Allocution de Michael Wernick, greffier du Conseil privé, dans le cadre des Journées d’apprentissage du Bureau de la collectivité des communications

Discours

Le 14 février 2019
Michael Wernick, greffier du Conseil privé

Priorité au discours prononcé

Bonjour à tous. D’abord, j’aimerais souligner, pour ceux d’entre nous qui se trouvent sur place, que nous sommes rassemblés sur le territoire traditionnel des peuples algonquins de la région, et je voudrais les remercier de leur hospitalité, qui nous permet de nous réunir ici, dans ce superbe édifice.

Je tiens à remercier le Centre national des Arts. Les rénovations qui ont été effectuées à cet endroit sont fantastiques. J’espère que vous aurez l’occasion de faire le tour et d’observer les lieux. Il s’agit d’un projet d’immobilisations incroyable qui a été réalisé dans le respect des délais et du budget et qui rend cet édifice beaucoup plus beau et fonctionnel.

J’aimerais également remercier, comme je le fais toujours, les gens qui ont organisé cette activité.

La majorité des fonctionnaires sont toujours fort occupés à accomplir leurs tâches quotidiennes, qui débordent souvent pendant les soirs et les fins de semaine. Ceux qui s’impliquent en plus de leur travail quotidien et aident leurs collègues méritent vraiment des remerciements particuliers de la part de tous, moi y compris en tant que chef de la fonction publique. Que ce soit dans les syndicats, les groupes d’employés, les groupes à affinité, la Communauté nationale des gestionnaires ou les réseaux des jeunes, si vous consacrez de votre temps et de votre énergie dans le but d’améliorer quelque peu cette grande famille et institution, nous vous devons tous de sincères remerciements. Alors, merci beaucoup.

Je voudrais laisser un peu de temps pour poser des questions, au cas où vous auriez des préoccupations. Il y a toutefois certains sujets dont j’aimerais parler pour vous préparer aux conversations qui se dérouleront au cours de la journée.

D’abord, j’aimerais parler un peu de notre place dans le monde et dans l’histoire, si vous me permettez de commencer sur un plan très général.

Si vous regardez les bulletins de nouvelles, ce que je suppose être le cas pour beaucoup de gens dans votre domaine, vous savez que le monde ne va pas bien. De nombreux pays sont aux prises avec de grandes difficultés. Certains ont abandonné la primauté du droit et la démocratie, et certaines des plus grandes démocraties du monde sont plongées dans de graves crises et sont incapables d’avancer.

Lorsque nous examinons la situation dans le monde, nous devenons très inquiets, mais aussi pleinement conscients que nous vivons dans un pays remarquable. Je sais que ce sont des choses que nous entendons souvent dans les discours de la Fête du Canada, mais c’est très à propos en ce moment.

Nous vivons dans un pays qui bénéficie et qui, j’en suis persuadé, continuera de bénéficier d’une assemblée nationale dynamique; d’élections libres et justes, qui se dérouleront le 21 octobre de cette année; de tribunaux indépendants; de la liberté de presse; ainsi que d’une excellente fonction publique professionnelle et non partisane. Rien de tout cela ne doit être tenu pour acquis. Il s’agit du fruit de générations et de siècles de travail, et nous devons continuer à travailler avec acharnement pour le protéger et le transmettre à nos enfants et à nos petits-enfants. C’est le flambeau que tous les fonctionnaires se transmettent les uns aux autres.

Dans ce contexte, le rôle des communications gouvernementales est essentiel, puisque l’ensemble de notre système de démocratie et de primauté du droit repose sur la confiance, c’est‑à‑dire la confiance des gouvernés envers leurs gouvernements et la confiance que le système est juste. Ce système peut être dérangeant, il peut être dysfonctionnel parfois, mais il est juste. Les gens ont un droit de parole et ils sont entendus. Le système n’est pas truqué en vue de servir des intérêts particuliers. C’est un point important, car lorsque le système ne fonctionne plus, il y a des conséquences. Ces conséquences, nous pouvons les observer dans le vote sur le Brexit, la politique américaine et le mouvement des gilets jaunes à Paris.

Cette entente de confiance de base, soit la confiance des citoyens envers le gouvernement, qu’on les appelle clients, intervenants, consommateurs, utilisateurs, électeurs, contribuables, cette entente est importante. Le rôle que vous jouez pour aider le gouvernement à communiquer dans deux directions, c’est‑à‑dire avec les Canadiens et, bien sûr, avec le reste du monde, est d’une très grande importance pour le pays. Je veux que vous soyez vraiment fiers du fait que vous le faites très bien.

