Bulletin trimestriel des impacts liés au climat et aperçu saisonnier pour la région de l'Alaska et du Nord-Ouest de Canada : mars 2019

Points saillants et répercussions de la météo et du climat, de décembre 2018 à février 2019; aperçu du climat d’avril 2019 à juin 2019

Points saillants des conditions météorologiques et climatiques de décembre 2018 à février 2019
Description longue

Utqiagvik : La température moyenne de -3,4 °F (-19,7 °C) fait de cet hiver le troisième hiver le plus chaud jamais enregistré. Les 5 hivers les plus chauds du dernier siècle ont eu lieu depuis 2013.

Nome : Avec 69,8 po (177,3 cm) de neige, il s’agit de la deuxième plus forte accumulation de neige jamais enregistrée.

Cold Bay : La température moyenne hivernale de 33,7 °F (0,9 °C) était 4,3 °F (2,7 °C) au-dessus de la normale, et la troisième plus chaude jamais enregistrée.

Ketchikan : Février était le plus froid depuis 1936 avec une température moyenne de 29,6 °F (-1,3 °C).

Territoires du Nord-Ouest : Les conditions hivernales ont été plus chaudes et plus sèches que la moyenne sur la majeure partie de la région. Inuvik a connu son deuxième hiver le plus chaud jamais enregistré avec une température moyenne de -2,4 °F (-19,1 °C).

Burwash : Le mois de février a été le plus humide depuis 1967 avec des précipitations de 0,87 po (22,1 mm).

Prince George : Le mois de février a été le plus froid depuis 1943 avec des températures de 23,5 °F (12,5 °C) plus froides que la normale. La ville voisine de Terrace a connu son deuxième mois de février le plus sec jamais enregistré avec seulement 10,2 % des précipitations normales.

Températures et précipitations, de décembre 2018 à février 2019

La majeure partie de l’Alaska, le nord du Yukon et la partie nord-ouest des Territoires du Nord-Ouest (T.N. O.) ont connu des températures beaucoup plus chaudes que la normale au cours de l’hiver dernier, et certaines régions de l’ouest de l’Alaska ont connu une chaleur presque record. À l’opposé, une grande partie de la Colombie-Britannique (C.-B.) et du sud-ouest des T.N.-O. a connu des conditions beaucoup plus froides que la normale. Entre les deux, il y avait un secteur restreint où les températures moyennes étaient près de la normale. Les précipitations totales de l’hiver dernier ont été bien inférieures à la normale sur une grande partie des T.N.-O., du sud du Yukon et du sud-est de l’Alaska, tandis qu’une grande partie de l’Alaska continental, du nord du Yukon et du nord-est de la Colombie-Britannique était considérablement plus humide que la moyenne. Tout comme pour les températures, il n’y avait que de petites régions où les précipitations étaient près de la normale.

Kotlik, en Alaska, est situé sur un chenal du fleuve Yukon, à une courte distance de la baie Norton. L’effet combiné d’une mer presque libre de glace et d’une forte tempête qui a sévi les 11 et 12 février 2019 a fait monter le niveau de l’océan au point où l’eau a remonté le fleuve Yukon, a recouvert la glace de rivière et inondé le village. Les aînés ont signalé qu’il n’y avait jamais eu d’inondations à ce temps-ci de l’année. Source : Philomena Keyes.

Inondation à Kotlik, en Alaska, les 11 et 12 février 2019

Même si les conditions glacielles dans la mer de Beaufort à la fin de février 2019 étaient près de la normale, on a observé de petits trous isolés d’eau libre près du littoral. La photo ci-dessous montre de l’eau libre près d’Ulukhaktok, dans les Territoires du Nord-Ouest, le 12 février 2019. Source : Jack Akhiatak.

Eau libre près d’Ulukhaktok, dans les Territoires du Nord-Ouest, le 12 février 2019.

 

 

Anomalies climatologiques de températures de décembre 2018 à février 2019.
Source : National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) and Environment et Changement climatique Canada (ECCC)
Description longue

La carte indique les moyennes de températures (nombres) et les anomalies (zones ombragées) pour la période allant de décembre 2018 à février 2019. Au cours de cette période, les températures étaient supérieures à la normale pour la majorité de l’Alaska, les secteurs du centre et du nord du Yukon et le secteur nord-ouest des T.N.-O.. Les températures étaient inférieures à la normale pour le nord de la C.-B., le Yukon et les T.N.-O., le long de la frontière avec la C.-B.et l’Alberta.

