Éliminer les obstacles à la reconnaissance des qualifications professionnelles acquises à l’étranger : conférence sur les pratiques émergentes et exemplaires

De : Emploi et Développement social Canada

Titre officiel : Un congrès conjoint organisé par EDSC; Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada; la province de la Nouvelle-Écosse; et le Bureau d'examen de la Fair Registration Practices Act de la Nouvelle-Écosse

Avis de non-responsabilité

Les opinions et l’information présentées dans le rapport qui suit relèvent exclusivement des participants au congrès, et non pas des organismes locaux ou des organisateurs de la conférence.

Remerciements

Les organisateurs souhaitent remercier l’ensemble des participants à l’événement Éliminer les obstacles à la reconnaissance des qualifications professionnelles acquises à l’étranger : conférence sur les pratiques émergentes et exemplaires (Eliminating Barriers To Foreign Qualification Recognition: Emerging And Best Practices Conference) qui s’est tenu le 2 octobre 2017 à Halifax, Nouvelle-Écosse, y compris les conférenciers présents, soit l’Association of Professional Engineers and Geoscientists of Alberta (APEGA), Banpreet Singh Shaney, BioTalent Canada, le Programme pour Architectes étrangers possédant une vaste expérience (AÉVE), le Calgary Region Immigrant Employment Council, l’Alliance canadienne des organismes de réglementation de la physiothérapie, le CARE Centre for Internationally Educated Nurses, Dawit Gebremariam Gebretinsae, Engineers Nova Scotia, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse, le gouvernement de la Saskatchewan, Halifax Partnership, l’Immigrant Employment Council of British Columbia, l’Immigrant Services Association of Nova Scotia, le Conseil médical du Canada, la Nova Scotia Apprenticeship Agency, Nova Scotia Power, le Programme de formation relais de l’Ontario, l’Ordre des enseignantes et enseignants de l’Ontario, le Portail pour pharmaciens Canada, le Municipal Group of Companies, et le YMCA-YWCA de la région de la capitale nationale – Puissance des métiers.

Sur cette page

Acronymes et abréviations

APEGA
Association of Professional Engineers and Geoscientists of Alberta
Cadre
Cadre pancanadien d’évaluation et de reconnaissance des qualifications professionnelles acquises à l’étranger
EDE
Évaluation des diplômes d’études
EDSC
Emploi et Développement social Canada
EPMT
Évaluation pratique des métiers en milieu de travail
FMMT
Forum des ministres du marché du travail
FPT
Fédéral-provincial-territorial
FRPA
Fair Registration Practices Act
IFE
Ingénieurs formés à l’étranger
IRCC
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada
ISANS
Immigrant Services Association of Nova Scotia
PFE
Personnes formées à l’étranger
Plan d’action
Un plan d’action pour la reconnaissance des qualifications professionnelles acquises à l’étranger
PRTCE
Programme de reconnaissance des titres de compétences étrangers
RIQ
Reconnaissance internationale des qualifications
RQAE
Reconnaissance des qualifications professionnelles acquises à l’étranger
RTCE
Reconnaissance des titres de compétences étrangers
SECNA
Stratégie d’emploi ciblée pour les nouveaux arrivants

Résumé

Il est attendu que l’immigration joue un rôle de plus en plus important dans l’économie du Canada en raison de la demande de main-d’oeuvre croissante, sa disponibilité en baisse et du vieillissement de la population. Aujourd’hui, environ une personne sur cinq qui vit au Canada est née à l’étranger, dont la majorité étant des immigrants de la composante économique et leur famille.Note de bas de page 1 Le Canada cherche à attirer et conserver des talents, ainsi qu’à soutenir les nouveaux arrivants de manière à ce qu’ils puissent surmonter les obstacles sociaux et économiques à leur intégration. En dépit de ce souhait, la reconnaissance des qualifications professionnelles acquises à l’étranger (RQAE) constitue toujours l’un des principaux défis en matière d’intégration des immigrants au marché du travail, qu’il soit question de professions ou de métiers réglementés ou non. On mène une multitude d’initiatives à l’échelle fédérale en vue d’aplanir les difficultés associées à l’intégration au marché du travail. À titre d’exemple, le Programme d’établissement d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) offre des services à l’étranger et au Canada qui visent à aider les immigrants à obtenir une RQAE et un emploi dans le métier ou la profession de leur choix. En complément à ces services, Emploi et Développement social Canada (EDSC) soutient l’intégration des immigrants au marché du travail par l’entremise de projets financés par le Programme de reconnaissance des titres de compétences étrangers (PRTCE) et de sa Stratégie d’emploi ciblée pour les nouveaux arrivants (SECNA). On compte parmi les éléments clés de la SECNA un programme de prêts qui aidera les nouveaux arrivants à acquitter les frais liés à la reconnaissance de titres de compétences étrangers (RTCE); des mesures ciblées d’orientation et de mise à l’essai d’approches novatrices qui visent à aider les nouveaux arrivants hautement qualifiés à acquérir de l’expérience de travail canadienne dans leur métier ou profession d’origine ou leur domaine d’étude; ainsi que des services améliorés de soutien préalable à l’arrivée qui permettent aux nouveaux arrivants d’entamer le processus de RQAE avant d’entrer au Canada.

Au cours des dix dernières années, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux (FPT) ont également travaillé de concert avec les organismes de réglementation à l’amélioration des processus de reconnaissance des titres de compétences des personnes formées à l’étranger (PFE) qui demeurent au Canada, et ce, tout en s’acquittant de leur mandat principal de protéger le public. Les engagements des gouvernements FPT sont par ailleurs énoncés dans le Cadre pancanadien d’évaluation et de reconnaissance des qualifications professionnelles acquises à l’étranger (2009) (le Cadre) et son document associé Un plan d’action pour la reconnaissance des qualifications professionnelles acquises à l’étranger (2014) (le Plan d’action).

Pour améliorer les processus de RQAE et de poursuivre les efforts de collaboration intergouvernementale, EDSC, IRCC, la province de la Nouvelle-Écosse et le Bureau d'examen de la Fair Registration Practices Act de la Nouvelle-Écosse ont organisé de concert un congrès intitulé Éliminer les obstacles à la reconnaissance des qualifications professionnelles acquises à l’étranger : conférence sur les pratiques émergentes et exemplaires, à Halifax, Nouvelle-Écosse, le 2 octobre 2017. Le congrès complétait les activités continues menées par les gouvernements et les organismes en vue d’améliorer le processus de reconnaissance des titres de compétences des immigrants et l’intégration de ces derniers au marché du travail canadien. L’événement réunissait des experts du domaine de la reconnaissance des titres de compétences de professions ou de métiers réglementés ou non. L’objectif était de cibler les pratiques exemplaires mises en œuvre dans certains secteurs selon un éventail de perspectives, dont celles d’organismes de réglementation, d’employeurs, d’immigrants, ainsi que d’organismes gouvernementaux et non gouvernementaux. Les présentations portaient notamment sur les pratiques émergentes et exemplaires associées aux étapes clés du processus auquel se soumet un immigrant en vue d’obtenir la reconnaissance de ses titres de compétences et un emploi au Canada, comme le décrivent le Cadre et le Plan d’action qui y est associé : préparation et soutien avant l’arrivée; services et méthodes d’évaluation; évaluation des compétences en fonction du rendement et du travail; collaboration et rôle des organismes de réglementation; et participation à la population active.

Les expériences et les résultats des immigrants dépendent de nombreux facteurs, notamment des renseignements obtenus, des mesures prises avant l’arrivée au Canada, des mécanismes de soutien et des services au Canada, y compris des liens établis avec les employeurs.

