Allocution prononcée devant la Communauté des régulateurs fédéraux

Discours

Priorité au discours prononcé
11 décembre 2017

Bonjour à tous. Merci de m’avoir invité à vous parler aujourd’hui.

Permettez-moi de commencer par dire que j’ai essentiellement trois emplois. Aujourd’hui, je remplis les fonctions de ces trois postes. En premier lieu, je suis sous-ministre du premier ministre; je dirige un ministère et je participe à la prestation de services à ce ministre. En deuxième lieu, je suis aussi le secrétaire du Cabinet; à ce titre, j’assiste aux conseils des ministres et j’observe 30 ministres débattre et délibérer sur les dossiers qui concernent notre pays.

Enfin, en troisième lieu, en tant que chef de la fonction publique, j’ai l’occasion d’attirer l’attention sur cette vaste institution qui emploie un merveilleux groupe de fonctionnaires.

Je tiens à signaler, et en passant c’est quelque chose que vous pourrez dire à ces cousins et voisins qui ne cessent de vous demander ce que c’est que de travailler dans la fonction publique, que cette année l’Institute for Government a mesuré l’efficacité des fonctions publiques dans le monde. D’après la conclusion du rapport, dans lequel 31 pays ont été étudiés au moyen d’une série de méthodologies, nous sommes la fonction publique la plus efficace au monde. Félicitations à vous tous, puisque vous faites partie de cette merveilleuse institution.

Nous sommes une organisation qui apprend et, pour employer la métaphore de l’intelligence artificielle, je dirais que le logiciel apprend sur le tas. Il en est de même pour nous. Il faut aussi tenir compte de la boucle de rétroaction. Qu’il s’agisse des agents et des comités du Parlement, des intervenants, des médias, des syndicats et des groupes d’employés ou encore des sondages des fonctionnaires, nous recevons beaucoup de rétroaction. Pour rester efficaces, nous devons être réceptifs à cette rétroaction et apprendre.

Bien sûr, il nous arrivera de trébucher, comme dans le cas du système de la paye; mais nous nous remettrons sur nos pieds. Nous tirerons les enseignements voulus, nous passerons à autre chose et nous ferons mieux.

La fonction publique est une institution diversifiée; elle offre de nombreuses possibilités de carrière. Au sein de la fonction publique, il y a de solides réseaux de gens appartenant à diverses sphères de travail : les communications, les sciences, la TI et les données, le juridique et ainsi de suite. Il est extrêmement utile, pas seulement pour vous, mais pour la fonction publique, que les gens qui s’occupent de la réglementation, le fassent ensemble.

Tous les efforts que vous faites pour bâtir des communautés de fonctionnaires plus solides rendent la fonction publique plus efficace. C’est pourquoi, année après année, nous continuons d’être l’une des fonctions publiques les plus efficaces de la planète.

En examinant votre programme, je peux dire que vous êtes en avance et que vous avez reconnu les tendances et les enjeux importants qui existent dans votre domaine de travail. Aujourd’hui, ici, je ne peux que confirmer que vos efforts sont pertinents. Alors que les ministres s’attaquent aux problèmes quotidiens, vous regardez aussi vers l’avenir, et vous devinez le type de conseil que vous pourrez leur donner d’ici cinq ou dix ans.

J’ai passé 16 ans dans la communauté des sous-ministres et j’ai eu l’occasion d’assister à de nombreuses réunions du Cabinet. En outre, je travaille dans l’administration depuis un bon moment déjà; d’après mon expérience, je dirais que la fonction publique est aux prises avec trois grandes tendances. La première, c’est le rythme, ainsi que l’accélération du rythme avec lequel il faut prendre les décisions; la deuxième, c’est qu’il est difficile de conserver la confiance des Canadiens et des Canadiennes – en tant qu’électeurs et électrices et en tant que contribuables; et la troisième, c’est que tout est mondialisé, et combien les choses influent les unes sur les autres dans un contexte international. Certains problèmes arrivent au Canada de l’extérieur et nous y remédions, comme nous l’avons toujours fait, en trouvant des solutions et des outils canadiens.

Ce pays est exceptionnel dans plus d’un domaine : la confection des lois, les services et la réglementation, pour n’en citer que quelques-uns. Des gens du monde entier viennent au Canada pour apprendre parce qu’ils aiment ce que nous avons. Par exemple, c’est le cas pour notre système de navigation aérienne ou la manière dont nous traitons les dossiers d’immigration.

Votre monde est lié à tout cela. En fait, le milieu de la réglementation est lié à beaucoup d’autres choses que nous faisons – du programme commercial au progrès scientifique et technologique.

Nous vivons dans un monde en constante évolution; j’espère donc que vous pourrez maintenir la cadence rapide, et qui va sans doute s’accélérer, du développement. Les domaines de la biotechnologie, des transports, de la « blockchain » et de l’intelligence artificielle généreront des produits, des services, des menaces et des dangers nouveaux pour notre milieu, mais aussi de grandes occasions.

Il faudra nous habituer à traiter les problèmes et à y réagir plus rapidement. À l’avenir, nous n’aurons peut-être pas le luxe, si nous ne l’avons jamais eu, de prendre le temps de mener des consultations approfondies et longues, ainsi que de faire des études scientifiques, avant de prendre des décisions. Nous serons peut-être dans un monde où les réponses seront plus répétitives et plus automatisées.