Je n’arrive pas à trouver une communauté de la fonction publique qui a vécu autant de changements dans son milieu et ses outils de travail que celle des communications. Vous avez été à l’avant‑garde des changements technologiques qui se sont produits dans notre société et notre économie. Vous avez vu des technologiques perturbatrices transformer le paysage médiatique canadien tel que nous le connaissions. Vous avez observé le changement dans la façon dont les gens interagissent avec leurs gouvernements : c’est ce qui se passe ici et maintenant. Les gens veulent des interactions et des services en ligne personnalisés, rapides, précis, dans tous les formats, dans les deux langues officielles, et ce, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Il s’agit là d’un défi de taille, et le point de vue des gens sur le gouvernement, c’est‑à‑dire sur les institutions du gouvernement et non sur le parti au pouvoir à ce moment, est souvent influencé par leur dernière interaction lorsqu’ils ont eu recours à un service, par leur niveau de frustration quant au temps qu’il a fallu pour recevoir leur passeport. Il est important de parler des expériences à l’égard du service et de ce que les gens vivent, puis d’avoir une discussion. Nous ne sommes pas parfaits, et nous continuons de demander de la rétroaction et d’essayer de nous améliorer dans ce que nous faisons, et nous le faisons bien.

J’aurai une autre occasion de raconter vos histoires dans mon rapport annuel au premier ministre, qui est en fait un rapport annuel destiné aux Canadiens. C’est un document utile, sur le plan du maintien de la confiance, pour expliquer des dossiers comme l’application MétéoCan d’Environnement et Changement climatique Canada, qui sera lancée cette semaine. Il s’agit d’une application offerte par le gouvernement et qui ne contient pas de publicités intempestives agaçantes. Vous voudrez peut-être la télécharger cet après‑midi.

Il y a également l’application de Parcs Canada, au cas où vous ayez envie de sortir de la ville, ou l’application de l’Agence des services frontaliers du Canada, qui a permis d’éliminer les cartes ridicules remises lorsque vous atterrissez au Canada. Vous pouvez maintenant faire tout ça sur votre téléphone. Je vous encourage à télécharger ces applications. Ces services en ligne sont importants pour la relation de base entre la population, son gouvernement et le secteur public, et ils sont importants pour notre marque, notre image et notre réputation, celles d’être compétents, ouverts à tous les Canadiens et à leur écoute.

Les secteurs de la fonction publique qui créent ces services reçoivent moins d’attention, de félicitations et de reconnaissance que les autres secteurs qui travaillent sur de toutes nouvelles politiques, lois et autres choses du domaine politique. Toutefois, ils sont des éléments importants pour la communication et l’écoute. La communication doit être bidirectionnelle. De plus en plus, et c’est un changement que j’ai constaté et vécu, nous devons solliciter le point de vue des Canadiens. Nous devons les entendre et les écouter.

Nous avons fait beaucoup de chemin au cours des dernières années. Cela a commencé avant le gouvernement actuel, s’est accéléré avec le présent gouvernement et se poursuivra avec le prochain gouvernement, peu importe lequel ce sera. Vous ne pouvez pas vous asseoir dans une salle de conférence à Ottawa et trouver une solution pour les Canadiens, puis inclure un plan de communication qui, d’après vous, fonctionnera. Les Canadiens doivent participer, ce qui change la nature de votre travail. Cela signifie que vous devez être présent à la table avec ceux qui élaborent les politiques et les concepteurs de programmes. Vous devez faire partie intégrante des conversations avec les Canadiens au sujet des choses qui les touchent, que ce soit l’application de météo, la loi sur l’accessibilité ou les changements climatiques. Toutes ces questions font maintenant l’objet de conversations bidirectionnelles avec les Canadiens.

Le Parlement, les tribunaux et la fonction publique doivent tous apprendre à faire les choses différemment. Nous devons être plus ouverts et réactifs, ce qui n’est pas facile pour tout le monde. Cela demande des attitudes différentes, des compétences différentes, des comportements différents et une certaine humilité. Rappelez-vous que nous devons être très inclusifs.

Les gens peuvent jouer le système, pousser les hauts cris au moyen des médias sociaux, des campagnes par courriel ou des robots dans les médias sociaux, et étouffer d’autres voix. Certaines personnes ont plus de moyens ou de ressources et plus de pouvoirs pour exprimer leurs points de vue. Les gouvernements doivent travailler fort contre cela pour s’assurer d’être à l’écoute et de faire participer le plus grand nombre possible de Canadiens à ces conversations. Il s’agit d’un élément permanent de la gouvernance moderne. Il faut également garder cette confiance. Le gouvernement n’est pas pour les autres, mais pour nous tous.