Les participants au congrès ont relevé des pratiques exemplaires et émergentes qui permettent d’améliorer le processus de reconnaissance des titres de compétences ou l’intégration des immigrants et que pourraient adopter le gouvernement, les organismes de réglementation, les organismes d’aide aux immigrants, les établissements d’enseignement et d’autres acteurs pertinents. La liste présentée ci-dessous fournit un résumé des pratiques émergentes et exemplaires ciblées, celles-ci étant regroupées en fonction des intervenants les plus susceptibles de les appliquer.

i) Les gouvernements et les organismes de réglementation. Voici les pratiques exemplaires visant à informer les immigrants pour qu’ils prennent des décisions éclairées avant leur arrivée au Canada et jusqu’à leur embauche :

  • donner des renseignements complets et à jour aux nouveaux arrivants avant et après leur arrivée, pour leur permettre de prendre des décisions éclairées concernant leur venue au Canada, leur cheminement de carrière et leurs attentes par rapport à l’obtention d’un emploi dans la profession ou le métier envisagé;
  • poursuivre la collaboration entre les intervenants, notamment les gouvernements, les fournisseurs de services, les employeurs, les organismes de réglementation, les établissements d’enseignement et les personnes concernées, afin d’apporter le soutien nécessaire tout au long du processus, avant leur arrivée et jusqu’à leur embauche.

(ii) Les gouvernements, employeurs, établissements d’enseignement et organismes d’aide aux immigrants. Les pratiques exemplaires visant à favoriser l’emploi et la formation ont été identifiées par ceux qui fournissent :

  • l’accès à de la formation linguistique ainsi qu’à des programmes de mise à niveau et de développement des compétences pour permettre aux immigrants de trouver et de conserver un emploi;
  • le parrainage d’immigrants par des travailleurs expérimentés ou des professionnels et le réseautage avec d’autres personnes qui travaillent dans leur domaine;
  • l’accès à des programmes qui relient les nouveaux arrivants aux employeurs potentiels (incluant les emplois temporaires);
  • des échanges constants d’information et une communication régulière entre les fournisseurs de services pour cibler les obstacles, les programmes complémentaires et les possibilités de recommandation de personnel, pour éviter les doubles emplois et promouvoir l’intégration au marché du travail;
  • de la formation en savoir-faire culturel pour permettre aux employeurs de constater les nombreux avantages de l’intégration des immigrants au marché du travail tels que la stimulation à innover et l’augmentation de la productivité.

(iii) Les gouvernements et organismes d’aide aux immigrants. Les pratiques exemplaires pour appuyer une sensibilisation accrue et l’amélioration des programmes comprennent :

  • sensibiliser les employeurs aux avantages d’embaucher des immigrants;
  • reconnaître que le partage des difficultés est tout aussi important que le partage des réussites pour favoriser l’apprentissage continu.

Introduction

Étant donné le rythme ralenti de croissance de la main-d’œuvre, auquel s’ajoutent le vieillissement de la population et la demande croissante de la main-d’oeuvre, on s’attend à ce que l’immigration joue un rôle de plus en plus important au sein de l’économie canadienne. Aujourd’hui, environ une personne sur cinq qui vit au Canada est née à l’étranger, la majorité étant des immigrants de la composante économique et leur familleNote de bas de page 2. Le Canada cherche à attirer et conserver des talents, ainsi qu’à soutenir les nouveaux arrivants de manière à ce qu’ils puissent surmonter les obstacles sociaux et économiques à leur intégration. En dépit de ce souhait, la reconnaissance des qualifications professionnelles acquises à l’étranger (RQAE) constitue toujours l’une des principales difficultés en matière d’intégration des immigrants au marché du travail, qu’il soit question de professions ou de métiers réglementés ou non. On compte parmi les défis auxquels font face les immigrants, dans le cadre du processus de RQAE, le manque d’expérience de travail en sol canadien et le manque de compétences linguistiques dans les langues officielles du Canada.

Les gouvernements FPT collaborent depuis longtemps avec les organismes de réglementation professionnelle en vue d’améliorer leur processus de reconnaissance des titres des personnes formées à l’étranger (PFE) au Canada et d’en accroître l’efficacité, et ce, tout en s’acquittant de leur mandat principal de protéger le public. En 2009, le Forum des ministres du marché du travail (FMMT) – un forum intergouvernemental établi en vue de promouvoir la discussion et la coopération au chapitre des questions liées au marché du travail – a élaboré une vision dont l’objectif est d’orienter les mesures collaboratives qui visent à améliorer les systèmes de RQAE. Cette vision se fonde sur les principes de l’équité, de la transparence, de la rapidité et de la cohérence.Note de bas de page 3 On en présente par ailleurs une description dans le Cadre pancanadien d’évaluation et de reconnaissance des qualifications professionnelles acquises à l’étranger (le Cadre) (2009).Note de bas de page 4 EDSC assure un leadership fédéral au chapitre des questions de RQAE en agissant à titre de coprésident du Groupe de travail sur la mobilité et la reconnaissance des qualifications (GTMRQ) du FMMT, qui est responsable de la RQAE.

Depuis la mise en œuvre du Cadre, les gouvernements FPT ont travaillé ensemble pour améliorer les programmes et offrir du soutien aux organismes de réglementation professionnelle, soit en facilitant l’intégration des nouveaux immigrants au marché du travail. Les provinces et les territoires travaillent conjointement et individuellement à la RQAE au Canada et dans leur région respective. À titre d’exemple, la province de la Nouvelle-Écosse a élaboré une approche intégrée qui vise à soutenir le Cadre et à aplanir les obstacles à la reconnaissance des qualifications internationales (RQI), et ce, en créant un programme efficace de RQI qui comprend les éléments suivants : le Bureau d'examen de la Fair Registration Practices Act de la Nouvelle-Écosse (FRPA), des groupes de travail multilatéraux, des programmes de financement de RQI et de reconnaissance des acquis, ainsi que des programmes propres aux secteurs ou aux professions. Le Bureau d'examen de la FRPA de la Nouvelle-Écosse aide les organismes de réglementation professionnelle et d’autres intervenants à effectuer les changements systémiques requis pour que l’accès et les pratiques d’accréditation des professions et des métiers réglementés soient de nature transparente, objective, impartiale et équitable du point de vue des procédures pour toute personne présentant une demande d’exercice de sa profession en Nouvelle-Écosse. Grâce à cette approche, la responsabilité est partagée, les efforts sont coordonnés, les programmes stratégiques, les recoupements évités et le dynamisme est maintenu.

En guise de soutien supplémentaire aux engagements relevant du Cadre, les gouvernements FPT ont mis en place Un plan d’action pour la reconnaissance des qualifications professionnelles acquises à l’étranger (2014) (le Plan d’action)Note de bas de page 5.

L’événement Éliminer les obstacles à la reconnaissance des qualifications professionnelles acquises à l’étranger : conférence sur les pratiques émergentes et exemplaires, qui s’est tenu le 2 octobre 2017 à Halifax, Nouvelle-Écosse, soutient à la fois le Cadre et son Plan d’action connexe. L’événement a été organisé conjointement par EDSC, IRCC, la province de la Nouvelle-Écosse et le Bureau d'examen de la Fair Registration Practices Act de la Nouvelle-Écosse (FRPA). Le congrès est un exemple de partenariat, dans le cadre duquel deux ministères, EDSC et IRCC, ont collaboré avec une province, la Nouvelle-Écosse, en vue de réunir des experts en matière de RTCE chargés de cibler les pratiques émergentes et exemplaires qui sont appliquées dans le domaine. Le congrès a traité des professions et des métiers réglementés et non réglementés sous les thèmes suivants : préparation et soutien avant l’arrivée; services et méthodes d’évaluation; évaluation des compétences en fonction du rendement et du travail; collaboration et rôle des organismes de réglementation; et participation à la population active. Les séances ont favorisé les discussions sur les défis et les possibilités en matière de changements et de mesures (voir l’annexe A).

