Déclaration commune de l’Équipe multilatérale de surveillance des sanctions concernant le rapport sur le programme de main-d’œuvre à l’étranger de la RPDC

Déclaration

Le 16 septembre 2026 – Ottawa (Ontario) – Affaires mondiales Canada

Le texte de la déclaration suivante a été publié par les gouvernements de l’Allemagne, de l’Australie, du Canada, des États-Unis d’Amérique, de la France, de l’Italie, du Japon, de la Nouvelle-Zélande, des Pays-Bas, de la République de Corée et du Royaume-Uni à l’occasion de la publication du dernier rapport de l’Équipe multilatérale de surveillance des sanctions :

« Nous, les États participants de l’Équipe multilatérale de surveillance des sanctions, avons publié aujourd’hui un rapport sur les violations et les contournements par la République populaire démocratique de Corée (RPDC) des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) au moyen du déploiement continu de travailleurs nord-coréens à l’étranger. L’Équipe multilatérale de surveillance des sanctions est un mécanisme multilatéral créé en octobre 2024 pour surveiller la mise en œuvre des sanctions des Nations Unies relatives à la RPDC et en rendre compte. Le rapport est accessible sur le site Web officiel de l’Équipe multilatérale de surveillance des sanctions : https://msmt.info (en anglais).

« Ce rapport détaille le contournement systématique des sanctions des Nations Unies par la RPDC et d’autres pays par l’intermédiaire d’un réseau mondial de main-d’œuvre illégale à l’étranger, interdit par les résolutions 2375 et 2397 du CSNU. Le rapport rassemble des informations fournies par les États participants de l’Équipe multilatérale de surveillance des sanctions ainsi que des données issues de sources ouvertes qui démontrent comment la RPDC continue de déployer entre 35 600 et 101 280 travailleurs, dont la quasi-totalité se trouve en République populaire de Chine et dans la Fédération de Russie.

« Malgré la date limite de rapatriement fixée à 2019 par la résolution 2397 du CSNU, au moins 17 pays sont soupçonnés de continuer à accueillir ces travailleurs, qui ont généré entre 450 millions et 800 millions de dollars américains en 2025 pour financer les programmes illégaux d’armes nucléaires et de missiles balistiques de la RPDC. Le rapport souligne que la quasi-totalité des salaires perçus par les travailleurs nord-coréens à l’étranger est confisquée par la RPDC.

« L’Équipe multilatérale de surveillance des sanctions communique ces renseignements à la communauté internationale afin de mettre en évidence les risques importants liés à l’emploi de travailleurs nord-coréens à l’étranger et la nécessité de dissuader le recours à ces derniers. Nous encourageons tous les États membres des Nations Unies à sensibiliser l’opinion publique et à demander des comptes aux parties responsables et aux facilitateurs pour les violations des résolutions du CSNU, notamment en prenant des mesures à l’échelle nationale.

« Ce rapport comble les lacunes en matière de surveillance découlant de la dissolution, en avril 2024, du Groupe d’experts du Comité 1718 du CSNU, provoquée par le veto de la Russie en mars 2024. Le rapport aidera la communauté internationale à mettre pleinement en œuvre les résolutions pertinentes du CSNU. Compte tenu de la persistance des violations et des contournements des résolutions pertinentes du CSNU, nous exhortons ce dernier à rétablir le Groupe d’experts avec la même composition et la même structure qu’avant sa dissolution.

« Nous soulignons une fois de plus notre détermination commune à mettre pleinement en œuvre les résolutions du CSNU. L’Équipe multilatérale de surveillance des sanctions continuera de surveiller la mise en œuvre des résolutions du CSNU relatives à la RPDC et à dénoncer les tentatives persistantes de la RPDC et d’autres pays visant à violer et à contourner ces mesures. »

Faits en bref

  • En 2017, le CSNU a déclaré illégal pour tout État membre des Nations Unies d’autoriser des Nord-Coréens à percevoir des revenus sur son territoire. Tous les pays ont été tenus de rapatrier en RPDC, avant 2019, tous les Nord-Coréens percevant des revenus sur leur territoire.
  • On estime qu’entre 20 000 et 70 000 travailleurs nord-coréens sont actuellement déployés en Chine. Malgré un rapatriement temporaire de 10 000 à 20 000 travailleurs entre 2023 et 2025, environ 10 000 nouveaux travailleurs nord-coréens sont arrivés en Chine entre janvier 2025 et janvier 2026.
  • Les travailleurs nord-coréens sont de plus en plus nombreux à être déployés en Russie, où 15 000 à 30 000 d’entre eux étaient en poste à la fin de l’année 2025. Les travailleurs nord-coréens fabriquent des drones militaires pour la Russie sur le sol russe, notamment dans des usines de drones situées en Russie. Le gouvernement russe a mis en place un dispositif de visas étudiants afin de faire passer les travailleurs nord-coréens présents en Russie pour des étudiants. Chaque travailleur nord-coréen en Russie génère en moyenne, selon les estimations, un salaire de 7 500 dollars américains par an.
  • Selon certaines estimations, les salaires mensuels perçus par les travailleurs nord-coréens en Russie pourraient être jusqu’à cinq fois supérieurs à ceux perçus en Chine, selon le secteur d’activité.
  • La RPDC confisque 80 à 90 % des salaires perçus par les travailleurs nord-coréens. Dans certains cas, le montant confisqué dépasse leurs revenus réels, ce qui laisse les travailleurs nord-coréens endettés envers la RPDC. Les autorités de la RPDC exercent un contrôle extrême sur les déplacements des travailleurs et leurs interactions avec des personnes extérieures afin d’empêcher les désertions, tandis que les travailleurs qui font défection s’exposent à des représailles à l’encontre des membres de leur famille restés en Corée du Nord.

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2026-09-16