Évaluation sommative du Programme de littéracie financière : Rapport final

Préparé pour : L’Agence de la consommation en matière financière du Canada

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Date : 20 mars 2020

Acronymes

ABC : Association des banquiers canadiens

ACFC : Agence de la consommation en matière financière du Canada

ARC : Agence du revenu du Canada

ECCF : Enquête canadienne sur les capacités financières

FPT : Fédéral/provincial/territorial

MLF : Mois de la littératie financière

OCDE : Organisation de coopération et de développement économiques

ONG : Organisation non gouvernementale

PISA : Programme international pour le suivi des acquis des élèves 

PT : Provincial/territorial

RIEF : Réseau international sur l’éducation financière

Sommaire

Objectifs, portée et méthodologie

L’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC) est un organisme fédéral qui a été établi en 2001 pour protéger les consommateurs en surveillant les entités financières sous réglementation fédérale, en assurant la conformité aux mesures de protection des consommateurs, et en renforçant la littératie financière des Canadiens au moyen de l’éducation et de la sensibilisation. L’ACFC s’est vu confier le mandat d’offrir le Programme de littératie financière dans le budget fédéral de 2007. Ce programme est financé principalement par une affectation législative annuelle de 5 M$, mais utilise également une portion des cotisations versées par les entités réglementées. Il a pour but de permettre à l’ACFC de collaborer avec les intéressés au développement et au soutien d’initiatives visant à renforcer la littératie financière des Canadiens et à cette fin, de coordonner ses activités avec les leurs. Il comprend plusieurs volets : les programmes de littératie financière, les partenariats et la mobilisation des intervenants, la recherche, l’élaboration de politiques ainsi que l’éducation des consommateurs.    

La présente évaluation du Programme de littératie financière est de nature sommative et vise la période du 1er avril 2014 au 31 mars 2019. Elle a été réalisée pour évaluer les résultats et les réalisations du Programme, dégager des conclusions et formuler des recommandations afin de guider un examen du Programme et l’apport d’améliorations à celui-ci pour l’avenir, et elle porte sur toute la gamme d’activités de littératie financière financées par l’ACFC. Conformément à la Politique sur les résultats (2016) du Secrétariat du Conseil du Trésor, cette évaluation examine la pertinence, l’efficacité et l’efficience du Programme. Quatorze questions d’évaluation ont orienté ce travail (voir l’Annexe B).  

De multiples méthodes de collecte de données qualitatives et quantitatives ont été employées dans le cadre de cette évaluation. Les données ont été recueillies de divers points de vue (p. ex. gestionnaires et employés du Programme, partenaires/intervenants et experts dans le domaine). Les données utilisées dans le cadre de la présente évaluation ont notamment été obtenues au moyen d’un examen de la documentation, d’un examen des données, d’une revue de la littérature, d’entrevues avec des informateurs clés, d’un sondage en ligne auprès d’enseignants et de facilitateurs ayant utilisé des programmes éducatifs de l’ACFC ainsi que de trois études de cas.  

Résumé des résultats

Pertinence

Des indicateurs clés démontrent clairement que le Programme de littératie financière de l’ACFC est nécessaire. Les Canadiens ont des niveaux d’endettement historiquement élevés alors que les emplois sont de plus en plus précaires et la disponibilité de mesures de soutien comme les régimes de retraite diminue. Au même moment, le marché des produits et services financiers devient de plus en plus complexe et virtuel, ce qui fait en sorte que les consommateurs doivent de plus en plus acquérir des connaissances et une confiance en soi en matière financière de manière autonome.  

Les objectifs du Programme de littératie financière cadrent avec le mandat et les objectifs stratégiques de l’ACFC, de même qu’avec le rôle fédéral et les priorités du gouvernement du Canada qui ont été énoncées dans de récents textes de lois et engagements budgétaires. Il y a peu de chevauchements et de duplications entre le Programme de littératie financière et d’autres programmes à l’échelle provinciale/territoriale (PT), bien que la littératie financière et la réglementation en matière financière soient des responsabilités partagées entre le gouvernement fédéral et les provinces et territoires. 

Il existe un consensus sur la nécessité pour le gouvernement fédéral de jouer un rôle dans l’amélioration de la littératie financière des Canadiens. Les objectifs et les activités du Programme de littératie financière sont perçus comme se rapportant à des domaines dans lesquels les autres entités n’ont pas le mandat d’apporter une contribution ou n’ont pas les ressources/capacités nécessaires pour le faire.  

Efficacité

Ressources et programmes éducatifs en matière de littératie financière

Des données probantes indiquent que les Canadiens connaissent et utilisent largement et de plus en plus les programmes éducatifs en matière de littératie financière ainsi que les calculatrices et outils informationnels de l’ACFC. En élaborant des ressources et programmes ciblés, le Programme de littératie financière atteint de nouveaux publics (p. ex. apprenants autochtones, participants en milieu de travail et utilisateurs d’applications mobiles). Les niveaux de satisfaction chez les facilitateurs des programmes éducatifs de l’ACFC et les participants à ces programmes sont uniformément élevés. La plupart des utilisateurs indiquent que le contenu Web de l’ACFC est objectif, utile et facile à comprendre.  

Cela dit, le contenu lié à la littératie financière a augmenté avec la visibilité accrue de la littératie financière. Bien que les intervenants apprécient le fait que l’ACFC fournisse des renseignements neutres et des outils interactifs aux consommateurs, l’ACFC est encouragée à continuer à s’assurer que le contenu éducatif qu’elle élabore n’est pas redondant et à déterminer quelles autres organisations sont les mieux placées pour combler les lacunes. Le défi pour celles-ci (p. ex. les autres administrations, les organisations non gouvernementales et les organisations professionnelles) est de trouver du financement pour offrir des programmes de littératie financière ou le faire à plus grande échelle.

L’ACFC a investi dans la surveillance et l’évaluation des répercussions générales de la Stratégie nationale, de même que dans la détermination de moyens pour améliorer les retombées de ses programmes éducatifs. Elle a recueilli des données de mise à l’essai et de surveillance aux fins de la détermination des résultats de la Stratégie nationale pour la littératie financière, de l’évaluation des nouvelles initiatives et de l’évaluation de la convivialité. Des retombées positives sur les connaissances, les compétences et la confiance des participants aux programmes éducatifs du Programme de littératie financière ont été constatées. Même si l’ACFC a amélioré ses mesures afin de mieux évaluer les changements comportementaux, les retombées à ce chapitre sont beaucoup plus difficiles à obtenir et à évaluer. Les résultats indiquent que des changements comportementaux à long terme ont été générés par des programmes novateurs qui récompensent de tels changements.  

Plan national de recherche 

Le Plan national de recherche a permis d’accroître la quantité de données probantes en matière de littératie financière au Canada, lesquelles ont permis d’évaluer l’efficacité des interventions et de dégager des tendances nationales en matière de littératie financière. Ce plan prévoyant des contributions internationales et comportant des liens avec la Stratégie nationale a été exécuté efficacement avec le soutien d’un sous-comité d’experts reconnus dans le domaine. Les recherches menées dans le cadre de ce plan ont permis d’évaluer des interventions novatrices. De plus, de bonnes relations ont été établies avec des experts en sciences comportementales afin de profiter de leurs connaissances. Une volonté de renforcer le lien entre la recherche et la pratique a été exprimée. L’Enquête canadienne sur les capacités financières (ECCF), menée pour la troisième fois en 2019, est une initiative importante dans le cadre de laquelle les capacités et les ressources du gouvernement fédéral ont été mises à profit afin d’obtenir des données démographiques sur la littératie financière et le bien-être des consommateurs de produits et services financiers.  

Mobilisation des intervenants

L’ACFC supervise de nombreuses initiatives et soutient de nombreux comités et groupes de travail dont 18 réseaux régionaux de littératie financière, le Comité directeur national sur la littératie financière, le Comité interministériel sur la littératie financière et bien d’autres encore, afin de mobiliser les intervenants et de maximiser leur impact. Tous les volets du Programme de littératie financière – élaboration de programmes et de ressources, recherche, et promotion et sensibilisation – sont guidés par cette mobilisation. Les intervenants de l’ACFC représentent un large éventail de secteurs, et des efforts ont été déployés pour veiller à ce que les intervenants d’un bout à l’autre du pays soient mobilisés. Ce vaste réseau d’intervenants met en relation de nombreuses organisations, ce qui a pour effet d’accroître considérablement la portée du Programme. Dans l’ensemble, les intervenants sont satisfaits de la façon dont ils sont mobilisés, et ils soutiennent activement la Stratégie nationale. De plus, ils appuient fortement la Base de données canadienne sur la littératie financière, un répertoire en ligne de ressources et d’événements relatifs à la littératie financière consignés par les intervenants, mais ils croient que des améliorations devraient y être apportées.  

Promotion et sensibilisation

Il existe un consensus sur le fait que l’ACFC a fait du bon travail en améliorant la visibilité de la littératie financière au Canada grâce à son travail de promotion et de sensibilisation. Des preuves documentaires confirment que l’ACFC rejoint plus de Canadiens et d’intervenants qu’auparavant, tant par des moyens traditionnels que par les réseaux sociaux. Le Mois de la littératie financière est vu comme un facteur clé de succès, et les efforts de l’ACFC pour améliorer cette initiative à la lumière de la rétroaction des intervenants font en sorte que celle-ci demeure pertinente et continue à prendre de l’expansion. Bien que les activités de promotion et de sensibilisation de l’ACFC soient considérées comme efficaces, il existe un consensus sur le fait qu’il faut en faire davantage pour sensibiliser les Canadiens aux concepts et produits financiers.   

Renforcement de la littératie financière des Canadiens

Le Canada se compare avantageusement à d’autres pays développés en ce qui a trait aux mesures de la littératie financière, se classant constamment parmi les meilleurs dans diverses études internationales. En 2009 et en 2014, les résultats de l’ECCF indiquaient que peu de progrès avaient été accomplis au chapitre de la littératie financière des Canadiens. Cependant, en 2019, les résultats de cette enquête indiquaient que la littératie financière des Canadiens s’améliorait modestement à certains égards (p. ex. établissement d’un budget et préparation à la retraite), et que près de la moitié des Canadiens avaient sollicité des conseils financiers ou s’étaient éduqués financièrement d’une quelconque façon au cours des cinq dernières années. Cela dit, les Canadiens ont déclaré de plus hauts niveaux d’endettement, et une plus grande proportion d’entre eux font face à des pressions financières. 

Efficience

Avantages de la Stratégie nationale

L’évaluation confirme que la Stratégie nationale pour la littératie financière a été utile et qu’elle est considérée comme une pratique exemplaire à l’échelle internationale. Les intervenants appuient la Stratégie nationale et sont largement satisfaits de ses priorités et des activités qui ont été entreprises depuis sa mise en œuvre. La Stratégie nationale a joué un rôle essentiel en favorisant la collaboration et la coopération entre des intervenants qui n’étaient pas auparavant en contact les uns avec les autres, ce qui a fait en sorte que plus d’attention a été accordée à la littératie financière et que davantage d’activités ont été menées dans le but de réaliser des objectifs clés. De plus, la Stratégie nationale a attiré l’attention sur les lacunes et les besoins non comblés, y compris sur les publics pour lesquels une sensibilisation ciblée serait de mise. Il existe une volonté de poursuivre les efforts en matière de littératie financière au moyen d’une stratégie renouvelée et de priorités actualisées et fondées sur des données probantes.   

Structure de gouvernance et de consultation du Programme 

La structure de gouvernance et de consultation du Programme de littératie financière est appropriée et efficace. Les mandats de chaque comité et groupe et travail établissent clairement les objectifs que ceux-ci doivent atteindre et les attentes à leur égard, de même que les rôles, les responsabilités et les livrables attendus de leurs membres. Tous les comités et groupes de travail sont présidés ou coprésidés par l’ACFC, ce qui fait en sorte qu’ils sont dirigés et surveillés de manière uniforme. Les intervenants ont formulé des commentaires positifs en ce qui concerne leur participation et les membres du Comité directeur national sur la littératie financière aimeraient être mis à contribution de manière stratégique dans le cadre de futures initiatives. 

Efficience du programme

Les dépenses directes du Programme de littératie financière au cours de la période visée par l’évaluation ont varié entre 8 et 9 millions de dollars. Des preuves qualitatives solides indiquent que le Programme est mis en œuvre efficacement. L’approche de l’ACFC pour tirer parti des partenariats et des collaborations est vue comme favorisant en général l’efficience et l’efficacité des efforts déployés. Parmi les autres facteurs qui favorisent l’efficience, notons la méthode réfléchie qui est employée pour recueillir des preuves empiriques sur les leçons tirées et évaluer les activités en vue de les améliorer, de même que l’approche consultative fondée sur des données probantes qui est utilisée pour choisir les priorités et les initiatives.  

Recommandations

Renouveler la Stratégie nationale pour la littératie financière du Canada en ciblant des lacunes, des priorités et des interventions fondées sur les données probantes. Il existe un consensus sur le fait que la Stratégie nationale a permis de stimuler et de coordonner les efforts visant à améliorer la littératie financière au Canada, ce qui représente un avantage important, et qu’elle est une pratique exemplaire internationale. Les intervenants ont cerné un certain nombre de lacunes et de priorités qui pourraient être ciblées dans le cadre d’une future stratégie.   

Poursuivre la mobilisation des intervenants nationaux et régionaux et d’autres institutions fédérales afin de maintenir la dynamique, la participation multisectorielle et les synergies. Les preuves recueillies dans le cadre de l’évaluation confirment que les efforts de mobilisation déployés par les intervenants ont été très fructueux et ont contribué à la réalisation des nombreux résultats du Programme de littératie financière. Le Programme devrait coopérer davantage avec d’autres institutions fédérales en vue d’améliorer la littératie financière, par exemple en tirant parti des efforts des organisations préoccupées par les groupes vulnérables ou en concertant ses efforts avec celles-ci.  