Environ 90 participants ont assisté au congrès, dont 25 conférenciers (voir l’annexe B pour consulter l’ordre du jour). On comptait parmi les participants des représentants du gouvernement, des fournisseurs de services, des organismes de réglementation professionnelle, des associations nationales, des PFE (personnes formées à l’étranger) et des employeurs. IRCC a invité des conférenciers de l’Immigrant Services Association of Nova Scotia (ISANS), du Care Centre for Internationally Educated Nurses, du Programme de formation relais de l’Ontario, du YMCA-YWCA – Puissance des métiers, du Immigrant Employment Council of British Columbia, du Calgary Region Immigrant Employment Council et du Greater Halifax Partnership. EDSC a invité des conférenciers des organismes réglementant les professions et les métiers ciblés par le Cadre, du Fair Registration Practices Act Review Office de la Nouvelle-Écosse, des gouvernements provinciaux, d’associations nationales, de fournisseurs de services, d’organismes d’aide aux immigrants, et de conseils pour l’emploi des immigrants.

Les conférenciers étaient chargés de se pencher sur cinq questions fondamentales dans le cadre de leur présentation :

  1. Comment en êtes-vous arrivé à déterminer qu’il s’agissait d’une pratique émergente ou exemplaire? (Faites mention de tout résultat concret.)
  2. De quelle manière votre organisme collabore-t-il avec d’autres organismes (p. ex. organismes de réglementation professionnelle, fournisseurs de services, employeurs, etc.)?
  3. Quels sont les obstacles à la réalisation de vos objectifs (y compris la collaboration)? Selon vous, comment pourriez-vous les atténuer ou les éliminer?
  4. Quelles sont selon vous les conditions essentielles à la réussite?
  5. Comment le gouvernement fédéral pourrait-il vous aider?

Bien que la RQAE soit un processus complexe auquel participent de nombreux intervenants, les présentations du congrès ont fait état du travail considérable qui est accompli ainsi que des résultats concrets qui en découlent.

Résumé des présentations

Séance 1 – Mot de bienvenue au congrès

Bien que les processus de RQAE aient progressé grâce aux actions concertées des gouvernements FPT, des organismes de réglementation professionnelle et d’autres organismes, nous nous heurtons toujours à d’importants défis. Cette séance mettait de l’avant l’importance de la collaboration pour ce qui est de renforcer la RQAE et de trouver des moyens de soutenir les PFE, et ce, tout en améliorant l’efficacité de l’ensemble du processus. Les approches coordonnées ont quant à elles entraîné une réduction des délais imposés par le processus puisqu’elles ont permis d’améliorer les outils préalables à l’arrivée, les normes et les pratiques. Les autorisations d’exercer interprovinciales ont contribué à la consolidation des avantages découlant de l’approche conjointe.

Les partenariats jouent un rôle majeur dans le cadre du processus de RQAE et aident les nouveaux arrivants à intégrer rapidement le marché du travail canadien. À l’échelle fédérale, le PRTCE d’EDSC favorise l’amélioration de la RTCE et soutient directement les nouveaux arrivants qui souhaitent faire reconnaître leurs titres de compétences. Le PRTCE soutient la participation accrue au marché du travail des nouveaux arrivants au Canada (dont la majorité appartient à une minorité visible), de sorte qu’ils puissent trouver un emploi à la hauteur de leurs compétences. Pour ce faire, le PRTCE assure un rôle de leadership et travaille en étroite collaboration avec les organismes de réglementation provinciaux et territoriaux (PT) et d’autres intervenants en vue d’améliorer la RTCE au moyen d’approches pancanadiennes simplifiées. Le PRTCE finance des projets qui visent à améliorer les processus et les plateformes de reconnaissance de titres de compétences qui sont en place à l’échelle nationale, et harmonise les normes et les pratiques connexes. De plus, celui-ci s’appuie sur la SECNA récemment établie, laquelle fournit un soutien à l’emploi aux nouveaux arrivants hautement qualifiés afin de faciliter leur intégration au marché du travail canadien. Voici des exemples d’éléments clés de la SECNA :

  • les mécanismes améliorés de soutien préalable à l’arrivée qui permettent aux nouveaux arrivants d’entamer le processus de RTCE avant d’entrer au Canada;
  • le programme de prêts qui aidera les nouveaux arrivants à assumer les coûts de la RTCE;
  • le programme Projet pilote d’expérience de travail au Canada qui vise à mettre à l’essai les moyens les plus efficaces d’aider les nouveaux arrivants hautement qualifiés à acquérir une expérience de travail canadienne dans leur profession ou leur domaine d’études.

De façon plus générale, EDSC mène aussi des programmes et des initiatives qui font la promotion du perfectionnement des compétences, de la participation au marché du travail et de l’inclusion, tout en renforçant l’efficacité du marché du travail. Ces programmes visent à aider les personnes faisant face à des obstacles en matière d’emploi, comme les immigrants, et contribuent à l’apprentissage permanent et à la création d’une main-d’oeuvre qualifiée et inclusive. Dans le cadre de ses activités, EDSC transfère aux provinces et territoires des fonds qui leur permettent de répondre aux besoins liés au marché du travail de différents groupes. Les immigrants bénéficient également d’un accès direct aux programmes d’emploi d’EDSC, dont ceux axés sur les jeunes, l’alphabétisme et, entre autres choses, la formation en apprentissage.

On a cité l’exemple du Programme d’établissement d’IRCC qui offre des services à l’étranger et au Canada pour d’aider les immigrants à obtenir une RQAE et un emploi dans la profession ou le métier de leur choix. Ce programme comprend des services tels que des cours de langue axés sur la profession ou le métier en question, des services d’emploi et de transition (bridging), et des services de recommandation en matière de reconnaissance des titres de compétences et d’autorisation d’exercice. Les services d’établissement en matière d’emploi qui sont offerts actuellement comprennent généralement un ou plusieurs des services décrits ci-après.

  • Placement professionnel : comprends des stages (rémunérés ou non), des simulations de situations de travail, et d’autres possibilités qu’acquérir directement de l’expérience de travail.
  • Mentorat : comprends le mentorat éclair ou le lien traditionnel avec un professionnel du domaine d’expertise ou d’intérêt du client.
  • Préparation à l’obtention d’une autorisation d’exercice : services visant à aider les clients à répondre aux conditions d’autorisation d’exercer de leur domaine en vue d’obtenir leur permis.
  • Occasions de réseautage : activités et événements structurés qui permettent aux clients de côtoyer des pairs professionnels et des employeurs potentiels dans un lieu donné et ainsi d’élargir leur réseau professionnel. On compte parmi ces occasions les salons de l’emploi, les séances d’accueil et les soirées d’information.
  • Services de consultation en matière d’emploi : service direct de consultation individuelle visant à orienter le client dans la voie de l’emploi.

Les services d’évaluations basées sur les compétences, comme les évaluations et la reconnaissance des acquis, permettent à une personne de cibler, de documenter et de recevoir une évaluation des acquis, et d’en obtenir la reconnaissance. Les examens et l’apport d’améliorations continues des programmes, quelle que soit l’étape, peuvent contribuer à minimiser les obstacles auxquels font face les nouveaux arrivants, et donc à réduire la perte de capital humain au Canada.

Séance 2 – Pratiques exemplaires et émergentes : préparation et soutien avant l’arrivée

La décision de s’établir dans un autre pays est d’une importance majeure pour la majorité des personnes et des familles. En veillant à ce qu’elles obtiennent le plus d’informations possible avant de prendre cette décision, nous les aidons à faire un choix éclairé et sommes en mesure de prévoir et d’aborder les problèmes potentiels tôt dans le processus. Le Portail pour pharmaciens Canada applique une pratique exemplaire dans ce domaine en publiant sur son site Web les conditions d’autorisation d’exercer selon la province, ce qui permet aux demandeurs de prendre des décisions plus éclairées et de mieux se préparer avant leur arrivée au Canada.

