Archivée : Directives : 45e session du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat

Directives : 45e session du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC-45) du 28 au 31 mars 2017, Guadalajara, Mexique

Contexte

Les principales questions à trancher dans le cadre de la GIEC-45 sont l’approbation des grandes lignes du « Rapport spécial sur le changement climatique, les océans et la cryosphère » et du « Rapport spécial sur le changement climatique, la désertification, la dégradation des sols, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres ». De plus, le Groupe d’experts se penchera sur des décisions relatives au budget du GIEC, à la stratégie de mobilisation des ressources et au programme de bourses d’études. On s’attend à ce que la question de la modification du mandat du Groupe de travail sur les inventaires soit soulevée en séance et incluse comme point de discussion. Le Secrétariat du GIEC annoncera que le Canada sera l’hôte de la 46e session du GIEC (GIEC-46) en septembre 2017.

Questions à trancher

Point 2 : Approbation du rapport préliminaire de la 44e session

La délégation canadienne peut donner son approbation au rapport préliminaire de la 44e session.

Point 3 : Programme et budget du GIEC

3.1 Budget pour l’année 2017 (budget révisé aux fins d’adoption)

La délégation canadienne participera aux réunions de l’équipe de travail sur les finances (ETF) pour étudier la révision du budget pour 2017; elle pourrait demander des précisions concernant la justification de la ligne budgétaire portant sur la mobilisation des ressources. Il est possible que le Canada appuie le budget révisé, mais il doit s’assurer que le GIEC continue à travailler selon ses moyens.

3.2 Mobilisation de ressources

La délégation canadienne participera aux réunions de l’ETF; elle entend faire porter la discussion sur la stratégie de mobilisation des ressources et sur les politiques et procédures de partenariat du GIEC.

Le Canada reconnaît l’urgence des besoins budgétaires du GIEC et les efforts entrepris jusqu’à maintenant par le Secrétariat pour trouver une solution à cette situation. Le Canada reçoit bien l’hypothèse selon laquelle la création de nouveaux partenariats pourrait jouer un rôle crucial pour faire face à l’urgence budgétaire et est favorable à une poursuite des partenariats entre le GIEC et des donateurs. Toutefois, le Canada considère que ces ententes doivent être soumises à l’examen des États membres - comme c’est le cas pour l’admission d’organisations observatrices - afin d’obtenir une meilleure atténuation des risques ainsi qu’une plus grande transparence et une meilleure solidité des processus décisionnels. Le Canada pourrait appuyer une révision du document sur les politiques et procédures de partenariat qui permettrait aux gouvernements qui soutiennent le GIEC depuis sa création de se faire entendre.

En ce qui concerne la Stratégie de mobilisation des ressources, le Canada pourrait encourager la tenue d’évaluations de l’efficacité sur une base continuelle, de manière à ce que des rajustements rapides puissent être réalisés si les objectifs de financement ne se sont pas atteints (comme ce fut le cas en 2016). De plus, le Canada pourrait suggérer que la portée de la Stratégie de mobilisation des ressources soit étendue afin d’inclure différentes activités allant au-delà de la sollicitation de fonds auprès des gouvernements membres et de l’établissement de partenariats avec des mécènes.

Point 4 : Admission d’organisations observatrices

Aucun document de soutien n’est disponible au moment de la rédaction.

La délégation canadienne accueille de façon favorable l’inclusion d’organisations observatrices supplémentaires. La collaboration avec ces intervenants améliore la transparence et élargit l’échange de renseignements entre le GIEC et d’autres organisations. En raison du nombre grandissant d’organisations observatrices - 126 organisations actuellement -, la délégation canadienne pourrait suggérer que les organisations qui participent aux réunions du GIEC contribuent aux coûts logistiques associés à leur tenue.

Point 6 : Produits du sixième rapport d’évaluation (RE6)

6.1 Aperçu du Rapport spécial sur le changement climatique, les océans et la cryosphère

Le Canada est satisfait des efforts déployés et des résultats obtenus pour la portée du rapport, et tient à reconnaître le travail réalisé pour élaborer ce plan solide.

