Bulletin trimestriel des impacts liés au climat et aperçu saisonnier pour la région de l'Alaska et du Nord-Ouest de Canada : décembre 2018

Points saillants et répercussions de la météo et du climat, sept.-nov. 2018; aperçu du climat, janv.-mars 2019

Points saillants de la météo et du climat de septembre à novembre 2018
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Bettles : L’automne a commencé avec une sécheresse de neigea avec le premier mois de septembre sans neige en plus de 20 ans.

Bethel : Le premier gel de l’automne ne s’est pas produit avant octobre, ce qui a conduit de loin à la plus longue saison de croissance jamais enregistrée avec 155 jours.

Anchorage : Avec une température moyenne de 6,3 °C (43,3 °F) et un premier gel de la saison tardant jusqu’au 28 octobre, cet automne a été l’automne le plus doux jamais enregistré.

Yukon, N.O. de la C.-B., S.O. des T.N.-O. : Les conditions plus chaudes et plus sèches que la moyenne sur la majeure partie de la région ont entraîné la formation d’un manteau neigeux plus dégarni que la normale à la fin novembre. Mayo (Yn) et Yellowknife (T.N.-O.) ont fait l’expérience de leur automne le plus sec depuis 1926 et 1941, respectivement.

Burwash : Cinquième automne le plus chaud depuis 1967 avec une température moyenne de ‑1,4 °C (29,5 °F).

T.N.-O. : La majorité des communautés du sud-ouest et de l’est ont enregistré des températures automnales inférieures à la moyenne, en contraste avec le Yukon voisin plus chaud qu’à la normale.

Températures et précipitations, de septembre à novembre 2018

Entre septembre et novembre 2018, l’Alaska, la majeure partie du Yukon et une petite partie des Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.) ont fait l’expérience de conditions plus chaude qu’à la normale. De petites poches de températures inférieures à la moyenne ont été enregistrées dans le nord de la C-B. et le sud-est des T.N.-O. En contraste, on a observé des températures inférieures à la moyenne sur l’est des T.N.-O. pendant la même période (non illustrées sur la carte). Les précipitations totales entre septembre et novembre 2018 ont été inférieures à la moyenne sur un petit secteur du nord-ouest de l’Alaska et sur une bande couvrant le sud de l’Alaska, le sud du Yukon et le sud des T.N.-O. D’autre part, on a observé des précipitations supérieures à la normale le long de la côte de la mer de Beaufort jusque sur les terres le long de la frontière Alaska/Yukon et sur le nord-est de la Colombie-Britannique.

Un anticyclone persistant a apporté des conditions plus chaudes et plus sèches qu’à la normale en Alaska. La photo ci-dessous illustre le manque de glace de mer qui en a résulté le long de la rive des mers de Beaufort et des Tchouktches, ainsi que la grande étendue de sol nu dans le nord de l’Alaska le 4 octobre 2018, où la neige était confinée aux secteurs montagneux. Photo gracieuseté de GINA/UAF, Rick Thoman, 2018.

Image satellite des secteurs des mers de Beaufort et des Tchouktches et du nord de l’Alaska
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La photo illustre le manque de glace de mer qui en a résulté le long de la rive des mers de Beaufort et des Tchouktches, ainsi que la grande étendue de sol nu dans le nord de l’Alaska le 4 octobre 2018, où la neige était confinée aux secteurs montagneux. Photo gracieuseté de GINA/UAF, Rick Thoman, 2018.

Contrairement à la majeure partie du secteur de la mer de Beaufort, la frange océanique dans le secteur de Tuktoyaktuk a commencé à geler en octobre et l’eau est restée libre jusqu’à la fin de novembre. Ce qui est beaucoup plus tard qu’à la normale pour la communauté, qui constate habituellement la prise des glaces avant la fin de septembre. Ceci était en partie dû à des températures océaniques plus chaudes qu’en moyenne.

La photo ci-dessous montre un jeune garçon lançant une roche dans l’océan depuis une plage de Tuktoyaktuk (T.N.-O.) à la fin octobre 2018. Photo de : Janet Elias.

Un jeune garçon lançant une roche dans l’océan depuis une plage de Tuktoyaktuk (T.N.-O.) à la fin octobre 2018.
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Un jeune garçon lançant une roche dans l’océan depuis une plage de Tuktoyaktuk (T.N.-O.) à la fin octobre 2018. L’eau près de la communauté gèle habituellement avant la fin de septembre. Cette année, la frange océanique a commencé à geler en octobre et l’eau est restée libre jusqu’à la fin de novembre, beaucoup plus tard qu’à la normale pour la communauté. Photo de : Janet Elias.

Anomalies climatologiques des températures de septembre à novembre 2018
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La carte illustre les anomalies climatologiques de températures pour la période de septembre à novembre 2018. Pendant cette période, l’Alaska, la majeure partie du Yukon et une petite partie des Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.) ont été baignés de conditions plus chaudes qu’en moyenne. De petites poches de températures inférieures à la moyenne ont été enregistrées dans le nord de la C.-B. et le sud-est des T.N.-O.