Il est également important d’offrir un éventail d’options de communication aux demandeurs pour qu’ils aient accès aux documents requis. À titre d’exemple, l’APEGA offre toute une gamme d’outils de communication, dont un site Web, un portail, une adresse courriel, les médias sociaux, ainsi qu’un centre d’appel pour les personnes qui n’ont pas accès à Internet. De tels outils permettent aux demandeurs d’entamer le processus de tout endroit où ils disposent d’un accès Internet ou d’un téléphone. La prestation en différentes langues de ces services de préparation et de soutien préalable à l’arrivée est également l’un des moyens que l’on a relevés pour offrir un soutien et des avantages supplémentaires aux demandeurs.

Les conférenciers ont aussi recommandé d’adopter des processus de demande électroniques, lesquels permettront aux demandeurs d’être informés de l’état de leur demande. À titre d’exemple, l’APEGA adopte progressivement des moyens de communication électronique afin que les demandeurs reçoivent leurs lettres et soient informés des décisions plus rapidement, ce qui leur permettra en retour de faire des choix plus éclairés. Ces outils permettront aussi aux clients de relever et de corriger des problèmes dans leur demande avant de décider de s’installer au Canada. Grâce à ces améliorations, certains demandeurs parviennent maintenant à trouver un emploi avant leur arrivée au Canada, ce qui leur procure un sentiment de soulagement et de stabilité en cette période de transition qui peut parfois s’avérer difficile.

D’autres ressources en ligne peuvent fournir une multitude d’informations aux demandeurs pendant cette étape. En particulier, les outils d’auto-évaluation (p. ex. les outils pour déterminer si la personne est prête ou si elle a des lacunes en matière de compétences), ainsi que les profils de pays d’origine, qui comprennent les taux de réussite aux examens, permettent aux demandeurs de situer l’ensemble de leurs compétences et de commencer à recueillir les documents requis. À titre d’exemple, le Portail pour pharmaciens Canada offre sur son site Web des outils d’auto-évaluation, dont un test pour évaluer si la personne est prête pour l’exercice au Canada. On a constaté que l’offre d’informations sur les délais relatifs à la demande et de calculateurs de coûts constituait une pratique exemplaire. Ces outils facilitent la gestion des attentes des demandeurs avant qu’ils n’entament leur processus de RQAE. De plus, les calculateurs en ligne aident à cibler les frais inattendus, tels que ceux de cours supplémentaires requis, de tests linguistiques, de services de traduction et de services de notaires publics. Par exemple, l’Alliance canadienne des organismes de réglementation de la physiothérapie offre sur son site Web un outil d’estimation de coûts qui aident les demandeurs à se préparer financièrement au processus.

Comme le processus de RQAE peut être ardu et coûteux pour les immigrants, il nous faut réduire le temps de traitement et diminuer le fardeau financier pesant sur ces personnes. La réduction du temps de traitement aide par ailleurs les employeurs à combler les besoins en main-d’oeuvre plus rapidement. Si les conférenciers ont souligné que toutes les pratiques exemplaires contribuaient à l’amélioration du processus de RQAE, ils ont aussi insisté sur le fait que les PFE devaient pouvoir accéder rapidement à l’information fournie par les organismes de réglementation professionnelle et les établissements d’enseignement afin de déterminer en quoi consistera leur processus de reconnaissance des titres de compétences. En particulier, les PFE doivent savoir si le processus :

  • comprend une ou plusieurs étapes;
  • est réalisé au moyen de documents papier ou en ligne;
  • nécessite la présentation de documents originaux;
  • nécessite des modules pratiques ou des examens de longue durée.

Une PFE qui a les renseignements complets avant de s’installer au Canada ou d’entamer son processus de demande peut décider en toute connaissance de cause de quitter son pays d’origine, et éviter de voir ses compétences professionnelles dépréciées, ainsi que de perdre du temps et des ressources financières.

Les conférenciers et les participants ont également établi que l’instabilité du financement des programmes de services préalables à l’arrivée constituait un autre défi. Ils ont noté qu’en cas de flux migratoire, différentes sources allouaient davantage de financement aux programmes, mais que ce financement était parfois interrompu suivant l’arrivée des immigrants. Ainsi, l’inconstance du financement peut causer l’essoufflement des programmes et des efforts de collaboration. L’un des moyens relevés pour surmonter cette difficulté de financement et neutraliser ses répercussions sur les programmes consiste à harmoniser les visions des gouvernements et des intervenants et d’établir des objectifs communs. On a également recommandé à titre de pratique exemplaire de poursuivre les efforts de collaboration en dépit du financement réduit, et ce, en trouvant des solutions de rechange à faible coût qui permettent de continuer à communiquer, comme Skype et GoToMeeting.

Séance 3 – Pratiques exemplaires et émergentes : services et méthodes d’évaluation

L’évaluation des titres de compétences étrangers d’une personne peut parfois s’avérer un processus ardu, et les erreurs peuvent retarder ou empêcher l’intégration au marché du travail de cette personne. L’utilisation de la technologie s’est révélée utile pour l’évaluation de titres de compétences, la simplification des processus et la réduction des délais de traitement. On compte parmi les pratiques exemplaires recommandées l’offre de ressources en ligne et d’un accès aux dossiers des clients. Par exemple, le site Web de l’Ordre des enseignantes et enseignants de l’Ontario permet aux demandeurs de consulter l’état de leur demande et de voir quels documents manquent à leur dossier, peu importe leur lieu de résidence ou leur fuseau horaire. On recommande par ailleurs de fournir aux demandeurs des documents de préparation supplémentaires lors des premières étapes du processus, comme des modèles de compétences en matière de communication et de culture propres à leur industrie, ainsi que des informations qui aident les PFE à se fixer des attentes réalistes quant à leur situation d’emploi au Canada avant leur arrivée. Suivant leur arrivée, les PFE devraient obtenir de l’aide sur le plan du réseautage en vue d’établir des relations et des liens de confiance avec leur nouvelle communauté de travail.

Les pratiques exemplaires du domaine des services et des méthodes d’évaluation consistent notamment à fournir aux demandeurs des renseignements qui sont propres à leur pays (en utilisant la terminologie locale des documents requis de leur pays d’origine), de l’information sur les endroits où ils peuvent se procurer ces documents et, entre autres, les noms des organismes de réglementation du Canada avec lesquels ils pourraient devoir communiquer. Cette approche allège considérablement le fardeau lié au travail spéculatif et aux exigences de recherche qui pèse sur le demandeur, prévient la confusion, et contribue à réduire les délais de traitement, et ce, en faisant en sorte que les organismes reçoivent les documents dont ils ont besoin dès le départ. À titre de pratique émergente, il est également recommandé d’intégrer aux outils en ligne des instruments de rétroaction à l’intention des demandeurs, de sorte que l’on puisse effectuer des changements en fonction des expériences et des besoins des utilisateurs. L’Ordre des enseignantes et enseignants de l’Ontario recueille des commentaires auprès des utilisateurs afin de répondre à leurs besoins sur une base continue.

On recommande aussi de permettre aux participants de passer leurs examens initiaux en ligne ou à l’étranger afin de simplifier le processus de demande de permis exigeant des évaluations. Le fait de limiter les périodes d’examen à une ou deux fois l’an peut entraîner des délais d’intégration économique considérables si les demandeurs ne sont pas en mesure de se présenter. L’offre de plusieurs périodes d’évaluation par année est donc considérée comme une pratique exemplaire.

