Déclaration conjointe de l’Alliance pour le multilatéralisme

Déclaration

Nous avons besoin d’une coopération et d’une solidarité mondiales sans faille pour lutter contre la COVID-19

La pandémie de COVID-19 est une sonnette d’alarme pour le multilatéralisme. Tentant de faire face aux effets dévastateurs immédiats du virus, les nations se sont tournées vers l’imposition de mesures exécutives sans précédent, notamment la fermeture des frontières. Or, un virus ne connaît pas de frontières. Tous les pays sont touchés. Nous devons rester unis dans notre humanité commune. La lutte contre cette pandémie mondiale, qui fait tant de victimes et met nos sociétés au défi, exige une coopération et une solidarité mondiales accrues et renforcées.

Pour contenir et contrer cette pandémie, il faut une intervention mondiale concertée, transparente, fondée sur la science et coordonnée. Nous sommes préoccupés par la grave menace qui pèse sur tous les pays, en particulier les pays en développement et les pays les moins avancés, les pays en situation de conflit et les pays sortant d’un conflit, où les systèmes de santé sont moins bien préparés, ainsi que par le risque particulier auquel sont exposés les réfugiés et les personnes déplacées.

Nous sommes conscients que la pandémie constitue une grave menace pour le droit essentiel au meilleur état de santé physique et mentale possible. En même temps, dans une situation d’urgence, il est de la plus haute importance de maintenir les principes de la démocratie et de l’état de droit. Nous appelons tous les gouvernements à veiller strictement à ce que toute mesure prise pour lutter contre la pandémie soit nécessaire et proportionnée, poursuive des objectifs légitimes, soit limitée dans le temps, non discriminatoire et respectueuse du droit international, y compris du droit des droits de la personne. Il sera essentiel d’adopter une approche tenant compte de la dimension de genre. En ce qui concerne les politiques non discriminatoires, nous soutenons la déclaration du Haut-Commissaire aux droits de l’homme, publiée le 6 mars, rappelant que la dignité et les droits de l’homme doivent rester au cœur de la réponse à la crise, et que les réponses doivent être holistiques et axées sur les personnes.

La crise de la COVID-19 a démontré à quel point les institutions multilatérales sont cruciales pour notre santé, notre prospérité et notre sécurité collectives. Nous soutenons pleinement l’Organisation mondiale de la santé dans son rôle de chef de file de la réponse mondiale en matière de santé publique, ainsi que les efforts des Nations Unies au sens large, du groupe de la Banque mondiale et d’autres organisations internationales et régionales, qui se rassemblent en un ensemble coordonné et cohérent pour répondre aux conséquences socio-économiques plus larges de la crise.

Nous soutenons fermement l’appel lancé par le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, en faveur d’un cessez-le-feu mondial immédiat. Il est temps de mettre fin aux conflits armés et de cesser immédiatement les combats, et de consacrer toute notre énergie et nos ressources à la lutte contre le défi commun du monde - le coronavirus. Nous exprimons notre gratitude aux travailleurs de la santé et aux travailleurs humanitaires pour leur rôle indispensable dans la sauvegarde des vies et nous nous engageons à préserver et à défendre l’espace dont ils ont besoin pour remplir leur mission de sauvetage. Nous remercions les dirigeants de la société civile pour leur détermination à protéger les plus vulnérables. Nous soutenons les efforts visant à traiter d’urgence la dimension humanitaire de l’éclosion de COVID-19. Nous sommes prêts à jouer notre rôle dans la réponse des Nations Unies au plan mondial d’intervention humanitaire COVID-19. Nous félicitons le Secrétaire général des Nations Unies d’avoir lancé un fonds d’intervention et de redressement COVID-19 pour les pays à faible et moyen revenu afin de faire face à l’urgence sanitaire, de remédier aux conséquences sociales et économiques de la crise et d’aider au redressement, et nous soutenons les efforts visant à renforcer la coordination et la collaboration entre les différentes interventions.