Anomalies climatologiques de précipitations de décembre 2018 à février 2019
Source : NOAA et ECCC

La carte indique les précipitations totales (nombres) et les anomalies (zones ombragées) pour la période allant de décembre 2018 à février 2019. Les précipitations totales étaient supérieures à la normale pour la majorité de l’Alaska, à l’exception de l’île Kodiak et de certains secteurs de l’ouest des îles Aléoutiennes, ainsi qu’une petite zone du nord-est de la Colombie-Britannique. Les précipitations étaient inférieures à la normale pour la majorité du sud du Yukon, la région des T.N.-O.sur la carte et le long de la côte ouest de la C.-B.et du sud-est de l’Alaska.

Faible glace de mer dans la mer de Béring

L’automne 2018 a débuté alors que les températures de la mer étaient très chaudes dans le sud des mers des Tchouktches et de Béring, ce qui a ralenti la formation de la glace de mer. Malgré un départ lent, les températures froides saisonnières et les vents du nord fréquents en décembre 2018 et au début de janvier 2019 ont permis une croissance rapide des glaces; l’optimisme d’avoir des conditions glacielles printanières plus normales était au rendez-vous.

Les conditions glacielles au printemps n’ont malheureusement pas été normales : à partir de tard en janvier 2019, les conditions météorologiques ont changé alors que des vents du sud ont soufflé de manière persistante et que 15 systèmes de tempête ont touché la région du nord de la mer de Béring jusqu’en février 2019. Ce « défilé de tempêtes » a décimé la glace de mer existante en la faisant fondre ou en la poussant vers le nord dans le détroit de Béring et jusque dans le sud de la mer des Tchouktches.

Les répercussions sur les collectivités côtières ont été immédiates, et les gens ont dû modifier leurs stratégies de cueillette de nourriture pour s’adapter à une nouvelle situation hivernale en eau libre afin de répondre aux besoins nutritionnels, culturels et économiques de leurs collectivités.

L’étendue de la glace de mer pendant le mois de février 2019 était la deuxième plus faible enregistrée, s’établissant à 56 % de la normale. Malgré les conditions de glace de mer faibles en février 2019, l’étendue de glace de mer du mois de février 2018 demeure la plus faible couverture glacielle jamais enregistrée depuis le début de l’utilisation des satellites (depuis 1979), avec une couverture de 42 % de la moyenne de 1981-2010. L’étendue de la glace de mer en Alaska au cours du mois de mars 2019 a aussi connu un mauvais départ, étant déjà inférieure à celle de mars 2018.

Eau libre entre les îles Little Diomede et Big Diomede le 1er mars 2019
Description longue

Cette photo prise depuis l’île Little Diomede montre l’absence de glace de mer entre les îles Little Diomede et Big Diomede le 1er mars 2019 et illustre l’absence de glace de mer dans le milieu du détroit de Béring. Source des photos : Google Earth, NASA et E. Soolook.

Anticyclone et températures douces sur la région

En Alaska et dans le nord-ouest du Canada, l’hiver a commencé près de la normale, mais une zone persistante de haute pression au-dessus du golfe de l’Alaska de la mi-janvier à la mi-mars (voir la figure ci dessus) a occasionné des températures au-dessus de la moyenne sur une grande partie de l’Alaska, le nord du Yukon et l’ouest des T.N.-O.. Les conditions faibles d’El Niño ont probablement contribué à un hiver clément sur la région. Ce système de pression a aussi occasionné des conditions plus froides que la normale dans le centre de la C.-B. et ailleurs dans le centre du Canada. Des conditions plus chaudes que la normale persisteront probablement au cours du printemps alors des précipitations accrues sont à prévoir dans le centre de l’Alaska.

