Allocution de Michael Wernick, greffier du Conseil privé, au Symposium de l'Association professionnelle des cadres (APEX) de 2018

Discours

Le 29 mai 2018
Michael Wernick, greffier du Conseil privé

Priorité au discours prononcé

Bonjour tout le monde. Je suis ravi d’être ici avec vous. Je vais seulement vous adresser quelques mots car ce que je veux réellement, c’est échanger avec vous. J’aimerais entendre votre rétroaction, vos commentaires et vos questions. C’est la meilleure façon de tirer le maximum du temps qu’on passe ensemble.

C’est ma troisième participation à cet évènement depuis que je suis devenu secrétaire du Cabinet et greffier. C’est toujours un grand plaisir d’avoir ce type d’échange avec la communauté des cadres supérieurs. Il s’agit également d’une occasion de vous informer sur l’année qui vient de se terminer et de discuter d’où nous sommes maintenant, et là où nous nous dirigeons. Cependant, comme je l’ai mentionné, je serai bref et je n’ai pas l’intention de présenter beaucoup de matériel ou de détails. Je vous encourage plutôt à lire mon rapport au premier ministre, mon troisième en tant que greffier.

Environ 35 de mes discours et présentations sont aussi disponibles sur mon site Web, vous pouvez donc aller voir ce que j’ai dit aux différentes communautés. Au cours de l’année, j’ai parlé à des scientifiques, des experts de réglementation, des avocats, et demain, je vais parler à la communauté de sécurité. L’APEX représente toujours un moment fort pendant l’année.

Laissez-moi commencer par où le monde en est, où se trouve le gouvernement dans son mandat et où nous en sommes comme fonction publique. Vous pouvez commenter n’importe lequel. C’est important, de temps en temps, de prendre du recul et de regarder la situation dans son ensemble. Cela permet d’avoir un contexte et un peu de réconfort et de consolation lorsqu’on traverse une période difficile. Cela aide aussi à voir où nous en sommes et ça me donne beaucoup de confiance et d’optimisme.

L’année qui vient de s’écouler a été une autre année — et je vais être un peu dramatique, mais je crois vraiment en ceci — marquée par la lutte mondiale entre les forces de l’ouverture et de l’inclusion, de la primauté du droit, de la démocratie et du commerce fondé sur les règles, et les forces qui alimentent la polarisation, la séparation et l’intolérance, et la fermeture d’esprit.

Ce fut une année mitigés pour le monde. Certains pays ont reculé et pour d’autres, ces choses se sont terminées à égalité. C’est un vrai plaisir—et j’en tire beaucoup de satisfaction—de pouvoir dire qu’un an plus tard, le Canada se trouve catégoriquement toujours parmi les dirigeants du camp de l’ouverture et de l’inclusion.

Nous sommes ouverts au commerce, à l’investissement et à l’immigration. Nous sommes également ouverts aux idées. Ce ne sont pas toutes les sociétés, ni même certains de nos partenaires qui peuvent dire cela. Nous vivons toujours dans un endroit où les Canadiens sont régis par la primauté du droit avec un système judiciaire indépendant, des élections libres et équitables, une liberté de presse et une législature vigoureuse. Malheureusement, il y a des pays qui ont perdu du terrain sur ces éléments.

Aujourd'hui, nous sommes mis à l’épreuve par la liberté de presse, un mandataire du Parlement et une législature sur quelque chose que nous aurions dû faire mieux et c’est tout un coup. Mais je préfère ça à l’alternatif. Je suis heureux d’avoir une législature vigoureuse, des mandataires du Parlement, la liberté de presse, et que les Canadiens s’attendent à ce que nous satisfaisions aux normes les plus élevées pour les services que nous offrons et le soutien que nous offrons à notre gouvernement. La boucle de rétroaction — et elles sont nombreuses — nous informe quand nous aurions pu faire mieux et nous indique la voie à suivre pour y parvenir.

Il est toujours possible de s’améliorer. Il est important de tirer des leçons de nos échecs. Il est important de redoubler notre énergie et notre engagement envers les Canadiens et d’aller de l’avant. Ça me fait plaisir de parler de ces défis et occasions.

Franchement, j’accorde beaucoup d’attention à notre propre psychologie. Une bonne partie de l’humeur dans cette pièce est probablement dictée par les échecs, les problèmes et les défis. Il s’agit d’un phénomène de la nature humaine : nous avons tendance à oublier les réalisations, les choses qui se sont bien passées et les choses qui ne sont pas d’un grand intérêt pour les médias.

Une bonne partie de ce que fait la fonction publique ne suscite pas l’intérêt des médias parce que ce sont simplement les choses de tous les jours que nous faisons, les services que nous fournissons. Des choses sont construites et fournies, des programmes sont améliorés et des lois sont mises à jour. Il y a un petit conflit politique comme il doit en avoir dans une démocratie, mais normalement, nous ne sommes pas le centre d’attention et nous ne devrons pas l’être.