Le défi sanitaire : Il faut maintenant se concentrer sur les défis médicaux, politiques et économiques les plus immédiats posés par la pandémie. Nous soutenons l’appel des Nations Unies à une responsabilité partagée et à une solidarité mondiale face aux conséquences de la COVID-19, et en particulier le rôle de l’OMS dans la coordination de la réponse sanitaire à l’épidémie. Nous cherchons à assurer un financement suffisant pour faire face à la pandémie, y compris le renforcement des systèmes de santé au niveau mondial. Nous soutenons les efforts visant à mettre en place une réponse qui assure un accès universel aux traitements et aux vaccins, lorsqu’ils sont prêts.  Une distribution juste et équitable sera essentielle. Nous proposons de mettre l’accent sur la fourniture universelle d’un éventuel traitement et d’un vaccin et de reconnaître la vaccination contre la COVID-19 comme un bien public mondial.

Le défi financier : Nous nous efforcerons de garantir un financement adéquat pour contenir la pandémie et protéger les personnes, en accordant une attention particulière aux plus vulnérables. Nous nous engageons, volontairement, à fournir des ressources pour soutenir le plan stratégique de préparation et d’intervention de l’OMS pour lutter contre la COVID-19, ainsi que les organisations de santé qui participent à l’identification et à l’extension des outils nécessaires pour lutter contre la pandémie : la Coalition for Epidemic Preparedness and Innovation (CEPI), Gavi, l’Alliance pour les vaccins UNITAID et le Fonds mondial, et nous invitons tous les pays, les organisations internationales, le secteur privé, les organisations philanthropiques et les particuliers à contribuer à ces efforts. Nous continuerons à travailler avec tous les intervenants pour aider les pays dont les économies sont les plus menacées par la pandémie et pour améliorer la résilience.

Le défi de l’information : La désinformation met la vie des gens en danger et constitue un obstacle aux réponses efficaces en matière de santé publique. Nous appelons tous les États à fournir et à promouvoir des informations accessibles, opportunes et factuelles, à continuer de protéger et de promouvoir l’accès à des médias libres et indépendants et à soutenir le libre échange d’informations fiables et précises. Nous soutenons les efforts de l’OMS et des intermédiaires Internet pour intensifier la détection et le traitement de la désinformation et pour donner la priorité aux informations fiables sur leurs plateformes. Nous félicitons les journalistes et autres professionnels des médias pour leur travail qui permet de tenir les sociétés informées de manière crédible, de protéger la santé des communautés et de prévenir les informations fausses ou trompeuses. Nous exprimons notre préoccupation quant aux dommages qui peuvent être et ont été causés par la diffusion d’informations fausses ou manipulées destinées à tromper délibérément, y compris la désinformation sur l’apparition du virus et la réaction à celui-ci. Nous devons repousser la désinformation et la propagande. L’accès à des informations fiables et à des médias libres et indépendants est crucial pour favoriser la transparence et la responsabilité, lutter contre la désinformation et contribuer à la confiance du public et au soutien des efforts du gouvernement pour lutter contre la pandémie. Nous travaillerons avec les autorités de santé publique pour garantir l’accès à des informations précises et opportunes. Nous sommes préoccupés par les tentatives visant à utiliser cette crise pour mettre en place des restrictions excessives ou pour refuser aux sociétés des informations essentielles sur la propagation de la maladie. Nous devons travailler ensemble pour amplifier les messages fondés sur des données probantes.

Le défi de la prévention : Nous devons également nous pencher sur les conséquences à long terme de cette crise. Le monde doit mieux se préparer à la prochaine pandémie. Nous apporterons notre soutien au renforcement des systèmes de santé dans le monde, notamment en soutenant l’OMS, d’autres agences des Nations Unies ainsi que d’autres organisations internationales de santé. La pandémie de COVID devrait être l’occasion de renforcer le système mondial de sécurité sanitaire. Afin de réduire le risque de futures pandémies, nous devrions promouvoir l’approche « Une seule santé » telle qu’elle est définie par l’OMS. Nous soutenons les efforts déployés par l’OMS pour évaluer les lacunes en vue d’améliorer la préparation et la réponse à la pandémie, et nous soulignons en outre l’urgence de garantir un environnement sain, de parvenir à une couverture sanitaire universelle et de promouvoir des institutions efficaces, responsables et inclusives à tous les niveaux. Le système multilatéral doit s’adapter et se réformer pour « mieux se rétablir ». Nous demandons à l’OMS, au FMI, au GBM et à toutes les agences des Nations Unies et organisations internationales de santé concernées d’intensifier encore la coordination de leurs actions, y compris avec le secteur privé, pour aider les pays émergents et en développement à faire face aux chocs sanitaires, économiques et sociaux suite à l’éclosion de COVID-19. Nous soutenons les efforts déployés par l’OMS pour évaluer les lacunes dans la préparation à la pandémie en vue d’établir une initiative mondiale sur la préparation et la réponse à la pandémie.