Explorer, en se basant sur l’expérience d’autres petits organismes ou organismes administratifs, les occasions de créer un fonds de subventions et de contributions pour financer l’élaboration, la mise à l’essai et la mise à l’échelle d’interventions efficaces en matière de littératie financière dans une optique d’équité. Certains intervenants sont favorables à ce que l’ACFC aide des organisations non gouvernementales à élaborer des interventions en vue de mettre à l’essai et de mettre à l’échelle celles qui semblent prometteuses. L’ACFC devrait étudier les pratiques des autres petits ministères et organismes afin de déterminer la faisabilité de cette mesure.   

Revoir l’analyse de faisabilité en ce qui concerne l’amélioration de la Base de données canadienne sur la littératie financière en vue de rendre son interface plus conviviale et ses fonctionnalités plus attrayantes et d’accroître sa visibilité auprès de la collectivité des fournisseurs et des éducateurs en matière de littératie financière. Les ressources et outils Web offerts dans la Base de données canadienne sur la littératie financière contribuent de manière importante à réduire la duplication. Cependant, les utilisateurs observent que ce répertoire n’est pas bien connu et qu’il est difficile d’y naviguer. L’ACFC devrait revoir l’analyse de faisabilité en vue de créer une interface plus conviviale et de tirer parti des pratiques exemplaires relatives à d’autres répertoires ou carrefours de connaissances.  

Veiller à ce que les connaissances générées par les recherches universitaires et les recherches de l’ACFC correspondent davantage aux besoins des professionnels du domaine de la littératie financière. Le Plan national de recherche a réussi avec brio à générer un vaste éventail de recherches et de connaissances sur l’efficacité des programmes éducatifs et du soutien en matière de littératie financière et a permis de diffuser efficacement ces connaissances. L’ACFC pourrait veiller à ce que les questions et les résultats de recherche correspondent davantage aux besoins des professionnels du domaine de la littératie financière, notamment en veillant à ce que ceux-ci participent à la formulation des questions de recherche et en se basant sur la recherche pour mettre au point ses interventions.   

Continuer à investir dans la sensibilisation à littératie financière et la promotion de celle-ci, particulièrement dans les régions où l’intérêt et la participation ont été plus faibles. Les intervenants croient que le travail de promotion et de sensibilisation du Programme de littératie financière a stimulé la conversation à propos de la littératie financière à l’échelle nationale. Il serait possible d’accroître les efforts dans les régions où le Programme a eu une empreinte moins importante jusqu’à maintenant.  

1.0 Introduction

Ce rapport vise à présenter les résultats de l’Évaluation sommative du Programme de littératie financière de l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC). Cette évaluation a été conçue afin de fournir des preuves exhaustives et fiables à l’appui de la prise de décisions en ce qui concerne la poursuite du Programme.  

1.1 Description du Programme

L’ACFC est un organisme du gouvernement fédéral établi en 2001 pour protéger les consommateurs en surveillant les entités financières sous réglementation fédérale, assurer la conformité aux mesures de protection des consommateurs, et renforcer la littératie financière des Canadiens grâce à l’éducation et à la sensibilisation. L’ACFC est principalement financée par les cotisations que lui versent les institutions financières, les exploitants de réseaux de cartes de paiement et les organismes externes de traitement des plaintes qu’elle réglemente. En plus de ces cotisations, l’ACFC reçoit une affectation législative annuelle du gouvernement fédéral d’un maximum de 5 millions de dollars pour le Programme de littératie financière (les dépenses réelles relatives au Programme peuvent varier et le financement de celui-ci est complété par une partie des cotisations). 

Le Programme de littératie financière a été financé dans le budget fédéral de 2007 et créé la même année. Il vise à aider les Canadiens à prendre de meilleures décisions financières, à améliorer les comportements des consommateurs et à accroître le bien-être financier des Canadiens (voir le modèle logique présenté à l’Annexe C). Le Programme de littératie financière comprend plusieurs volets : les programmes de littératie financière, les partenariats et la mobilisation des intervenants, la recherche et les politiques, ainsi que la promotion et l’éducation des consommateurs. Depuis 2014, le Programme de littératie financière prévoit la nomination d’un chef du développement de la littératie financièreNote de bas de page 1  et depuis 2015, il est guidé par la Stratégie nationale pour la littératie financière — Compte sur moi, Canada (la Stratégie nationale). Les priorités de la Stratégie nationale comprennent les suivantes : aider les Canadiens à gérer leur argent et leurs dettes judicieusement, les aider à planifier et épargner pour l’avenir, et les aider à se protéger contre la fraude et l’exploitation financière. 

Pour réaliser ces priorités, le Programme de littératie financière : 

La Stratégie nationale et le Programme de littératie financière visent à accroître le bien-être des Canadiens grâce à la mobilisation des intervenants de partout au Canada, y compris les réseaux de littératie financière et des experts et organisations de différents secteurs. Pour mettre en œuvre la Stratégie nationale, l’ACFC travaille avec les comités, réseaux et groupes de travail suivants :

1.2 Objectifs et portée

L’évaluation du Programme de littératie financière de l’ACFC vise à évaluer les résultats et les réalisations de ce programme pour la période de 2014 à 2019 et à mettre au point des conclusions et des recommandations pour guider un examen du Programme et l’apport d’améliorations à celui-ci.  

L’évaluation porte sur toute la gamme d’activités de littératie financière financées par l’ACFC : 

Cette évaluation prend appui sur l’évaluation formative du Programme qui a été réalisée en 2013, mais elle est de nature sommative (elle porte principalement sur l’efficacité du programme) et vise la période du 1er avril 2014 au 31 mars 2019, dont le début correspond à la fin de la période visée par la précédente évaluation. Veuillez noter que les activités que l’ACFC accomplit dans le cadre de son mandat de surveillance des institutions financières ne sont pas visées par l’évaluation.  

Conformément à la Politique sur les résultats (2016) du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada, l’évaluation examine les aspects de la pertinence, de l’efficacité et de l’efficience du Programme. Quatorze questions d’évaluation ont guidé ce travail (voir l’Annexe B).

1.3 Méthodologie

Afin d’assurer la validité de l’évaluation du Programme de littératie financière, de multiples méthodes de collecte de données qualitatives et quantitatives ont été utilisées et les données ont été recueillies de divers points de vue (direction et personnel du Programme, partenaires/intervenants et experts du domaine). L’évaluation a été guidée par un comité consultatif composé de représentants du Programme de littératie financière. Les méthodes de collecte de données qui ont été utilisées dans le cadre de l’évaluation comprennent les suivantes :

1.4 Limitations

L’évaluation est basée sur des données probantes solides recueillies au moyen de multiples méthodes de collecte de données qualitatives et qualitatives. Les limitations et les stratégies d’atténuation connexes comprennent les suivantes : 

2.0 Résultats

Les sections suivantes présentent les conclusions relatives à chacune des questions d’évaluation utilisées dans le cadre de l’étude.

2.1 Pertinence

2.1.1 Besoin continu de programmes de littératie financière

Conclusion principale :

Des indicateurs troublants en ce qui a trait au bien-être financier des Canadiens indiquent qu’il est nécessaire de continuer à agir en vue d’améliorer la littératie financière au Canada. Les priorités suivantes pourraient entre autres être établies pour l’avenir : envisager une plus grande utilisation des outils financiers numériques et tirer parti des pratiques exemplaires pour générer des changements comportementaux dans le cadre de l’élaboration des interventions, et répondre aux besoins particuliers des populations vulnérables afin d’améliorer leur bien-être financier.

En raison de la complexité de plus en plus grande du marché des produits et services financiers et de certains indicateurs inquiétants en ce qui a trait au bien-être financier, il apparaît nécessaire de continuer à améliorer la littératie financière.   

Des récentes recherches et statistiques révèlent des tendances inquiétantes en ce qui concerne le bien-être financier des Canadiens. Le ratio de la dette au revenu disponible des ménages du Canada est l’un des plus élevés au monde et, jusqu’à récemment, il grimpait continuellement.Note de bas de page 2  Statistique Canada indique que la dette moyenne des ménages représentait 177 % du revenu disponible des Canadiens en 2019, comparativement à 168 % en 2018.Note de bas de page 3 En ce qui a trait à l’épargne, l’Enquête canadienne sur les capacités financières de 2019 a révélé qu’environ un tiers des Canadiens non retraités n’ont pas de plan d’épargne pour la retraite et que la plupart des Canadiens font face à des pressions financières.Note de bas de page 4  De nombreuses personnes de la génération Y, qui est présentement le plus important segment de consommateurs au Canada, n’ont aucune épargne-retraite.Note de bas de page 5  Dans le cadre d’un sondage, l’Association canadienne de la paie a constaté que près de la moitié des travailleurs canadiens (43 %) déclarent vivre d’un chèque de paie à l’autre, près du tiers (32 %) indiquent que leur dette a augmenté, et quatre sur dix (40 %) se sentent accablés par leurs dettes.Note de bas de page 6   

En outre, il est largement reconnu que le marché des produits et services financiers devient hautement complexe, ce qui est notamment lié à l'expansion des services financiers numériques. Un rapport de 2018 du Réseau international sur l’éducation financière (RIEF) de l’OCDE pour le G20 souligne que seuls des efforts limités ont été déployés jusqu'à présent pour adapter les cadres de protection des consommateurs et d'éducation financière en fonction des services financiers numériques afin de prévenir les consommateurs des risques associés à ces services et de les aider à les utiliser optimalement.Note de bas de page 7  

Bien que les efforts visant à améliorer la littératie financière se soient multipliés, un certain nombre de besoins ou de lacunes n'ont pas encore été comblés.

Même si les efforts en vue d’améliorer la littératie financière au Canada et à l’échelle internationale ne datent pas d’hier (par exemple, de nombreux pays ont adopté des stratégies nationales de littératie financière), les données probantes indiquant qu’il y a eu une évolution positive ou significative du niveau de littératie financière des Canadiens sont limitées, et trop peu de Canadiens épargnent ou utilisent le crédit avec prudence (voir la section 2.2.5). Des recherches, dont des études menées dans le cadre du Plan national de recherche sur la littératie financière, ont démontré qu’il existe un lien entre l'épargne et la littératie financière.Note de bas de page 8  En outre, les recherches génèrent des connaissances sur les principaux moteurs de la littératie financière (la confiance en soi en matière financière et la capacité d’utiliser les conseils sur les produits financiers) et sur ce qui fonctionne pour qui. La littérature et les opinions des informateurs clés ont permis de dégager un certain nombre de lacunes/besoins à combler et de priorités à cibler dans l'avenir. Par exemple, il apparaît nécessaire :

2.1.2 Harmonisation avec les rôles et les priorités du gouvernement fédéral et de l’ACFC

Conclusion principale :

Les sources documentaires indiquent que les objectifs du Programme de littératie financière cadrent avec le rôle et les priorités du gouvernement du Canada ainsi qu'avec mandat de l'ACFC.

Le Programme de littératie financière du gouvernement du Canada cadre avec les priorités fédérales. 

Le gouvernement du Canada soutient expressément la littératie financière depuis 2007, année où il a confié à l'ACFC le mandat de renforcer la littératie financière des Canadiens et où il lui a accordé un financement à cette fin. Le programme La Zone a été créé et lancé en 2008 pour remplir ce mandat. En 2009, le Groupe de travail sur la littératie financière a été mis sur pied et par la suite, celui-ci a formulé des recommandationsNote de bas de page 9  qui ont servi de fondement à la Stratégie nationale pour la littératie financière du Canada. Le Groupe de travail sur la littératie financière a également proposé que le gouvernement du Canada continue à jouer un rôle de premier plan dans la promotion de la littératie financière, tout en reconnaissant de besoin de collaborer avec les provinces et territoires étant donné que la réglementation des services financiers est une compétence partagée entre le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux/territoriaux et que la responsabilité de l’éducation incombe à ces derniers. 

Le budget de 2009 a alloué un financement continu et supplémentaire à l'ACFC pour la littératie financière, ce qui visait principalement à stimuler la collaboration et un engagement à l'égard de l'élaboration de la Stratégie nationale pour la littératie financière en réponse aux recommandations du Groupe de travail. La Stratégie nationale a été élaborée sous la direction de l’ACFC en collaboration avec les intervenants et a été approuvée en 2015. Des fonds supplémentaires ont été alloués à l'ACFC dans le budget de 2013 pour l’inclusion dans le mandat de l’Agence du poste de chef du développement de la littératie financière afin que l’ACFC collabore avec les intervenants en vue de renforcer la littératie financière des Canadiens et, à cette fin, coordonne ses activités avec les leurs. 

Le Programme de littératie financière cadre avec les objectifs de l’ACFC, de même qu’avec le mandat de celle-ci, qui a été renforcé par des modifications législatives en 2018. 

L'ACFC a été créée par le gouvernement du Canada en 2001 en réponse à une prise de conscience à l’échelle internationale du besoin pour les gouvernements de jouer un rôle plus important au chapitre de la réglementation du secteur financier et de la protection des consommateurs. En 2007, le gouvernement canadien a élargi le mandat de l'ACFC pour y inclure officiellement la littératie financière. Depuis, le gouvernement du Canada octroie à l'ACFC un financement annuel destiné spécifiquement à ses programmes nationaux de littératie financière, et la littératie financière a été intégrée dans les objectifs et les résultats stratégiques de l'organisation.  

