Allocution du ministre du Commerce international, l’honorable François‑Philippe Champagne, devant le Conseil commercial Canada‑ANASE

Discours

Le 22 mars 2018 – Singapour

Sous réserve de modifications. Ce discours a été traduit en conformité avec la Politique sur les langues officielles du gouvernement du Canada, et il a été révisé en vue d’être publié et diffusé conformément à sa politique sur les communications.

Merci de m’avoir invité à me joindre à vous à Singapour.

Le Conseil commercial Canada-ANASE est un partenaire essentiel du gouvernement du Canada dans ses efforts pour favoriser le resserrement de ses liens commerciaux avec les États membres de l’ANASE.

Pour le Canada, ce rôle ne pourrait pas tomber à un moment plus crucial.

L’an dernier a marqué un moment très spécial dans les relations du Canada avec l’ANASE, alors que nous célébrions le 40e anniversaire en tant que partenaire de dialogue et que le premier ministre Justin Trudeau a coprésidé notre tout premier sommet.

L’année 2018 débute aussi d’une manière spectaculaire avec le Forum du Conseil commercial Canada-ANASE, ici à Singapour, au cours de son année de présidence de l’ANASE.

Tout d’abord, permettez-moi de profiter de cette occasion pour féliciter Wayne Farmer, président du Conseil commercial Canada-ANASE et Greg Ross, directeur exécutif du Conseil commercial Canada-ANASE, ainsi que leur équipe, pour l’excellent travail accompli dans l’organisation du Forum de cette année.

Vous avez eu un programme bien rempli — notamment une séance générale sur le leadership des femmes et sur la façon dont le renforcement de leur pouvoir peut contribuer à la transformation des entreprises.

C’est un sujet qui me tient à cœur — et, bien sûr, il s’agit d’une priorité de notre gouvernement.

Dans les 10 pays membres de l’ANASE, plus de 61 millions de femmes entrepreneures possèdent et exploitent des entreprises. Ces femmes représentent près de 10 % de la population totale au sein de l’ANASE.

Les femmes entrepreneures représentent aujourd’hui une composante essentielle des économies des États membres de l’ANASE.

Mais nous savons que la grande majorité de ces femmes entrepreneures, ici et ailleurs dans le monde, y compris au Canada, se heurtent encore à des obstacles importants pour réaliser leur plein potentiel, et nous devons mettre fin à cette anomalie.

Au Canada seulement, si les obstacles qui empêchent davantage de femmes de participer au commerce international étaient levés, nous stimulerions notre économie à la hauteur de 150 milliards de dollars.

Nous devons voir le commerce comme une marche vers les sommets et non comme une course vers le fond de la vallée. Nous devons révéler tous nos talents, mettre à profit toutes les mesures de productivité et attirer davantage de personnes dans le commerce. C’est ainsi que le Canada pourra être concurrentiel sur la scène mondiale et accroître sa part de marché.

Désormais, nous ne jouerons plus en laissant la moitié de l’équipe sur le banc!

J’ai très hâte d’entendre vos idées et vos points de vue sur la façon dont nous pouvons aller de l’avant ensemble pour apporter de véritables changements dans ce domaine.

Mais avant tout, je dois vous parler de notre programme ambitieux de développement du commerce, particulièrement en ce qui concerne cette région du monde.

Le Canada est une nation commerçante : le commerce est inscrit dans notre ADN.

Notre géographie nous a imposé une approche ouverte en matière d’échanges commerciaux; notre histoire aussi, et notre population s’attend à ce que les règles qui les régissent soient tout aussi ouvertes et favorables.

Nous comprenons les mérites d’un régime commercial multilatéral fondé sur des règles qui visent à maintenir un accès libre et prévisible aux marchés pour les marchandises canadiennes.

Nous comprenons l’importance d’ouvrir des marchés au commerce et aux investissements canadiens afin d’aider à bâtir des économies résilientes et à créer de bons emplois pour la classe moyenne au pays et à l’étranger.

Et nous vivons des moments passionnants au chapitre du commerce mondial...

Ces grands titres sont évidents, mais ce dont je veux vous parler, c’est de comment saisir ces moments, en créant de nouvelles possibilités et en atteignant un nouveau niveau d’ambition, particulièrement ici, dans une région que nos gouvernements canadiens successifs ont trop souvent négligée.

Nous avons signé l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste et nous concentrons présentement nos efforts sur notre processus national de ratification.

Nous avons été invités à devenir un membre associé de l’Alliance du Pacifique, ce qui ouvre la voie à un nouvel accord de libre-échange global avec l’Alliance.

Et le Canada poursuit également les discussions en vue d’un accord de libre-échange avec l’ANASE.

Le Canada fait passer ses partenariats avec le Pacifique à un niveau supérieur grâce à un engagement soutenu, stratégique et renforcé dans l’ensemble du conseil.

Nous sommes d’avis que nous aurions dû depuis longtemps adopter une approche commerciale plus proactive non seulement à l’égard de l’ANASE, mais aussi de toute la région de l’Asie‑Pacifique.

Nous investissons désormais plus de ressources, plus d’efforts de représentation canadienne sur le terrain pour rechercher les investissements, ouvrir des portes à plus de Canadiens et faire flotter notre drapeau à l’étranger.