Anomalies climatologiques des précipitations de septembre à novembre 2018
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La carte illustre les anomalies climatologiques de précipitations pour la période de septembre à novembre 2018. Les précipitations totales ont été inférieures à la moyenne sur un petit secteur dans le nord-ouest de l’Alaska et une le long d’une bande couvrant le sud de l’Alaska, le sud du Yukon et le sud des T.N.-O.; par ailleurs, on a observé des précipitations supérieures à la moyenne le long de la côte de la mer de Beaufort jusque sur les terres le long de la frontière Alaska/Yukon et sur le nord-est de la Colombie-Britannique.

Températures de surface élevées dans les mers de Béring et des Tchouktches

Écarts de température moyenne à la surface des mers de Béring et des Tchouktches en octobre 2018
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La figure illustre les écarts de température moyenne à la surface de la mer par rapport à la normale pour les mers de Béring et des Tchouktches en octobre 2018. Les zones rouges indiquent des températures à la surface de la mer exceptionnellement douces sur les mers de Béring et des Tchouktches.

Les températures à la surface de la mer exceptionnellement douces ont persisté sur les mers de Béring et des Tchouktches pendant la majeure partie de l’automne, comme l’indiquent les zones rouges dans la figure ci-dessus. La température à la surface de la mer en octobre était de 3 °C supérieure à la normale (zones rouges) partout au nord de l’île St. Matthew. Il s’agit là d’écarts de températures à la surface de la mer exceptionnellement importants pour cette période de l’année dans cette région. Cet état de fait fait suite à l’été où les températures ont été très douces et qui a été témoin de variations dramatiques des stocks de poisson dans le nord de la mer de Béring, la goberge de l’Alaska se ruant vers le nord et la morue polaire étant devenue difficile à trouver.

Le golfe d’Alaska était aussi très chaud par rapport à la normale. Toutefois, ces conditions plus chaudes sont dues à la chaleur couvrant la majeure partie de l’océan Pacifique au nord d’Hawaï, ce qui est d’origine et d’étendue très différentes du très chaud Pacifique Nord-Est ayant fait la manchette en 2014 et 2015.

Port libre de glace à Nome (Alaska) le 1er novembre 2018
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Quelques bateaux restent dans le port toujours libre de glace à Nome, en Alaska, le 1er novembre 2018. Photo de R. Thoman.

Effet d’indicateurs climatiques clés dans la région

Le climat de l’Alaska et du nord-ouest du Canada peut être modifié par différents indicateurs climatiques, lesquels varient annuellement. Les principaux indicateurs climatiques de la région sont El Niño, l’oscillation arctique (OA), la téléconnexion Pacifique-Amérique du Nord (téléconnexion PAN) et l’oscillation décennale du Pacifique (ODP). El Niño se forme cet hiver, mais son intensité devrait être de faible à modérée, tout au plus. Par conséquent, El Niño n’aura que quelques effets mineurs sur la météo en Alaska et dans le nord-ouest du Canada. L’hiver y sera probablement similaire à celui de l’année dernière, les conditions ayant été plus chaudes et plus humides que la moyenne sur la majeure partie de la région, comme l’illustre la figure ci-dessus. Les effets climatiques cumulatifs de l’OA, de la téléconnexion PAN et de l’ODP auront probablement des effets combinés variables sur les conditions hivernales. Ensemble, les effets climatiques clés (El Niño, OA, téléconnexion PAN et ODP) conduiront probablement à un hiver quasi normal avec des températures de l’air prévues un peu au-dessus de la normale, tandis que les précipitations seront très variables sur l’ensemble de la région. Les couvertures de neige et de glace de mer, d’un autre côté, seront probablement plus minces qu’à la normale.

Conditions de sécheresse dans le sud-est de l’Alaska

Dans un endroit recevant en moyenne 3 800 millimètres (150 po) de précipitations par année et où l’année la plus sèche en a cumulé 2 100 millimètres (85 po), peut-on même parler de sécheresse? La réponse est indéniablement « oui » si cet endroit est Ketchikan, en Alaska. Au cours de la dernière année, Ketchikan accusait un déficit de 750 mm (30 po) de précipitations. L’automne 2018 a été de plus de 400 mm (16 po) sous la normale! La baisse des lacs du secteur qui en a résulté a entraîné la fermeture de la génératrice hydroélectrique à Swan Lake à la mi-octobre pendant plusieurs semaines. Ce qui signifie qu’on y a brûlé du diesel pour produire de l’électricité, ce qui a été très coûteux pour la communauté et l’environnement.

Niveau d’eau au barrage du lac Green près de Sitka, en Alaska
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L’image montre le niveau d’eau anormalement bas au barrage du lac Green près de Sitka, en Alaska. Photo gracieuseté de KCAW Radio.

L’image ci-dessus montre le niveau d’eau anormalement bas au barrage du lac Green près de Sitka, en Alaska. Typiquement, le niveau de l’eau à cet endroit arrive environ à mi-hauteur du barrage par rapport au niveau sur la photo, où l’on peut voir une marque blanche de niveau d’eau. Photo gracieuseté de KCAW Radio.