L’ACFC tire son mandat de la Loi sur l’Agence de la consommation en matière financière du Canada. Durant la période visée par l’évaluation (la Loi a été modifiée en 2018), la Loi définissait deux responsabilités essentielles et 11 objectifs de l’Agence. Le Programme de littératie financière de l'ACFC contribue à la réalisation de la deuxième des deux responsabilités essentielles confiées à l'Agence, soit d'assurer un leadership en ce qui a trait aux domaines liés à l'éducation financière et à la littératie financière. Le mandat de l'ACFC a évolué grâce à diverses modifications législatives qui ont permis de renforcer davantage son mandat au chapitre de la littératie financière. 

Le Programme de littératie financière était conforme avec les quatre objectifs suivants de l’Agence : 

Durant la période visée par l’évaluation, le Programme de littératie financière venait à l’appui de la réalisation de deux résultats stratégiques de l’ACFC : 1) veiller à ce que les droits et les intérêts des consommateurs de produits et services financiers soient respectés et 2) veiller à ce que les consommateurs de produits et services financiers comprennent leurs droits et prennent des décisions financières éclairées.  

Comme il a été mentionné précédemment, le mandat de l’ACFC au chapitre de la littératie financière a évolué et a été renforcé grâce à des modifications à la Loi sur l’ACFC. Bien que ce mandat soit en place depuis 2007, le poste de chef du développement de la littératie financière a été créé par une modification apportée à la Loi sur l’ACFC en 2013, ce qui a donné lieu à l’octroi d’un financement supplémentaire. En 2018, une autre modification à la Loi a renforcé le mandat et les objectifs de l’Agence qui a trait à la littératie financière. Bien que les dispositions sur le chef du développement de la littératie financière aient été retirées de la Loi en 2019, les intervenants ont été informés qu’un cadre supérieur de l’ACFC serait nommé pour diriger le travail à ce chapitre.  

2.1.3 Rôle de l’ACFC au chapitre de la littératie financière

Conclusion principale :

Il existe un consensus sur le fait que le gouvernement fédéral a un rôle important à jouer en ce qui a trait à l'amélioration de la littératie financière des Canadiens. Les domaines dans lesquels le gouvernement fédéral est perçu comme étant bien placé pour jouer un rôle au chapitre de la littératie financière cadrent avec les activités et les objectifs courants du Programme de littératie financière et sont des domaines dans lesquels d'autres entités n'ont pas le mandat d’apporter une contribution ou n’ont pas les ressources/capacités nécessaires pour le faire. En ce qui concerne les ressources et programmes éducatifs en matière de littératie financière, on estime que le gouvernement fédéral a un rôle à jouer dans l'élaboration de contenus éducatifs adaptés (p. ex. pour les Autochtones et pour les lieux de travail) et d'informations impartiales à l’intention des consommateurs en ce qui concerne les produits financiers et la prise de décisions financières. Cependant, on constate une prolifération de programmes d'éducation financière, et l'ACFC est perçue comme ayant un rôle à jouer pour minimiser la duplication. Bien que de plus en plus de contenus relatifs à la littératie financière soient disponibles, les organisations manquent souvent de fonds pour les dispenser (surtout les associations non gouvernementales et professionnelles).

Les intervenants conviennent que le gouvernement fédéral a un rôle à jouer au chapitre de l'amélioration de la littératie financière des Canadiens. Le rôle privilégié pour l’ACFC cadre étroitement avec les priorités et initiatives actuelles. 

Les personnes interrogées, y compris le personnel interne et les intervenants externes, conviennent que le gouvernement fédéral a un rôle à jouer au chapitre de l'amélioration de la littératie financière des Canadiens. Le type de rôle que le gouvernement fédéral devrait jouer est en phase avec les domaines où l'ACFC joue actuellement un rôle. Selon les personnes interrogées, il s'agit de domaines où le gouvernement fédéral est particulièrement bien placé pour intervenir parce que d'autres organisations n'ont pas le mandat pour le faire (par exemple, parce qu'elles sont réglementées par les provinces ou qu'elles ont un mandat local) ou parce que leurs ressources ou leurs capacités ne sont pas suffisantes (par exemple, pour commanditer une enquête nationale ou une campagne médiatique). Il a également été mentionné que l’ACFC a un rôle à jouer dans la résolution des problèmes d’hétérogénéité, de fragmentation et de compétence relatifs aux produits financiers.  

Les rôles qui ont été les plus mentionnés comme étant des rôles que l’ACFC est réputée être bien placée pour jouer comprennent les suivants : 

L'ACFC devrait réexaminer son rôle au chapitre de l'élaboration de programmes de littératie financière.

Lorsque des avis mitigés ont été exprimés à l’égard du rôle du gouvernement fédéral, ceux-ci concernaient l'élaboration des programmes éducatifs. Les personnes interrogées de l’extérieur de l’ACFC estiment que l’ACFC a un rôle important à jouer en répondant aux besoins particuliers de certains publics (notamment, les intervenants sont en faveur de l’importance accordée en ce moment à l’élaboration de contenus pour les publics autochtones et le milieu de travail), en facilitant l’accès aux ressources et programmes éducatifs, et en cherchant à minimiser la duplication lors de leur élaboration. Cela dit, selon certaines personnes interrogées, l'ACFC a un rôle plus approprié à jouer en tant que bailleur de fonds d'autres organisations (non gouvernementales) qui pourraient être mieux placées pour élaborer des programmes éducatifs.

Certaines personnes ont l’impression que les ressources et programmes éducatifs en matière de littératie financière ont proliféré, mais on ne sait pas exactement dans quelle mesure ce contenu est connu. Par exemple, la plupart des personnes ayant répondu au sondage mené auprès des enseignants ayant utilisé le programme La Zone et des facilitateurs du programme Finances personnelles : notions de base ne connaissaient pas l'existence d’autres ressources en matière d'éducation financière qui étaient semblables à celles qu'ils enseignaient actuellement (63 % pour le programme La Zone et 56 % pour le programme Finances personnelles : notions de base).

Certains intervenants ont signalé un problème en ce qui a trait à la mise en œuvre des programmes (c.-à-d. le financement pour livrer le contenu est insuffisant). L’idée d’un programme de financement visant spécifiquement à soutenir la diffusion de matériel ailleurs que sur le Web suscite de l’intérêt. Il existe quelques exemples de pays qui disposent de programmes de financement pour soutenir la diffusion, l'innovation et les partenariats.

2.2 Efficacité

2.2.1 Ressources et programmes éducatifs de littératie financière 

Conclusion principale :

L'ACFC a élaboré et diffusé divers types de programmes éducatifs et de ressources de littératie financière, dont l'utilisation augmente chaque année. Les programmes sont perçus comme étant utiles et clairement présentés. La promotion a été soutenue, et la collaboration avec les partenaires et les campagnes complémentaires comme le Mois de la littératie financière sont considérées comme les principaux facteurs qui augmentent la portée. L'accent mis sur l'accès en ligne et sur la Base de données canadienne sur la littératie financière est vu comme présentant certaines limites en matière de sensibilisation et d’accès.

Les preuves indiquent que les ressources et les outils de l'ACFC ont une incidence positive sur les connaissances, les compétences et la littératie financière des participants. Bien qu'il soit plus difficile de susciter des changements comportementaux et de les mesurer, des programmes novateurs récompensant les changements comportementaux et faisant appel à la technologie mobile ont obtenu un succès qui peut être quantifié.

Sensibilisation et accès

Les programmes et les ressources de littératie financière sont de plus en plus connus et accessibles.

Il existe de nombreux exemples de programmes de littératie financière récents ou actualisés qui s’adressent aux enfants d'âge scolaire (comme le programme La Zone) ou à d'autres publics (comme les programmes Finances personnelles : notions de base et Vos outils financiers). Bien que le programme La Zone ne soit maintenant plus disponible en ligne, au cours des dernières années, plus de 10 000 nouveaux étudiants par an étaient inscrits. Le nombre de visites Web que le programme Vos outils financiers a attirées a atteint 325 000 en 2016-2017, 425 000 en 2017-2018 et 680 000 en 2018-2019.

Le site Web de l'ACFC comprend également une panoplie de calculatrices et d’outils d'autoévaluation et de planification, ainsi que des renseignements sur les produits financiers et des vidéos d'apprentissage en ligne. Des données probantes indiquent que les Canadiens connaissent de plus en plus les programmes et ressources de littératie financière de l'ACFC. Selon le Rapport annuel 2018-2019 de l’ACFC, 5,7 millions de Canadiens ont été rejoints par les programmes et les ressources d'éducation financière du Programme de littératie financière dans le cadre de la Stratégie nationale. On constate que le nombre de personnes qui accèdent aux outils en ligne pour lesquelles des données de suivi sont disponibles augmente. Par exemple, le nombre de visites des vidéos d'apprentissage en ligne de l'ACFC publiées sur YouTube a augmenté au cours des trois dernières années, passant d'environ 24 500 en 2016-2017 à environ 35 000 en 2017-2018 à environ 39 000 en 2018-2019. Selon les rapports annuels de l'ACFC, le nombre d'utilisations des outils et calculatrices en ligne de l'ACFC est passé d'un peu plus de 276 000 en 2015-2016 à environ 615 000 en 2017-2018, ce qui représente une augmentation de 123 % sur deux ans. 

Les ressources et programmes éducatifs en ligne de l'ACFC peuvent être consultés par tous ceux qui ont accès à Internet et sont disponibles en français et en anglais. Les Ontariens sont les plus nombreux à utiliser les ressources en ligne de l'ACFC (environ 42 % de toutes les visites en 2017-2018 et 2018-2019). Ils sont suivis des Québécois (22 %), des Britanno-Colombiens (14 %), des Albertains (11 %) et des résidents des autres provinces et territoires (12 %).

Grâce à l'élaboration et à la mise à l’essai de nouvelles ressources éducatives ciblées, le Programme de littératie financière touche de nouveaux publics, notamment les employés dans leur milieu de travail et les apprenants autochtones. En 2017-2018, un atelier pilote de littératie financière en milieu de travail a été présenté à 290 employés dans le cadre de 15 séances organisées par différentes organisations des secteurs publics, sans but lucratif et privé. De plus, le Défi Ma santé financière, un projet réalisé conjointement par l'ACFC, BestLifeRewarded Innovations et le Club économique du Canada, a permis de rejoindre près de 700 employés de plus de 34 organisations.

En outre, beaucoup de gens ont été sensibilisés au moyen de technologies mobiles interactives dans le cadre de projets pilotes réalisés conjointement par l’ACFC et d’autres organisations. Par exemple, l'application Petit changement, offerte dans le cadre d'un projet pilote ciblant les régions qui a été réalisé conjointement avec Centraide Ottawa et Services partagés Canada de novembre 2015 à mars 2016, comptait près de 1 100 utilisateurs inscrits. Ceux-ci étaient encouragés à apporter de petits changements à leurs dépenses quotidiennes et l’application leur démontrait à quel rythme leurs économies pouvaient augmenter. L'ACFC a également utilisé à titre pilote l'application Carotte Points santé, une initiative novatrice du secteur privé financée par l'Agence de la santé publique du Canada, dans le but de renforcer la littératie financière. Cette application mobile récompensait les utilisateurs participant à de l'éducation financière avec des points de fidélité. Elle a été offerte en Colombie-Britannique, à Terre-Neuve-et-Labrador et brièvement en Ontario, et a rejoint plus de 150 000 Canadiens. Les résultats de ce projet pilote en ce qui a trait à l’augmentation de la confiance des utilisateurs et aux changements comportementaux sont très positifs (de plus amples renseignements sur ces résultats de recherche sont fournis plus loin). Un collaborateur de l'ACFC, l'Association des banquiers canadiens (ABC), a également utilisé cette application pour son programme Votre argent, qui offre des récompenses aux consommateurs en échange de leur participation à divers jeux-questionnaires et programmes d'éducation financière. 

Les informateurs clés conviennent que l'accès aux ressources clés et leur utilisation augmentent chaque année, notant que la vaste portée du Programme de littératie financière est principalement attribuable à la collaboration avec des partenaires et au lancement de campagnes complémentaires comme le MLF. De plus, l'étude de cas sur la Base de données canadienne sur la littératie financière a révélé que les intervenants et les partenaires contribuent à son développement en y ajoutant des ressources et en utilisant les ressources qu'elle contient, et que les visites de la Base de données et le partage des contributions à celle-ci ont augmenté depuis sa création en 2014. 

Certains informateurs clés ont noté que certains facteurs limitent la capacité des Canadiens à accéder aux ressources et programmes éducatifs de l’ACFC. La plupart des accès sont générés par la mobilisation en ligne, ce qui ne permet pas d'atteindre pas les consommateurs potentiels qui n'ont pas accès à Internet ou qui ne savent pas comment utiliser un ordinateur.

Les suggestions des informateurs clés pour accroître l'accès aux programmes de littératie financière comprennent les suivantes : 

De plus, certaines personnes notent qu'il est important d'adapter les renseignements aux groupes cibles en les traduisant dans un plus grand nombre de langues et en les rendant compréhensibles pour les personnes qui ont différents niveaux d'alphabétisation. Enfin, selon les données probantes d’une étude de cas, davantage de ressources adaptées à certains groupes cibles pourraient être proposées. De plus, il serait possible de mieux faire connaître la Base de données canadienne sur la littératie financière et d’en améliorer la convivialité (ce qui sera abordé de manière plus détaillée plus loin). 

Les ressources et programmes éducatifs de littératie financière sont perçus comme étant utiles. 

Les niveaux de satisfaction des instructeurs des programmes éducatifs de l'ACFC et des participants à ceux-ci sont uniformément élevés. Selon le sondage mené auprès des enseignants qui ont utilisé le programme La Zone et des facilitateurs du programme Finances personnelles : notions de base :

En 2017-2018, l'ACFC a offert à titre d’essai le programme éducatif Vos outils financiers, un atelier destiné aux étudiants de niveau postsecondaire. 82 % des participants ont déclaré qu'ils recommanderaient l'atelier, 95 % des participants étaient d'accord ou plutôt d'accord pour dire qu'ils en comprenaient le contenu, et 88 % des participants étaient d'accord ou plutôt d'accord pour dire que le contenu était pertinent pour eux. 

