Géographie, vous dites? Réflexions sur les archives locales, régionales et territoriales

Discours

Notes d'allocution

Guy Berthiaume, Bibliothécaire et archiviste du Canada
Conférence annuelle des Archives de l’Université Queen’s
Kingston (Ontario)
26 octobre 2017

Sous réserve de modifications


Je remercie Mme Martha Whitehead et l’Université Queen’s de m’avoir choisi comme conférencier d’honneur cette année.

Permettez-moi d’abord de souligner que nous sommes ici réunis sur le territoire ancestral des peuples Anishinaabeg et Haudenosaunee.

Si vous étiez passé à Bibliothèque et Archives Canada le 5 mai dernier, vers 14 h, vous auriez sans doute pensé que vous vous trompiez d’endroit.

Une vedette rock – décoiffée et décoiffante – chantait à pleine voix dans notre centre de conférences, guitare à la main et lunettes de soleil sur le nez, tandis que les personnes présentes dansaient et posaient pour des égoportraits.

Qui était cette légende de la scène musicale? Le Canadien Michel Pagliaro, qui venait de donner ses archives privées à Bibliothèque et Archives Canada.

Je vous raconte cette anecdote d’entrée de jeu parce qu’elle illustre à merveille certains thèmes dont je vais vous parler. Entre autres, les notions d’importance nationale et régionale, ainsi que la collaboration dont doivent faire preuve les services d’archives – peu importe où ils sont situés – pour choisir le meilleur endroit où conserver les documents. J’explorerai aussi avec vous certaines des possibilités que nous offre le numérique.

Mais revenons à notre ami le chanteur rock : pourquoi une institution nationale comme Bibliothèque et Archives Canada voudrait-elle conserver les archives d’une des vedettes les plus aimées de la scène musicale du Québec? Un artiste dont le 45-tours J’entends frapper a fracassé des records de vente dans la province?

On m’a, bien sûr, posé ces questions. Et j’y réponds ceci : Pagliaro a été le tout premier artiste dont les chansons ont figuré en même temps aux palmarès francophone et anglophone du Canada. Nous étions alors dans les années 1970, bien avant que Céline Dion et d’autres chanteurs fassent de même; et ce tour de force a fait de Pagliaro une vedette proprement nationale.

J’ai donc pensé qu’une institution nationale comme Bibliothèque et Archives Canada était la mieux placée pour conserver ses archives. De cette façon, son œuvre sera préservée pour les générations futures.

Le système archivistique repose sur trois composantes fondamentales : l’acquisition du patrimoine documentaire, sa préservation et son accès.

Ce patrimoine – composé en partie d’archives privées dont l’importance peut être locale, régionale ou nationale –, nous en sommes tous conjointement responsables : les services d’archives, à tous les niveaux, doivent donc unir leurs efforts pour le préserver à long terme et y donner accès.

Voilà la vision qui a mené à la création de la Conférence des archivistes national, provinciaux et territoriaux (CANPT), en mars 1970. Elle est aussi à la base de notre philosophie sur l’acquisition collaborative des archives privées.

Nous avons constaté que cette vision devait être guidée par un cadre : une approche cohérente, logique et réalisable, qui nous permette de choisir l’institution la mieux placée pour l’acquisition des archives privées.

Après en avoir longuement discuté, nous avons publié, en juin 2016, un énoncé de vision assorti de principes directeurs. Chemin faisant, nous avons dû répondre à plusieurs questions, dont celles-ci :

  • Sur quels critères nous baserons-nous pour choisir l’institution qui est la plus appropriée pour acquérir un fonds d’archives privées?
  • Quel est l’ordre prioritaire de ces critères? Et qui prendra les décisions finales?
  • Comment définir la notion d’importance régionale?
  • Que ferons-nous des documents pour lesquels aucune institution ne semble convenir?
  • Comment veillerons-nous à ce que les décisions soient prises de bonne foi et soient motivées par une volonté de collaboration?
  • Comment nous assurerons-nous que les acquisitions – qu’elles soient faites par une ou plusieurs institutions – contribuent à l’enrichissement de la collection canadienne globale?

Un événement bien précis m’a incité à proposer ce dossier à la Conférence des archivistes national, provinciaux et territoriaux : la controverse qui a entouré l’acquisition du fonds Michel Tremblay, en 1992.

De nombreuses personnes se sont senties trahies lorsqu’elles ont appris que Michel Tremblay – le plus célèbre dramaturge du Québec – avait confié ses archives à une institution fédérale. En effet, Bibliothèque et Archives nationales du Québec n’avait pu en faire l’acquisition, et selon le président de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois, il s’agissait là d’une insulte à l’égard de tous les auteurs de la province.

Le montant payé par le gouvernement fédéral pour acquérir les archives de Michel Tremblay suscitait également la controverse, avec, en filigrane, la question de savoir si les documents auraient dû aller au plus haut soumissionnaire.