On a par ailleurs relevé la nécessité de renforcer l’harmonisation stratégique entre les exigences d’évaluation et les compétences requises aux fins du travail quotidien. L’ajout d’évaluations du rendement axées sur la simulation et l’utilisation de scénarios peut faciliter la détermination des ensembles de compétences requis. La présentation en ligne des résultats d’évaluation permet aussi une prise de décision plus rapide et une mise à niveau immédiate des compétences, au besoin.

Séance 4 – Projet de groupe de travail multilatéral et évaluation des compétences en fonction du rendement au travail des ingénieurs formés à l’étranger (Nouvelle-Écosse)

Comme mentionné précédemment, les personnes qui cherchent à obtenir l’autorisation d’exercer une profession ou un métier spécialisé font face à des défis complexes au cours du processus menant à l’obtention de l’autorisation d’exercice, comme l’évaluation des compétences, le placement professionnel, ainsi que les évaluations réalisées dans le nouvel environnement de travail. Les conférenciers ont établi que la collaboration avec les partenaires représentait un élément clé de réussite. La recommandation des gouvernements FPT de collaborer est également mise de l’avant dans le Cadre (2009) et dans son Plan d’action subséquent (2014). La collaboration ne se limite pas à l’échange de valeur et d’idées qui existent déjà, elle doit également laisser place à la création conjointe d’une valeur ajoutée.

À titre d’exemple de pratique exemplaire, les groupes de travail multilatéraux peuvent faire preuve d’une très grande efficacité, les responsabilités pouvant être partagées et le champ d’expertise élargi grâce au savoir qui est partagé. Ces groupes peuvent aussi contribuer au processus d’harmonisation des compétences requises, de la formation et des outils de perfectionnement. Les conférenciers ont souligné l’importance cruciale d’intégrer des processus d’évaluation aux programmes dès le départ, ceux-ci permettent d’assurer un suivi des progrès et des résultats, et cibler les lacunes. On a présenté différents indicateurs de réussite, dont les suivants : le pourcentage de participants qui réussissent les examens, l’obtention d’un emploi rémunérateur, et le maintien global des immigrants au sein de la province ou du territoire. On a aussi souligné que tous les acteurs clés du groupe de travail doivent faire preuve d’engagement, car les processus en question s’étendent sur de longues périodes.

Le Programme d'évaluation des compétences en fonction du rendement au travail des Ingénieurs formés à l'étranger (IFE) a été mis sur pied par un groupe de travail de l’industrie comme solution aux obstacles rencontrés par les intervenants. L’évaluation consiste en une solution novatrice qui permet de surmonter ces obstacles en assurant l’harmonisation des compétences, de la formation et du perfectionnement. Celle-ci offre également un accès en ligne à l’examen sur les principes fondamentaux de l’ingénierie (Fundamentals of Engineering). De tels programmes contribuent à ouvrir des portes aux immigrants et à accélérer le processus d’obtention des autorisations d’exercice canadiennes. En jumelant des employeurs et de nouveaux arrivants expérimentés, il devient possible d’évaluer les compétences des immigrants dans un environnement semblable à celui auquel ils aspirent, et de remarquer leurs lacunes sur le plan des compétences et des connaissances. Les participants pourraient aussi être tenus de suivre une formation de préparation à l’emploi et une formation en matière de sécurité dans le cadre de ce processus.

On a par ailleurs souligné qu’un programme d’évaluation des compétences peut offrir d’énormes avantages aux participants. À titre d’exemple, les participants reçoivent de la rétroaction à l’égard de leur travail, sont informés de leurs lacunes au point de vue des compétences et arrivent à mieux comprendre comment leur profession ou métier est exercé au Canada. Ils profitent d’occasions de réseautage et sont en mesure d’établir des liens avec les entrepreneurs et d’autres employés. Selon leur rendement, les participants pourraient se voir offrir des emplois au cours de la période d’évaluation.

Séance de la pause-repas – Le programme d’Évaluation pratique des métiers en milieu de travail (EPMT)

Il est souvent difficile pour les employeurs de recruter des personnes de métier formées et qualifiées. Bien que l’immigration offre un moyen de pourvoir aux postes vacants, l’acquisition d’une expérience de travail canadienne et la maîtrise de la langue peuvent présenter un défi pour certains immigrants. Le programme d’Évaluation pratique des métiers en milieu de travail mis sur pied par la Nova Scotia Apprenticeship Agency et l’ISANS offre aux nouveaux arrivants un moyen de pratiquer leur métier, d’acquérir de l’expérience de travail en sol canadien et d’accroître leurs chances de réussite. Le programme d’EPMT jumelle des personnes de métier expérimentées à un employeur pertinent pour évaluer leurs compétences en cours d’emploi, alors qu’elles progressent dans le processus menant à l’obtention de l’autorisation d’exercice.

Séance 5 – Collaboration et rôle des organismes de réglementation

Les provinces et les territoires sont responsables de la majorité des professions et des métiers réglementés et, dans la plupart des cas, ils délèguent les pouvoirs législatifs connexes aux organismes de réglementation professionnelle. Les organismes de réglementation sont chargés de protéger le public en veillant à ce que les membres autorisés à exercer le métier ou la profession qu’ils réglementent, qu’ils soient formés au Canada ou ailleurs, possèdent les compétences professionnelles nécessaires. Dans le cas des PFE, les organismes de réglementation doivent évaluer de nombreux facteurs, dont la formation à l’étranger, les titres de compétences étrangers, la langue et l’expérience de travail. Le processus de RQAE est complexe et susceptible d’être long selon ce que la personne concernée doit accomplir pour obtenir l’autorisation d’exercer (« autorisé » ou « agréé ») et le temps qu’il lui faudra pour y parvenir.

Afin d’atténuer les obstacles auxquels font face les demandeurs formés à l’étranger, tout en s’assurant que les organismes de réglementation puissent s’acquitter de leur mandat de protection du public, on a déterminé qu’une pratique exemplaire consistait à collaborer avec les partenaires, les groupes de travail multilatéraux, le Bureau d’examen de la (FRPA) de la Nouvelle-Écosse, et les commissaires en matière d’équité de l’Ontario, du Manitoba et du QuébecNote de bas de page 6. La collaboration permet de mieux comprendre l’ensemble des aspects du processus puisqu’elle commande un partage des expériences, la détermination des problèmes communs et l’évaluation des répercussions sur le pays, les provinces et les territoires, et les demandeurs. Cette approche permet par ailleurs d’assurer une meilleure planification et d’encourager l’application de pratiques d’accréditation qui sont transparentes, objectives, impartiales et équitables du point de vue des procédures. À titre d’exemple de collaboration, en Nouvelle-Écosse, l’agent d’examen de la FRPA de la Nouvelle-Écosse participe également aux activités des groupes de travail multilatéraux (voir la séance 4) et travaille de concert avec les organismes de réglementation et les établissements d’enseignement lorsque ces derniers se penchent sur des questions de transparence, d’objectivité et d’équité procédurale.

Bien que la collaboration entre intervenants puisse produire des résultats positifs, d’autres difficultés, comme l’ont mentionné les conférenciers, exigent toujours une attention particulière. En premier lieu, il existe peu de solutions de substitution aux approches traditionnelles d’évaluation axées sur les titres de compétences, et dans certains cas, les établissements d’enseignement n’offrent pas aux PFE de suivre des cours individuels en vue de combler les lacunes minimes dans leur diplôme, ils exigent plutôt de refaire leurs études en entier. L’accès aux programmes d’orientation professionnelle, de transition (bridging) ou de mise à niveau, et l’accès au possibilités d’acquisition d’expérience de travail canadienne et aux cours de langue spécifiques à l’emploi convoité ont tous été cités à titre d’initiatives qui permettent de s’attaquer à certains de ces défis.