En ce qui concerne le contenu Web, dans son Rapport annuel 2017-2018, l'ACFC indique que 77 % des visiteurs de son site Web ont déclaré trouver le contenu de l'ACFC sur le site Canada.ca utile et facile à comprendre, et dans son Rapport annuel 2018-2019, elle indique que 80 % des utilisateurs des pages Web de l'ACFC ont déclaré qu’ils les consulteraient probablement ou très probablement de nouveau à l'avenir.

Répercussions

Il est difficile de susciter des changements comportementaux durables en améliorant les connaissances, les compétences et la confiance des gens et de détecter de tels changements. Cependant, certains programmes éducatifs ont des effets positifs sur le comportement, notamment ceux qui misent sur les technologies numériques et qui sont fondés sur les sciences comportementales. 

Au sein du Programme de littératie financière, il existe un intérêt soutenu à l’égard de l’évaluation de l’incidence des ressources et programmes éducatifs sur les connaissances, les compétences et la confiance des participants en plus de leur utilisation et de la satisfaction à leur endroit. Les données probantes recueillies auprès des instructeurs de deux programmes éducatifs phares, La Zone et Finances personnelles : notions de base, indiquent que les enseignants qui ont utilisé le programme La Zone et les facilitateurs du programme Finances personnelles : notions de base ont observé que ces programmes avaient eu des effets positifs sur les connaissances, les compétences et la confiance des apprenants. Cependant, comme ces programmes ne sont pas de nature longitudinale, les instructeurs n’étaient pas en mesure de confirmer les effets sur le comportement.

Perceptions des instructeurs en ce qui a trait aux répercussions des programmes La Zone et Finances personnelles : notions de base

Figure 1: Perceptions des instructeurs en ce qui a trait aux répercussions des programmes La Zone et Finances personnelles : notions de base
Version textuelle de Perceptions des instructeurs en ce qui a trait aux répercussions des programmes La Zone et Finances personnelles : notions de base
Perceptions des instructeurs en ce qui a trait aux répercussions des programmes La Zone et Finances personnelles : notions de base
Perceptions des instructeurs en ce qui a trait aux répercussions des programmes sur les étudiants Pourcentage des répondants : La Zone Pourcentage des répondants : Finances personnelles  ̶ Notions de base
Améliorent les connaissances de base en ce qui concerne les produits et services financiers 75 72
Renforcent les compétences en gestion des finances 73 67
Renforcent la confiance à l’égard de la compréhension des questions financières 66 66
Facilitent la compréhension des comportements financiers 63 69
Favorisent la prise de meilleures décisions financières 58 63
Contribuent à changer les comportements 45 69

Source : Sondage auprès des enseignants ayant utilisé le programme La Zone (n=67) et des facilitateurs du programme Finances personnelles : notions de base (n=131), 2019

Du point de vue des participants :

Les projets pilotes mettant à l’essai les applications Petit changement et Carotte Points santé, qui tiraient parti des connaissances comportementales et de la technologie numérique pour susciter des changements comportementaux durables en matière d'épargne et de budget, ont donné des résultats prometteurs à ce chapitre.

Soutenir la formation en littératie financière de manière innovante

Lorsque les utilisateurs de l’application Petit changement adoptent des comportements positifs, des dons sont versés à des programmes d'éducation financière dispensés par des organisations à but non lucratif dans la collectivité. Le financement d’un commanditaire a permis à près de 1 100 résidents d'Ottawa de bénéficier d'une formation et d'un soutien en ce qui a trait à la production de déclarations de revenus et à la littératie financière, ce qui s'est traduit par près de 4 millions de dollars en avantages fiscaux.

Les intervenants et les partenaires ont convenu que les applications mobiles étaient utiles pour renforcer la littératie financière, et plus particulièrement pour atteindre efficacement les jeunes générations (par exemple, la génération Y). Quelques répondants ont souligné que l'ACFC joue un rôle important en mettant à l'essai des approches innovantes en matière d'éducation financière, citant notamment l'application Carotte Point santé comme exemple d'intervention en temps réel, efficace, accessible et en langage simple visant à aider les gens à prendre des décisions au quotidien. Malheureusement, même si les applications mobiles Carotte Points santé et Petit changement ont été jugées efficaces et ont donné des résultats positifs mesurables, il était difficile de les maintenir en place, car leur viabilité dépendait d'un financement externe.

2.2.2 Plan national de recherche

Conclusion principale : 

Le Plan national de recherche a permis d'accroître la quantité de données probantes sur l'éducation financière au Canada, ce qui a favorisé une meilleure compréhension de l'efficacité des interventions et des tendances nationales en matière de littératie financière. Bien que le Plan favorise l’échange de connaissances, certains aimeraient que le lien entre la recherche et la pratique soit renforcé.

Divers projets de recherche ont été menés dans le cadre du Plan national de recherche, qui vise à réaliser les objectifs de la Stratégie nationale et qui prévoit des contributions internationales.

Le Plan national de recherche sur la littératie financière a été lancé en novembre 2016 lors du Symposium national de recherche sur la littératie financière qui a rassemblé 79 personnes du milieu universitaire dans le but de diffuser des résultats de recherche, discuter des tendances, et fournir des preuves en ce qui a trait à la création de nouvelles connaissances liées à la littératie financière à l'échelle nationale et internationale. Le Plan national de recherche, qui se veut un document évolutif, vise à guider les chercheurs dans le domaine de la littératie financière en décrivant les principales possibilités en matière de recherche et en désignant les domaines d'intérêt importants pour la recherche. Le Plan est explicitement lié à la Stratégie nationale pour la littératie financière et vise à appuyer sa réalisation, et il est prévu que ses activités soient examinées périodiquement afin de veiller à ce qu'elles cadrent avec la Stratégie nationale de même qu’avec les lacunes et possibilités en matière de recherche. Le Plan national de recherche se concentre sur quatre domaines clés : l'établissement d'un budget, la réduction de l'endettement des ménages, l'accroissement de l'épargne et la complexité de l'industrie des services financiers (aider les consommateurs à être mieux informés, plus confiants et plus habiles dans le choix de produits financiers). L'élaboration et la mise en œuvre du Plan sont guidées par un Comité national de recherche.Note de bas de page 11  Dans le cadre de l'examen du Programme de littératie financière, l'ACFC et les membres du Comité de recherche étudient des options pour la mise à jour du Plan.

Selon des données tirées de la documentation et des entrevues, les efforts déployés dans le cadre du Plan national de recherche ont permis d'accroître la quantité de données probantes en matière de littératie financière au Canada, et les efforts de recherche en cours sont considérés comme ayant apporté une plus grande cohésion à un domaine fragmenté et multidisciplinaire.

Un certain nombre d'études ont été menées en collaboration avec différents commanditaires dans le cadre du Plan national de recherche. Les réalisations à ce chapitre comprennent les suivantes :

À l'échelle internationale, le Programme de littératie financière et les chercheurs participants font des contributions sur de nombreux fronts. L'ACFC a représenté le Canada au sein du conseil consultatif et du comité technique du RIEF, et a coprésidé le groupe de travail qui a élaboré les cadres sur les compétences de base en littératie financière pour les jeunes, les adultes, ainsi que les micros, petites et moyennes entreprises. De plus, l'ACFC a appuyé la réalisation de deux grandes enquêtes mondiales sur la littératie financière (enquête du RIEF de l’OCDE sur l'évaluation de la littératie financière et l'inclusion financière, et l'Évaluation de la littératie financière réalisée dans le cadre du PISA), ce qui a accru le volume de connaissances sur la littératie financière à l'échelle mondiale. Les chercheurs de l'ACFC ont présenté leurs résultats lors de conférences internationales (par exemple, des activités et du matériel pour le milieu de travail ont été présentés lors de la conférence internationale de l'OCDE sur l'éducation financière qui a eu lieu en 2019 en Afrique du Sud). D’autres pays auraient manifesté beaucoup d’intérêt à l’égard de ces résultats.

Les connaissances tirées de la recherche en littératie financière sont mises à profit de différentes façons.

En plus de planifier et de coordonner la recherche en matière de littératie financière, le Plan national de recherche décrit le rôle de l'ACFC en tant que carrefour de partage de la recherche, d'amélioration du transfert des connaissances et de diffusion des résultats de recherche. Diverses méthodes et stratégies ont été déterminées pour remplir ce rôle (contributions à la Base de données canadienne sur la littératie financière, publications de chercheurs dans la littérature grise ou conférences et publications évaluées par des pairs). En ce qui a trait au partage des connaissances, des publications ont été consignées dans la Base de données (80 entrées) et deux symposiums de recherche ont été tenus en 2016 et en 2018. Le plus récent symposium a attiré plus de 260 participants, dont des chercheurs et des professionnels du Canada et de l’étranger. Selon l’évaluation de cet événement par l’ACFC, 90 % des participants sondés l’ont évalué comme excellent ou très bon, 89 % ont déclaré que les connaissances et les renseignements obtenus dans le cadre de ce symposium sont utiles et applicables à leur travail, et presque tous (95 %) étaient d’accord pour dire que des avancées étaient en train d’être réalisées au chapitre de la recherche en matière de littératie financière.

Selon les informateurs clés qui ont formulé des commentaires sur le symposium de recherche, cet événement est largement considéré comme étant utile pour communiquer différents résultats de recherche et comme une bonne occasion de créer des réseaux et d'établir des partenariats. Un certain nombre d'informateurs clés ont décrit l’incidence des données probantes diffusées par l'ACFC sur leur propre travail, que ce soit dans le cadre de l’élaboration d'une stratégie de littératie financière dans leur administration, de la modification de leurs programmes, de la compilation de données probantes pour les demandes de financement, ou de leur contribution à la professionnalisation du domaine de l'éducation en matière de littératie financière. Des informateurs clés ont mentionné des conclusions importantes de la recherche à l’égard des liens entre le bien-être financier et la santé, des facteurs psychologiques et sociaux influençant la prise de décisions financières et du rôle de la confiance. Plusieurs intervenants ont félicité l'ACFC pour l’importance qu’elle accorde à l'économie comportementale à titre de domaine de recherche prometteur et en ce qui concerne l'utilité des analyses comparatives nationales incluant des comparateurs internationaux. Quelques intervenants ont l’impression que le travail de l’ACFC à titre de coordonnateur de la recherche et ses investissements dans la recherche ont fait en sorte que le milieu universitaire s’intéresse davantage à la littératie financière et soit plus actif dans ce domaine.

Les données tirées des entrevues et de l'étude de cas ont révélé que les recommandations des intervenants sur les efforts déployés par l'ACFC au chapitre de la recherche ont souvent favorisé le renforcement du lien entre la recherche et la pratique, ce qui s’est traduit par des recherches axées sur l’action cernant des solutions et des mécanismes tangibles pour transférer les connaissances acquises aux publics appropriés. De plus, quelques informateurs clés ont encouragé l’ACFC à soutenir d’autres recherches sur des questions prioritaires, comme les principaux facteurs ayant une incidence sur l’endettement des ménages et la planification budgétaire efficace.

2.2.3 Mobilisation des intervenants

Conclusion principale : 

Les intervenants de l’ACFC proviennent d’un vaste éventail de secteurs et sont situés aux quatre coins du pays. Dans l’ensemble, les intervenants sont satisfaits de leur participation, et appuient activement la Stratégie nationale. Les intervenants soutiennent fortement la Base de données canadienne sur la littératie financière, mais ils croient que des améliorations devraient y être apportées.

Des intervenants de multiples secteurs et régions ont participé à toutes les composantes du Programme de littératie financière. L’Ontario est un important contributeur. 

Les intervenants ont participé à différents titres à toutes les composantes du Programme de littératie financière. Ils comprennent les membres des comités et des groupes de travail du Programme de littératie financière, de même que les gens du milieu de la littératie financière dans son ensemble comme les membres des réseaux régionaux de littératie financière, les décideurs, les fournisseurs de programmes, les chercheurs et les défenseurs. Ils représentent un vaste éventail de secteurs (associations professionnelles, gouvernement, secteur privé, groupes communautaires, institutions financières, établissements d’enseignement, collaborations entre les intervenants des secteurs public, privé et sans but lucratif, etc.). Cette grande variété d’intervenants permet à l’ACFC de tenir compte d’une myriade de points de vue et de défis sectoriels et géographiques lorsqu’elle conçoit ses outils et ses programmes, et accroît considérablement la portée du Programme de littératie financière.

L'ACFC supervise de nombreuses initiatives et soutient de nombreux comités et groupes de travail afin de mobiliser les intervenants et de maximiser leur impact, y compris : 

  • les réseaux régionaux de littératie financière;
  • le Comité directeur national sur la littératie financière;
  • le Comité interministériel du gouvernement du Canada sur la littératie financière; 
  • le Groupe de travail sur la littératie financière en milieu de travail; 
  • le Groupe de travail sur la littératie financière pour les Autochtones;  
  • la Conférence nationale sur la littératie financière;
  • le Symposium national de recherche sur la littératie financière;
  • le Mois de la littératie financière;
  • la Base de données canadienne sur la littératie financière;
  • le Bulletin sur la littératie financière.

Les résultats de la Recherche sur la collaboration avec les intervenants 2017 révèlent que trois intervenants sur dix proviennent du secteur communautaire/sans but lucratif (28 %), la moitié des intervenants (53 %) représentent des organisations ayant une portée nationale, et une grande partie des intervenants sont situés en Ontario (53 %). La surreprésentation de l’Ontario est attribuable en partie aux partenariats de l’ACFC avec des représentants du gouvernement fédéral situés à Ottawa et à ses partenariats avec des institutions financières et des associations professionnelles, dont le siège social se trouve souvent à Toronto. À l’échelle nationale, l’ACFC collabore avec 18 réseaux régionaux de littératie financière établis dans des régions comme la Colombie-Britannique, l’Alberta, le Yukon, la Saskatchewan, le Manitoba, l’Ontario, le Québec, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, et Terre-Neuve-et-Labrador.