Bibliothèque et Archives Canada possède aujourd’hui une vaste collection de documents ayant appartenu à Tremblay, y compris des manuscrits de ses pièces et de ses romans, des textes non publiés, des dossiers de production, des traductions de ses œuvres, des cassettes audio et des photographies.

Le fonds de Michel Tremblay a ainsi rejoint ceux de nombreux écrivains québécois qui se retrouvent dans notre collection : Jacques Godbout, Gilles Archambault et Marie-Claire Blais, pour ne nommer que ceux-là.

Si des principes directeurs avaient été en place au moment où Michel Tremblay cherchait à léguer ses archives, le processus aurait peut-être suscité beaucoup moins d’acrimonie et débouché sur un tout autre résultat.

Ces principes directeurs, la Conférence des archivistes national, provinciaux et territoriaux les a maintenant établis. Aujourd’hui, je les passerai en revue avec vous, et nous verrons de quelle façon ils se concrétisent. Je vous ferai ensuite faire un bref voyage dans le futur.

Mais tout d’abord, un brin d’histoire.

À ma toute première rencontre de la CANPT, en juin 2014, nous avons créé un groupe de travail qui a préparé un document de travail à l’intention des membres. Nous leur demandions de réfléchir aux principes qui devraient guider une approche collaborative en matière d’acquisition. Nous proposions aussi une terminologie commune fondée sur d’autres modèles, stratégies et principes.

Les membres de la Conférence ne voulaient pas imposer leurs idées à tout le milieu archivistique, ni même au sein de leur groupe. Leurs propositions de départ ne visaient donc qu’eux-mêmes et les institutions qu’ils représentaient.

Jamais il n’a été question d’en faire des règles rigides, ou des principes à observer scrupuleusement. Nous avons même laissé tomber le mot « stratégie ». Nous étions d’avis que des principes communs suffiraient pour bien collaborer.

Les membres de la Conférence avaient une perspective globale; ils souhaitaient proposer une approche nationale axée sur la collaboration, qui dépasserait leurs institutions pour englober tous les membres du milieu archivistique.

Pour favoriser cette participation pleine et entière, nous avons donc ajouté à nos principes directeurs un énoncé de vision qui reflète notre volonté d’accroître la collaboration entre les services d’archives, et qui positionne la CANPT en tant que leader national.

Je suis très fier du travail que nous avons accompli – et je nourris de grands espoirs pour l’avenir.

***

Et maintenant, regardons de plus près ces huit principes directeurs, que je vous présente dans l’ordre avant d’aborder chacun plus en détail.

Premier principe : l’inclusivité, ce qui signifie que nous tenons compte de toutes les institutions membres de la Conférence lors des discussions.

Deuxième principe : le respect des principes archivistiques – des principes fondamentaux qui ont fait leurs preuves.

Principe suivant : le respect de l’importance régionale, ce qui veut dire que l’on tient compte de la région d’origine des documents et de l’endroit où ils sont susceptibles d’être le plus souvent consultés.

Quatrième principe : le respect des donateurs, ce qui signifie prendre en compte et respecter leur volonté de donner leurs archives à une institution en particulier.

Cinquième principe : le respect des institutions partenaires, c’est-à-dire le respect de leurs mandats, de leurs politiques et de leurs ressources.

Sixième principe : le respect des intervenants externes, soit les chercheurs et les partenaires, de même que le respect des politiques d’acquisition des institutions qui ne sont pas membres de la Conférence.

Septième principe : la collaboration (plutôt que la compétition), qui mise avant tout sur la préservation et l’accès.

Enfin, huitième et dernier principe : la responsabilité, c’est-à-dire agir avec cohérence et transparence.

Les membres de la Conférence ont adopté ces huit principes directeurs, puis les ont publiés sur leurs sites Web respectifs et sur des listes de diffusion. Ils en ont aussi discuté avec les services d’archives, les bibliothèques universitaires et d’autres acteurs clés.

Nous ne voulions pas prendre le contrôle des activités, mais plutôt jouer un rôle plus modeste.

Nous invitons donc chaque service d’archives, en particulier à l’échelon provincial, à mettre ces principes en œuvre comme bon lui semble.

Les recettes miracles n’existent pas. Mais en évitant d’agir chacun de son côté et en maintenant le dialogue, nous pourrons préserver une plus grande partie de notre patrimoine et faire en sorte que les Canadiens y aient accès.

***

Voyons maintenant de plus près ces huit principes directeurs, en commençant par le premier : l’inclusivité.

L’inclusivité signifie que toutes les institutions d’archives, peu importe leur taille ou leur emplacement géographique, sont encouragées à prendre part aux discussions afin de déterminer laquelle d’entre elles est la plus appropriée pour l’acquisition potentielle d’archives privées. Qu’il s’agisse d’amorcer le dialogue ou de s’y joindre, toutes sont bienvenues.

