Allocution de Michael Wernick, greffier du Conseil privé, à l’occasion des Prix Michelle C. Comeau

Discours

Michael Wernick, Greffier du Conseil privé

Priorité au discours prononcé

Bonsoir à tous. Je suis heureux de me trouver parmi vous. Merci à tous ceux qui ont organisé cette soirée. C’est l’une de mes préférées.

Je serai bref, puisque je préfère laisser rapidement la place à la célébration et à la reconnaissance. Nous prenons trop rarement le temps de bien reconnaître les réalisations de nos collègues. D’ailleurs, je remercie Anne-Marie Smart [dirigeante principale des ressources humaines] et Patrick Bourbey [président, Commission de la fonction publique] pour leur leadership.

Merci, Monique, d’avoir rappelé ces beaux souvenirs de Michelle. Je me souviens bien d’elle, autant comme collègue que comme amie. Elle était une fonctionnaire remarquable, et ceux d’entre vous qui repartiront avec une plaque portant son nom ont de quoi être fiers. Michelle était une leader formidable, et je m’estime chanceux de l’avoir connue et d’avoir travaillé avec elle.

À titre de greffier, je porte trois chapeau. Je suis sous-ministre auprès du premier ministre. Je dirige un ministère de 900 fonctionnaires dont je me soucie du bien-être tous les jours. Chez nous, le premier ministre fait office de ministre, ce qui, à cet égard, correspond de près à la réalité de n’importe quel autre ministère.

Je suis également secrétaire du Cabinet. Dans ce rôle, je tente de faire en sorte que 30 hommes et femmes se rencontrent chaque mardi matin lorsque la Chambre siège, et qu’ils prennent des décisions au nom des Canadiens. Nous sommes choyés de vivre dans une démocratie au sein de laquelle nous choisissons nos propres dirigeants qui, à leur tour, respectent la primauté du droit dans un cadre constitutionnel. Ils prennent les décisions et nous soutenons ce processus. Le fait de pouvoir participer à cela est une source de grande fierté.

Mon troisième rôle, et celui que je chéris le plus, est celui de chef de la fonction publique. Ce rôle me permet d’être un porte-parole, un défenseur et un ambassadeur pour vous tous. J’ai l’occasion de présenter chaque année un rapport sur l’état de la fonction publique, dans lequel je parle de vous et de vos réussites.

Comme vous le savez peut-être, j’ai récemment déposé le 25e rapport, mon troisième à titre de greffier. Je suis certain que vous avez visité mon site Web, suivi les médias sociaux et lu le rapport. Cette année, nous avons misé sur une version du rapport en format numérique, et laissez-moi vous dire que cette version du rapport est bien meilleur que celle en papier. Cependant, pour ceux d’entre vous qui le préfère, je continue aussi de fournir des exemplaires en papier.

Le rapport de cette année souligne vos témoignages et vos réussites. Il ne s’agit pas de mes réussites, mais des vôtres. Il s’agit de témoignages de membres de la fonction publique du Canada, des témoignages dont les Canadiens n’entendent pas suffisamment parler.

En cette Journée de la liberté de la presse, permettez-moi de dire quelques mots au sujet des journalistes. Ils ont tendance à se concentrer sur ce qui va mal et ce qui fera la manchette. Les articles qui portent sur les bonnes nouvelles ne reçoivent habituellement pas beaucoup d’attention. Peut-être est-ce pour le mieux.

De notre côté, nous pouvons compter sur de nombreuses boucles de rétroaction, non seulement de la part de journalistes, mais aussi de représentants du Parlement, de parlementaires, d’intervenants et de membres du public. La rétroaction en temps réel nous permet de porter un regard sur nos actions et de déterminer la façon de nous améliorer. Il s’agit parfois d’un processus frustrant, qui peut aussi être un peu démoralisant. Cependant, cette rétroaction est une force positive car nous écoutons, nous apprenons et nous engageons les Canadiens. Elle doit être la bienvenue. Après une chute, comme dans le cas du système de paye, il faut savoir se relever et tirer les leçons qui s’imposent. Il faut s’engager à s’améliorer et aller de l’avant.

Voilà pourquoi, lorsqu’on classe les fonctions publiques du monde entier—comme l’a fait un groupe de réflexion l’an dernier lorsqu’il ont examiné 32 fonctions publiques dans le monde—celle qui arrive en tête de classement, c’est vous. Vous êtes la fonction publique la plus efficace au monde. Je crois que cela mérite une main d’applaudissement.

Les priorités du greffier ne sont pas importantes parce qu’elles sont les miennes. Elles sont importantes parce qu’il s’agit de vos priorités, et des attentes des Canadiens. Je ne sers que de courroie de transmission. Les Canadiens ont des attentes, et au cours des années, elles ont changé ; elles ont augmenté. Les Canadiens comptent sur nous pour conseiller nos gouvernements sur la façon de fournir des services. Tous ces règlements, ces lois, ces politiques et ces négociations commerciales dont vous entendez parler – les fonctionnaires y mettent beaucoup d’efforts pour les appuyer. En effet, 260 000 fonctionnaires se présentent au travail tous les jours pour essayer de rendre notre pays meilleur, plus sécuritaire, plus prospère et plus inclusif. Nous excellons parce que nous ne sommes jamais satisfaits et que nous cherchons toujours à nous améliorer.