Les intervenants sont satisfaits de leur collaboration avec l’ACFC. 

Dans l’ensemble, les intervenants sont satisfaits de leur collaboration avec l’ACFC et de leur participation au Programme de littératie financière. Le rapport Recherche sur la collaboration avec les intervenants 2017 révèle que près de 70 % des intervenants estimaient que les efforts de collaboration et de coordination de l’ACFC étaient dans l’ensemble excellents (29 %) ou bons (40 %). Moins d’un intervenant sur dix (9 %) jugeait que le l’ACFC avait un faible rendement à ce chapitre. Les intervenants ont également déclaré que l’ACFC réussissait à rassembler les intervenants efficacement dans le cadre de ses activités et comités de littératie financière. Presque tous les intervenants (87 %) étaient d’accord pour dire que l’ACFC est un collaborateur de confiance, et 70 % des intervenants estimaient que l’ACFC est une organisation axée sur les intervenants. 

Les intervenants du Programme de littératie financière de l’ACFC sont engagés.

L'examen de la documentation a permis de constater que les intervenants sont fermement déterminés à contribuer à la mise en œuvre de la Stratégie nationale, ce qui est démontré par l’important volume d’initiatives soutenues par ceux-ci et le vaste public rejoint. Par exemple, selon un rapport d’étape national pour la période de 2015 à 2019, la première et la deuxième mouture du Comité directeur ont entrepris au total 239 initiatives mettant à contribution 23 organisations représentant les personnes handicapées, les femmes, les nouveaux arrivants, les entrepreneurs, les personnes à faible revenu, les aînés, les jeunes, les Autochtones et le grand public. Ces initiatives ont généré environ 621 000 visites Web et environ 269 000 impressions traditionnelles et sur les médias sociaux, et ont donné lieu à la distribution d’environ 261 000 publications. Au total, plus de 1,5 million de Canadiens ont été rejoints par des activités de littératie financière soutenues par les intervenants.

Le Comité interministériel du gouvernement du Canada sur la littératie financière a contribué à la mise en œuvre de la Stratégie nationale en accomplissant des activités comme la distribution de contenu sur la gestion de l’argent et l’organisation d’événements pour les Canadiens. Par exemple, l’ACFC a travaillé en collaboration avec le Programme communautaire des bénévoles en matière d’impôt de l’Agence du revenu du Canada (ARC) à l’élaboration d’une brochure visant à fournir aux consommateurs qui ont recours à des comptoirs d’impôt des renseignements sur la gestion de leur argent. Depuis janvier 2018, plus de 15 000 brochures ont été distribuées par l’ARC. Au total, depuis 2015, 27 institutions fédérales ont collaboré à l’avancement de la littératie financière et 52 initiatives distinctes ont été entreprises par des institutions fédérales.

La Base de données canadienne sur la littératie financière jouit d’un appui solide de la part des intervenants, mais ceux-ci suggèrent que des améliorations y soient apportées.

La Base de données canadienne sur la littératie financière se veut un guichet unique où les Canadiens peuvent trouver facilement et rapidement des ressources et des événements sur la littératie financière. La participation des intervenants à celle-ci est clairement démontrée par son évolution constante. Depuis sa création, plus de 1 700 ressources y ont été ajoutées par plus de 250 organisations. De plus, plusieurs centaines d’événements et d’activités par an y ont été publiées pour chacun des trois derniers exercices financiers. Selon des données probantes recueillies dans le cadre de l’étude de cas, le nombre de ressources et d’outils destinés à certaines populations vulnérables est faible, ce qui devrait être pris en considération au moment de planifier l’élaboration de nouvelles ressources.

Le rapport Recherche sur la collaboration avec les intervenants 2017 révèle que seulement 52 % des intervenants sondés étaient d'accord ou tout à fait d'accord pour dire que la Base de données canadienne sur la littératie financière avait permis aux intervenants de rejoindre de nouveaux utilisateurs potentiels pour leurs ressources. De même, seulement la moitié (52 %) des intervenants étaient d’accord ou tout à fait d’accord pour dire que les principaux objectifs relatifs à la coordination de la Base de données canadienne sur la littératie financière, à savoir faciliter sa mise à jour, éliminer les doublons et trouver d’éventuels collaborateurs, avaient été atteints. Qui plus est, des entrevues qualitatives menées dans le cadre de la Recherche sur la collaboration avec les intervenants 2017 révèlent que les intervenants estimaient que même si la convivialité de la Base de données s’est améliorée au fil des ans, il pouvait encore être difficile de naviguer dans celle-ci en raison du grand volume d’informations qui y sont présentées. Dans le cadre des entrevues, des personnes ont fait écho à ce point de vue en indiquant que la Base de données est une source de matériel fiable et impartiale, mais n’est pas assez mise en lumière et ne comporte pas assez de fonctionnalités. Les personnes interrogées et les intervenants ont suggéré des améliorations pour accroître la lisibilité et la navigabilité de la Base de données – en organisant son contenu, en y ajoutant de nouveaux outils et webinaires, en tirant parti de la technologie pour en accroître l'accessibilité, et en augmentant et améliorant la promotion de celle-ci – ce qui pourrait en accroître l’audience et l'utilisation. En 2016, l'ACFC a confié à une entreprise le mandat de réaliser une recherche pour cerner les problèmes de convivialité de plusieurs de ses outils, dont la Base de données canadienne sur la littératie financière, et d’élaborer des plans d’action. Un certain nombre de recommandations à court terme ont été évaluées et mises en œuvre. De plus, une analyse de faisabilité a été réalisée pour les recommandations à moyen et à long terme.  

2.2.4 Promotion et sensibilisation

Conclusion principale :

Les intervenants et partenaires externes estiment que l'ACFC a généralement fait du bon travail au chapitre de l’amélioration de la littératie financière au moyen de la promotion et de la sensibilisation. Le MLF est considéré comme une réussite. Certains intervenants recommandent qu'une plus grande attention soit accordée au marketing social afin de mieux faire connaître la littératie financière aux Canadiens.

Les efforts déployés dans le cadre du Programme de littératie financière contribuent à mieux faire connaître la littératie financière.

Les informateurs clés ont indiqué que l’ACFC a généralement fait du bon travail au chapitre de l’amélioration de la visibilité de la littératie financière au Canada. Notamment, ils soulignent que la collaboration avec les intervenants et les partenaires est le principal facteur qui accroît la visibilité. De plus, les intervenants et les partenaires ont une opinion positive des diverses stratégies employées par l'ACFC pour mieux faire connaître la littératie financière au pays et ils ont cité le MLF comme un exemple de campagne réussie dont la portée continue à croître. Parmi les autres activités dignes d'intérêt, citons les conférences nationales, les communications dans les médias traditionnels et, de plus en plus, dans les médias sociaux, ainsi que les activités réalisées par la chef du développement de la littératie financière, notamment prononcer des discours, participer à des événements ou en être l’hôte, et sensibiliser les médias.

Les preuves documentaires révèlent que l'ACFC rejoint de plus en plus de Canadiens et d'intervenants par le biais des médias traditionnels et sociaux. Entre avril 2014 et 2018, le Comité directeur national sur la littératie financière a déclaré avoir rejoint environ 25 011 000 Canadiens au total. Par exemple, en 2018, le MLF a fait l’objet de 337 mentions dans les médias, ce qui s’est traduit par un total d’environ 55 millions d’impressions dans les médias. Beaucoup d’utilisateurs de Facebook ont vu les publications de l’ACFC sur le MLF en 2018, ce qui s’est soldé par un total de plus de 726 000 impressions de la page Facebook de l’ACFC (une augmentation d’environ 125 % par rapport à 2017). De plus, en 2018, le compte Twitter de l’ACFC a fait l’objet de plus de 414 000 impressions, un nombre moins élevé qu’en 2017.

Le Mois de la littératie financière est un important facteur de succès.

Les preuves documentaires révèlent également que le MLF est un moyen très efficace pour mobiliser les intervenants et sensibiliser les Canadiens aux avantages d'améliorer leur littératie financière. Dans le cadre de la Recherche sur la collaboration avec les intervenants 2017, plus de 70 % des intervenants ayant participé au MLF convenaient que celui-ci permettait de faciliter l’échange de renseignements et d’accroître la sensibilisation à l’égard de la littératie financière.

En 2018, dans le cadre du MLF :

Bien que le nombre d'organisations participantes et le nombre d'événements tenus pendant le MLF varient d'une année à l'autre, ils tendent généralement à augmenter. Il convient de noter que l'ACFC a apporté de nombreux ajustements à sa stratégie relative au MLF à la suite de sondages réalisés auprès des intervenants après le MLF afin de veiller à ce que celui-ci demeure pertinent et de l’améliorer continuellement. Ces ajustements comprennent les suivants : fournir aux intervenants des communications plus hâtives et des rappels, créer des ressources ciblées comme des guides pour les médias sociaux, et mettre à jour régulièrement le matériel promotionnel (p. ex. affiches, bannières, infographies, vidéos YouTube et images numériques). De plus, au cours des dernières années, l’utilisation des médias sociaux pour promouvoir le MLF a augmenté et ceux-ci en sont devenus le principal mode de promotion. En 2017 et 2018, le MLF a été largement publicisé au moyen des comptes Facebook et Twitter de l’ACFC, et en 2018, un compte Instagram a été créé et utilisé pendant le MLF pour mieux rejoindre les jeunes.   

D’après l’étude de cas sur le MLF, celui-ci est vu à la fois comme une campagne de sensibilisation à la littératie financière et comme une campagne de marketing social visant à influencer les comportements financiers des Canadiens. Certaines personnes interrogées ont noté que le MLF est un important catalyseur de changement comportemental : les Canadiens participant aux événements du MLF sont susceptibles d’acquérir de nouvelles connaissances et compétences en matière de littératie financière et d’accroître leur confiance en matière financière, ce qui peut les amener à adopter de meilleurs comportements financiers par la suite.

Il convient de noter qu’une analyse plus exploitable et chiffrée du rendement, des réalisations et des résultats du MLF au fil des ans aurait pu être effectuée si les données avaient été recueillies et consignées de manière plus systématique.

Les informateurs clés ont noté qu'il faut en faire beaucoup plus pour sensibiliser les Canadiens, qui sont réputés avoir une connaissance limitée des concepts et des produits financiers. L’idée d'une campagne médiatique nationale à grande échelle visant à accroître la visibilité de la littératie financière jouit d’un certain appui. Des médias autres qu'Internet, notamment la radio et la télévision, ont été proposés pour atteindre un plus vaste public, bien que ces tactiques soient très coûteuses. ;

2.2.5 Renforcement de la littératie financière des Canadiens

Conclusion principale :

Selon des données démographiques sur la littératie financière, le Canada se compare avantageusement aux autres pays dans ce domaine. Les résultats de l'Enquête canadienne sur les capacités financières de 2019, comparativement aux résultats de cette enquête en 2009 et en 2014, indiquent que la littératie financière des Canadiens s'améliore à certains égards.

Le Canada se compare avantageusement aux autres pays développés pour ce qui est des mesures clés de la capacité financière. Par exemple, le Canada s'est classé en deuxième position ex aequo avec un autre pays dans un rapport sur la littératie financière des adultes dans les pays du G20 publié en juillet 2017. De plus, pour ce qui est de la littératie financière des jeunes (15 ans), le Canada s'est classé en deuxième position à égalité avec la Belgique, derrière la Chine (quatre provinces chinoises), sur 15 pays et économies de l'OCDE, dans le cadre du volet de la littératie financière du PISA de l'OCDE.

Afin d'examiner la littératie financière des Canadiens à l'échelle de la population et les tendances à ce chapitre au fil du temps, l'ACFC a commandé l'Enquête canadienne sur les capacités financières (ECCF) en 2009, en 2014 et de nouveau en 2019. Cette enquête permet de recueillir des informations sur les connaissances, les capacités et les comportements des adultes canadiens en matière de prise de décisions financières. 

Bien que les résultats de l’ECCF de 2009 et 2014 ne montrent pas beaucoup de progrès au chapitre de la littératie financière des Canadiens, les résultats de 2019 indiquent un certain changement positif. En 2014, seuls 37 % des Canadiens savaient combien d'argent il leur faudrait pour avoir le niveau de vie souhaité à la retraite, mais en 2019, près de la moitié (47 %) déclaraient comprendre quelles sont les ressources dont ils auront besoin pour maintenir leur niveau de vie à la retraite. Près de 7 Canadiens sur 10 qui ne sont pas encore retraités (69 %) se préparent financièrement à la retraite, comparativement à un pourcentage de 66 % en 2014, ce qui représente une légère hausse. Bien que le nombre de Canadiens qui font un budget a diminué de 51 % en 2009 à 46 % en 2014, il est remonté légèrement à 49 % en 2019.

Même si, dans l'ensemble, les résultats de l'ECCF montrent que de nombreux Canadiens s’efforcent d’améliorer leur littératie financière et leur bien-être financier, on observe de nouveaux signes de stress financier touchant une partie de la population. Par exemple, près d'un tiers des Canadiens (31 %) estiment être trop endettés, et un nombre croissant d'entre eux (8 % env2019 contre 2 % en 2014) éprouvent des difficultés à effectuer leurs paiements de factures et de loyer/hypothèque et autres paiements à temps. Fait significatif, les résultats de l'ECCF indiquent que près de la moitié des Canadiens (44 %) se sont éduqués financièrement d’une quelconque façon afin de renforcer leurs connaissances financières au cours des cinq dernières années, notamment en lisant un livre ou d'autres documents imprimés (22 %), en consultant des ressources en ligne (16 %), en suivant des cours financiers au travail (9 %), ou en suivant d'autres cours en classe dans une école (7 %) ou par l'intermédiaire d'un organisme à but non lucratif ou communautaire (5 %).