Les conditions météorologiques de février 2019 pour l’Alaska et le nord-ouest du Canada
Réanalyses du National Centers for Environmental Prediction (NCEP) et du National Center for Atmospheric Research (NCAR): Février 2019
Source: NOAA/Earth System Research Laboratory (ESRL) Physical Sciences Division
Description longue

L’image montre les conditions météorologiques clés de février 2019 alors que les vents en altitude (courant-jet) sont poussés vers le nord en raison d’un anticyclone de blocage. Ce blocage pousse de l’air inhabituellement chaud dans l’extrême nord de l’Alaska et dans le nord-ouest du Canada.

Météo pour la Yukon Quest 2019

Les participants à la Yukon Quest 2019 ont connu une grande variété de conditions météorologiques. Les équipes ont connu des conditions froides au début de la course alors que les températures sont descendues à -40 °C/°F au point de contrôle à Braeburn, au Yukon. Les températures ont lentement augmenté jusqu’à -5 °C au moment où les premières équipes ont traversé la ligne d’arrivée à Fairbanks, en Alaska.

Les conditions de neige inférieures à la normale au Yukon ont eu des répercussions sur le trajet de cette année, ce qui a empêché les pisteurs de remplir les trous et de couvrir les racines exposées avec de la neige. Pour la sécurité des chiens et des conducteurs, les équipes ont été transportées par camion pour la partie fermée du sentier, entre Braeburn et Carmarks.

La portion de la course en Alaska n’a pas manqué de neige cette année. En fait, quelques systèmes ont occasionné de la neige abondante et des vents violents sur la région. Comme c’est souvent le cas, le sommet Eagle a connu des conditions de ciel dégagé et quelques épisodes de mauvais temps. Cette année, quelques équipes ont fait l’ascension du sommet Eagle sous des conditions de vents forts et de voile blanc, tandis que certaines des premières équipes qui ont parcouru cette section l’ont fait sous un ciel bleu.

Attelages de chiens parcourant le haut du sommet Eagle dans une tempête le 12 février 2019
Description longue

Deke Naaktgeboren (Alaska) et Andy Pace (Alaska) ont parcouru le sommet Eagle dans une tempête avec un groupe de deux autres conducteurs le 12 février 2019. Source : Seth Adams

Conditions des glaces de mer à la fin de février 2019 dans les mers de Beaufort et des Tchouktches

Le passage à un temps froid saisonnier en décembre 2018 a permis à la prise des glaces dans la mer des Tchouktches d’être plus rapide que l’hiver précédent, bien que la prise des glaces ait été plus de 2 semaines plus tardive que la moyenne antérieure à l’an 2000. De même, les températures froides saisonnières et les vents persistants du nord ont permis la croissance des glaces dans le nord de la mer de Béring en décembre 2018 et pendant la majeure partie de janvier 2019. Bien qu’elle ait été toujours inférieure à la normale, l’étendue des glaces de mer en décembre 2018 et en janvier 2019 n’était pas exceptionnellement faible. Un changement spectaculaire dans le régime météorologique à la fin de janvier et au début de février 2019 a occasionné des vents presque continus de sud à sud-est. Cela a entraîné la perte de plus de 50 % de la zone de glace dans la mer de Béring en février 2019; le dernier jour du mois, il y avait moins de glace dans la mer de Béring qu’en 2018, année où l’étendue de la banquise avait atteint un creux sans précédent. À la fin de février 2019, il ne restait plus qu’une petite zone de glace de mer dans la partie alaskienne de la mer de Béring, tandis que la glace dans la partie russe de la mer de Béring était légèrement plus abondante qu’à la fin février 2018.

La glace de mer dans la mer de Beaufort a atteint son étendue maximale pour la saison, sans qu’on puisse discerner d’écart par rapport aux conditions glacielles normales à la fin de février 2019 (zones blanches dans la figure sur l’écart total par rapport aux concentrations normales). La lisière de la vieille glace dans la mer de Beaufort, par contre, a migré vers le nord entre décembre 2018 et février 2019. En décembre 2018, la lisière de la vieille glace se trouvait à environ 50 à 90 milles marins au large des côtes des T.N.-O., du Yukon et de l’Alaska. En février 2019, la lisière sud de la vieille glace migrait à environ 120 à 180 milles marins au large de la côte. Par conséquent, la situation de la vieille glace de mer au cours des 3 derniers mois est passée d’une concentration de vieille glace supérieure à la normale à une concentration de vieille glace inférieure à la normale dans le sud de la mer de Beaufort.

