Discours de la ministre des Affaires étrangères devant le Conseil israélien des Affaires étrangères

Discours

Le 1er novembre en Israël

Le discours prononcé fait foi. Ce discours a été traduit en conformité avec la Politique sur les langues officielles du gouvernement du Canada et révisé aux fins d’affichage et de distribution conformément à sa politique sur les communications.

Merci, Dan [Dan Meridor, président du Conseil israélien des Affaires étrangères], pour ces mots aimables. 


Je suis ravie d’être parmi vous aujourd’hui.

Dans ce pays dynamique et chargé d’histoire.

Dans ce pays qui a prospéré en tant que démocratie et qui, au cours des sept dernières décennies, est devenu un pôle d’innovation et de technologie mondial, un partenaire commercial de choix, ainsi qu’un proche ami et allié du Canada.

Cette année marque une étape importante pour Israël — le 70e anniversaire de sa fondation. C’est le moment de célébrer les avancées chèrement acquises qui ont aidé Israël à devenir le pays qu’il est aujourd’hui.

Le Canada se joint également à vous pour commémorer solennellement le souvenir des femmes et des hommes qui sont morts en défendant ce pays. Que ces pertes nous rappellent à jamais les sacrifices consentis pour protéger la sécurité et l’indépendance d’Israël.

En 1949, le Canada a figuré parmi les premiers pays à reconnaître officiellement Israël, et depuis, notre politique étrangère n’a cessé d’affirmer le droit d’Israël à vivre en paix et en sécurité avec ses voisins.

Aujourd’hui, nous continuons de soutenir Israël. Et, comme tant d’autres, nous sommes préoccupés par les manœuvres qui visent injustement à faire d’Israël la cible de critiques et à l’isoler sur la scène internationale.

Israël est une terre d’accueil pour les juifs de partout dans le monde. Un pays qui nous permet de croire en un avenir prospère dans cette région, mais qui nous rappelle aussi le long et douloureux combat de l’humanité pour la paix contre la persécution.

Hier, à Yad Vachem, j’ai vécu un moment bouleversant en visitant les expositions qui témoignent d’une époque où il n’existait pas un tel refuge pour un peuple persécuté. J’ai vu des artefacts personnels et des photographies, et j’ai lu des témoignages poignants sur la terreur et le génocide dont a été victime la population juive en Europe pendant l’Holocauste.

Nous ne devons jamais oublier ce chapitre horrible de l’histoire de l’humanité, ni permettre qu’il se reproduise. Nous ne pouvons pas non plus rester les bras croisés lorsque les droits de la personne sont violés, où que ce soit. Il n’y a pas de place pour la violence, l’intolérance, la persécution et le génocide dans le monde.

Bien sûr, Israël sait déjà tout cela.

En tant que Canadiens, nous n’oublions pas l’histoire du MS St. Louis, le paquebot transatlantique allemand transportant 907 réfugiés juifs qui fuyaient la persécution. Lorsque le navire s’est approché des côtes canadiennes en 1939, le gouvernement de l’époque l’a refoulé.

Plus de 250 de ces passagers ont ensuite péri dans des camps de concentration. Et seulement 5 000 réfugiés juifs sont entrés au Canada entre 1933 et 1945.

Notre premier ministre, Justin Trudeau, présentera des excuses officielles à la Chambre des communes, mercredi prochain, pour la façon dont notre gouvernement a traité le MS St. Louis et son passage.

Plutôt que d’effacer notre passé, nous choisissons d’en tirer des leçons.

C’est pourquoi le Canada demande un cessez-le-feu immédiat au Yémen. Nous déplorons la catastrophe humanitaire et demandons l’accès immédiat pour l’acheminement de vivres et d’une aide vitale.

C’est pourquoi le Canada n’a pas hésité à exiger que les responsables des crimes contre l’humanité qui ont été commis contre les Rohingyas au Myanmar répondent de leurs actes.

C’est aussi pourquoi la Chambre des communes du Canada a appuyé à l’unanimité les conclusions de la mission d’enquête de l’ONU, reconnaissant que ces crimes contre les Rohingyas constituent un génocide.

Il est inacceptable que, tant d’années après la Shoah, nous assistions encore à des actes de haine contre des groupes religieux, comme l’épouvantable attaque antisémite commise il y a tout juste quelques jours contre les fidèles rassemblés dans la synagogue Tree of Life à Pittsburgh [États-Unis] pour célébrer le shabbat.

Je suis triste de dire que les juifs constituent le groupe religieux le plus susceptible d’être la cible de crimes haineux au Canada, qu’il s’agisse de vandalisme, de graffitis, de propagande haineuse ou de commentaires racistes en ligne. L’an dernier, à Toronto, le Centre communautaire juif Miles Nadal a reçu une menace d’attentat à la bombe.

Trop souvent, la violence peut sembler insurmontable, tout particulièrement à la suite des événements du week-end dernier.

Je défie cette vision des choses. Il nous faut tous défendre la paix et l’inclusion face à la haine, à la discrimination et à la terreur.

Au Canada, nous savons que notre force réside dans notre diversité. Notre gouvernement continuera de s’efforcer de protéger le droit de tous les Canadiens de pratiquer librement leur religion sans craindre les crimes motivés par la haine.

Nous nous opposons sans relâche à la montée de la xénophobie, du racisme et de l’antisémitisme partout dans le monde, des phénomènes qui tirent leurs racines de la croyance erronée que la diversité constitue une menace.