2.3 Efficience

2.3.1 Avantages d’une Stratégie nationale

Conclusion principale : 

L'évaluation confirme que la Stratégie nationale, qui constitue une pratique exemplaire à l'échelle internationale, a été utile et que les intervenants continuent de la soutenir fortement. Parmi les avantages générés par celle-ci, citons une plus grande attention portée à la littératie financière, une augmentation des activités menées à l'appui de la réalisation d’objectifs clés, et des gains importants relatifs à la coordination et aux partenariats. Il y a un intérêt à l'égard de la poursuite des efforts dans le cadre d'une stratégie renouvelée.

Le Canada suit la pratique exemplaire internationale consistant à élaborer une stratégie nationale en matière de littératie financière. 

Les stratégies nationales en matière de littératie financière ont été reconnues par des organismes internationaux comme moteurs de la santé financière d'un pays. En 2002, les gouvernements membres de l'OCDE ont officiellement reconnu l'importance de la littératie financière, ce qui a cristallisé le mouvement international en matière de littératie financière. En 2012, avec d'autres pays du G20, le Canada a adopté les principes généraux établis par le RIEF de l’OCDE pour les stratégies nationales en matière d'éducation financière. En 2008, le Canada est devenu membre du RIEF de l'OCDE, dont les membres se réunissent deux fois par an pour échanger sur les expériences des pays et des membres, discuter des priorités stratégiques et mettre au point des réponses stratégiques. Plus de 50 pays dont l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Grande-Bretagne et les États-Unis ont mis en œuvre des stratégies nationales de littératie financière, ce qui est reconnu comme une pratique exemplaire internationale. Le Canada est considéré comme un chef de file mondial au sein de ce forum.

Les intervenants conviennent que la Stratégie nationale pour la littératie financière au Canada a été avantageuse.

L'un des principaux avantages de la Stratégie nationale a été le rassemblement de différents acteurs sous une même bannière unificatrice œuvrant à l'amélioration de la littératie financière au Canada. Le personnel interne et les intervenants externes s'entendent pour dire que la Stratégie nationale pour la littératie financière (le document, les comités et les événements qui y sont associés, etc.) a été utile. Les avantages les plus souvent mentionnés sont les suivants :

La Stratégie nationale a permis d’attirer l'attention sur les lacunes et les besoins non comblés.

La Stratégie nationale a également permis de déterminer des publics qu’il convient de sensibiliser de manière ciblée. Par exemple, en janvier 2018, une table ronde a été menée avec des experts autochtones en littératie financière pour aider l'ACFC et les membres du Comité directeur national à mieux comprendre les besoins des peuples autochtones en matière de littératie financière. La table ronde a débouché sur un accord visant la création d’un nouveau Groupe de travail sur la littératie financière pour les Autochtones afin d'aider l'ACFC et le Comité directeur national à définir des approches pour offrir des programmes de littératie financière aux Autochtones. Prospérité Canada et l'Association des agents financiers autochtones du Canada (AAFA) Canada ont travaillé ensemble en 2018 pour élaborer un cadre de bien-être financier autochtone fondé sur des données probantes et soutenir la recherche sur les pratiques prometteuses au chapitre de l’amélioration du bien-être financier des communautés autochtones. L'ACFC, l'Initiative de la famille Martin et le Seven Generations Education Institute ont collaboré à l'élaboration d'un nouveau programme éducatif en classe pour les adultes autochtones après que la table ronde eut constaté une lacune pour ce public.

Les intervenants ont généralement l’impression qu'il reste beaucoup de travail à faire, et une stratégie renouvelée en matière de littératie financière est souhaitée. Quelques-uns notent que la Stratégie nationale a une visibilité limitée auprès des Canadiens, et que la mise en œuvre de celle-ci a été freinée par un manque de ressources. Au Canada et ailleurs dans le monde, certains membres du milieu de la littératie financière ont remis en question l'utilisation du terme « littératie financière », préférant d'autres termes tels que « capacité financière » ou « bien-être financier » (qui sont également utilisés dans d'autres stratégies nationales).   

2.3.2 Domaines d’intérêt et interventions

Conclusion principale : 

Il existe un consensus sur le fait que les domaines d’intérêt et les types d'interventions prévus dans la Stratégie nationale et le Programme de littératie financière étaient appropriés et directement liés aux résultats souhaités. Un certain nombre de nouvelles priorités potentielles ont été cernées, et il a été déterminé que l'ACFC devrait chercher à maximiser son impact en s'assurant que ses ressources et programmes éducatifs ne font pas double emploi avec les efforts et les offres d'autres organisations.

Les domaines d’intérêt de la Stratégie nationale sont largement approuvés.

Les domaines d’intérêt de la Stratégie nationale qui ont orienté le Programme de littératie financière ont été déterminés grâce à de vastes consultations nationales tout en tenant compte des résultats d’une recherche sur les pratiques exemplaires internationales menée par le Groupe de travail sur la littératie financière en 2009.

Les intervenants et les partenaires ont très majoritairement indiqué que les domaines d’intérêt, qui ont été reconnus comme attirant l’attention sur des besoins fondamentaux cernés dans le cadre d'une recherche approfondie, étaient appropriés. Certains recommandent qu’à l’avenir, les domaines d’intérêt continuent à être sélectionnés à la lumière des données probantes et à être fondés sur les besoins des Canadiens en matière de littératie financière. Les informateurs clés ont suggéré plusieurs domaines d’intérêt à envisager, tels que :

Certains informateurs clés ont indiqué qu’à l’avenir, il y aurait lieu de mettre l’accent sur les publics cibles, notamment les personnes âgées, les étudiants et les populations vulnérables. Il convient de noter que ces groupes cibles sont souvent abordés dans les stratégies de littératie financière d'autres pays.

Les interventions ciblées par le Programme de littératie financière ont également été largement approuvées. Celles-ci ont été similairement déterminées dans le cadre d’une analyse comparative comme étant semblables aux interventions réalisées par d’autres pays au titre de leur stratégie en matière de littératie financière. Les suggestions des intervenants quant aux interventions que le Programme de littératie financière pourrait cibler à l'avenir comprennent les suivantes :

Des preuves documentaires indiquent que de nombreux intervenants pensent que des ressources et des efforts supplémentaires pourraient être déployés afin de mieux tirer parti des technologies d’aujourd’hui pour rejoindre les Canadiens. Par exemple, les intervenants qui ont participé à la Recherche sur la collaboration des intervenants 2017 ont indiqué que de nouveaux outils comme des webinaires, des portails Web et des communautés en ligne permettraient de renforcer et d'améliorer la collaboration et la coordination des travaux de l'ACFC en matière de littératie financière.

2.3.3 Évaluation du rendement et des répercussions

Conclusion principale : 

Il existe des preuves tangibles de l’importance accordée au suivi et à l’évaluation de l’incidence globale de la Stratégie nationale, ainsi que des résultats de ressources et programmes éducatifs particuliers. Un outil d’évaluation des résultats a été conçu pour être utilisé à large échelle par les partenaires communautaires, mais n’a pas été promu ou utilisé de manière soutenue, en raison de problèmes liés à la capacité de cet outil et de sa complexité.

L’ACFC a investi dans l’évaluation des répercussions de ses activités et dans sa participation à des efforts plus vastes visant à améliorer les retombées des programmes de littératie financière. 

Les preuves documentaires indiquent que, comme d'autres entités ailleurs dans le monde, l'ACFC s'est engagée à surveiller les activités se rapportant à la Stratégie nationale et à trouver des moyens de mesurer les répercussions générales de celle-ci. L'ACFC a recueilli des données de surveillance sur :

L'ACFC s'est empressée de sonder régulièrement ses intervenants sur leur satisfaction à l'égard des ressources, des événements et de leur participation. De plus, l'ACFC a commandé des études pilotes pour mettre à l'essai ses ressources financières et a perfectionné ses méthodes d'évaluation afin de déterminer les retombées. Elle a également mis à l'essai de nouvelles initiatives, telles que des applications mobiles de littératie financière. L’Agence a également commandé des études pour évaluer le rendement et/ou l'incidence d'autres éléments de sa stratégie, notamment son approche de marketing, la facilité d'utilisation de la Base de données canadienne sur la littératie financière et les répercussions de ses programmes d'éducation financière. L'ACFC a utilisé une approche fondée sur les résultats pour déterminer les répercussions de certaines ressources et de certains contenus éducatifs et projets pilotes en matière de littératie financière en menant des évaluations préalables et postérieures. Au moyen de cette approche fondée sur des données probantes, l’ACFC s'efforce de mesurer les retombées en recueillant des preuves quantifiables de l'évolution des connaissances, des attitudes, de la confiance et, si possible, des comportements financiers des participants.

Les efforts visant à aider les organisations communautaires à évaluer les programmes de littératie financière ont été utiles, mais ils ont été freinés par la complexité de l'Outil d’évaluation des résultats des programmes de littératie financière.

L’Association des banquiers canadiens, l’ACFC et Prospérité Canada ont collaboré pour élaborer l’Outil d’évaluation des résultats des programmes de littératie financière, un outil gratuit destiné aux organisations travaillant sur des initiatives de littératie financière.Note de bas de page 12  L’étude de cas indique que cet outil n’a pas obtenu le succès escompté. Selon les intervenants et le personnel, bien qu’il ait été utile de l’élaborer, certains facteurs ont empêché qu’il ne soit utilisé à large échelle. Premièrement, cet outil est généralement considéré comme trop complexe pour être utilisé par la majorité du milieu communautaire, les fournisseurs de service n’ayant souvent pas le soutien professionnel et les capacités nécessaires pour évaluer rigoureusement les programmes. Deuxièmement, une attention continue n’a pas été accordée à celui-ci à la suite de son lancement, par exemple en faisant activement sa promotion auprès des fournisseurs de services de littératie financière ou en mettant à jour son contenu.

2.3.4 Structure de gouvernance et de consultation du Programme

Conclusion principale : 

Dans l’ensemble, la structure de gouvernance et de consultation du Programme de littératie financière de l’ACFC est appropriée et efficace. Les intervenants expriment des opinions positives à l'égard de leur participation aux comités et groupes de travail de la Stratégie nationale, et souhaiteraient être mis à contribution de manière stratégique dans le cadre de futures initiatives.

La structure de gouvernance et de consultation du Programme de littératie financière est considérée comme saine. Elle est vue comme présentant de nombreux avantages pour les membres et la mise en œuvre de la Stratégie nationale.

Les preuves documentaires indiquent que la structure du Programme de littératie financière de l’ACFC est appropriée et efficace. Les principaux indicateurs comprennent les suivants :

Presque tous les intervenants de tous les comités et groupes de travail ont convenu que les structures des comités sont bien gérées : les attentes sont claires, le matériel est diffusé à l'avance, les ordres du jour sont appropriés et les réunions sont bien animées. Les personnes interrogées ont noté que le taux de participation aux réunions est bon et qu'ils ont l'occasion d’intervenir et d’exprimer leurs points de vue lors de celles-ci. Les intervenants ont également noté que les comités ont une composition appropriée et diversifiée (multisectorielle). Les organes de gouvernance et les comités du Programme de littératie financière sont perçus comme contribuant à la réalisation de la Stratégie nationale en :

Ces opinions concordent avec celles exprimées dans le cadre de la Recherche sur la collaboration avec les intervenants 2017. Dans le cadre de celle-ci, les deux tiers (66 %) des membres du Comité interministériel ont déclaré que l’ACFC contribuait à la coordination des activités à l’échelle du gouvernement fédéral, plus des trois quarts (76 %) ont déclaré que leur participation au Comité interministériel leur donnait l’occasion de travailler avec les autres, tandis que seulement la moitié (50 %) ont indiqué que leur participation les aidait à coordonner les initiatives venant à l’appui de la réalisation des objectifs de la Stratégie nationale. La totalité (100 %) des membres du Comité national de recherche a déclaré que le groupe les aidait à mieux coordonner les activités et à réduire la duplication, et les deux tiers (67 %) du Groupe de travail sur la littératie financière en milieu de travail ont déclaré que leur participation leur donnait l’occasion de travailler avec les autres.

Certains ont suggéré de mieux tirer parti de la valeur stratégique du Comité directeur national.

Le mandat de deux ans du Comité directeur national n'a pas été reconduit à la fin de 2018. De nombreux membres à l’époque ont été surpris de la dissolution du comité, des modifications législatives ainsi que de l'abrogation des dispositions relatives au chef du développement de la littératie financière en 2018.

Une minorité d'informateurs clés ont noté que le Comité directeur national, surtout au cours de son second mandat, aurait pu être mis à contribution de manière plus stratégique et aurait pu mieux se concentrer sur les résultats attendus, et moins sur le partage d’informations. Il est reconnu que les comités du Programme de littératie financière devraient évoluer à mesure que les efforts évoluent. De plus, quelques informateurs clés ont noté que l’industrie financière semblait être surreprésentée au sein du Comité directeur national, et que celui-ci semblait compter trop peu de représentants d’organisations communautaires ou de défense et ne pas avoir une représentation géographique équilibrée. En outre, quelques intervenants ont noté que la conciliation du rôle de champion de la littératie financière de l’ACFC avec son rôle d’organisme de réglementation de l’industrie des services financiers peut être difficile dans le contexte du Comité.

