Journée d’orientation de l’industrie MINERVA : Premières impressions

Article / Le 26 janvier 2026 / Défense nationale

Demandez à n’importe quel soldat de l’Armée canadienne ayant participé à l’opération REASSURANCE (Lettonie) ou à l’opération UNIFIER (Ukraine) : les missions modernes sont exigeantes. Les soldats font face à une surveillance constante, à des drones et à des armes à longue portée, ce qui rend chaque mouvement risqué. Pour garder l’avantage, ils ont besoin d’outils qui leur permettent de voir plus loin, de se déplacer plus intelligemment et de survivre plus longtemps.

C’est là qu’intervient l’initiative MINERVA. Elle vise à fournir rapidement aux soldats des systèmes sans équipage — drones terrestres, aériens et maritimes. Ces systèmes peuvent effectuer des missions de reconnaissance, livrer du matériel et même mener des frappes au besoin.

Comment ? En collaborant directement avec l’industrie canadienne pour tirer parti des avancées technologiques et trouver rapidement des solutions sans court-circuiter le processus d’acquisition. Lors de la Journée d’orientation de l’industrie en décembre 2025, les dirigeants de l’Armée, le lcol Cory Durant, chef de section pour la défense aérienne et les systèmes de surveillance et de reconnaissance à la Direction des Besoins en ressources terrestres, et le lcol D’Arcy Lemay, chef de l’expérimentation au Centre de guerre terrestre, ont expliqué comment MINERVA permettra d’y parvenir — car dans l’espace de combat actuel, la rapidité et l’innovation ne sont pas facultatives.

Quel était le public cible de votre événement inaugural?

Lcol Durant : Nous avons travaillé en partenariat avec l’Association des industries canadiennes de défense et de sécurité (AICDS) pour organiser ce premier événement d’orientation de l’industrie. Leur équipe sait comment mener à bien ce type d’initiative et nous a aidés à toucher un large éventail d’entreprises, y compris de nombreuses petites et moyennes entreprises.

Quel type de rétroaction avez-vous reçue?

Lcol Durant : La réponse a été très positive. Nous avons toujours souhaité collaborer plus tôt avec l’industrie, et les participants ont confirmé que cette approche était la bonne. La Journée de l’industrie a vraiment contribué à mieux faire connaître les orientations de l’Armée en matière de systèmes sans équipage.

Lcol Lemay : L’événement de décembre a suscité un vif intérêt, et de nombreuses organisations de l’industrie et des ministères du gouvernement ont communiqué avec nous depuis. C’est encourageant, et nous devons poursuivre sur cette lancée.

Quels ont été les points forts? Qu’est-ce qui aurait pu être amélioré?

Lcol Durant : Dans l’ensemble, les commentaires ont montré que nous sommes sur la bonne voie. Nous avons reçu quelques suggestions logistiques, que nous intégrerons. L’un des défis consistait à s’engager dès le début sans avoir toutes les réponses, ce qui était nouveau pour nous, car l’Armée aime généralement que tout soit parfaitement planifié. Mais l’initiative MINERVA consiste à sortir des sentiers battus, ce qui signifie s’adresser à un large public et accepter une part d’incertitude.

Lcol Lemay : La mise en place d’un moment réservé au réseautage a été une réussite. Cela a permis de réunir les futurs opérateurs, les responsables de l’approvisionnement et les communautés scientifiques pour des discussions constructives. Que pourrait-on améliorer? Nous pourrions clarifier les rôles de chacun afin de favoriser les rencontres spontanées.

Pourquoi est-ce important à cette étape?

Lcol Durant :

L’approvisionnement traditionnel est linéaire et apporte des résultats prévisibles. Avec MINERVA, c’est différent : il s’agit plutôt d’explorer des concepts, et non de suivre un processus habituel. Cela nous a permis d’élargir la conversation.

Il est encourageant de voir la haute direction mener ce changement, en le soutenant à la fois par des mandats et du financement. Nous avons toujours connu les objectifs : intégrer les systèmes sans équipage polyvalent (GPUS) dans toute l’Armée. Nous avons maintenant les moyens, c’est-à-dire des opérateurs qui travaillent directement avec des experts de l’industrie. Le défi à relever consiste à définir les voies, et c’est ce à quoi MINERVA s’attellera au cours des prochaines années.

Qu’est-ce qui vous a surpris lors de ce premier engagement?

Lcol Durant : La plus grande surprise a été de voir le début d’un véritable effort pangouvernemental. Les partenaires de SPAC, d’ISDE, du CNRC, de RDDC et de nos collègues des FAC étaient au premier plan lors de la journée d’orientation de l’industrie, prêts à aborder la question des systèmes sans équipage de manière flexible et collaborative.

Il est clair que nous reconnaissons tous la valeur que cette initiative apportera au cours des prochaines années. À l’interne, cela doit rester une priorité absolue, depuis les soldats jusqu’aux commandants et aux échelons supérieurs, car il est essentiel de comprendre le problème et d’assurer la planification à tous les niveaux.

Quels sont les défis plus généraux liés à l’acquisition de drones pour l’Armée?

Lcol Lemay : Un défi majeur consiste à établir des règles et des normes claires pour l’expérimentation, le développement et les opérations. Cela comprend les chaînes d’approvisionnement des fournisseurs et la cybersécurité, la mesure de la résilience et de l’adaptabilité, et même l’obtention de permis de vol ou de conduite lorsque les politiques doivent évoluer. Il ne s’agit pas d’un simple processus d’« achat et de déploiement ». En effet, les systèmes et leur utilisation devront être constamment ajustés, et des boucles de rétroaction devront être établies avec les fournisseurs afin de perfectionner la prochaine génération.

Lcol Durant : Tout le monde au sein des Forces armées canadiennes veut des drones, mais aucun groupe n’est responsable de leur acquisition. Comme l’a dit le commandant de l’Armée, il veut « inonder l’Armée de drones ». Pour l’instant, cette initiative est le meilleur moyen de répondre à ce besoin et d’obtenir des résultats concrets pour les soldats au niveau tactique.

Quelle est la prochaine étape pour MINERVA?

Lcol Lemay : Au début de 2026, on mettra en place des groupes de travail ciblés en collaboration avec l’industrie. Nous souhaitons également élargir notre audience et améliorer l’engagement des médias afin que le public comprenne l’importance de cet enjeu. Il existe une réelle opportunité pour l’industrie canadienne de contribuer à l’élaboration d’une capacité clé de l’Armée.

Lcol Durant : Nous examinerons aussi le concept d’opérations de ces groupes initiaux et affinerons à la fois les exigences opérationnelles et techniques. Cela aidera l’Armée à expliquer comment les capacités des GPU peuvent être utilisées, et permettra à l’industrie de partager les besoins techniques, les limites et les opportunités.

Nous allons aussi attribuer des ressources. Nous prioriserons les systèmes sans équipage à explorer, identifierons les partenaires gouvernementaux à acquérir et désignerons les chefs de file de l’Armée.  Une fois ces liens formalisés, nous pourrons passer aux chiffres, aux coûts et aux quantités.

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2026-01-26