Notes d’allocution pour la séance d’apprentissage de la Communauté nationale des gestionnaires

Discours

Priorité au discours prononcé
14 décembre 2017

Je vous remercie de cette aimable présentation.

La fin d’une longue journée d’apprentissage approche. Je sais que ces activités sont souvent très exigeantes : beaucoup de choses à assimiler, qui alimenteront vos réflexions des prochains jours.

La fonction publique est occupée sur tous les plans, ces temps-ci, avec la réalisation de plus de 300 engagements énoncés dans les lettres de mandat, les programmes et les services, en plus de la gestion des crises et des situations d’urgence. Il n’y a pas d’îlot de tranquillité dans la fonction publique. Le fait que quelqu’un prenne un peu de son temps, de son énergie et de son dévouement pour rendre son milieu de travail un peu meilleur constitue un grand service pour le reste d’entre nous.

J’aimerais transmettre mes remerciements à Karen Ellis, championne de la communauté nationale des gestionnaires depuis quelques années, qui s’apprête à prendre sa retraite. Quelle merveilleuse leader et fonctionnaire, et quelle excellente championne pour votre communauté.

Cette année a été difficile, et pas seulement à cause de la charge de travail, du rythme ou de la demande, mais en raison du système de paye. Notre réputation en tant que fonction publique en a pris un dur coup. Nous avons beaucoup à faire en 2018 pour remédier à la situation, mais j’y reviendrai un peu plus tard.

Une de mes tâches, à titre de chef de la fonction publique, est d’agir comme champion et comme ambassadeur, mais je dois aussi nous rappeler dans quel état elle est. Et je puis vous assurer qu’elle est en très bonne condition.

Un groupe de réflexion du Royaume-Uni, l’Institute for Government, a évalué l’efficacité de 31 fonctions publiques de partout dans le monde. Il a pris des mesures, effectué des sondages et des mises à l’essai, et a conclu que, sur une échelle composée de l’efficacité, la fonction publique la plus efficace du monde était la vôtre. Félicitations! Vous avez de quoi être fier.

Il est intéressant que dans les autres pays qui nous accompagnent aux quatre premières places du classement, soit la Nouvelle-Zélande, l’Australie et le Royaume-Uni, on trouve un système de gouvernement de type britannique. Ce classement reflète également nos capacités, nos valeurs et notre aptitude à accepter les changements et à nous renouveler.

Quelques éléments contribuent à nous rendre aussi efficaces. D’abord, la rétroaction est omniprésente. Elle provient d’agents et de comités du Parlement, d’intervenants, des médias, de syndicats et de groupes d’employés, ainsi que de sondages. Nous recevons constamment des commentaires. Beaucoup de gens nous disent ce que nous aurions pu ou dû faire de meilleure façon. Et le tout, de façon transparente, comme dans le cas de vérifications et d’évaluations. Mais n’allez pas croire que je me plains. Je crois au contraire que, pour demeurer efficaces, nous devons être ouverts aux commentaires et en tirer des leçons, même s’il n’est pas toujours plaisant d’être évalué et, lorsque les résultats sont dévoilés, d’être la cible de critiques. Mais comme je l’ai dit, cette boucle de rétroaction est importante. Nous devons tomber de temps à autre afin de nous améliorer.

L’autre composante importante de notre efficacité est notre participation aux activités comme celle-ci. Les réseaux et les communautés contribuent à notre amélioration. Nous tentons constamment de renforcer nos efforts, au moyen de règlements, de politiques, d’actes de leadership ou de communications.

Je me suis joint à la fonction publique en 1981, avant l’Internet et les téléphones cellulaires. Avec le temps, nous nous sommes adaptés aux vagues de changements. Ne laissez personne vous dire avec nostalgie qu’il s’agissait de l’âge d’or de la fonction publique. Cette affirmation n’a rien de véridique! Aujourd’hui, le gouvernement fait preuve d’une transparence accrue par rapport à ses actes, ce qui découle de l’attention que la fonction publique porte à la rétroaction. Il reflète également davantage notre pays. Nous avons traversé des vagues et des vagues de changements au Canada.

Lorsque le pays tient une conversation nationale sur un sujet comme la maladie mentale, qu’il évolue, s’adapte et s’attaque à ses propres problèmes, nous devons être devant le peloton, pour diriger et refléter ce changement social, à titre de la plus grande organisation et du plus grand employeur et milieu de travail du pays.

Lorsque le pays décide qu’il doit s’atteler à la tâche et devenir plus écologique ou réduire ses effets sur l’environnement, le gouvernement fédéral doit également s’investir, comme nous l’avons fait par notre engagement à réduire de 80 % nos émissions de gaz à effet de serre.

J’aimerais aborder certains sujets auxquels je vous demande de réfléchir, en tant que gestionnaires et dirigeants. Tout ce à quoi nous aspirons au sein des 304 organisations fédérales composées de 260 000 fonctionnaires se résumera à l’interaction entre les superviseurs de première ligne, les équipes et les unités de travail. Vous êtes au cœur de tout ce que nous voulons accomplir au sein de la fonction publique, particulièrement pour ce qui est de favoriser le leadership et le changement, et si celui-ci se produira ou non.

Nombre des questions de gestion difficiles qui se posent sont liées à la culture, aux tendances relatives aux comportements, aux attitudes et aux attentes. Il ne s’agit pas de problèmes techniques. Il est possible de se familiariser avec Twitter. Il est possible d’apprendre toutes sortes de choses techniques. Mais la modification ou le renforcement des valeurs d’une organisation est ce qu’il y a de plus difficile. Et c’est notre responsabilité, à titre de leaders des 260 000 autres fonctionnaires.