2.3.5 Efficience du Programme

Conclusion principale :

Bien que l'efficacité du Programme de littératie financière soit difficile à évaluer quantitativement, des données qualitatives suggèrent que celui-ci est mis en œuvre efficacement, principalement en exploitant les ressources des partenaires. Les intervenants ont noté que le petit budget du Programme limite les répercussions nationales de celui-ci dans une certaine mesure. Le rapport coût-efficacité du Programme pourrait être amélioré en tirant davantage parti des ressources des partenaires.

Le Programme de littératie financière est mis en œuvre de manière efficiente.  

 Le Programme de littératie financière de l'ACFC est financé par une affectation législative annuelle de 5 millions de dollars. Ce financement est complété par une partie des cotisations des institutions financières réglementées. De plus, le Programme utilise les ressources internes de l’organisation, comme celles de marketing et de communications, lorsqu’il a besoin de soutien dans certains domaines. Au cours de la période visée par l’étude, le Programme n’a pas toujours dépensé tous les fonds qui lui étaient alloués. Selon les rapports financiers de l’ACFC, les dépenses relatives à la littératie financière ont varié entre 8 et 9 millions de dollars par année environ (les chiffres pour l’exercice 2018-2019 ne sont pas disponibles).   

Les observations des informateurs clés ont permis de dégager plusieurs facteurs qui ont contribué à faire en sorte que le Programme soit efficient :

Dépenses du Programme de littératie financière :
Exercice Dépenses prévues Dépenses réelles
2014-2015 9,22 M$ 9,12 M$
2015-2016 9,05 M$ 8,19 M$
2016-2017 9,2 M$ 8,23 M$
2017-2018 9,63 M$ 9,62 M$

Source : Rapports annuels de l’ACFC

Les personnes interrogées à l'interne et à l'externe ont indiqué que l'ACFC doit poursuivre ses efforts - en collaboration avec ses partenaires – pour mieux faire connaître les ressources et programmes éducatifs de l’ACFC et des autres organisations et accroître l'accès à ceux-ci, appuyer des solutions permettant d'offrir efficacement des interventions en matière d'éducation financière, mieux exploiter la technologie (p. ex. communautés de pratique en ligne) afin d'accroître les liens entre les intervenants, et mettre l’accent sur l'amélioration des retombées des interventions en matière de changements comportementaux.

Défis relatifs à l’efficience

Certains informateurs clés ont fait remarquer que le petit budget du Programme de littératie financière et le statut de petit organisme de l'ACFC limitent la portée du Programme; par exemple, les ressources financières du Programme seraient insuffisantes pour mettre en œuvre une stratégie de marketing nationale. Quelques informateurs clés ont mentionné que les comités auraient avantage à utiliser une technologie moderne afin d’accroître l'efficacité des réunions (remplacement de la téléconférence par la vidéoconférence). Les personnes interrogées à l'interne ont indiqué que les exigences fédérales (p. ex. le site Canada.ca) constituent un obstacle à l’efficience. La difficulté à naviguer dans les pages Web de l’ACFC après leur migration vers le site Canada.ca a été mentionnée. Par exemple, l'accès au contenu directement à partir d'un moteur de recherche était un meilleur moyen pour certains utilisateurs de trouver des informations pertinentes. Les données internes indiquent que le site Canada.ca génère un trafic considérable vers les ressources et outils éducatifs de l'ACFC.

3.0 Conclusions et recommandations

Voici les conclusions et les recommandations de l'évaluation du Programme de littératie financière de l'ACFC. 

Pertinence

L’évaluation a démontré que le Programme de littératie financière continue à être fortement nécessaire. Les tendances économiques indiquent que les Canadiens ont des niveaux d’endettement historiquement élevés, alors que les emplois sont de plus en plus précaires et que la disponibilité des mesures de soutien comme les régimes de retraite diminue. Parallèlement, le marché des services et produits financiers devient de plus en plus complexe et virtuel, ce qui fait en sorte que les consommateurs doivent de plus en plus acquérir des connaissances et une confiance en soi en matière financière de manière autonome.

Les objectifs du Programme de littératie financière cadrent avec le mandat et les objectifs stratégiques de l'ACFC, ainsi qu'avec les priorités du gouvernement fédéral telles qu’énoncées dans de récentes dispositions législatives et des engagements budgétaires fédéraux. Il y a peu de chevauchements et de duplications entre le Programme de littératie financière et d'autres programmes au niveau PT, bien que la littératie et la réglementation en matière financière soient une responsabilité partagée FPT.

Le Programme met l'accent sur la mobilisation des intervenants ainsi que la recherche et la promotion de la littératie financière dans des domaines où les intervenants estiment qu'il est nécessaire d'intervenir et où le gouvernement fédéral a un rôle approprié à jouer. Les ressources impartiales sur les produits financiers et les calculatrices et outils interactifs ont été bien accueillis, mais le rôle de l'ACFC au chapitre de l'élaboration de contenu de programmes éducatifs (sauf pour ce qui est de l’élaboration d’un contenu adapté à certains publics, comme les peuples autochtones, et de la mise à l’essai de matériel pour différents milieux, comme les milieux de travail) fait moins l’unanimité. Certains intervenants considèrent que d'autres organisations possédant une expertise dans le domaine sont mieux placées pour élaborer des programmes éducatifs et quelques-uns aimeraient que l'ACFC soutienne la réalisation d'interventions (dont les coûts ne sont souvent pas pris en compte) et/ou concentre ses efforts sur la coordination afin de minimiser la duplication dans le cadre de la création de nouveaux outils et ressources.

Efficacité

Le Programme de littératie financière a largement atteint ses objectifs dans les quatre principaux domaines d’intérêt. Au cours de la mise en œuvre de la Stratégie nationale, l'ACFC a élaboré une vaste gamme de programmes, de ressources et d'outils d'éducation financière et a joué un rôle au chapitre de la collecte et de la diffusion de tels contenus grâce à ses efforts de marketing, de communication et de sensibilisation et à la Base de données canadienne sur la littératie financière. La Base de données a permis de cataloguer plus de 1 700 ressources. Cela dit, on pourrait mieux faire connaître la Base de données et améliorer sa navigabilité.

Des ressources et programmes éducatifs ont été mis à l'essai et évalués, ce qui a démontré leur potentiel à améliorer les connaissances, les compétences et la confiance en soi. Cela dit, le Programme de littératie financière ne fait que commencer à déterminer les répercussions de ces interventions sur les comportements, ce qui est plus difficile et important.

Le Plan national de recherche a été bien exécuté avec le soutien d'un comité d'experts reconnus dans le domaine. Bien que certaines recherches et ressources n’aient pas pleinement répondu aux besoins des professionnels du domaine de la littératie financière (p. ex. l’Outil d’évaluation des résultats des programmes de littératie financière), il est reconnu que la recherche a permis d’évaluer des interventions novatrices et de tisser des liens avec des experts en sciences comportementales pour recueillir des connaissances dans ce domaine et les utiliser. La troisième Enquête canadienne sur les capacités financières qui a été réalisée en 2019 est une initiative importante dans le cadre de laquelle les capacités et les ressources du gouvernement fédéral ont été mises à profit.

Les initiatives du Programme de littératie financière visant à accroître la visibilité de la littératie financière sont bien perçues. Le MLF est largement considéré comme une réussite. Bien que certains intervenants estiment que le Programme de littératie financière pourrait en faire davantage pour mieux faire connaître la littératie financière et en rehausser l'importance grâce à une campagne de marketing social plus soutenue et de plus vaste portée, le coût d'une telle campagne serait probablement prohibitif compte tenu des ressources actuellement disponibles.

Enfin, le Programme de littératie financière est fondé sur une vaste mobilisation des intervenants. Tous les volets du Programme – élaboration de programmes et de ressources, recherche, promotion et sensibilisation – sont guidés par cette mobilisation. Le Comité directeur national et le Comité national de recherche orientent les activités relatives à leurs champs d’action respectifs, et les initiatives de promotion et de sensibilisation comme le MLF tirent parti des contributions des intervenants nationaux ainsi que des réseaux régionaux de littératie financière. La Stratégie nationale et le poste de chef du développement de la littératie financière ont renforcé les capacités de l’organisation au chapitre de la mobilisation des intervenants.

En ce qui concerne l'atteinte du résultat à long terme du Programme – l’amélioration de la littératie financière et du bien-être des Canadiens – des données démographiques indiquent que le Canada fait bonne figure à l’échelle internationale pour ce qui est des mesures de la littératie financière. Les résultats de l’ECCS de 2019, comparativement aux résultats de cette enquête en 2009 et 2014, indiquent que la littératie financière des Canadiens s’améliore à plusieurs égards.

Efficience

Les intervenants sont largement satisfaits de leur mobilisation par l'ACFC et des priorités et activités sur lesquelles celle-ci a entrepris de travailler dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie nationale. La Stratégie nationale en tant que telle est jugée utile, et a eu l’avantage de fournir une plateforme pour organiser la mobilisation des intervenants en ce qui a trait à des thèmes et objectifs communs. Compte tenu des niveaux d’endettement élevés des ménages au Canada, certains intervenants aimeraient que l’ACFC s’attaque à ce problème en priorité et de façon directe à l’avenir.

Le Programme de littératie financière a dépensé entre 8 et 9 millions de dollars environ par année. Ces fonds sont issus de l’affectation législative pour le Programme, des cotisations des institutions financières du financement des ressources internes de l’ACFC, comme celles de marketing et de communication, qui sont utilisées pour accomplir certaines tâches. La récente modification du mandat de l’ACFC par le retrait des dispositions législatives sur le poste de chef du développement de la littératie financière n’a pas entraîné une réduction du financement du Programme.

Il a été difficile d'évaluer quantitativement l’efficience du Programme, bien que le personnel et les intervenants externes aient généralement noté que la façon dont le Programme tire parti des partenariats et des collaborations (notamment par l'intermédiaire du Comité directeur national et du Comité national de recherche) a contribué à l'efficacité et à l'efficience générales des efforts déployés dans le cadre du Programme. Parmi les autres facteurs qui ont contribué à l'efficience, on peut citer l’approche ciblée d'évaluation et de collecte de preuves empiriques sur les enseignements tirés qui a été employée dans le but d’améliorer les efforts, et le choix des priorités et des initiatives à la lumière de la consultation et des données probantes.

Recommandations

Les conclusions de l’évaluation nous amènent à recommander les mesures suivantes pour améliorer le Programme de littératie financière pour l’avenir :

Renouveler la Stratégie nationale pour la littératie financière du Canada en ciblant des lacunes, des priorités et des interventions fondées sur les données probantes. 

Il y existe un consensus sur le fait que la Stratégie nationale a eu l’important avantage de stimuler et de coordonner les efforts visant à améliorer la littératie financière au Canada. La Stratégie nationale présente de nombreuses caractéristiques qui sont considérées par l’OCDE comme des principes clés pour les stratégies nationales sur la littératie financière, et l’établissement d’une stratégie nationale est en soi une pratique exemplaire selon l’OCDE.  

Si la Stratégie nationale est renouvelée, il faudrait prêter attention à son image de marque, car on observe une certaine tendance à délaisser le terme « littératie financière » au Canada et ailleurs dans le monde. Les intervenants ont suggéré un certain nombre de lacunes et de priorités à cibler dans le cadre d’une future stratégie, qui sont principalement liées au niveau élevé d'endettement des ménages canadiens, et d’autres domaines d’intérêt tels que l'adaptation des interventions aux populations vulnérables. 

Poursuivre la mobilisation des intervenants nationaux et régionaux et d’autres institutions fédérales afin de maintenir la dynamique, la participation multisectorielle et les synergies. 

Les données de l'évaluation confirment que les efforts de l'ACFC au chapitre de la mobilisation des intervenants ont été très fructueux et ont contribué aux nombreuses réalisations du Programme de littératie financière. Toutefois, la modification du mandat de l'ACFC à la fin de 2018 et la décision de ne pas prolonger ou de renouveler le mandat du Comité directeur national ont laissé planer l’incertitude en ce qui a trait aux prochaines étapes et à l'engagement de l'ACFC à l'égard de l'amélioration de la littératie financière (du moins durant la période de collecte des données à la mi-2019). Certains membres du précédent Comité directeur national ont cerné comme priorité de veiller, lors de tout mandat futur, à ce que la représentation sectorielle et régionale du Comité soit diversifiée et que ses objectifs soient déterminés de manière à tirer parti des forces et des capacités des membres. 

Le Programme de littératie financière s’est efforcé de chercher des occasions de mobiliser d'autres institutions fédérales en vue d’améliorer la littératie financière, une tâche à laquelle il pourrait consacrer plus d’énergie, notamment en s’assurant que la littératie financière puisse être ancrée dans le travail des ministères et organismes du portefeuille des finances du gouvernement fédéral, ainsi qu’en tirait parti des efforts des organisations préoccupées par les groupes vulnérables ou en alliant ses efforts avec ceux de ces organisations.  

Explorer, en se basant sur l’expérience d’autres petits organismes ou organismes administratifs, les occasions de créer un fonds de subventions et de contributions pour financer l’élaboration, la mise à l’essai et la mise à l’échelle d’interventions efficaces en matière de littératie financière dans une optique d’équité. 

L'ACFC a un rôle important et continu à jouer au chapitre de l’offre de renseignements, de calculatrices et d’outils impartiaux visant à éduquer les consommateurs sur les produits financiers. Cependant, l'ACFC est un protagoniste parmi bien d’autres dans le domaine de l’élaboration de ressources et programmes éducatifs en matière de littératie financière. Bien que les intervenants conviennent que l’importance accordée actuellement par l’Agence aux programmes éducatifs ciblant les Autochtones ou pour le milieu de travail soit justifiée, l’ACFC pourrait aussi aider les ONG à créer des ressources en vue de mettre à l’essai et de mettre à l’échelle celles qui sont prometteuses. L’ACFC devrait étudier les pratiques des autres petits ministères et organismes qui ont de l’expérience au chapitre des paiements de transfert afin de déterminer la faisabilité de cette mesure.   