Dans le cadre des discussions portant sur ce point, la délégation canadienne fera des suggestions constructives pour soutenir l’équilibre entre les sujets traités, la cohérence entre les différents chapitres et l’inclusion de champs d’intérêt important, notamment :

  • Les connaissances autochtones : donner un appui solide pour l’utilisation des connaissances autochtones et des collectivités locales, un thème récurrent dans tous les chapitres du rapport.
  • Les enjeux touchant les sciences physiques : demander des éclaircissements sur la manière dont ces enjeux seront traités dans le Rapport spécial et le Rapport d’évaluation de base (à savoir le rapport d’évaluation du groupe de travail); une importance particulière a été donnée aux impacts dans les grandes lignes du Rapport spécial.
  • Glace d’eau douce : suggérer l’inclusion d’une référence explicite à la glace d’eau douce (au point 3 du chapitre 3); élément essentiel pour le transport et les déplacements dans les collectivités du Nord.
  • Érosion côtière et inondations : suggérer l’inclusion d’une référence explicite à ces conséquences de grande importance, tout en reconnaissant que celles-ci sont englobées de manière implicite dans les chapitres 3 et 4.
  • Accessibilité du contenu aux publics politiques : suggérer l’inclusion de cartes géographiques pour mieux indiquer où se trouvent les régions montagneuses (élevées) et les régions polaires (chapitres 2 et 3), les endroits où les passages de transport peuvent s’ouvrir ou se fermer, ou d’autres impacts régionaux.

Tout en reconnaissant l’ampleur des sujets à traiter et le besoin de produire un rapport concis, le Canada pourrait suggérer que des efforts soient déployés afin de simplifier les grandes lignes du rapport, par exemple :

  • Suggérer de supprimer le thème de l’acidification du chapitre 3 puisque cet enjeu est traité au chapitre 5, mais aussi parce qu’il existe un rapport récent portant sur l’acidification des océans; ce rapport a été produit dans le cadre du Programme de surveillance et d’évaluation de l’Arctique (PSEA).
  • Suggérer le regroupement des conséquences socio-économiques du chapitre 3 dans un point unique.
6.2 Aperçu du Rapport spécial sur le changement climatique, la désertification, la dégradation des sols, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres

Le Canada voudra exprimer ses remerciements pour le travail réalisé pour l’élaboration cohérente de ces grandes lignes.

Dans le cadre des discussions portant sur ce point, la délégation canadienne fera des suggestions constructives pour soutenir l’inclusion de champs d’intérêt cruciaux, notamment :

  • Une analyse des interactions entre les enjeux : reconnaissance de la valeur ajoutée du Rapport spécial pour cet aspect.
  • Des renseignements sur le flux des gaz à effet de serre (GES) : demander des éclaircissements pour veiller à ce que le contenu de ce point comprenne le rôle des forêts et des flux de GES terrestres - anthropiques et non anthropiques - et celui des stocks connexes (chapitre 2).
  • Les émissions négatives : suggérer de remplacer ce point « y compris les efforts visant à réduire les émissions et augmenter les absorptions liées à la gestion des terres » (chapitre 2, point 4).
  • L’ordre des chapitres : souligner que le chapitre 4 portant sur la dégradation des sols doit venir avant le chapitre 3 qui porte sur la désertification; la dégradation (un cas général) doit être présentée avant la désertification (un état particulier et extrême); la redondance sera en outre réduite.
  • L’aspect complémentaire avec le prochain rapport de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULD) : en reconnaissant que la CNULD entreprend la production d’un rapport sur la dégradation des terres, le Rapport spécial devrait englober l’état actuel, les tendances qui se détachent et les projections portant sur la dégradation des sols du point de vue du changement climatique (chapitre 4, point 3).
  • La concurrence pour les terres : élargir la portée afin d’englober les contextes - par exemple, les principales terres agricoles, les terres marginales, et les terres arables par rapport aux sols à combustible (chapitre 6, point 7).

Considérations portant sur les grandes lignes du Rapport spécial relativement à la portée du RE6 :

  • Le Canada pourrait souhaiter une explication de la relation qui existe entre les rubriques du Rapport spécial et les sujets englobés par le RE6.
  • Le Canada voudra peut-être soulever l’utilité d’entendre les coprésidents du Groupe de travail (GT) III sur leur vision pour aborder le sujet du génie climatique dans le rapport du GT III sur l’atténuation. Les rapports spéciaux sur la cryosphère et les océans (chapitre 5) et sur les terres (chapitres 2, 5 et 6) font tous référence à des sujets liés au génie climatique. Le Canada considère que le rapport du GT III devrait peut-être aborder ces sujets de manière plus intégrée et exhaustive, puisqu’un contexte plus étendu peut être fourni. Cette approche permettrait d’éviter que des conclusions générales soient tirées sur la base d’un sujet spécifique faisant partie d’un rapport spécial.