Les résultats peuvent s’avérer très positifs, comme en témoigne l’exemple des archives de Jean-François Lépine, l’un des plus éminents journalistes du Canada français.

M. Lépine a longtemps travaillé à Radio-Canada, notre diffuseur national. L’acquisition de ses documents cadre directement avec le mandat de Bibliothèque et Archives Canada, qui préserve les documents des journalistes ayant eu une incidence sur la société canadienne.

C’est pourquoi Bibliothèque et Archives nationales du Québec, à qui les archives de M. Lépine ont d’abord été proposées, nous a plutôt transmis l’offre.

Ces archives sont donc venues s’ajouter à celles que nous avaient déjà léguées d’autres personnalités radio-canadiennes, comme Michelle Tisseyre et Henri Bergeron.

Voilà ce que signifie concrètement l’inclusivité.

Le deuxième principe a trait au respect des principes archivistiques, comme la provenance et l’intégrité des fonds.

Le Théâtre du Nouveau Monde – le TNM – a été fondé à Montréal en 1951. La toute première pièce à y tenir l’affiche fut L’Avare, de Molière. Aujourd’hui, c’est l’une des compagnies théâtrales les plus populaires de la métropole.

Dans les années 1970, l’ancien directeur du TNM a prêté des centaines de photos à Bibliothèque et Archives Canada pour que nous en fassions des reproductions, afin de les ajouter à notre collection. Certaines remontaient aux années débuts de la compagnie, dans les années 1950 et 1960.

À l’époque, aucun processus officiel d’acquisition n’était en place pour nous guider. Mais comme Bibliothèque et Archives nationales du Québec avait déjà acquis le fonds du TNM, nous avons décidé d’y transférer nos photos afin d’éviter l’éparpillement des archives de la compagnie.

En agissant ainsi, nous respections l’un des premiers fondamentaux en archivistique – et l’un des plus respectés de la profession : l’intégrité des fonds.

Autre exemple : il y a deux ans, le Globe and Mail nous a offert 1 million de négatifs et 700 000 épreuves, qui seraient venues d’ajouter aux 1 800 000 négatifs de ce journal que nous possédions déjà.

Bibliothèque et Archives Canada, le Globe and Mail et l’organisation Archive of Modern Conflict se sont alors rencontrés.

Et puisque nous avions pris du retard pour traiter le fonds du Globe and Mail en notre possession, nous avons convenu qu’une autre institution serait mieux placée que nous pour acquérir ces images.

Comme plusieurs présentaient un intérêt particulier pour Toronto, nous avons offert aux Archives de l’Ontario d’en faire l’acquisition. Nous songeons aussi à leur remettre notre fonds Globe and Mail, afin d’en préserver l’intégrité.

Voilà à quoi ressemble concrètement le deuxième principe directeur.

De prime abord, ces choix semblent logiques, voire évidents. Vous vous demandez même peut-être pourquoi nous sentons le besoin de les encadrer par des principes officiels.

Il y a un certain nombre de raisons à cela.

D’abord, tous les choix ne sont pas toujours aussi clairs, d’où l’importance de pouvoir compter sur des principes directeurs pour orienter nos décisions.

Ensuite, l’acquisition d’archives privées peut s’avérer un sport difficile, où la fierté et le prestige prévalent parfois sur la pertinence et les ressources.

En acceptant collectivement et officiellement des principes directeurs, nous pensons que ceux-ci auront de bonnes chances de s’incarner dans la pratique.

Bien sûr, comme vous pouvez l’imaginer, plus d’un principe peut s’appliquer à une situation donnée. Souvent, les mandats des services d’archives se chevauchent. Par ailleurs, des archives peuvent revêtir à la fois une importance nationale, locale et régionale, un peu à la manière des poupées russes qui s’emboîtent les unes dans les autres.

Ces archives, nous nous entendons tous sur la nécessité de les préserver. Mais en nous appuyant sur les principes les plus pertinents à chaque situation, nous nous assurons également d’atteindre notre objectif premier : les acquérir.

C’est ce que nous avons fait en transférant aux Archives du Nunavut une photo de Port Hope prise en 1933. Lui offrir un foyer au Nunavut avait plus de sens. Nous reconnaissions ainsi son importance régionale, qui est au cœur du troisième principe.

Il est beaucoup plus logique d’acquérir et de conserver un document dans sa région d’origine, là où il sera probablement davantage utilisé.

Respecter la volonté du donateur est tout aussi important : cela rejoint le quatrième principe.

En juin 2015, nous avons reçu une demande de l’Orchestre symphonique d’Ottawa, qui voulait transférer ses fonds aux Archives de la Ville d’Ottawa.

Nous acquérions tous les documents de l’Orchestre depuis 1971 et nous conservions aussi les archives de son prédécesseur, l’Orchestre philharmonique d’Ottawa. Notre fonds comptait 6,24 mètres de documents textuels, 300 photographies, 115 négatifs et 20 diapositives.  