Il est très clair que le bien-être au travail, la santé mentale, le harcèlement et la discrimination sont intimement liés. Le stress lié à la charge de travail et l’absence d’orientation, ainsi que de communication, peut constituer un facteur qui contribue aux problèmes de santé mentale. Il en va de votre responsabilité, en tant que superviseurs et de gestionnaires, de repérer les problèmes et d’intervenir pour assurer le bien-être de vos équipes. Vous jouez un rôle important dans le bien-être dans votre lieu de travail. Cela fait partie de votre rôle comme chef des personnes avec qui vous travaillez.

Par ailleurs, nous avons parfois tendance à éviter le risque en matière de recrutement. Devons-nous nous fier à l’expérience, ou chercher quelqu’un qui est simplement prêt à travailler dès le premier jour? Cette façon de faire peut se traduire par l’élimination de candidats en raison de leur manque de titres de compétences ou de diplômes. Peut-être est-ce parce qu’ils n’ont pas déjà occupé le poste pour lequel ils postulent. Peu importe, cela nous sert très mal. Nous vivons dans un monde où il faut embaucher en fonction du potentiel. Il faut embaucher en fonction de l’énergie et des valeurs. Les compétences techniques seront acquises. Il est impossible d’être prêt à sa première journée. Il faut cependant être capable de s’adapter. Ces caractéristiques ne s’évaluent pas facilement, et nous travaillons avec la Commission de la fonction publique et d’autres intervenants pour trouver comment corriger cette situation. Il est simple de regarder les diplômes et les titres de compétence. Ce ne l’est pas d’examiner le potentiel, l’énergie et les valeurs. Mais c’est la direction que nous devons prendre. Courez le risque avec une personne si vous croyez qu’elle possède ce qu’il faut. Si vous travaillez tous ainsi, imaginez les bienfaits cumulatifs à l’échelle de la fonction publique.

Vous devriez chercher la diversité et des équipes composées de personnes ayant des qualités, des personnalités et des habitudes de travail différentes. Observez la façon dont les personnes apprennent. Si vous embauchez un groupe de clones de vous-mêmes, il vous sera impossible d’en tirer le meilleur. Vous avez besoin de gens qui remettent en question et qui brillent. Vous devez mobiliser cette diversité de points de vue et d’expériences de vie.

Il serait probablement profitable à vos équipes que vous deveniez excellents dans la présidence de réunions. En raccourcissant de 10 % la durée des réunions, par exemple en allant plus directement au but ou en trouvant une solution à la question à l’étude, le temps gagné équivaudrait à l’ajout d’un grand nombre de ressources. Les meilleurs leaders avec lesquels j’ai travaillé et desquels j’ai appris possédaient un véritable talent en ce qui concerne la gestion du temps.

La capacité à définir les orientations et à prendre des décisions constitue une autre compétence importante. Les gens aiment la clarté. Ils veulent connaître les échéances et les attentes. Personnellement, j’ai bâti toute ma carrière sur des listes et des calendriers. Ne soyez pas le héros qui accomplit toutes ses tâches dans les 48 dernières heures. Cela ne servira qu’à brûler votre équipe. La planification prospective, la rétroingénierie et la réflexion sur les besoins des six prochains mois permettent d’accomplir beaucoup.

Voilà ce à quoi les gens s’attendent de vous. Si vous hésitez, vous ajoutez au niveau de stress sous-jacent de vos équipes, ce qui finira par paraître. Cela se manifestera dans la santé de votre équipe et le taux d’absence des employés.

Je suis certain que vous vous demandez comment grimper jusqu’en haut de l’échelle. Presque toujours, et je me base sur les carrières que j’ai vues stagner ou s’éteindre, le cheminement est tributaire de la gestion de personnes. Vous devez avoir un bon esprit d’équipe et travailler avec vos collègues horizontalement et verticalement. Vous devez être capable de prendre des décisions difficiles, de fournir de la rétroaction et de gérer les problèmes de discipline ou de rendement. Tout repose sur la collaboration et le partenariat. Voilà qui peut être ardu, mais j’ai confiance en vous.

Je vous en ai demandé beaucoup, et je vous prierais de me suivre encore un peu et de m’aider avec une dernière chose : les problèmes de paye. Je voudrais que vous vous assuriez que vos employés savent où trouver de l’aide. Ils doivent connaître tous les services offerts par vos ministères et vos organisations. Si vous êtes gestionnaire détenant le pouvoir délégué en vertu de l’article 34, vous devez traiter toute transaction nécessitant votre approbation. Ne partez pas le vendredi soir si ces transactions ne sont pas signées. Traitez-les, et restez jusqu’à ce que tout soit terminé. Vous aurez ainsi une incidence sur la rapidité avec laquelle les gens seront payés. Vos gestes comptent. Si vous avez un peu de temps libre au cours de la période des Fêtes, plus tranquille, réglez toutes les questions liées à l’article 34. Déterminez où en sont vos dossiers, et faites votre possible pour réduire l’arriéré. Je vous le garantis, vous changerez les choses.

Nous en sommes à une période de l’année où nous réfléchissons aux douze mois précédents. L’année 2017 a constitué le 150e anniversaire de la Confédération. Il s’agissait aussi du 150e anniversaire de la fonction publique. Générations après générations, nous avons servi, alors que le monde et notre pays se transformaient. Malgré les changements au gouvernement, au Parlement et au Cabinet, nous sommes encore là, dans la continuité des valeurs et du service. Nous sommes la fonction publique la plus efficace de la planète.

Vous devez tirer une grande fierté de diriger les personnes qui travaillent dans la meilleure fonction publique au monde et de contribuer à un pays très remarquable.

Merci. Thank you. Miigwech.


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