établir un climat de paix et de sécurité dans le monde entier, les femmes doivent participer à tous les aspects du processus.

Tout au long de ce projet pilote, nous devrons remettre en question les idées reçues et les raisonnements archaïques. Nous devrons aussi nous écouter les uns les autres et trouver de nouvelles façons de relever les défis et de surmonter les obstacles avec espoir et détermination.

Nous sommes ici pour trouver des pistes en vue de mettre en œuvre les différentes composantes de l’Initiative Elsie.

Pour cibler les avantages et les risques associés à chacune des options. Pour soulever d’autres questions sur lesquelles il faudra se pencher. Et pour créer un réseau de partenaires afin d’appuyer l’Initiative.

Votre participation aujourd’hui et votre engagement continu nous permettront d’avoir le plus grand effet possible. Nous accordons une grande importance à vos commentaires, à votre expertise et à vos idées originales. De plus, nous estimons qu’il y a un grand potentiel à réunir des intervenants de la société civile, des parlementaires, des représentants d’organisations internationales et des universitaires afin d’obtenir les meilleurs résultats possibles dans le cadre de l’Initiative Elsie.

Par-dessus tout, nous sommes ici pour préparer le terrain pour une augmentation colossale du nombre de femmes déployées lors des opérations de paix partout dans le monde.

Je tiens donc à vous remercier de vous joindre à nous pour appuyer cette initiative et réaliser ses objectifs. Et comme c’est dans l’air du temps, je vous invite à suivre cet atelier sur les médias sociaux avec les mots-clics #FemmesPaixSécurité, #WomenPeaceSecurity et #InitiativeElsie, #ElsieInitiative.

Merci. Thank you.

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