Malgré nos échecs, ce fut une année incroyable. Nous sommes aux trois quarts du mandat du gouvernement. Les élections auront lieu dans à peu près 500 jours, il ne reste que quelques semaines à la session parlementaire, puis une autre saison, un budget, et l’été prochain, nous serons en période préélectorale jusqu’à l’élection du 20 octobre 2019.

Les Canadiens évalueront le travail du présent gouvernement et décideront s’ils veulent le garder ou le changer. Comme je l’ai dit, je suis heureux de vivre dans un pays où nous avons ce choix. Ce n’est pas donné à tout le monde. Certaines personnes meurent dans les rues de leur pays en tentant d’obtenir le droit de choisir leur gouvernement.

Parfois, les Canadiens sont complaisants sur les valeurs de la démocratie. Un des enjeux qui a émergé au cours de la dernière année est la défense de notre démocratie, la défendre des menaces étrangères et au pays, de ceux qui veulent nous diviser et ceux qui s’attaqueront aux institutions du gouvernement, notamment notre processus électoral, nos tribunaux, notre presse et la fonction publique. Nous devons être vigilants et ne jamais tenir ces institutions pour acquises. Actuellement, je suis très préoccupé par l’interférence dans notre vie démocratique. Les fonctionnaires doivent contribuer à la protéger, la défendre et la promouvoir.

Je ne serai pas en mesure de toucher à toutes les réalisations de la salle parce qu’elles ont tendance à devenir de simples souvenirs. Comme on dit, votre dernière annonce fait votre réputation, mais de grosses choses se sont produites pendant l’année. La tendance montre que le gouvernement a rempli une grande partie de son mandat et de ses promesses électorales. Tous les engagements pris auprès des Canadiens se trouvent sur le site Web du gouvernement, et nous avons commencé à mesurer, à évaluer et à partager les progrès sur ces engagements sur le <a href=" https://www.canada.ca/fr/conseil-prive/campagnes/mandat-suivi-resultats-canadiens.html">site Web du Suivi des lettres de mandat</a>.

Ottawa est une ville où on récolte au printemps et au début de l’été. Certains d’entre vous le ressentent au cours du printemps. Plusieurs gros dossiers reviennent du Parlement, de la Chambre et du Sénat. Il s’agit d’une expérience nouvelle pour certains d’entre nous. Il s’agit d’importantes initiatives pluriministérielles complexes. Ce n’est pas banal. Par exemple, il y a eu une révision complète des lois relatives à la sécurité nationale et de notre législation sur l’évaluation environnementale, ainsi que la création d’institutions nouvelles et rénovées sur les incidences et la réglementation en matière d’environnement.

De plus, nous évoluons vigoureusement vers le monde de la science et de l’innovation. Vous y avez touché dans votre programme d’aujourd'hui. Nous sommes rendus aux super grappes, aux programmes d’innovation, à la consolidation complète et à la simplification du soutien aux programmes opérationnels. Beaucoup de choses vont de l’avant, essayant d’avoir le contrôle de la nouvelle économie, dont je sais que vous parliez dans votre programme.

Un des éléments fondamentaux que tout gouvernement voudra effectuer est la création d’emplois, de richesse, d’occasions et de revenus qui paient pour les services publics. Pouvons-nous procéder ainsi dans l’économie des années 2020 et 2030? La loi sur le cannabis pourrait revenir du Sénat la semaine prochaine. Il s’agit d’un autre gros projet et le monde surveille le Canada. Lorsqu’on fait les choses correctement, d’autres pays suivront sans aucun doute. Des accords commerciaux avec l’Europe et l’Asie sont maintenant à la phase de mise en œuvre. Nous sommes également bien avancés dans la mise en œuvre de la politique de défense et la politique en matière de développement international. Toutes deux ont été lancées l’année dernière.

La négociation de l’ALENA, qui est importante sur le plan existentiel pour les Canadiens et essentielle à notre richesse et prospérité, est en cours. Nous sommes à la table avec les Américains et les Mexicains pour essayer de trouver une façon de faire dans un environnement très difficile. Je suis heureux de dire que ces négociations se déroulent dans un formidable partenariat entre le côté politique et la fonction publique, et nous avons sans aucun doute la meilleure politique commerciale et la meilleure équipe de négociations commerciales sur la planète. Je le sais parce que les autres pays essaient toujours de nous la voler.

Vous devriez être fiers de cela. C’est ce qu’on appelle protéger nos foyers et nos droits. C’est défendre les intérêts canadiens et promouvoir les valeurs du Canada. Nous ne l’adoptons pas comme simple transaction commerciale. Nous mettons sur la table des enjeux comme l’inclusion, la diversité, l’environnement et les normes du travail. Il s’agit d’une approche très canadienne à ces enjeux qui touchent le commerce et l’investissement.

Nous faisons également de belles réalisations dans le domaine des sciences. Aucun de ces dossiers n’est du ressort d’un seul ministère ou ministre. Ils nécessitent des partenariats entre les ministères et les organismes, et ces partenariats sont une affaire de travail d’équipe. Nous avons appris à travailler davantage en équipe.