Nous étions très heureux de collaborer avec l’Orchestre et de respecter sa volonté. Mais nous savions aussi que les Archives de la Ville d’Ottawa (et leur personnel très qualifié) venaient d’emménager dans un immeuble ultramoderne. C’était un jumelage parfait et elles ont accepté d’offrir un nouveau toit à ces documents.

Autre exemple :

Bibliothèque et Archives Canada était sur le point d’écrire à des artistes connus de Terre-Neuve-et-Labrador pour solliciter leurs dons d’archives. Mais avant de procéder, le gestionnaire de nos archives en littérature, musique et arts de la scène a communiqué avec la section des archives et des collections spéciales de l’Université Memorial pour savoir si elles avaient déjà entamé des discussions avec certains de ces artistes, dont le comédien Andy Jones.

Or, celui-ci avait fait don de ses documents à l’Université Memorial depuis 1993. De fait, dans toute la province, c’est cet établissement qui détient la plus vaste collection de ressources documentaires sur les arts de la scène, dont le fonds de la troupe CodCo et celui de Rick Mercer.

Conformément à l’esprit du cinquième principe directeur, Bibliothèque et Archives Canada a donc laissé tomber ses démarches auprès des artistes et a plutôt instauré un dialogue avec l’Université Memorial, respectant ainsi cette institution partenaire.

Examinons maintenant le sixième principe : le respect des intervenants externes.

En 2010, lorsque j’étais PDG de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, nous avons signé une entente avec le Musée de la Gaspésie pour y transférer les archives publiques de la Gaspésie.

Jusqu’alors, celles-ci étaient conservées à notre centre d’archives du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, à Rimouski, environ 400 kilomètres à l’ouest de Gaspé.

Nous savions que les Gaspésiens attachaient une grande importance à ces documents. Leur rapatriement nous permettait de respecter non seulement un intervenant externe (le Musée), mais aussi de faciliter l’accès des citoyens aux archives traitant de la vie politique, économique, sociale, religieuse et culturelle de cette région peuplée depuis plus de deux siècles.

Notre engagement à travailler en collaboration se révèle à travers tous les exemples que je viens de vous présenter.

Comme l’indique le septième principe directeur, l’acquisition du patrimoine documentaire par tout service d’archives au Canada, quel qu’il soit, contribue à enrichir notre collection nationale. La préservation et l’accès à long terme doivent toujours l’emporter sur l’intérêt particulier des acquéreurs potentiels.

Nul besoin de chercher bien loin pour en trouver un exemple.

En 2015, Bibliothèque et Archives Canada possédait déjà la majeure partie des œuvres de la collection Peter Winkworth d’art canadien. D’autres se trouvaient au Musée des beaux-arts du Canada et au Musée canadien de l’histoire.

Il faut savoir que la collection Winkworth a été amassée sur plus de 45 ans. Elle comprend 100 peintures, 1 200 aquarelles et dessins et près de 4 000 reproductions liées à l’histoire du Canada. Selon les experts en art canadien, elle est unique en son genre.

Alors, quand la maison Christie’s a organisé la dernière vente aux enchères portant sur la collection Winkworth, le 1er avril 2015, à South Kensington, Bibliothèque et Archives Canada était là. Nous souhaitions acquérir 27 œuvres supplémentaires, afin d’enrichir notre patrimoine portant sur les Premières Nations et l’exploration de l’Arctique.

Nos travaux pour décrire, restaurer et entreposer la majeure partie de la collection Winkworth nous avaient déjà donné l’occasion de démontrer notre expertise. Nous avons donc joint nos efforts à ceux de deux grandes institutions nationales : le Musée des beaux-arts du Canada et le Musée canadien de l’histoire, et, ensemble, nous avons pu acquérir ces œuvres.

Voilà un autre exemple convaincant de collaboration ayant débouché sur l’enrichissement de notre patrimoine collectif.

Récemment, j’ai eu la chance d’écouter une présentation fascinante du président de Wikimédia Canada. Permettez-moi de le citer (je traduis) :

« Nous avons plus à gagner en partageant le patrimoine qu’en le conservant jalousement. Et nous pouvons accomplir beaucoup plus en unissant nos efforts plutôt qu’en agissant seuls. »

Je pense que cela est aussi vrai pour le secteur des archives.

Le huitième et dernier principe directeur a trait à la responsabilité, à la cohérence et à la transparence.

Il peut s’exprimer sous différentes formes, mais l’exemple le plus éloquent, à mon avis, demeure la Stratégie d’acquisition de Bibliothèque et Archives Canada pour 2016-2019, que vous pouvez consulter sur notre site Web.

Elle explique clairement comment nous voulons orienter nos travaux d’évaluation et d’acquisition au cours des trois prochaines années, qu’il s’agisse du patrimoine publié, des documents du gouvernement du Canada ou des archives privées.