En deuxième lieu, pour ce qui est des professions et des métiers non réglementés, au sein desquelles il revient à l’employeur de décider si la personne répond aux exigences de l’emploi, on a observé que les titres de compétences des nouveaux arrivants semblaient parfois moins valorisés par les employeurs que les titres de compétences des Canadiens qui avaient étudié à l’étranger. Les initiatives visant à combler cette lacune pourraient consister à aider les employeurs à mieux comprendre les titres de compétences étrangers, ainsi qu’à mener des activités de sensibilisation à l’égard des compétences et des atouts que les immigrants possèdent et de la manière dont ils contribuent positivement à la participation accrue au marché du travail du Canada.

Séance 6 – Pratiques exemplaires et émergentes : intégration au marché du travail – Personnes concernées

De nombreux nouveaux arrivants souhaitent intégrer le marché du travail. L’emploi leur permet non seulement de gagner un revenu pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille, mais aussi de mieux s’intégrer dans leur communauté et dans leur société. Pour optimiser leurs perspectives d’emploi, les immigrants doivent détenir des compétences qui répondent aux demandes du marché du travail. Les conférenciers ont souligné l’importance de surveiller les demandes du marché du travail de façon à créer des programmes d’intégration professionnelle adaptés aux exigences professionnelles, qui changent au fil du temps . Les conférenciers ont mis l’accent sur une pratique exemplaire qui consiste à cibler les sous-populations de PFE qui possèdent des compétences spécialisées (ou une combinaison de compétences dont le niveau peut varier de faible à élevé et des compétences linguistiques, etc.) lors de l’élaboration des programmes. Cette stratégie permet d’adapter les programmes en fonction des besoins spécifiques de chaque groupe, menant ainsi à une intégration plus rapide des travailleurs.

Les programmes transition (bridging) facilitent l’intégration des travailleurs qualifiés dans leur milieu de travail. Les programmes de formation relais de l’Ontario (The Ontario Bridge Training Program) ont été présentés en tant que pratiques exemplaires. Ces programmes comprennent l’engagement institutionnel, la formation comportementale (compétences en communication et jumelage [job shadowing]), de même qu’un soutien technique (évaluations, préparation à l’examen préalable au permis, etc.). L’expansion des programmes à l’échelle nationale a été présentée comme une façon de mieux exploiter des ressources limitées plutôt que de dépenser les fonds à « réinventer la roue ». Par ailleurs, si un programme est considéré comme étant de haute qualité, il est suggéré aux diverses organisations de communiquer entre elles et de collaborer adéquatement pour permettre à tous les intervenants d’en tirer profit.

Les compétences linguistiques sont essentielles pour obtention un emploi. Divers programmes et diverses formations sur les compétences en communication adaptées à un milieu de travail donné permettent aux nouveaux arrivants de mettre en valeur leurs connaissances spécialisées, tout en améliorant leurs compétences linguistiques de niveau supérieur comme la grammaire et la prononciation. Le programme Language in the Workplace (la langue de travail) offert par ISANS a été présenté en tant que pratique exemplaire dans ce domaine. Le programme enseigne une terminologie propre à un secteur d’activité, ce qui améliore la confiance de l’employé et la communication avec son employeur. Le fait d’adapter le programme linguistique aux besoins particuliers de chaque milieu de travail permet aux participants d’acquérir des connaissances de base en communication ainsi qu’un vocabulaire de travail. L’amélioration des compétences linguistiques leur permet de parler plus aisément de leur travail et de poser des questions à leurs collègues ou employeurs, et de faire valoir leurs compétences spécialisées. Par ailleurs, les services d’interprétation sont essentiels pour réduire la confusion et faciliter la communication et l’apprentissage dans le nouvel environnement de travail. De tels programmes contribuent à diminuer la dépendance aux mesures de soutien gouvernementales par la création de nouvelles relations et occasions, la réduction du chômage, la rétention des nouveaux arrivants et la création d’entreprises.

Les conférenciers ont également affirmé que ceux qui maîtrisent mal la lecture et l’écriture dans les langues officielles du Canada peuvent avoir accès à un programme linguistique jusqu’à ce qu’ils atteignent un niveau d’alphabétisation de base. Une maîtrise de base de l’anglais ou du français est nécessaire pour accéder aux services, mais aussi pour lire des avis et des manuels importants comme ceux qui concernent la santé et la sécurité, par exemple.

Les conférenciers ont mentionné que des mises à jour continues auprès des clients après leur participation aux programmes sont essentielles, car les participants ont souvent besoin de soutien supplémentaire suivant une intervention ou la participation à un programme. On a aussi soulevé que cette pratique exemplaire encourage les participants à faire preuve d’ouverture et de flexibilité quant à leurs objectifs de carrière et les aide à explorer leur plan de carrière au Canada. On a souligné que, dans le cas des participants qui ne satisfont pas aux exigences locales dans leur secteur, ou lorsqu’il n’y a aucun poste dans leur domaine, le fait de leur fournir des analyses du marché du travail et des profils ou cartographies des compétences leur ouvrirait la porte à d’autres possibilités de carrière et d’autres occasions d’acquérir de l’expérience de travail au Canada.

L’embauche de nouveaux arrivants ne devrait pas être vue comme une action caritative de la part de l’employeur. Les nouveaux arrivants possèdent plusieurs atouts dont peuvent tirer profit les employeurs, tels que l’apport d’innovations, un haut niveau de productivité et l’accès aux marchés étrangers. On a également indiqué que les employeurs pourraient aussi tirer avantage de la formation en savoir-faire culturel. Les entreprises œuvrant au sein de certains secteurs comme la science, les technologies, le génie et les mathématiques (professions STGM) sont souvent à l’avant-garde en matière de compétence culturelle, car elles ont la réputation d’acquérir des travailleurs étrangers hautement qualifiés pour demeurer concurrentielles.

Pour faciliter la visibilité auprès des talents étrangers et leur recrutement, et pour aider les nouveaux arrivants hautement qualifiés à acquérir leur première expérience professionnelle au Canada, BioTalent Canada propose une présélection d’employés ainsi que des subventions salariales aux employeurs qui embauchent des PFE, comme moyen d’aider ces employeurs à trouver et à embaucher les talents les plus prometteurs.

D’autres secteurs d’emploi n’ont pas encore eu l’occasion de suivre le pas. Une pratique exemplaire visant à éduquer les employeurs dans ce domaine est celle des programmes de formation pour employeurs comme la formation en savoir-faire culturel. Ceci permet aux employeurs de mieux comprendre les cultures étrangères, dans le but de favoriser une adaptation culturelle mutuelle et d’améliorer la communication.

Séance 7 – Pratiques émergentes exemplaires : intégration au marché du travail – Employeurs

Les services de soutien en matière de RQAE et d’immigration pour les employeurs, et non seulement pour les immigrants jouent un rôle important dans l’intégration économique des nouveaux arrivants. Ce soutien est nécessaire puisque beaucoup d’employeurs ne savent pas comment s’y prendre pour l’embauche de nouveaux immigrants, ou se demandent comment ceux-ci se débrouilleront dans le milieu de travail. La participation des partenaires de l’industrie pour créer des champions de l’embauche d’immigrants pour aider les employeurs dans ce processus a été reconnue comme un exemple de pratique exemplaire qui contribue à faciliter les conversations de début d’emploi.