Nous avons rassemblé des groupes de fonctionnaires, passé le chapeau, fait demi-tour, trouvé des gens de différents ministères et organismes, attaqué le problème, travaillé dessus — normalement dans le cadre d’un processus de deux ou trois ans, puis nous déplaçons ces ressources à d’autres usages puisque de nouvelles priorités surgiront inévitablement.

Ce n’est pas quelque chose à laquelle nous étions bons par le passé et nous avons encore du travail à faire, mais il s’agit d’une réalisation de sortir du cloisonnement, des silos, des organigrammes, des égos et de juste faire ce qui est bien pour les Canadiens. Aller de l’avant, offrir les services et réaliser le mandat du gouvernement qu’ils choisissent grâce à des élections libres et équitables.

Je crois que nous avons eu une très bonne année. Évidemment, il y a quelques imperfections et elles attirent notre attention, mais je crois que vous devez faire attention à ce que vous projetez à vos équipes, vos effectifs, vos voisins ou les personnes au terrain de soccer. Ne tombez pas dans le cynisme et le côté plus morose. Ne permettez pas aux payeurs de taxes et citoyens ou à vos consœurs et confrères syndiqués de projeter que cela reflète la fonction publique et ses dirigeants. Nous sommes — et il s’agit de données empiriques maintenant — la fonction publique la plus efficace de la planète et vous en êtes les dirigeants. Soyez fiers et projetez cette fierté.

Vous devriez refléter cette confiance et cet esprit. Oui, nous faisons des erreurs. Nous faisons face à des problèmes et des défis. Nous devons régler ces choses ensemble et nous pouvons en parler, mais nous apprenons et nous nous améliorons. Nous sommes — et je dis ceci à mesure que je vieillis — une fonction publique infiniment mieux, plus compétente, plus inclusive et plus humaine que celle que j’ai jointe en 1981.

Je me sens en confiance quand je dis aux dirigeants dans cette salle que ça va s’améliorer. J’ai une très grande confiance dans le type de personnes que nous accueillons à la direction de la fonction publique année après année. Elles possèdent les bonnes habiletés et plus important, les bonnes valeurs et motivations pour servir les Canadiens et nos gouvernements démocratiques.

J’ai un optimisme inébranlable sur qui nous sommes, ce que nous faisons, et sur notre pays. Je sais que nous allons relever les défis et exploiter les occasions qui viendront dans les années à venir. En me rendant ici, je pensais à ce qui avait changé depuis un an et l’ALENA est probablement le gros dossier stratégique. Il s’agit d’un dossier important et nous verrons dans les jours/semaines/mois à venir comment ça se déroule.

Une autre chose qui pourrait avoir des répercussions sur vous dans votre milieu de travail est le mouvement social mondial qui nous touche à titre d’employeur le plus important au pays : #MoiAussi, Time’s Up. Nous devons nous attaquer au harcèlement et l’éradiquer. Nous devons explorer plus à fond. Le temps est écoulé pour nous aussi. Il est important de travailler ensemble pour régler ces problèmes.

Je vous invite individuellement ou grâce à l’APEX à vous joindre à ces conversations, qu’elles portent sur la santé mentale, le bien-être en milieu de travail ou le harcèlement.

J’aimerais également que vous pensiez à quel type de communauté des cadres vous voulez être. Combien de niveaux et de couches, quel type d’arrangements en matière de rémunération pensez-vous avoir besoin? Quelle est la bonne approche à la rémunération au rendement, entre autres choses? Ne m’attendez pas. Ce n’est pas la fonction publique que je souhaite. Vous devez participer à l’élaboration des options, faire des propositions, engager le dialogue avec vos collègues, vos employeurs et vos sous-ministres. Sinon, le côté politique va concevoir ces solutions lui-même.

L’APEX est un précieux partenaire. En fait, je crois que le symposium de cette année, la 30e édition, est le plus important de son histoire. Félicitations! C’est une réalisation importante. Merci à l’équipe organisatrice et à l’ensemble de la communauté de l’APEX pour cet excellent événement.

L’APEX est beaucoup plus qu’une conférence annuelle qui revient chaque année. Il s’agit d’une voix continue pour environ 5000 personnes qui représentent la communauté des cadres de la fonction publique.

Les autres communautés sont très bien organisées, passent beaucoup de temps ensemble et défendent ardemment leurs aspirations et ce qu’ils pensent avoir besoin—qu’il s’agisse d’avocats, d’organismes de réglementation, de scientifiques, de la communauté des politiques ou des communicateurs. Je vous encourage à faire la même chose et à vous faire entendre. Vous devriez être un peu plus vocaux. Vous devriez demander du respect. Vous devriez demander l’accès. Vous devriez faire la promotion du type de fonction publique que vous voulez diriger parce que vous allez y être pour la faire avancer dans la prochaine décennie.

Merci.

Des photos de l’événement sont disponibles en ligne.


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