Allocution de l’envoyé spécial du premier ministre au Myanmar,  Bob Rae

Discours

15e réunion, 39e session ordinaire, Conseil des droits de l’homme

Le 18 septembre 2018 – Genève, Suisse

Le discours prononcé fait foi. Ce discours a été traduit en conformité avec la Politique sur les langues officielles du gouvernement du Canada et révisé aux fins d’affichage et de distribution conformément à sa politique sur les communications.

Monsieur le Président,

Le Canada partage l’indignation soulevée partout dans le monde par les constatations de la mission d’enquête de l’ONU sur le Myanmar. Les violations flagrantes des droits de la personne et les abus commis dans les États de Rakhine, de Kachin et de Shan [Myanmar] constitueraient, s’ils sont confirmés et prouvés, des crimes graves en vertu du droit international. L’ampleur des présumées violations des droits de la personne dans l’État de Rakhine a bouleversé la communauté internationale.

Les allégations d’exécutions politiques massives, de viols collectifs et de violences sexuelles, ainsi que l’incendie des villages rohingyas, en plus des preuves étayant l’intention génocidaire, justifient la tenue d’une enquête sur la responsabilité des hauts gradés militaires à l’égard du génocide.

Les constatations de la mission d’enquête sont particulièrement marquantes pour moi, à titre d’envoyé spécial du Canada auprès du Myanmar. De plus, lors de mes nombreuses visites à Cox’s Bazar [Bangladesh], j’ai été un témoin direct de la souffrance qu’ont subie les Rohingyas.

Des décennies de persécution grave et systémique des minorités, jumelées à un climat de haine, ont créé un terreau fertile pour cette crise humanitaire et cette crise des droits de la personne. Pour les Rohingyas forcés de fuir, les conditions de vie extrêmes sont exacerbées par le risque omniprésent de maladies et de catastrophes naturelles. La demande d’aide humanitaire est largement sous-financée, et il reste beaucoup à faire.

Nous devons rester vigilants. Le moment est venu de prendre des mesures fermes.

Le Canada demande le prolongement du mandat de la mission d’enquête et la mise en place rapide d’un mécanisme de responsabilisation. Il est urgent de conserver les éléments de preuve et d’adopter des mesures afin que les auteurs de ces crimes soient promptement tenus responsables.

Nous sommes résolus à travailler avec toutes les collectivités pour mettre en œuvre les recommandations de la mission d’enquête et faire en sorte que les responsables aient à répondre de leurs actes.

Nous nous posons aussi la question suivante : comment faire pour tenir compte adéquatement des besoins particuliers des femmes et des enfants, qui sont de toute évidence les victimes de cette crise, afin de nous assurer de mener des enquêtes sexospécifiques?


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