Revoir l’analyse de faisabilité en ce qui concerne l’amélioration de la Base de données canadienne sur la littératie financière en vue de rendre son interface plus conviviale et ses fonctionnalités plus attrayantes et d’accroître sa visibilité auprès de la collectivité des fournisseurs et des éducateurs en matière de littératie financière. 

Au cours des dernières années, il y a eu une prolifération de diverses contributions en matière de littératie financière (renseignements, outils, ressources, etc.) à la Base de données canadienne sur la littératie financière. Le fait que les ressources et programmes éducatifs soient consignés dans la Base de données canadienne sur la littératie financière aide grandement à réduire la duplication. Cependant, les utilisateurs observent que la Base de données n’est pas bien connue, qu’il est difficile d’y naviguer et qu’elle n’est pas bien entretenue. L’ACFC devrait revoir l’analyse de faisabilité dans le but de créer une interface plus conviviale et de tirer parti des pratiques exemplaires des autres carrefours ou répertoires de connaissances fédéraux. 

Veiller à ce que les connaissances générées par les recherches universitaires et les recherches de l’ACFC correspondent davantage aux besoins des professionnels du domaine de la littératie financière. 

Le Plan national de recherche a réussi avec brio à générer un large éventail de recherches et de données sur l'efficacité des programmes éducatifs et des mesures de soutien en matière de littératie financière et à diffuser ces connaissances. Le lien entre les questions de recherche et les résultats de recherche pourrait être renforcé, notamment en faisant participer les professionnels à la formulation des questions de recherche et en se basant sur la recherche pour mettre au point les interventions.  

Continuer à investir dans la sensibilisation à littératie financière et la promotion de celle-ci, particulièrement dans les régions où l’intérêt et la participation ont été plus faibles. 

Les intervenants croient que le travail de promotion et de sensibilisation du Programme de littératie financière a stimulé une conversation nationale à propos de la littératie financière. Jusqu’à maintenant, l’utilisation des ressources, la mobilisation et les réseaux de littératie financière sont concentrés dans certaines régions. Des efforts supplémentaires pourraient être déployés dans les régions où le Programme de littératie financière a eu une empreinte plus faible jusqu’à présent.  

Annexe A : Réponse et plan d'action de la direction

Recommandation 1

Renouveler la Stratégie nationale pour la littératie financière du Canada.

Réponse de la direction : Acceptée

L’Agence s’engage à renouveler la Stratégie nationale pour la littératie financière du Canada afin de veiller à ce que celle-ci demeure pertinente pour les Canadiens, ce qu’elle fera en mobilisant et en consultant le public et les secteurs privés et sans but lucratif en vue de renforcer la littératie financière à l’échelle nationale.

Mesures prévues : Renouveler la Stratégie nationale pour la littératie financière.

Étapes clés et dates cibles :

  1. Déterminer les considérations stratégiques clés (mai 2020).
  2. Procéder à des consultations publiques (août 2020).
  3. Lancer la nouvelle stratégie (novembre 2020).
  4. Utiliser la stratégie générale de communication de l’Agence (mars 2022).

Recommandation 2

Poursuivre la mobilisation des intervenants nationaux et régionaux et des autres institutions gouvernementales.

Réponse de la direction : Acceptée

L’Agence s’engage à maintenir des partenariats efficaces avec les intervenants en mettant au point une stratégie de mobilisation des intervenants afin de collaborer avec ceux-ci et de coordonner les activités de l’Agence avec celles des intervenants.

Mesures prévues :

Étapes clés et dates cibles :

  1. Mesure prévue pour la recommandation no 1 : Renouveler la Stratégie nationale pour la littératie financière.
  2. Établir, renouveler et présider des comités et groupes de travail multisectoriels (à compter de mars 2021).
  3. Chercher et déterminer des façons d’utiliser les modes de service du gouvernement et d’autres modes de service aux fins de la prestation intégrée et de la promotion de l’éducation financière (mars 2021).

Recommandation 3

Explorer les occasions de créer un fonds de subventions et de contributions pour financer l’élaboration, la mise à l’essai et la mise à l’échelle d’interventions.

Réponse de la direction : Partiellement acceptée

L’Agence s’engage à financer l’élaboration, la mise à l’essai et la mise à l’échelle d’interventions. L’Agence explorera et évaluera des mécanismes de financement pour remplir cet engagement.

Mesures prévues : Explorer des options qui ne se limitent pas aux subventions et aux contributions pour financer l’élaboration, la mise à l’essai et la mise à l’échelle de ressources en matière de littératie financière.

Étapes clés et dates cibles :

  1. Déterminer des options (septembre 2020).
  2. Évaluer leur applicabilité (mars 2021).

Recommandation 4

Améliorer la Base de données canadienne sur la littératie financière.

Réponse de la direction : Acceptée

L’Agence s’engage à explorer des options pour améliorer la Base de données canadienne sur la littératie financière en vue de la rendre plus intuitive et conviviale.

Mesures prévues: Examiner comment améliorer la Base de données canadienne sur la littératie financière en tirant parti des pratiques exemplaires et des leçons apprises.

Étapes clés et dates cibles :

  1. Créer une page d’accueil conviviale pour naviguer dans le site et y chercher des informations (novembre 2020).
  2. Explorer des options pour améliorer la Base de données canadienne sur la littératie financière, comme exploiter le nouveau système de gestion de cas de l’Agence (décembre 2022).

Recommandation 5

Veiller à ce que les connaissances générées par les recherches universitaires et les recherches de l’ACFC correspondent davantage aux besoins des professionnels du domaine de la littératie financière.

Réponse de la direction : Aceptée

L’Agence s’engage à adopter une approche exhaustive et intégrée pour ses fonctions de recherche et d’élaboration de politiques qui établira un processus normalisé pour déterminer les recherches à mener et fixer les priorités en la matière.

Mesures prévues : Entreprendre, en collaboration avec les partenaires, l’élaboration d’un plan de recherche intégré fixant des priorités en la matière.

Étapes clés et dates cibles :

  1. Renouveler le Comité de recherche (mars 2021).
  2. Élaborer un plan de recherche intégré (mars 2021).

Recommandation 6

Continuer à investir dans la sensibilisation à la littératie financière et la promotion de celle-ci, plus particulièrement dans les régions où l’intérêt et la participation ont été plus faibles.

Réponse de la direction : Partiellement acceptée

L’Agence s’engage à investir dans la sensibilisation à la littératie financière et la promotion de celle-ci pour tous les Canadiens au moyen d’une approche complète. Elle concentrera ses efforts sur les populations cibles cernées dans la Stratégie nationale renouvelée sans égard à l’emplacement géographique des personnes ciblées.

Mesures prévues : Établir une approche multifonctionnelle en matière de communication, de sensibilisation et de mobilisation.

Étapes clés et dates cibles :

  1. Élaborer une stratégie générale de communication (mars 2021).
  2. Faire rapport sur la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour la littératie financière renouvelée (mars 2022).

Annexe B : Questions d’évaluation

Pertinence

1. Avons-nous encore besoin de programmes de littératie financière au Canada? 

  1. Quelles sont les lacunes et quels sont besoins non comblés qui importent le plus?

2. Dans quelle mesure les objectifs du Programme de littératie financière de l’ACFC cadrent-ils avec le rôle et les priorités du gouvernement fédéral et le mandat de l’ACFC?

3. Quel est le rôle ou le créneau le plus approprié pour le gouvernement fédéral au chapitre de l’amélioration de la littératie financière au Canada?

Efficacité

Résultats immédiats/intermédiaires

4. Dans quelle mesure les Canadiens connaissent-ils les programmes et ressources de littératie financière de l’ACFC et les utilisent-ils? 

  1. Les utilisateurs/participants sont-ils d’avis que les programmes éducatifs et ressources informationnelles de l’ACFC sont faciles à comprendre et utiles?

5. La participation aux programmes éducatifs et l’utilisation des outils éducatifs de l’ACFC renforcent-elles les connaissances, les compétences et la confiance des gens et se traduisent-elles par des changements de comportement chez ceux-ci?

6. Dans quelle mesure la quantité de données probantes en matière de littératie financière a-t-elle augmenté et ces données ont-elles guidé les initiatives de littératie financière menées dans le cadre de la mise en œuvre du Plan national de recherche? 

7. Dans quelle mesure le travail de mobilisation des intervenants accompli par l’ACFC a-t-il renforcé la collaboration et la coordination?

8. Dans quelle mesure le travail de promotion et de sensibilisation a-t-il mieux fait connaître la littératie financière au Canada et a-t-il fait en sorte que son importance soit davantage reconnue, et a-t-il accru la sensibilisation à l’égard des droits et responsabilités des Canadiens en tant que consommateurs de produits et services financiers?

Résultat ultime

9. Dans quelle mesure la littératie financière des Canadiens a-t-elle été renforcée?

10. Quelle a été l’utilité de la Stratégie nationale ou quels avantages ont été obtenus grâce à celle-ci? 

Conception et mise en œuvre  

11. Les domaines d’intérêt qui ont été sélectionnés par le Programme (établir un budget, épargner pour des événements imprévus et choisir des produits et services financiers judicieusement) étaient-ils les plus appropriés pour obtenir les résultats attendus? 

  1. Les volets et les activités du Programme de littératie financière (élaboration de ressources et d’outils, mobilisation des intervenants, recherche, et promotion et sensibilisation) étaient-ils dans l’ensemble les plus appropriés pour intervenir dans ces domaines d’intérêt?

12. Dans quelle mesure l’ACFC utilise-t-elle des stratégies ou des méthodes appropriées pour évaluer les répercussions de ses initiatives directes sur les participants/utilisateurs (p. ex. acquisition de nouvelles connaissances et changements d’attitude et de comportement)?

13. Dans quelle mesure les structures de gouvernance et de collaboration des comités et des réseaux sont-elles appropriées et efficaces pour obtenir les résultats attendus?

Efficience

14. Le Programme de littératie financière a-t-il été mis en œuvre de manière efficiente?

Annexe C : Modèle logique

Modèle logique du Programme de littératie financière

Priorité de l'ACFC

Renforcer les connaissances, les compétences et la confiance des consommateurs de produits et services financiers pour les aider à prendre des décisions financières éclairées. 


Stratégie nationale pour la littératie financière

Renforcer la littératie financière des Canadiens et leur donner les moyens nécessaires pour atteindre les objectifs suivants : 


Résultat ultime

Amélioration des décisions financières des Canadiens et des comportements des consommateurs.

Amélioration du bien-être des Canadiens.


Résultats intermédaires

Amélioration des connaissances, des compétences et de la confiance des Canadiens à l’égard de leurs finances et des droits et responsabilités des consommateurs.

Meilleures initiatives de littératie financières qui sont ciblées et fondées sur des preuves.

Augmentation de la portée du Programme et de l’échange de renseignements pour l’ensemble des initiatives de littératie financière et des intervenants.


Résultats immédiats

Augmentation de la disponibilité et de l’utilisation des ressources et outils de littératie financière et d’éducation des consommateurs, ainsi que de l’accès à ceux-ci.

Augmentation de la quantité de données probantes dans les domaines de recherche prioritaires.

Renforcement de la coordination et de la collaboration avec les intervenants.

Amélioration de la sensibilisation à l’égard de l’importance de la littératie financière.


Extrants

  • Contenu Web, ressources éducatives et outils informationnels
  • Plan national de recherche sur la littératie financière et rapports d’étape sur la stratégie de transfert des connaissances de ce plan
  • Produits de recherche, rapports (p. ex. ECCF, pratiques exemplaires en matière d’évaluation et stratégies de mesure)
  • Stratégie nationale pour la littératie financière
  • Mois de la littératie financière
  • Base de données canadienne sur la littératie financière
  • Réseaux, comités, collaborations, événements
  • Conférence nationale sur la littératie financière
  • Mises à jour, rapports, tableaux de bord sur les initiatives de littératie financière, mobilisation des intervenants, réunions, demandes d’allocution, etc.
  • Ressources de marketing et de communication à diffuser
  • Rapport sur les stratégies de marketing et de communication 

Activités

Ressources et outils

  • Recherche, (re)conception, élaboration d’outils et de ressources
  • Recherche, rédaction et publication de contenus Web
  • Tenue à jour des outils, contenus et programmes éducatifs 

Recherche et politiques

  • Établissement de données de base et suivi dans le cadre de l’ECCF
  • Avec le Comité de recherche, détermination des priorités en matière de recherche
  • Collaboration à des initiatives de la collectivité de la recherche et coordination de telles initiatives dans le cadre du Plan national de recherche sur la littératie financière
  • Diffusion et promotion des résultats de recherche
  • Recherche/évaluation en vue de déterminer l’efficacité des interventions en matière de littératie financière

Mobilisation des intervenants

  • Coordination des initiatives nationales de littératie financière comme le MLF, la Conférence nationale sur la littératie financière et la Base de données canadienne sur la littératie financière
  • Soutien du bureau de la chef du développement de la littératie financière et de la réalisation du Programme de littératie financière et du mandat en matière de littératie financière (p. ex. réunions, cahiers de breffage, présentations, suivis, etc.)
  • Liaison avec les comités et les réseaux de littératie financière à l’échelle nationale et internationale (p. ex. Comité directeur national, Comité interministériel du gouvernement du Canada sur la littératie financière, groupes de travail, Réseau international sur l’éducation financière, etc.) et coordination de ceux-ci

Promotion et sensibilisation

  • Élaboration et mise en œuvre de plans ciblés de marketing et de communication
  • Élaboration et mise en œuvre de plans de sensibilisation des intervenants à l’appui des initiatives, des publics cibles et des domaines d’intérêt
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