Les programmes qui fournissent de la formation et des outils aux employeurs pour mieux cibler, recruter et conserver les talents formés à l’étranger, et qui les aident à comprendre ce que signifient les titres de compétence étrangers, font partie des pratiques exemplaires qui contribuent grandement au processus d’embauche. BC JobConnect, un programme du Immigrant Employment Council de la Colombie Britannique, fournit un outil en ligne facile à utiliser qui met les employeurs de la C.-B. en relation avec les nouveaux arrivants prêts à l’emploi. Cet outil permet aux employeurs de combler leurs besoins de main d’œuvre tout en fournissant une plateforme aux immigrants pour qu’ils puissent démontrer l’étendue de leurs compétences. Cela permet aux employeurs de se concentrer sur les compétences présentées plutôt que sur l’origine ou la culture de l’employé. Il a été recommandé, comme pratique exemplaire, d’employer une approche réactive lors de la collaboration avec des employeurs. Il faut les laisser déterminer leurs besoins et planifier des interventions en fonction de leurs propres analyses.

Comme beaucoup d’immigrants possèdent plusieurs années d’expérience et sont hautement qualifiés, mais n’ont pas les diplômes nécessaires (qualifications officielles), le fait de mettre l’accent sur la reconnaissance de compétences plutôt que sur la reconnaissance des titres de compétences étrangers favoriserait leur intégration au marché du travail. Des programmes d’évaluation des compétences sont actuellement mis au point pour divers métiers et certains sont même offerts en ligne. En fonction des résultats obtenus à l’évaluation, certaines organisations proposent des programmes qui permettent aux candidats d’acquérir des compétences dans les domaines où ils ont des lacunes, ou encore des suggestions de carrières autres qui correspondent aux compétences qu’ils possèdent déjà. Après la vérification des diplômes et des compétences, l’importance du mentorat et du réseautage dans l’intégration économique est souvent négligée. Il s’agit d’un soutien énorme pour les nouveaux arrivants, étant donné que de nombreux emplois sont issus de ces activités. Les programmes mis en place sont importants puisqu’ils facilitent ces processus et aident les nouveaux arrivants à trouver de l’emploi.

Déplacer l’évaluation des compétences plus tôt dans le processus d’immigration, à l’étape de la présélection, donne l’occasion aux candidats de mieux comprendre à quoi peut ressembler un parcours professionnel au Canada. Ceci les aide à savoir si un déménagement au Canada est une bonne idée pour eux ou s’ils doivent rajuster leurs attentes en matière d’emploi. D’autres initiatives de financement sont également recommandées. Grâce au financement gouvernemental, les employés des programmes peuvent consacrer leur temps à des éléments importants comme la stratégie plutôt que la collecte de fonds. Ces subventions permettent aussi aux organisations d’étendre leurs programmes à l’échelle nationale, ouvrant la porte à des occasions de collaboration, de croissance et d’innovation adaptée aux besoins des employeurs.

Les partenariats sont d’une grande utilité lors de l’élaboration de programmes de soutien aux employeurs. La connaissance des forces et du savoir-faire de tous les intervenants est importante, au même titre que le respect des limites de chacun. Le fait de rechercher des lacunes dans les programmes existants et de trouver les partenaires qui peuvent les combler (expansion des programmes ou création de nouveaux programmes) aide à maintenir les ressources requises au minimum.

Conclusion

Cette conférence a mis l’accent sur de nombreuses pratiques émergentes et exemplaires qui proposent des outils efficaces et innovateurs ainsi que des initiatives et des activités qui favorisent l’intégration des immigrants au marché du travail canadien, avant leur arrivée et jusqu’à leur embauche. Chacune des sessions a révélé l’importance de la collaboration pour tirer parti des travaux existants, développer la connaissance et éviter les doubles emplois. Voici quelques-unes des pratiques émergentes exemplaires qui ont été présentées :

i) Les gouvernements et les organismes de réglementation. Voici les pratiques exemplaires visant à informer les immigrants pour qu’ils prennent des décisions éclairées avant leur arrivée au Canada et jusqu’à leur embauche :

  • donner des renseignements complets et à jour aux nouveaux arrivants avant et après leur arrivée, pour leur permettre de prendre des décisions éclairées concernant leur venue au Canada, leur cheminement de carrière et leurs attentes par rapport à l’obtention d’un emploi dans la profession ou le métier envisagé;
  • poursuivre la collaboration entre les intervenants, notamment les gouvernements, les fournisseurs de services, les employeurs, les organismes de réglementation, les établissements d’enseignement et les personnes concernées, afin d’apporter le soutien nécessaire tout au long du processus, avant leur arrivée et jusqu’à leur embauche.

(ii) Les gouvernements, employeurs, établissements d’enseignement et agences de services aux immigrants. Les pratiques exemplaires visant à favoriser l’emploi et la formation ont été identifiées par ceux qui fournissent :

  • l’accès à de la formation linguistique ainsi qu’à des programmes de mise à niveau et de développement des compétences pour permettre aux immigrants de trouver et de conserver un emploi;
  • le parrainage d’immigrants par des travailleurs expérimentés ou des professionnels et le réseautage avec d’autres personnes qui travaillent dans leur domaine;
  • l’accès à des programmes qui relient les nouveaux arrivants aux employeurs potentiels (incluant les emplois temporaires);
  • des échanges constants d’information et une communication régulière entre les fournisseurs de services pour cibler les obstacles, les programmes complémentaires et les possibilités de recommandation de personnel, pour éviter les doubles emplois et promouvoir l’intégration au marché du travail;
  • de la formation en savoir-faire culturel pour permettre aux employeurs de constater les nombreux avantages de l’intégration des immigrants au marché du travail tels que la stimulation à innover et l’augmentation de la productivité.

(iii) Les gouvernements et les organisations de services aux immigrants. Voici les pratiques exemplaires pour encourager la sensibilisation auprès des employeurs et améliorer les programmes :

  • sensibiliser les employeurs aux avantages d’embaucher des immigrants;
  • reconnaître que le partage des difficultés est tout aussi important que le partage des réussites pour favoriser l’apprentissage continu.

Les obstacles à la RQAE sont nombreux, mais d’importants progrès sont aujourd’hui réalisés par une multitude d’intervenants, partout au Canada. Avec une collaboration et des efforts soutenus, les processus de RQAE continueront de s’améliorer au profit des nouveaux arrivants, des employeurs et de l’économie canadienne. 

Annexe A – Difficultés et possibilités de changement

Préparation et mesures de soutien avant l’arrivée

Difficultés :

  • Les candidats ne savent pas à quoi s’attendre pendant les processus de demande de permis (coûts, durée), avant et après leur arrivée au pays.
  • Les immigrants de la composante économique sont choisis pour immigrer au Canada, entre autres, sur la base d’un rapport d’évaluation des diplômes d’études (EDE). IRCC utilise ceci pour authentifier les titres de compétences étrangers des candidats et déterminer leur équivalence par rapport aux diplômes canadiens. Ensuite, IRCC attribuent des points pour l’éducation en vertu du processus de sélection des immigrants. Une EDE donne aux candidats une meilleure idée de la valeur de leurs études sur le marché du travail canadien, ce qui leur permet de faire des choix plus éclairés en matière d’immigration et de carrière au Canada. Les EDE sont utilisées aux fins de l’immigration et ne garantissent pas l’embauche ou l’octroi automatique d’un permis pour aucun métier ou profession. Habituellement, les candidats ne s’attendent pas aux évaluations plus approfondies des qualifications que mènent les organismes de réglementation et qui concernent notamment les études, l’expérience de travail, la formation, les compétences linguistiques ainsi que d’autres aptitudes et facteurs.

Possibilités:

  • Assurer un accès facile à l’information avant l’arrivée, particulièrement pour ceux qui œuvrent dans des professions réglementées, ce qui leur permettra de faire des choix éclairés en ce qui concerne leur venue au Canada et leurs possibilités d’emploi. Par exemple, l’accès à des renseignements réalistes sur les perspectives d’emploi dans leur domaine.