Ce dont je suis le plus fier, c’est que la Stratégie a été préparée en consultation avec le Forum des partenaires, nos alliés du réseau des archives et des bibliothèques canadiennes, et avec les membres de notre comité consultatif sur les acquisitions.

***

Les huit principes directeurs que nous venons d’examiner sont enracinés dans des pratiques archivistiques de longue date qui offrent de solides assises pour l’avenir.

Et maintenant, si vous le permettez, tournons-nous vers le nouveau visage du secteur des archives en 2017.

J’aimerais d’abord vous parler du Numéri-Lab, le tout nouveau laboratoire de numérisation que Bibliothèque et Archives Canada a ouvert en mars de cette année, dans notre édifice du 395, rue Wellington. Cet espace a été conçu pour que les gens puissent s’y rassembler et créer.

Le Numéri-Lab révolutionne la façon traditionnelle d’utiliser les collections d’archives : nos clients choisissent les documents qu’ils souhaitent numériser, puis le font eux-mêmes à l’aide d’équipement à la fine pointe de la technologie et d’outils de description que nous leur fournissons gratuitement.

Au cours des premiers mois suivant son ouverture, le Numéri-Lab a permis de numériser 24 000 pages de documents textuels et plus de 1 000 photos, auxquelles le public a maintenant accès.

Mentionnons, entre autres, des registres où sont consignées des données sur la pluie, le tonnerre et les éclairs dans le ciel d’Ottawa au 19e siècle – des renseignements qui seront utiles à la recherche sur les changements climatiques.

Ou, encore, des photos des camps établis par le gouvernement canadien pour venir en aide aux chômeurs au plus fort de la Grande Crise; ces images apparaîtront dans un film documentaire.

C’est sans parler des documents sur les 50 ans d’activité du Service de la logistique des Forces armées canadiennes; sur un périple en automobile de Montréal à Vancouver au siècle dernier; ou sur l’histoire des camps d’internement pour les Canadiens d’origine japonaise.

Sans le Numéri-Lab, tous ces documents fascinants – et bien d’autres – seraient restés dans les cartons pendant des années, alors qu’ils sont maintenant décrits et accessibles.

Notre Numéri-Lab met nos archives entre les mains de tous ceux qui veulent les utiliser; non seulement les archivistes, les chercheurs et les étudiants, mais aussi l’un de nos clients les plus importants : le grand public.

Il met en évidence le nouveau rôle que les services d’archives partout dans le monde sont appelés à jouer : loin d’être seulement des dépôts de documents, elles peuvent offrir des plateformes d’information créatives et dynamiques; des endroits où l’information est partagée, remaniée et réutilisée par une population avide de découvrir son histoire et son patrimoine.

Les projets participatifs constituent un autre exemple de ce nouveau rôle. Grâce à la technologie numérique, les citoyens peuvent maintenant nous aider à faire connaître notre patrimoine et à le mettre à la disposition de tous, en transcrivant des documents historiques dont l’accès est habituellement réservé aux archivistes.

En juin 2016, la Fédération des Métis du Manitoba a souligné le 200e anniversaire de la bataille de la Grenouillère, qui a marqué l’émergence de la Nation métisse.

Pour commémorer cet événement historique, Bibliothèque et Archives Canada a invité le public à transcrire le rapport Coltman, un compte rendu du conflit rédigé à la main, en 1818, par William Coltman, un éminent juriste de l’époque. Ce rapport assez impartial demeure à ce jour l’une des meilleures sources d’information sur la guerre de la traite des fourrures et un document fondamental dans l’histoire de la Nation métisse.

En moins d’un mois, des membres du public ont retranscrit les 534 pages du rapport!

Beaucoup de gens ont voulu saisir cette chance d’entrer en contact intime avec notre histoire. Le succès fut tel que nous avons invité le public à transcrire un autre document : le journal de lady Macdonald.

Alors qu’en juillet 1867, sir John A. Macdonald s’employait à bâtir un gouvernement pour le nouveau Dominion du Canada, son épouse lady Susan Agnes Macdonald entreprenait la rédaction de son journal.

Cet ouvrage nous donne, au jour le jour, un compte rendu fascinant des débuts du Dominion. Il nous fait connaître le point de vue d’une des Canadiennes les plus connues de son époque, en ouvrant une fenêtre sur sa vie quotidienne. Enfin, il donne un aperçu révélateur de la culture politique du nouveau pays.

Le 29 juin, nous avons mis ce journal en ligne pour qu’il soit transcrit par le public; le 22 août, à peine 25 jours plus tard, c’était mission accomplie. Et ce n’était pas une mince tâche, car les archivistes me disent que lady Macdonald écrivait très mal!

Le potentiel de la technologie numérique est immense pour l’archivistique. C’est ce qui nous a permis, récemment, de lancer deux projets extrêmement importants pour préserver et revitaliser les langues et les cultures autochtones au Canada. Même si nous n’en sommes encore qu’aux premières étapes, c’est un développement fantastique.