Point 7 : Programmes de bourses d’études du GIEC

Le Canada considère que le cheminement proposé pour le programme de bourses d’études est raisonnable et s’en remettra à la perspective des pays en voie de développement, puisqu’ils en sont les bénéficiaires visés.

Point 8 : Toutes autres affaires courantes

On s’attend à ce que la question de la modification du mandat du Groupe de travail sur les inventaires soit soulevée en séance et intégrée comme point de discussion. Si la situation se présente, le Canada devrait apporter une contribution constructive à la discussion :

  • Le Canada convient que la réduction des polluants climatiques de courte durée de vie (PCDV), notamment le méthane, les hydrofluorocarbones (HFC) et le carbone noir, peut jouer un rôle important pour la concrétisation de l’objectif de température énoncé dans l’Accord de Paris comme complément du rôle central joué par la réduction du CO2. Nous soutenons les discussions menant à une amélioration de la compréhension scientifique du rôle « d’agent de forçage » joué par les PCDV - plus particulièrement le carbone noir - compte tenu des conclusions du cinquième Rapport d’évaluation (RE5) du GIEC portant sur les grandes incertitudes associées au forçage des aérosols.
  • Le mandat du Groupe de travail sur les inventaires englobe le méthane et les HFC; des mises à jour portant sur ces agents de forçage feront partie du Rapport méthodologique de 2019. Le carbone noir se situe à l’extérieur de la portée des stocks nationaux des GES qui sont transmis à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).
  • En 2005, le GIEC a tenu une réunion d’experts en aérosol pour traiter des enjeux liés à l’évaluation des émissions d’aérosols et au forçage climatique. Une nouvelle évaluation de la science relative au forçage des aérosols par le GIEC serait utile et pourrait éventuellement améliorer la quantification des émissions de carbone noir. Une telle attention encourage la tenue d’une grande gamme de travaux scientifiques nécessaires à l’élaboration de rapports solides et à la caractérisation des possibilités de réchauffement.
  • Le Canada croit que le Rapport spécial 1,5 °C et le processus entourant la portée du RE6 peut soutenir le processus utilisé par le GIEC pour s’attaquer au carbone noir. Nous pourrions aussi appuyer la tenue d’une réunion d’experts sur les aérosols par le GIEC, ce qui permettrait de soutenir de prochaines discussions du Groupe avec les partenaires concernés. Cette démarche s’harmonise avec les principes canadiens voulant que les travaux du GIEC portent sur l’évaluation scientifique afin de soutenir la politique sur le climat du pays et celle de la CCNUCC.
  • Le Groupe de travail sur les inventaires est actuellement responsable de fournir une mise à jour du Rapport méthodologique, ce qui doit demeurer sa priorité. Pour l’heure, le Canada n’appuie pas les modifications au mandat du Groupe de travail sur les inventaires ou celles touchant le plan de travail.

Objectifs et approche du canada

Les principaux objectifs du Canada pour la GIEC-45 consistent à soutenir et à préserver l’intégrité scientifique du GIEC et à améliorer la pertinence du processus décisionnel du GIEC portant sur les changements climatiques - au Canada comme dans les forums internationaux -, plus particulièrement pour les points qui touchent la CCNUCC.

La délégation canadienne recherchera des occasions de mettre en valeur l’approche de croissance écologique du Canada et les mesures canadiennes pour contrer le changement climatique, tout en relevant le rôle crucial que jouent les évaluations scientifiques du GIEC pour soutenir un processus décisionnel fondé sur les éléments probants.

La délégation canadienne souhaite également amener le Secrétariat du GIEC et les responsables du pays hôte à soutenir les efforts de planification du Canada pour son rôle d’hôte de la GIEC-46.

La délégation canadienne appliquera les principes suivants lors de sa participation à la GIEC-45 :

  • La délégation canadienne interviendra afin d’orienter les discussions vers des résultats cadrant avec ses objectifs.
  • La délégation canadienne collaborera avec les pays afin de faire progresser les positions communes sur les grandes lignes du Rapport spécial et d’autres points décisionnels.
  • La délégation canadienne appuiera l’établissement d’un consensus et fera preuve de flexibilité dans la recherche de solutions visant à limiter la présence de résultats auxquels le Canada s’opposerait.
  • Dans l’éventualité où les parties appuieraient de façon générale des décisions qui ne cadrent pas avec les objectifs du Canada, la délégation canadienne participera de façon constructive aux décisions et ne fera pas obstacle à un consensus. Dans ces situations, la délégation canadienne consultera le chef de délégation et l’administration centrale d’Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) pour obtenir des directives supplémentaires.