Le défi économique : La circulation continue et efficace de fournitures médicales, de produits agricoles et d’autres biens et services à travers les frontières sera essentielle pour une réponse efficace à la crise, pour aider à minimiser les chocs de l’offre et de la demande mondiales et pour permettre une reprise économique rapide. Nous nous efforcerons donc de réduire au minimum les perturbations du commerce transfrontalier et des chaînes d’approvisionnement mondiales, et nous ne prendrons que des mesures d’urgence ciblées, proportionnées, transparentes et temporaires, et uniquement celles qui sont conformes à nos obligations dans le cadre de l’OMC.

Alors que nous nous efforçons de « mieux nous rétablir », notre feuille de route commune reste le Programme 2030 avec ses 17 objectifs de développement durable et l’Accord de Paris. Nous nous félicitons de l’adoption à l’unanimité de la résolution 74/270 de l’AGNU sur la solidarité mondiale pour lutter contre la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) à l’initiative du Ghana, de l’Indonésie, du Liechtenstein, de la Norvège, de Singapour et de la Suisse.

Face au défi sans précédent posé par la pandémie de COVID-19, nous devons tous unir nos forces pour contenir, contrer et prévenir sa propagation. L’Alliance pour le multilatéralisme s’est engagée à soutenir les Nations Unies, l’OMS et d’autres organisations internationales dans leurs efforts déployés à cette fin. Nous ne sommes pas plus forts que le maillon le plus faible du système de santé mondial. Ce n’est qu’en construisant un monde plus durable et plus résistant grâce à une coopération internationale renforcée que nous pourrons surmonter cette menace pour l’humanité.

S.E. FM de la République argentine, M. Felipe Solá

S.E. FM du Royaume de Belgique, M. Philippe Goffin

S.E. FM du Canada, M. François-Philippe Champagne

S.E. FM de la République du Chili, M. Teodoro Ribera Neumann

S.E. FM de la République du Costa Rica, M. Rodolfo Solano

S.E. FM de la République dominicaine, M. Miguel Vargas

S.E. FM de la République d’Estonie, M. Urmas Reinsalu

S.E. FM de la République fédérale démocratique d’Éthiopie, M. Gedu Andargachev

S.E. FM de la République de Finlande, M. Pekka Haavisto

S.E. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la République française

S.E. M. Heiko Maas, ministre des affaires étrangères de la République fédérale d’Allemagne

S.E. FM de la République d’Indonésie, Mme Retno Marsudi

S.E. FM d’Irlande, M. Simon Coveney

S.E. FM de la République italienne, M. Luigi di Maio

S.E. FM du Royaume hachémite de Jordanie, M. Ayman Safadi

S.E. FM des États-Unis du Mexique, M. Marcelo Ebrard Casaubon

S.E. FM du Royaume des Pays-Bas, M. Stef Blok

S.E. FM du Royaume de Norvège, Mme Ine Eriksen Søreide

S.E. FM de la République du Pérou, M. Gustavo Meza-Cuadra Velásquez

S.E. FM de la République de Singapour, M. Vivian Balakrishnan

S.E. FM de la République d’Afrique du Sud, Mme Grace Pandor

S.E. FM du Royaume d’Espagne, Mme Arancha Gonzales Laya

S.E. FM du Royaume de Suède, Mme Ann Linde

S.E. FM de la Confédération suisse, M. Ignazio Cassis


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