Saviez-vous qu’en Colombie-Britannique seulement, 32 langues autochtones sont parlées?

Comme institution nationale d’archives, nous avons un rôle important à jouer pour établir des relations avec les communautés autochtones.

Dans le dernier budget fédéral, Bibliothèque et Archives Canada a reçu 14,9 millions de dollars pour mettre sur pied deux ambitieux projets en collaboration avec les communautés autochtones.

Le premier projet s’intitule Voyez notre histoire. Il consistera à numériser des documents de notre collection qui concernent les Premières Nations, les Inuits et les Métis, comme des traités, des photographies, et des dictionnaires et des lexiques de langues autochtones.

Une fois cette mine d’information mise en ligne, nous y donnerons un accès gratuit et illimité.

Grâce à ces documents, des citoyens pourront jeter un éclairage nouveau sur le passé et même faire valoir leurs droits.

Le deuxième projet s’intitule Entendez nos voix. Il offrira aux communautés autochtones du soutien et des conseils pour enregistrer des récits oraux, et ainsi appuyer leurs efforts pour préserver et revitaliser les langues des Premières Nations, des Métis et des Inuits.

Nous travaillerons directement avec des aînés et des gardiens du savoir au sein de cercles consultatifs, et nous aurons aussi recours à d’autres méthodes collaboratives.

Nous savons que la langue est partie intégrante des cultures autochtones (de toutes les cultures, en fait), et nous voulons nous assurer que tout ce que nous accomplirons sera fait avec respect.

J’aimerais aussi vous parler d’un autre projet qui vous touche de plus près, et qui a trait aux discours des premiers ministres du Canada.

L’an dernier, c’est avec grand plaisir que le personnel de notre Section de la gouvernance et des archives politiques a travaillé avec Mariam Lafrenie, une étudiante de premier cycle et chercheuse de l’Université Queen’s.

Madame Lafrenie est venue faire des recherches dans nos locaux au cours de 2016. Elle souhaitait rendre les fonds de nos anciens premiers ministres plus accessibles – et mieux faire connaître l’histoire politique de notre pays.

Voici ce qu’elle nous a dit (je traduis) :

« J’ai travaillé sur les fonds de plusieurs premiers ministres, dont celui de sir Charles Tupper; j’ai donc un point de vue unique sur le patrimoine et l’histoire du Canada et je peux dire que chaque premier ministre a essayé de redéfinir l’identité canadienne et le concept de nation unifiée. »

Grâce à son travail, les Canadiens peuvent maintenant trouver facilement – et savourer – certains des meilleurs discours prononcés par de grands chefs d’État de notre pays.

À preuve, ces paroles prononcées par John Diefenbaker le 1er juillet 1960 – des paroles toujours pertinentes aujourd’hui. Je traduis encore :

« Je suis Canadien. Un Canadien libre : libre de m’exprimer sans crainte, libre de servir Dieu comme je l’entends, libre d’appuyer les idées qui me semblent justes, libre de m’opposer à ce qui me semble injuste, libre de choisir les dirigeants de mon pays. Ce patrimoine de liberté, je m’engage à le sauvegarder pour moi-même et pour toute l’humanité. »

Ce serait une vraie honte que les générations futures ne puissent découvrir de grands discours comme celui-là, et je remercie sincèrement madame Lafrenie pour tout le travail qu’elle a accompli.

En cette ère numérique, nous devons nous rappeler que la mission fondamentale des institutions de mémoire – y compris des services d’archives – consiste non seulement à acquérir et à préserver des ressources documentaires, mais aussi à y donner accès.

Si l’accès ne fait pas partie de nos objectifs, pourquoi réalisons-nous toutes ces acquisitions, ce traitement et cette préservation?

J’ai déjà dit – et on m’a cité sur Twitter – que la préservation sans accès, ce n’est que de l’accumulation compulsive. S’il y a une part de vérité dans ces paroles, alors posons-nous la question : comment pouvons-nous promouvoir l’accès si les gens ignorent ce que nous avons dans nos collections?

Allons-nous laisser perdurer encore longtemps l’idée selon laquelle nos collections sont uniquement composées de vieux documents jaunis?

Nous devons montrer nos tableaux, nos photographies et nos collections audiovisuelles. Nous devons organiser des débats et des tables rondes sur des sujets qui ne pourraient pas être explorés sans nos documents d’archives ou nos monographies. Et ce ne sont là que quelques exemples.

Après deux ans d’interruption, Bibliothèque et Archives Canada a recommencé à organiser des expositions et des activités publiques. En 2016-2017 seulement, nous avons tenu plus de 60 événements : c’est une augmentation de 400 % par rapport à l’année précédente!

Parlant des expositions, vous le savez comme moi : le contact avec les originaux suscite une émotion qu’une représentation numérique ne saurait égaler.