Services/méthodes d’évaluation

Difficultés:

  • Les nouveaux immigrants ont besoin de soutien après leur arrivée au pays. Les mesures de soutien requises peuvent comprendre des ressources linguistiques supplémentaires, du mentorat et l’accès à de l’information sur les études.
  • La composante sexospécifique doit être considérée dans les services offerts. Par exemple, certaines mères de famille font face à des obstacles supplémentaires à leur arrivée et peuvent avoir besoin de prestations alimentaires pour enfants.

Possibilités:

  • Fournir des services d’établissement généraux qui comprennent des possibilités de programme permanent et de mentorat continu.

Évaluation de l’expérience de travail sur la base des compétences

Difficultés:

  • Les employeurs ont du mal à comprendre les équivalences des qualifications et de l’expérience de travail acquise à l’étranger. Ils manquent parfois du savoir-faire ou de l’assurance nécessaires pour intégrer les nouveaux arrivants à leur environnement de travail.
  • Continuer à travailler avec des fournisseurs de services pour qu’ils embauchent des PFE.
  • Offrir du mentorat et des postes aux nouveaux travailleurs pour trouver leurs talents et garder les bons travailleurs.
  • Exiger que les employeurs prennent des cours d'acquisition de compétences culturelles comme condition a recevoir du financement pourrait donner des résultats positifs.
  • Continuer de travailler avec les employeurs pour encourager l’embauche des nouveaux arrivants.

Collaboration et rôle de la réglementation

Difficultés:

  • À mesure que les demandes augmentent, les autorités de réglementation sont confrontées à des problèmes de capacité, ce qui cause des temps d’attente et une incapacité de procéder à des évaluations lorsque nécessaire.
  • Il est impératif de concilier la protection du public et l’accélération des processus de RQAE. Pour ce faire, tous les intervenants doivent s’y mettre.

Possibilités:

  • Réaliser une analyse environnementale des services pour éviter les doubles emplois et apprendre des autres qui réussissent bien;
  • Aider à la gestion des attentes (informer les nouveaux arrivants des coûts et de la durée du processus de demande de permis et leur fournir des renseignements concernant leur formation et leur cheminement de carrière);
  • Poursuivre les efforts de collaboration qui unissent les intervenants d’une profession donnée, en insistant sur l’engagement des employeurs (offrir des parcours d’intégration, combler les lacunes en matière de compétence ou de connaissance et faire la promotion d’une intégration efficace des immigrants sur le marché du travail);
  • Continuer à encourager la collaboration entre les intervenants, y compris les employeurs, les agences d’immigration et les gouvernements;
  • Comprendre l’importance d’expliquer le rôle que jouent les organismes de réglementation professionnelle dans la protection du public; et
  • Assurer l’intégration et l’exactitude de renseignements sur les sites Web peut aussi s’avérer utile.

Participation de la main-d’œuvre

Difficultés:

  • Divers niveaux de compétence linguistique sont requis pour intégrer le marché du travail canadien dans des professions ou des métiers réglementés ou non, ce qui est considéré comme un obstacle à l’intégration au marché du travail des PFE.
  • Les PFE sont confrontées à des difficultés même après avoir obtenu leur permis. Par exemple, même si les médecins formés à l’étranger réussissent trois examens médicaux et obtiennent leur permis d’exercice, ils risquent de ne pas être en mesure de faire leur résidence en raison du manque de places.

Possibilités:

  • Soutenir l’acquisition des compétences linguistiques, offrir de la formation linguistique en milieu de travail (ou la formation « aptitudes à communiquer en milieu de travail ») et des stages (par exemple dans les métiers et l’ingénierie) qui peuvent mener à un emploi à temps plein;
  • Développer le savoir-faire culturel;
  • Permettre aux PFE déjà en emploi d’aider à la formation des nouveaux employés;
  • Mobiliser des volontaires (employés canadiens) pour faire du réseautage et rencontrer les nouveaux arrivants, créer des relations d’emploi et accroître leur connaissance du marché du travail canadien; et
  • Continuer d’offrir des services de mentorat, de réseautage et de mise en relation des nouveaux arrivants avec les entreprises et milieux de travail.

Annexe B – Glossaire

Autorisation d’exercer : la pratique restreinte ou la restriction de l’usage d’un titre de profession qui requiert un permis. Il peut y avoir plusieurs étapes ou niveaux d’autorisation, selon l’organisme de réglementation ou la profession. Par exemple, le « permis d’exercice provisoire » accorde au candidat l’autorisation d’exercer dans sa profession, dans le respect de certaines limites et conditions, pendant qu’il fait le nécessaire pour satisfaire à toutes les exigences d’autorisation. L’autorisation d’exercer comprend souvent le droit d’utiliser un titre et le droit d’exercice. Pour certaines professions, les travailleurs peuvent effectuer la majeure partie de leur travail sans détenir d’autorisation formelle, mais ne peuvent pas utiliser le titre, comme dans le domaine de la comptabilité, par exemple.

Autorisé : un travailleur qui obtient une « autorisation d’exercice » signifie qu’il détient un certificat, un permis, une accréditation ou toute autre forme de reconnaissance officielle émise par une autorité de réglementation, qui atteste la qualification du travailleur et, le cas échéant, l’autorise à exercer dans une profession donnée ou à utiliser un titre de profession particulier sur le territoire de cette autorité (Accord de libre-échange canadien, article 711, 1). « Autorisé » et « agréé » sont parfois employés de façon interchangeable, mais l’autorisation est parfois considérée comme une exigence d’embauche plutôt que comme une exigence légale.

Commissaires à l’équité : le Manitoba, l’Ontario, le Québec et la Nouvelle-Écosse ont des commissaires ou officiers responsables d’assurer la transparence, l’objectivité, l’impartialité et l’équité des pratiques de reconnaissance des qualifications professionnelles acquises à l’étranger. Leurs titres et mandats sont différents, mais, pour des raisons de simplicité, le présent rapport renvoie à tous en tant que « commissaires à l’équité ».

Conseils d’emploi des immigrants (IEC) : avec la collaboration de plusieurs intervenants, les IEC aident les employeurs à affronter les difficultés d’une main-d’œuvre diversifiée et à mieux comprendre les avantages que présente l’embauche des immigrants formés à l’étranger, tout en permettant aux immigrants de profiter d’initiatives comme les programmes de mentorat.

Membres d’une profession : les candidats qui remplissent les trois exigences (compétence, bonne réputation et l’exigence administrative) sont inscrits à titre de membres. Il est à noter que tous les membres ne sont pas forcément détenteurs d’un permis d’exercice. Par exemple, une personne peut être membre de Chartered Professional Accountants of Ontario, sans détenir le permis d’exercice de comptable professionnel. Dans ce cas, bien que la personne membre, mais non détentrice d’un permis soit en droit de travailler en comptabilité, elle n’est pas autorisée à effectuer certaines opérations particulières.

Organisme de réglementation : un organisme chargé par la loi ou par règlement d’établir, de surveiller et d’appliquer les normes en matière de permis et d’exercice d’un emploi, en grande partie pour assurer la sécurité de la population canadienne en ce qui a trait aux relations du public avec les membres de cette profession.

Profession, métier ou emploi désigné : une profession, un métier ou un emploi considéré, en vertu de la loi ou d’un règlement, comme adéquat pour l’établissement des exigences en matière de formation ou pour lequel une personne peut recevoir un certificat de compétence, ou les deux.

Qualifications et diplômes : le terme « qualifications » comprend l’ensemble des compétences d’un candidat et peut inclure les études et l’expérience acquise à l’étranger, de même que les diplômes professionnels. Le terme « diplômes » est généralement employé de façon plus stricte, pour faire référence uniquement aux titres professionnels.

Reconnaissance des qualifications professionnelles acquises à l’étranger : processus qui consiste à assurer que les connaissances, les compétences et l’expérience de travail acquises à l’étranger, de même que les études effectuées à l’étranger, sont comparables aux normes établies pour les professionnels et gens de métiers du Canada.

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