À l’échelle internationale, nous avons appuyé un certain nombre d’initiatives, de concert avec Israël, les États-Unis, l’Union européenne et d’autres, pour nous souvenir de l’Holocauste et en tirer des leçons, améliorer l’éducation sur le génocide et lutter contre l’antisémitisme. Le Canada a collaboré avec Israël à l’élaboration d’une définition de l’antisémitisme qui soit acceptée à l’échelle internationale, par l’entremise de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste, et nous continuerons de travailler avec Israël pour combattre ce fléau où qu’il se manifeste.

Le soutient du Canada envers le maintien de la sécurité d’Israël est inébranlable et indéfectible. Nous appuyons le droit d’Israël de vivre en paix, et nous sommes résolus à favoriser une paix globale, juste et durable au Moyen-Orient.

Nous savons qu’Israël est un État démocratique dans un voisinage dangereux. Et, comme je l’ai répété lorsque l’Iran a envoyé des drones armés sur Israël il y a quelques mois, nous soutenons pleinement le droit d’Israël de se défendre contre les agressions, que ce soit de la part de l’Iran ou de groupes terroristes comme le Hamas. 

Nous savons également qu’il est dans l’intérêt de tous les partisans d’Israël d’encourager la recherche de la paix avec les Palestiniens. Outre l’important enjeu de la coopération et de la coexistence sur le plan humain, il s’agit là du meilleur espoir d’assurer la sécurité à long terme et de permettre à Israël d’être compris et considéré comme un acteur à part entière au-delà de ce conflit.

Nous disons souvent, dans mon pays, que le monde a besoin de plus de Canada. Mais avec tout ce qu’Israël a à offrir — ses cerveaux innovateurs, son esprit d’entreprise, sa société civile forte et son énergie sans limites — le monde a aussi besoin de plus d’Israël. Nos pays ont beaucoup à offrir au monde lorsque nous sommes à notre meilleur, et le Canada continuera d’aider à la fois les Israéliens et les Palestiniens à faire la paix. Le Canada demeure donc prêt à appuyer — quel que soit le moment ou l’instigateur — tout effort visant à régler pacifiquement le conflit israélo-palestinien par une solution juste et à long terme, dans le cadre d’un processus qui réunit les deux parties à la table.

Nous sommes convaincus qu’une paix durable au Moyen-Orient est possible, mais qu’elle ne peut être réalisée que par une solution à deux États résultant de négociations directes entre les parties.

Le Canada est un solide allié et un fidèle ami d’Israël et nous nous efforçons de poursuivre un partenariat mutuellement bénéfique qui a permis de faire progresser les valeurs et les intérêts que nos deux démocraties ont en commun depuis 70 ans et ce, peu importe le parti politique au pouvoir au Canada.

Il n’y a pas de meilleur exemple récent de nos liens solides que le soutien essentiel qu’Israël a fourni, avec la Jordanie, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne, dans le cadre des efforts que le Canada a dirigés pour sauver plus de 400 courageux Casques blancs et membres de leur famille en Syrie et leur donner refuge.

Ce qui se passe en Syrie est tellement tragique que je ne veux pas trop insister sur une petite histoire positive.

Mais le fait qu’un groupe de Casques blancs et leurs familles aient pu s’échapper de Syrie et trouvent maintenant refuge aux quatre coins du monder illustre concrètement qu’il vaut mieux allumer une petite flamme que maudire l’obscurité.

Nous sommes éternellement reconnaissants envers Israël pour son action essentielle et courageuse.

Le Canada et Israël doivent continuer de travailler ensemble au sein des organisations et des instances internationales pour défendre l’ordre international fondé sur des règles. Nous devons défendre la démocratie ensemble. De nombreuses institutions internationales sont loin d’être parfaites, mais elles dépendront de nous pour les réformer et les renforcer.

Aucun des graves problèmes auxquels nous devons faire face aujourd’hui ne peut être résolu par un seul pays agissant isolément. Nous devons faire partie d’une action multilatérale afin de lutter efficacement contre les changements climatiques, les inégalités et l’insécurité économiques, les migrations, les conflits et l’extrémisme violent.

C’est pourquoi le Canada brigue un siège au Conseil de sécurité. Nous pensons que notre présence au conseil peut être un atout pour Israël et peut renforcer notre collaboration.

Nos pays coopèrent déjà étroitement en matière de défense et de sécurité publique, d’innovation et d’éducation, de commerce et d’investissement. Un excellent exemple de cette coopération est l’Accord de libre-échange Canada-Israël modernisé, qui a été déposé à la Chambre des communes du Canada la semaine dernière. J’ai été ravie de travailler à cet accord lorsque j’étais ministre du Commerce international et je suis très heureuse que le travail soit presque terminé.

Des liens profonds unissent aussi nos deux peuples, grâce aux quelque 350 000 juifs qui habitent au Canada — il s’agit de la quatrième communauté juive en importance dans le monde.

Étant donné ces liens profonds et notre amitié de longue date, je tiens à terminer en vous en assurant d’une chose : le Canada est aux côtés d’Israël et des communautés juives du Canada et du monde entier.

Et nous continuerons de l’être — au nom de notre amitié, de la liberté, de la démocratie, de la diversité et de l’inclusion qui, nous le savons, sont si essentielles au maintien de la paix dans le monde.

Merci.


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