À cet égard, le directeur général du Musée royal de la Colombie-Britannique, Jack Lohman, a déclaré ce qui suit :

« L’accès à des chefs-d’œuvre ou à des artéfacts exceptionnels nous ouvre tout un monde d’émotions, qu’on ne peut appréhender de la même manière avec un téléphone cellulaire ou la télévision. »

Et il a bien raison.

Même si La Joconde n’est qu’à quelques clics sur Google, des millions de gens font toujours la file pour l’admirer au Louvre, en chair et en os, si l’on peut dire!

Même si la musique des Beatles est à notre portée sur iTunes, on fait la queue à la British Library pour voir les paroles de la chanson A Hard Day’s Night écrites au verso d’une carte d’anniversaire de Julian Lennon.

Nous éprouvons devant ces originaux une émotion que rien ne peut égaler.

Je sais que je prêche à des convertis, mais je pense qu’il faut le dire et le redire. Car cela explique une grande partie des efforts que nous déployons pour montrer nos collections le plus souvent et le plus largement possible.

Depuis juin dernier et jusqu’en mars 2018, l’on pourra voir l’exposition Canada : Qui sommes-nous? dans notre nouvel espace d’exposition situé au 395, rue Wellington, à Ottawa. On y propose une réflexion sur l’identité canadienne à partir de plusieurs documents précieux rarement exposés auparavant.

Une autre de nos expositions, intitulée Un peuple dans l’ombre, met en vedette des reproductions de photographies et d’œuvres d’art de notre collection explorant les façons dont les citoyens de la Nation métisse ont été représentés au cours de notre histoire. Cette exposition circule actuellement dans l’Ouest canadien et elle a aussi été présentée à Paris, en février dernier, avec le soutien de l’UNESCO.

L’été dernier, avec la collaboration de la Bibliothèque du Parlement, nous avons également exposé les documents fondateurs qui témoignent des grands moments de notre histoire. Les visiteurs ont, entre autres, pu voir la Proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982.

Je suis aussi très fier de l’exposition en cours au Musée canadien de l’histoire à Gatineau – la première d’une série de cinq. Intitulée Reflets d’il y a 150 ans, elle présente un portrait fascinant de la vie quotidienne au Canada en 1867. On y trouve 32 artéfacts tirés de notre collection et neuf de celle du Musée, le tout agrémenté d’éléments interactifs.

Le Musée des beaux-arts du Canada expose quant à lui plusieurs photos tirées de notre collection dans deux salles réservées à cette fin.

Finalement, j’ai le plaisir de vous annoncer que Bibliothèque et Archives a conclu une entente de collaboration d’une durée de cinq ans avec le Musée Glenbow de Calgary. À compter de mars 2018, nous y présenterons des portraits tirés de notre extraordinaire collection, dans une salle qui nous sera réservée.

Nous explorons aussi la possibilité de présenter de nouvelles expositions au Quai 21 (à Halifax) et à la Bibliothèque publique de Vancouver, dans le cadre des ententes de colocation que nous avons signées avec ces deux établissements cette année.

Au total, plus de 350 articles de notre collection seront prêtés l’an prochain.

Nous savons tous que la programmation publique requiert des ressources et du temps. C’est pourquoi je pense que vous aimerez entendre cette prière des archivistes, que j’ai trouvée sur Pinterest :

« Donnez-moi la sérénité d’accepter les collections que je ne peux refuser.

Le courage de décliner les offres qui peuvent l’être. Et le financement requis pour traiter l’arriéré. »

Sur une note plus sérieuse, même si je chante les louanges de la technologie, force est de constater qu’elle nous pose aussi des défis. Et pour les archives, ces défis se trouvent sur deux fronts : l’utilisation croissante du numérique et la hausse des consultations sur place.

Plus les gens utilisent le Web pour découvrir nos collections, plus ils ont envie de nous rendre visite en personne. Les services d’archives n’avaient pas pour habitude d’ouvrir leurs portes au grand public. Mais les choses changent.

Le Programme pour les collectivités du patrimoine documentaire, lancé en 2015, fournit du financement aux services d’archives ainsi qu’à d’autres organisations du patrimoine documentaire, non seulement pour qu’ils préservent et organisent leurs collections, mais aussi pour qu’ils y donnent accès.

Le Programme connaît un vif succès et ne montre aucun signe de ralentissement.

À ce jour, nous avons financé des organisations aussi diverses que l’Inuit Broadcasting Corporation (un radiodiffuseur du Nunavut), la Jewish Historical Society du sud de l’Alberta, la fondation du Women’s College Hospital et les Canadian Lesbian and Gay Archives, pour ne nommer que celles-là. Leur point commun? Elles veulent toutes rendre leurs collections accessibles au public.

Les organisations ayant reçu du financement grâce au Programme ont accompli un travail fantastique.

La Société d’histoire du Manitoba a numérisé et mis en ligne des centaines de témoignages locaux inédits, qui sont maintenant à la portée des Manitobains et de tous les Canadiens.