Je voudrais maintenant changer de registre et parler du thème de l’authenticité. Il y a deux choses sur lesquelles j’aimerais mettre l’accent avant que vous n’ayez cette conversation avec vos chefs des communications. Le ton et l’attitude que nous adoptons dans nos communications ont de l’importance. Par « nous », j’entends toutes les institutions du secteur public. Dans un monde où les faits sont contestés et où des gens disent des choses à tort et à travers pour des raisons personnelles, il est très important de présenter une attitude calme et professionnelle et de ne pas avoir l’air hostile ou sur la défensive. Notre ton doit être courtois et ouvert et ne pas sembler dire « nous savons ce qui est mieux ». Nous devons aussi rester loin de la politique électorale et partisane.

Il n’y a rien de mal avec la politique partisane dans une démocratie. C’est une bonne chose dans un pays. Il y a des gens qui meurent dans les rues de leur pays pour que se tiennent des élections où les partis se disputeront le prochain gouvernement. Nous devrions profiter du fait que nous avons une politique partisane au Canada. Cependant, cela signifie que nous devons être très conscients de notre rôle en tant que fonction publique qui a la confiance du gouvernement actuel et aura celle des futurs gouvernements.

Il y a une différence entre les communications du gouvernement et les communications d’un ministre, d’un député ou d’un candidat, et nous devons veiller à ce que cela reste clair au cours de la prochaine année. Nous avons de très bons antécédents à cet égard, et c’est une chose à laquelle nous devrons être très attentifs en 2019.

L’autre point que j’aimerais souligner, et je vois d’après le programme qui vous attend au cours des prochains jours qu’il s’agit d’un point très pertinent : ces emplois sont difficiles. Le rythme des événements est rapide et les temps de réaction sont courts. Cela signifie que nous devons diffuser de l’information exacte pour lutter contre la désinformation volontaire. Nous devons être munis de processus d’approbation et de mécanismes d’intervention rapides et justes. Cependant, la ligne est mince entre ce qu’on appelle le 9 à 5 et le reste des 168 heures de la semaine, ce qui met beaucoup de pression sur les gens. Cela soulève également des questions de bien‑être, de capacité d’adaptation, de compétences, d’apprentissage et de perfectionnement, de communications ouvertes au sein des milieux de travail pour que les gens aient une idée de ce qu’ils font, des raisons de le faire et de leur rôle.

Il s’agit toujours d’une question de bonne gestion et de bon leadership. Cela est particulièrement important dans votre communauté, car vous êtes le point de rencontre entre l’eau douce et l’eau salée : la frontière entre une fonction publique non partisane et la politique partisane d’une démocratie vivante. Ce n’est pas un poste toujours facile à occuper. Ce sont des emplois exigeants, alors si vous avez des idées ou des suggestions quant aux moyens d’améliorer le milieu et l’environnement de travail, nous en avons besoin.

On me demande souvent ma vision de la fonction publique. Ma vision est celle de fonctionnaires qui façonnent leur propre avenir. Joignez‑vous à un réseau GCcollab ou à GCconnex. Vous devriez alimenter des conversations et trouver des solutions par vous‑mêmes, pour vous‑mêmes. De plus, lorsque vos dirigeants doivent réaliser des économies dans les processus ou offrir des ressources ou des possibilités, vous devez leur en parler. Je n’ai jamais rencontré de cadres supérieurs qui n’étaient pas sensibles à cela. Ils ne savent pas toujours ce que vous vivez.

Vous devez trouver le moyen de leur parler et de prendre part à des conversations bidirectionnelles. Les conversations bidirectionnelles, le dialogue, l’inclusion et la confiance sont des éléments importants pour le maintien de cette grande institution.

Je vais clore mon propos sur ce qui est probablement mon extrait sonore favori. Ken [MacKillop, secrétaire adjoint du Cabinet, Communications et Consultations] sait ce qui s’en vient.

Faits et données probantes : Dans toute évaluation objective des secteurs publics, le secteur public et la fonction publique du Canada figurent parmi les meilleurs ou sont les meilleurs et les plus efficaces dans le monde. Tout ça, c’est vous. Vous devriez en parler à vos voisins lorsque vous pelletterez ce soir ou à l’aréna de hockey, au terrain de soccer ou à un souper de famille. Ce que vous faites est important pour le Canada et vous le faites très bien.

Je vous remercie. Miigwetch.

Des photos de l'événement sont disponibles en ligne.




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