Les relations commerciales se bâtissent sur des décennies et nous devons penser à long terme dès maintenant. Nous savons que nos concurrents le font!

C’est pourquoi nous devons être ambitieux et stratégiques : nous devons clairement déclarer que le Canada est un joueur majeur et qu’il le restera.

Nous devons aussi être fermes et directs dans la défense de nos intérêts afin que les termes de l’échange d’un accord signé aujourd’hui s’améliorent avec le temps, plutôt que de se dégrader.

Et pour répondre à notre ambition de ce côté-ci du Pacifique, nous venons de lancer le nouvel organisme Investir au Canada, avec à sa tête des talents mondialement reconnus, pour favoriser l’investissement au Canada et promouvoir le pays comme première destination d’investissement.

Les investisseurs étrangers qui, comme beaucoup d’entre vous ici, parcourent la planète à la recherche de leur prochain lieu de prédilection, ne peuvent manquer de voir dans le Canada un pays qui possède une main-d’œuvre ouverte, diversifiée, hautement qualifiée et bien éduquée, qui est fondamentalement de classe mondiale.

Lorsque les talents de l’économie de demain chercheront un endroit où développer leurs entreprises, ils seront attirés par un environnement qui est diversifié, ouvert et qui stimule la créativité.

C’est ça le Canada d’aujourd’hui, et nous voulons nous assurer que vous le savez!

Avec plus de partenaires prospères, comme le Conseil commercial Canada-ANASE, nous pouvons entrer de plain-pied dans une nouvelle ère de commerce mondial ouvert, prévisible, ambitieux et fondé sur des règles.

En jetant un coup d’œil à vos membres et aux gens présents dans cette salle, j’ai été frappé par le fait que vous représentez la diversité, la mondialisation et l’innovation.

Il s’agit d’un atout stratégique dont nous pouvons tirer parti pour relever le défi qui se présente à nous.

Compte tenu de l’engagement accru du Canada auprès de l’ANASE, les États membres de l’organisation ont convenu de tenir une réunion spéciale des hauts responsables économiques de l’ANASE-Canada en Indonésie plus tard cette semaine pour discuter de la faisabilité d’un accord de libre-échange.

D’autres réunions suivront cet été afin de faire progresser les discussions exploratoires entre l’ANASE et le Canada.

Le Canada compte les pays de l’ANASE au nombre de ses partenaires commerciaux les plus importants, alors que nous travaillons à étendre nos réseaux de commerce et d’investissement dans le monde entier. En fait, nous avons été l’un des premiers pays à établir des liens avec l’ANASE.

Aujourd’hui, l’ANASE, en tant que région, représente le quatrième marché d’exportation dans le monde, juste derrière l’Union européenne, l’Amérique du Nord, et la Chine et Hong Kong.

Ce marché compte pour 7 % des exportations dans le monde — et avec la modernisation de la capacité industrielle de ses États membres, les exportations se sont diversifiées.

D’ores et déjà, 67 millions de foyers des pays de l’ANASE peuvent être considérés comme faisant partie de la « classe moyenne consommatrice », avec des revenus supérieurs au seuil où les achats importants commencent à devenir discrétionnaires.

Les experts prédisent que ce nombre devrait presque doubler pour atteindre quelque 125 millions de foyers en 2025, ce qui fait de l’ANASE un marché clé de consommation pour l’avenir.

Le Canada veut participer à la croissance considérable qu’il observe dans la région de l’Asie du Sud-Est.

Et beaucoup d’entre vous, ici dans cette salle, peuvent nous y aider.

Le Canada est autant une nation du Pacifique que de l’Atlantique.

Nous souhaitons devenir une puissance commerciale mondiale, mais nous n’y parviendrons que si la région de l’Asie-Pacifique demeure aussi l’une de nos priorités.

Nous sommes le pays le mieux connecté de la planète et nous avons des accès préférentiels aux marchés les plus lucratifs au monde.

Dans notre propre hémisphère, nous sommes déjà bien positionnés avec l’ALENA qui est bien établi, le Mercosur qui a été conclu la semaine dernière et l’Alliance du Pacifique qui progresse.

Nous avons aussi conclu l’Accord économique et commercial global, l’AECG, avec l’Union européenne... tout cela pour vous dire que le Canada n’est plus simplement un marché de 36 millions de personnes, mais un pays ayant aujourd’hui un accès préférentiel à 1,2 milliard de personnes, 1,7 milliard en comptant l’AECG, et bientôt plus de 2 milliards de personnes — et ce nombre croît rapidement — grâce aux autres accords que j’ai évoqués.

Le Canada est aussi un modèle de stabilité et de prévisibilité, et nous reconnaissons l’état de droit, dans un monde où les dirigeants d’entreprises cherchent plus que jamais à investir dans un tel environnement et à s’y installer.

Alors que certains ont parlé du siècle de l’Asie — et nous avons tous vu que la Chine cherche à tout prix à le dominer, je vous annonce que nous entrons dans le siècle du Canada. J’espère que vous partagerez ma conviction.

Saisissons chaque occasion. Soyons ambitieux!

Thank you / Merci.


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