La Queer Heritage Initiative du Nouveau-Brunswick, quant à elle, a reçu du financement pour rassembler des archives qu’elle partagera sur le Web afin de mieux faire connaître la communauté queer (allôsexuelle), un groupe dynamique et en plein essor.

Enfin, l’Institut culturel Avataq a numérisé et décrit les fonds privés de deux figures marquantes du Nunavut, Yves Michaud et Georges Filotas. Le fonds de M. Filotas se compose d’enregistrements audio originaux sur des projets liés à l’autonomie politique du Nunavik et sur le développement de la communauté inuite dans les années 1960 et 1970.

Fascinant, n’est-ce pas?

Bien sûr, ces projets touchent surtout la sphère virtuelle, mais n’oublions pas que l’activité dans une sphère nourrit l’intérêt pour l’autre.

La British Library en est bien consciente, elle qui a déclaré dans son énoncé de vision pour 2015-2023 :

« Plus la technologie s’implante dans nos vies, plus les échanges en personne et les contacts avec les artéfacts prennent de la valeur, ces deux sphères se nourrissant mutuellement. »

Cela vaut aussi pour les services d’archives; gardons donc ces paroles en mémoire alors que nous entamerons bientôt la quatrième année du Programme pour les collectivités du patrimoine documentaire.

En recourant à une approche collaborative, nous pouvons mieux préserver de précieuses collections et les faire découvrir à un plus grand nombre de Canadiens. Nous pouvons réunir des fragments de notre histoire, un peu comme on assemble les pièces d’un casse-tête. Des portraits plus complets peuvent alors s’en dégager; un nouveau contexte peut émerger; ou encore, des familles peuvent découvrir leurs racines.

Je pense à un autre exemple : la numérisation des dossiers des Canadiens ayant participé à la Première Guerre mondiale.

Ces dossiers constituent une mine de renseignements pour les chercheurs en généalogie et en histoire. Chaque année, plus de 3 000 personnes communiquent avec nous pour les consulter. Or, les originaux sont très fragiles. Pour les protéger, notre personnel les numérise et les publie sur notre site Web, semaine après semaine.

En date d’octobre, 502 740 dossiers avaient été numérisés, ce qui représente 78 % de notre objectif. D’ici la fin de 2018, la totalité des 640 000 dossiers sera accessible en ligne.

Certains portent sur des soldats devenus célèbres, comme Frederick Banting, qui a découvert l’insuline; le légendaire joueur de hockey Frank McGee, qui était borgne; et Grey Owl, l’un des tout premiers écologistes. D’autres concernent des soldats moins connus, mais dont les familles peuvent vouloir obtenir des informations.

C’est l’un de nos plus gros projets de numérisation à ce jour, et aussi l’un de nos plus populaires.

Comme les archives sont au cœur de ce projet, le public sait qu’il aura accès à des renseignements authentiques et véridiques. Car les archivistes ont la réputation d’être des conservateurs fiables, dont le travail est basé sur des faits. À l’ère des fausses nouvelles et des faits alternatifs, ce n’est pas rien!

J’ai d’ailleurs abordé ce sujet lors d’une table ronde organisée avec le Globe and Mail, le 16 octobre dernier.

La désinformation menace nos droits, nos institutions démocratiques et notre capacité de nous informer et d’informer nos enfants. Et devant l’ampleur que prend ce phénomène, je ne crois pas que les archivistes peuvent s’offrir le luxe de rester en marge du débat.

Avec autant de ressources à leur disposition, ils ont le devoir d’aider leurs concitoyens à y voir clair. Car comme le dit si bien la maxime Qui sentit commodum, sentire debet et onus : avec les ressources, viennent les responsabilités.

En tant que gardiens de l’information véritable et véridique, nous avons un rôle vital à jouer.

***

Je vous ai transmis beaucoup d’information aujourd’hui et je vous remercie de votre attention.

Nous avons ouvert le bal avec les huit principes directeurs qui guident l’acquisition des archives privées et nous l’avons clos en parlant de faits alternatifs et de fausses nouvelles. Tout un changement de cap!

Mais en est-ce vraiment un? À bien y penser, de par la nature de notre travail, nous sommes bien ancrés dans la réalité. Nous faisons jaillir la petite et la grande histoire, sans filtre, avec des faits qui parlent d’eux-mêmes.

En guise de clin d’œil au grand Sam Cooke, qui chantait « don’t know much about geography », j’ai intitulé mon allocution « Géographie, vous dites? ».

Je plaisantais, bien sûr : nous connaissons bien la géographie et nous reconnaissons son importance au moment de choisir quelle institution est la mieux placée pour faire l’acquisition d’archives privées. Un choix qui doit se prendre en tenant compte de l’emplacement géographique et du lien entre le lieu choisi et les documents à acquérir.

Ce travail, nous devons le faire en collaboration, au-delà des frontières de nos institutions respectives. Pour trouver le meilleur endroit où conserver les archives et pour trouver notre place dans le monde de demain.


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