Les membres de la délégation peuvent s’adresser aux médias pour les enjeux touchant leur travail et leur expertise. Toute requête des médias ne portant pas sur l’événement doit être transmise à l’administration centrale si la délégation ne peut y répondre.

Au cours de la GIEC-45, la Direction générale des communications devrait publier un communiqué de presse et des messages dans les médias sociaux pour annoncer que le Canada sera l’hôte de la 46e session du GIEC en septembre 2017 et pour résumer la participation du Canada à la session en cours.

La délégation canadienne produira un rapport sur les résultats de la réunion et communiquera immédiatement à l’administration centrale d’ECCC toute question délicate qui aurait pu être abordée.

Réunions avec d’autres pays

En marge de la GIEC-45, la délégation canadienne tiendra des réunions avec d’autres pays afin de faire progresser des objectifs communs, plus particulièrement les enjeux entourant l’approbation des grandes lignes du Rapport spécial.

Délégation canadienne à la giec-44

  • George Enei (Environnement et Changement climatique Canada [ECCC] - sous-ministre adjoint, Sciences et technologie; chef de délégation)
  • Marjorie Shepherd (ECCC - directrice, Division de la recherche climatique)
  • Gregory Flato (ECCC - chercheur scientifique principal et membre du Bureau du GIEC)
  • Tina Cobb (ECCC - chef de projet canadienne pour la GIEC-46)
  • Lauren Walshe-Roussel (ECCC - analyste des politiques, Sciences et technologie)

Rapport sur les résultats

Grandes lignes des rapports spéciaux du GIEC

Les principales questions à trancher dans le cadre de la GIEC-45 étaient liées à la détermination de la portée de deux (2) rapports spéciaux du GIEC, lesquels devraient être achevés en 2019.

Le Canada a appuyé le processus menant au consensus autour des grandes lignes des rapports. Le rapport spécial Changement climatique et terres émergées portera sur le changement climatique, la désertification, la dégradation des sols, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres. Les quelques préoccupations du Canada quant aux grandes lignes ont été éliminées, notamment par la prise en compte des forêts.

Le Canada a réussi à obtenir l’inclusion d’une référence explicite à la glace d’eau douce dans les grandes lignes du Rapport spécial sur les océans et la cryosphère dans le contexte du changement climatique, et a exprimé son soutien à l’égard de l’utilisation des connaissances autochtones, lesquelles sont considérées comme un thème transversal à aborder dans tous les chapitres.

Les petits États insulaires en développement ont fortement recommandé l’inclusion d’une référence aux pertes et aux dommages dans les grandes lignes. Le compromis a été de mentionner les évaluations des vulnérabilités, les limites de l’adaptation et les risques résiduels dans le chapitre décrivant le cadre et le contexte de chaque rapport.

Budget du GIEC

Le Canada a joué un rôle constructif dans les discussions sur la manière de remédier à l’insuffisance budgétaire du GIEC après que la majorité se soit entendue pour dire qu’il était trop tôt pour adopter les politiques et procédures proposées par le GIEC quant aux partenariats avec des donateurs. Le Canada a encouragé les gouvernements à faire preuve d’innovation et de souplesse dans leur approche visant à appuyer le GIEC et a contribué à l’élaboration du mandat d’un groupe de travail spécial sur la stabilité financière du GIEC. Ce groupe a pour objectif de proposer des solutions aux gouvernements membres du GIEC afin qu’ils puissent fournir des mesures prévisibles, durables et adéquates en vue de la mise en œuvre harmonieuse du programme de travail du GIEC.

Facteurs climatiques de courte durée (FCCD)

Parallèlement à la session, le Canada a participé aux discussions sur les possibilités pour le GIEC de faire progresser les travaux sur les FCCD, en particulier le carbone noir. La plupart se sont entendus pour dire que le GIEC doit envisager des façons de faire progresser le traitement des FCCD et qu’une voie à suivre doit être présentée aux gouvernements aux fins d’examen lors de la prochaine séance plénière. 

Le Canada, hôte de la prochaine séance plénière du GIEC

On a annoncé que le Canada sera l’hôte de la prochaine séance plénière du GIEC en septembre, à Montréal. La délégation a travaillé étroitement avec le Secrétariat du GIEC pour soutenir les efforts de planification et commencer l’élaboration d’un plan d’événements, y compris des activités de sensibilisation.

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