Conditions de glace de mer à la fin novembre 2018 dans les mers de Beaufort et des Tchouktches

La glace de mer au nord de l’Alaska a continué de fondre en septembre et n’a atteint sa couverture minimale saisonnière qu’à la première semaine d’octobre. Par la suite, la glace de mer a crû dans la mer des Tchouktches, mais il n’y a pas eu de glace notable dans la mer de Béring avant le début de novembre. Bien que la croissance des glaces ait été plus rapide dans la mer des Tchouktches en novembre 2018 qu’en novembre 2017, l’étendue de la glace de mer est restée bien en deçà de la normale historique. La mer de Béring a conservé une étendue minimale record des glaces ou presque en raison de températures de surface nettement supérieures à la moyenne et d’un régime météorologique changeant qui a empêché la glace de prendre et de s’épaissir.

À la fin de novembre, l’englacement était complet dans la mer de Beaufort. De plus, la région présente dans l’ensemble une couverture de vieille glace supérieure à la normale qui constitue 55 % de la couverture glacielle générale dans la région. En effet, la lisière de vieille glace était située plus au sud que la normale et se trouvait à environ 30 à 50 milles marins au nord de l’île Herschel, de la baie Prudhoe et de la pointe Barrow à la fin novembre. La seule exception est la partie nord-ouest de la mer de Beaufort, qui avait moins de vieille glace que la normale au même moment.

Carte montrant l’écart par rapport à la normale de la glace de mer sur la partie est de la mer de Beaufort pour le 26 novembre 2018
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La carte montre l’écart par rapport à la normale de la glace de mer sur la partie est de la mer de Beaufort pour le 26 novembre 2018. La couverture glacielle dans la région était normale, comme en témoigne la prédominance des zones blanches. La seule exception est une zone au sud-ouest de la pointe Barrow, où les concentrations de glace étaient inférieures à la normale; elle peut être située par la seule petite zone rouge pâle sur la figure.

Aperçu des températures et des précipitations : janv.-mars 2019

Un modèle de prévision climatique combiné Canada - États-Unis est utilisé pour fournir un aperçu des températures et des précipitations de janvier à mars 2019.

L’aperçu des températures de janvier à mars 2019 montre que l’Alaska et le nord-ouest du Canada ont de 40 à 90 % de probabilité de températures supérieures à la moyenne (couleurs chaudes). Nulle part sur le secteur on ne prévoit une probabilité de températures inférieures à la moyenne pour cette période.

L’aperçu des précipitations de janvier à mars 2019 montre que la majeure partie de l’est de l’Alaska, le Yukon, l’ouest des T.N.-O. et le nord de la Colombie-Britannique ont de 40 à 60 % de probabilité de précipitations supérieures à la normale (zones vertes). La majeure partie de l’ouest de l’Alaska, une partie du nord de l’Alaska le long de la côte de la mer de Beaufort, ainsi que le secteur du Grand lac des Esclaves, l’île Banks et la partie de l’île Victoria figurant sur la carte dans les T.N.‑O. ont une probabilité de 40 à 50 % de précipitations inférieures à la normale (zones brunes).

Prévision de probabilité combinée Canada - États-Unis d’un écart des températures par rapport à la normale pour janvier-mars 2019
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La carte montre qu’entre janvier et mars 2019, la majeure partie de l’Alaska et le nord-ouest du Canada ont de 40 à 90 % de probabilité de températures supérieures à la normale (couleurs chaudes). Le modèle de prévision climatique combiné Canada - États-Unis ne prévoit aucune probabilité de températures inférieures à la normale pour cette période.

Prévision de probabilité combinée Canada - États-Unis d’un écart des précipitations par rapport à la normale pour janvier-mars 2019
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La carte montre qu’entre janvier et mars 2019, la majeure partie de l’est de l’Alaska, le Yukon, l’ouest des T.N.-O. et le nord de la Colombie-Britannique ont de 40 à 60 % de probabilité de précipitations supérieures à la normale (zones vertes). La majeure partie de l’ouest de l’Alaska, une partie du nord de l’Alaska le long de la côte de la mer de Beaufort, ainsi que le secteur du Grand lac des Esclaves, l’île Banks et la partie de l’île Victoria figurant sur la carte dans les T.N.‑O. ont une probabilité de 40 à 50 % de précipitations inférieures à la normale (zones brunes).

Contenu et illustrations préparés en partenariat avec l’Alaska Center for Climate Assessment and Policy et Environnement et Changement climatique Canada.

Partenaires de la région de l’Alaska :

  • l’Alaska Climate Research Center,
  • l’Alaska Climate Science Center,
  • le National Snow and Ice Data Center (NSIDC),
  • les bureaux de prévisions météorologiques du NWS de la NOAA,
  • le National Weather Service - Alaska Region de la NOAA,
  • les NCEI du NESDIS de la NOAA,
  • le Scenarios Network for Alaska + Arctic Planning.

Personnes-ressources de l’alaska center for climate assessment and policy

Rick Thoman : rthoman@alaska.edu

Brian Brettschneider : brbrettschneider@alaska.edu

Personne-ressource d’Environnement et Changement climatique Canada – Ouest

Gabrielle Gascon : gabrielle.gascon@canada.ca

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