La carte indique l’écart par rapport à la normale de la glace de mer dans l’est de la mer de Beaufort le 25 février 2019
Les statistiques basées sur la période de 1981 à 2010
Description longue

La carte illustre les écarts par rapport à la normale de la glace de mer dans la mer de Beaufort le 25 février 2019. La couverture glacielle dans la région était normale, comme l’indique la prédominance des zones blanches.

Aperçu des températures et des précipitations : d’avril à juin 2019

L’aperçu des températures et des précipitations pour la période d’avril à juin 2019 est issu d’un modèle de prévisions climatiques combiné du Canada et des États-Unis.

Les perspectives de température d’avril à juin 2019 montrent que l’Alaska et le nord-ouest du Canada ont de 40 à 90 % de chances d’atteindre des températures supérieures à la moyenne (couleurs orange-rouge), les probabilités les plus élevées étant observées dans le sud de l’Alaska et au Yukon. Le modèle de prévisions climatiques combiné du Canada et des États-Unis ne prédit pas de possibles températures inférieures à la normale pour cette période.

Les perspectives de précipitations d’avril à juin 2019 montrent que la majeure partie du sud-ouest et du centre de l’Alaska, ainsi qu’une petite partie du centre du Yukon le long de la frontière de l’Alaska, ont de 40 à 60 % de chances de recevoir des précipitations supérieures à la normale (zones vertes). La majorité du reste de la région a une probabilité de 40 à 60 % de précipitations inférieures à la normale (zones brunes).

Prévision combinée du Canada et des États-Unis de la probabilité qu’il y ait un écart par rapport aux températures normales d’avril à juin 2019
Description longue

Probabilités prévues de températures au-dessus, sous et près de la normale (non-calibrées)

  • Période : avril, mai et juin 2019
  • Produit le 4 mars 2019

La carte indique que, entre avril et juin 2019, l’Alaska et le nord-ouest du Canada ont de 40 à 90 % de chances d’atteindre des températures supérieures à la moyenne (couleurs chaudes). Le modèle de prévisions climatiques combiné du Canada et des États-Unis ne prédit pas de possibilités de températures inférieures à la normale pour cette période.

Prévision combinée du Canada et des États-Unis de la probabilité qu’il y ait un écart par rapport aux quantités de précipitations normales d’avril à juin 2019
Description longue

Probabilités prévues de précipitation au-dessus, sous et près de la normale (non-calibrées)

  • Période : avril, mai et juin 2019
  • Produit le 4 mars 2019

La carte montre que, entre avril et juin 2019, la majeure partie du sud-ouest et du centre de l’Alaska, ainsi qu’une petite partie du centre du Yukon le long de la frontière de l’Alaska, ont de 40 à 60 % de chances de recevoir des précipitations supérieures à la normale (zones vertes). La majorité du reste de la région a une probabilité de 40 à 60 % de précipitations inférieures à la normale (zones brunes).

Le contenu et les images ont été conçus en collaboration avec l’Alaska Center for Climate Assessment and Policy et Environnement et Changement climatique Canada.

Partenaires de la région de l’Alaska : Alaska Climate Research Center, Alaska Climate Science Center, National Snow and Ice Data Center (NSIDC), NOAA/ National Weather Service (NWS)  Weather Forecast Offices, le NWS - Alaska Region de la NOAA, NOAA / National Environmental Satellite, Data, and Information Service (NESDIS) / National Centers for Environmental Information (NCEI), Scenarios Network for Alaska + Arctic Planning.

Personnes-ressources pour l’Alaska Center for Climate Assessment and Policy :

Rick Thoman : rthoman@alaska.edu  
Brian Brettschneider : brbrettschneider@alaska.edu

Personnes-ressources d’Environnement et Changement climatique Canada pour la région de l’ouest :

Gabrielle Gascon : gabrielle.gascon@canada.ca
Mark Barton : mark.barton@canada.ca

Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez sélectionner toutes les cases qui s'appliquent :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

.

Date de modification :