J’essaie de rencontrer régulièrement des fonctionnaires, de parler avec eux de ce que nous pouvons améliorer. De concert avec Anne-Marie Smart et d’autres encore, nous avons discuté avec des gestionnaires, des responsables de la réglementation, des avocats, des communicateurs et des scientifiques. Les communautés sont nombreuses et diverses à la fonction publique. Nous sommes à leur écoute pour savoir ce que nous pouvons faire pour leur faciliter la tâche, savoir comment accroître leur efficacité au profit des Canadiens. Il s’agit d’un processus continu.

Une des communautés qui joue un rôle essentiel dans notre succès, c’est la communauté des ressources humaines. Les fonctionnaires ne peuvent pas faire ce qu’ils font sans vous. Il importe de nommer la bonne personne au bon poste au bon moment. Nous devons développer et recruter de nouveaux talents. Nous devons dénicher ces Canadiens qui sont prêts à se joindre à nous, à servir leur pays, à faire une différence. C’est de façon judicieuse que nous devons sélectionner les candidats puis les recruter. Nous devons nous doter de systèmes d’apprentissage car les gens ne peuvent faire une carrière de 35 ans en s’en tenant seulement à ce qu’ils ont appris sur les bancs d’école. Vous devez sans cesse renouveler vos connaissances et vos compétences. La clé? Doter la fonction publique d’un système d’apprentissage. Et c’est aussi de façon judicieuse que nous devons choisir nos leaders de demain afin de bien choisir ceux que nous voulons former et faire gravir les échelons et auxquels nous voulons attribuer de plus grandes responsabilités. Nous devons aussi régler les problèmes de rendement tout en s’assurant qu’il y a des boucles de rétroaction de sorte que les gens sachent ce qu’on attend d’eux et si nous sommes satisfaits de leur travail. Nos commentaires doivent être vrais, sincères.

Je pourrais continuer encore longtemps, mais c’est votre domaine. Vous fournissez à tous les fonctionnaires les outils et la possibilité de faire ce qu’ils font pour les Canadiens. Et c’est important. Il s’agit d’une bonne communauté, et vous devriez être fiers de ce que vous faites car jamais nous ne pourrions être la fonction publique la plus efficace au monde sans une solide communauté des ressources humaines. Cette communauté compte de 5 000 à 6 000 personnes qui fournissent des services en ressources humaines à tous leurs collègues fonctionnaires. 

Je crois qu’il y a une espèce de légende urbaine qui circule que vous serez tous remplacé par des robots et des algorithmes. Tenez-vous-le pour dit : ça n’arrivera jamais car nous serons toujours une fonction publique à dimension humaine.

Les gens veulent apprendre et s’épanouir. Ils vivront des conflits. Ils ont des aspirations. Ils ont des problèmes de santé mentale. Nous devons composer avec des problèmes en tout genre. Cela n’a rien à voir avec des algorithmes. Notre raison d’être, c’est les gens. Ce sont les êtres humains qui nous animent. Voilà pourquoi nous nous préoccuperons toujours de la gestion des personnes et des ressources humaines. 

L’un des défis que nous serons tous appelés à relever sera de naviguer sur la vague du changement technologique. Qu’il s’agisse des téléphones intelligents, de l’Internet ou de la prise de décisions facilitées par l’intelligence artificielle. De fait, cette vague, on la sent déjà, que ce soit dans les industries du taxi et de l’hébergement, chez les concessionnaires automobiles, et dans votre façon de magasiner. On la sent aussi dans les services aux clients assurés par la fonction publique. En fin de compte, cela touche aussi la façon de pratiquer les Ressources humaines. J’estime qu’il en résulte des occasions considérables d’assurer, en temps opportun, une excellente prestation de services exactes et utiles à nos clients. Un des secteurs de croissance le plus important pour les gens sera le secteur des services consultatifs. Nous devrons composer avec des problèmes de santé mentale, des problèmes de recours et de discipline, de harcèlement, de conflits en milieu de travail et de relations de travail. Nous allons tenter d’aider les gens à réaliser leur potentiel, ainsi qu’à s’épanouir et à se développer comme individus et leaders. 

Cette semaine, j’ai souvent répété la phrase suivante : nous devons passer de la diversité à l’inclusion. La diversité est un fait. Il suffit de se rendre dans une école secondaire, une université ou au coin de la rue pour constater que le Canada est déjà diversifié. L’inclusion, par ailleurs, est un choix. C’est un geste. On écoute chaque voix, chaque talent. On l’invite à participer. C’est facile à dire mais difficile à faire. Ça remet en question nos habitudes, des processus, des hiérarchies et des règles. Nous devrons être beaucoup plus agile et plus souple, non seulement pour mobiliser le grand public canadien mais aussi les Canadiens qui travaillent parmi nous.

Les occasions sont nombreuses. C’est une époque excitante pour vivre au Canada quand on compare notre situation à ce qui se passe ailleurs. C’est aussi une époque exceptionnelle pour faire partie de la meilleure fonction publique au monde. J’espère que vous trouvez que c’est aussi un excellent moment pour faire partie de la communauté des ressources humaines qui dessert tant les autres membres de la fonction publique que l’ensemble des Canadiens.

Vous devriez être très fiers de ce que vous accomplissez. Et vous devriez être inspirés par les merveilleux exemples des gens qui seront bientôt devant vous pour recevoir votre reconnaissance.

Je tiens à féliciter les lauréats mais aussi toutes les personnes que leurs pairs ont mises en candidature – sachez que j’ai lu toutes les candidatures. Quelle brochette extraordinaire de réalisations pour l’ensemble de votre communauté qui illustrent bien ce que vous accomplissez chaque jour pour les Canadiens.

Merci beaucoup. Miigwetch.


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