Cependant, nous continuerons à apprendre, à écouter et à communiquer. Nous passerons de 2.0 à 3.0, puis à 4.0. Comme pour les mises à jour des logiciels de cellulaires, les choses seront faites sur-le-champ parce que les politiciens ne seront pas en mesure de dire : « Ne vous inquiétez pas, nous vous donnerons une excellente réponse d’ici deux ans. »

Les gens s’attendent à ce que les gouvernements s’occupent de leur santé et de leur sécurité. Ils s’attendent à ce qu’ils créent des emplois et des débouchés pour leur famille. Au sujet de la confiance que j’ai mentionnée il y a quelques instants, les gens ont besoin de voir que le système protège leurs intérêts et que les décisions prises sont légitimes. Les décisions doivent donc être le résultat de processus justes. Les règles du jeu doivent être équitables et les dés ne doivent pas être pipés. Si les gens perdaient la confiance qu’ils ont dans le système, la fonction publique pourrait se désagréger. Les gens veulent avoir leur mot à dire dans la manière dont leur vie se déroule. Il est important de garder une certaine continuité. Les citoyens s’attendent à participer davantage aux décisions qui les concernent : les lois, les politiques, les services, la réglementation et la manière dont le gouvernement agit. Le résultat pourrait leur convenir totalement, ou ne pas leur convenir du tout, mais ils veulent être consultés et prendre part de manière active à la manière dont nous façonnons nos sociétés plus souvent.

En tant que régulateurs, vous devez créer des processus pour consulter les gens qui sont concernés par ces réglementations. Fréquemment, vous imposez des coûts, des exigences et des dates. C’est légitime. Mais les gens obtiendront, du marché ou des laboratoires, des conseils en temps réel sur l’efficacité et l’efficience, ainsi que sur ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Ainsi, ils seront à même d’aider à la formulation des mesures réglementaires de façons plus intelligentes et plus faciles à mettre en œuvre.

Cela dit, le message que je veux vous laisser aujourd’hui est le suivant : n’oubliez jamais l’intérêt public lorsque vous préparez une règlementation et lorsque vous la mettez en œuvre. Les fonctionnaires gèrent l’argent public, tiennent compte de l’intérêt public et ils ne doivent pas oublier les générations futures et les intérêts stratégiques à long terme. Le risque est que des intervenants mettent la main sur le milieu de la réglementation pour que la réglementation soit conçue dans leur intérêt au lieu de l’intérêt public. Par conséquent, nous devons envisager des moyens pour aider les ministres et les autres acteurs du système à ne pas perdre de vue l’intérêt public.

En grande partie, la réponse se trouve dans la transparence et la clarté du but. Il n’y a pas de mal à revenir en arrière et à se demander : « Qu’est-ce que nous essayons de faire? Quel est le but? Dites‑moi quel est l’objectif et nous pourrons discuter de la manière de l’atteindre. » Une fois que l’on a répondu à ces questions, nous devons envisager les conséquences pour la santé et la sécurité et nous finirons par parler de la gestion du risque, un sujet que votre communauté connaît bien. Nous poserons alors d’autres questions, comme « Comment mesurons-nous les résultats? Quels sont les outils qui permettent d’analyser les incidences et l’efficacité? Quelles données utilisons-nous? Quelles sont les boucles de rétroaction? » Nous devons éliminer les processus qui sont inefficaces et renforcer ceux qui sont efficaces. Et c’est pourquoi il faut mettre l’accent sur les résultats et l’exécution.

Cela me ramène à ce que je disais au sujet du rythme. Nous ne pouvons pas nous contenter de faire un examen des programmes tous les dix ans. Au fur et à mesure que nous évaluons ce qui est efficace et ce qui ne l’est pas, nous devons rapidement faire les choses différemment. S’il existe un meilleur moyen pour écrire un code ou pour mettre en œuvre un logiciel dans une autre province, en Australie, en Europe, en Amérique ou en Estonie, nous devrions le rapporter au Canada et le mettre en application le plus vite possible.

Nous vivons dans un monde qui évolue rapidement, où nous parlons de drones et de la prestation de services médicaux dans des collectivités isolées. Par exemple, les habitants de San Francisco se demandent si les robots livreurs de produits alimentaires vont encombrer les trottoirs. Ce n’est pas un débat qu’ils avaient il y a trois ans.

Lorsqu’on entre dans la fonction publique, on doit construire les outils permettant l’apprentissage continu, l’amélioration, le recyclage et la réaffectation.

Vous êtes tous très occupés, les Canadiens et les Canadiennes ont de nombreuses attentes et le gouvernement vous demande d’accomplir des tâches diverses. Mais vous avez des occasions de réseautage et de formation, ainsi que des outils en ligne. Grâce à cela, il y a des choses que vous pouvez faire en tant que communauté pour favoriser la discussion, l’encadrement et l’apprentissage les uns des autres. Si vous le faites, tout ira bien.

Si vous attendez que le greffier, le président du Conseil du Trésor ou le premier ministre trouvent la solution, vous pourriez attendre longtemps. Nous avons besoin de votre aide!

Il est important que vous travailliez sur les solutions et que vous nous disiez ce dont vous avez besoin. Nous voulons savoir ce qui selon vous est intelligent et pertinent; nous voulons connaître vos idées sur ce dont vous allez avoir besoin – cela comprend les conseils sur les modifications législatives ou les changements de politique. N’ayez pas peur de parler à votre haute direction, de parler entre vous, et de nous parler.

Nous avons besoin de savoir quel type de communauté vous souhaitez être. Vous êtes déjà l’une des communautés de réglementation les plus fortes au monde, vous appartenez à la meilleure fonction publique de la planète et vous vivez dans le meilleur pays au monde.

Merci beaucoup.


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