Bulletin trimestriel des impacts liés au climat et aperçu saisonnier pour la région de l'Alaska et du Nord-Ouest du Canada : septembre 2019

Points saillants et répercussions des conditions météorologiques et climatiques, de juin à août 2019; aperçu du climat, d’octobre à décembre 2019

Points saillants des conditions météorologiques et climatiques de juin à août 2019
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Utquagvik : Température maximale record du mois de 22,8 °C (73 °F) atteinte le 20 juin.

Administration du Denali NP : Total de précipitations le plus élevé jamais enregistré, pendant la période de 31 jours du 24 juillet au 23 août de 268 mm (10,56 po).

Anchorage : Tous les mois de l’été, soit juin, juillet et août, ont été les plus chauds jamais enregistrés.

Juneau : 45 jours avec des températures élevées de 21,1 °C (70 °F) : le nombre de jours le plus important jamais enregistré.

Norman Wells : Deuxième été le plus frais jamais enregistré, avec des températures de 12,3 °C (54,1 °F).

Whitehorse : Été plus chaud que la normale de 0,9 °C (1,6 °F). La température moyenne de l’été était de 14 °C (57 °F). Il a aussi été plus pluvieux avec un total de précipitations de 133 mm (5,24 po), ce qui représente 123 % de la quantité moyenne de précipitations.

Fort Liard et Fort Nelson : La température aux deux endroits a été plus froide que la normale de 1 °C (1,8 °F). Le temps a aussi été plus pluvieux que la normale puisqu’il est tombé 254 mm (10 po) et 270 mm (10,6 po) de précipitations, ce qui représente 125 % et 128 % des quantités moyennes de précipitations.

Température et précipitations, de juin à août 2019

L’été dernier a été plus chaud que la normale dans la majeure partie de l’Alaska, le Yukon et le Nord‑Ouest de la Colombie‑Britannique, toutefois il a été plus frais que la normale dans les Territoires du Nord‑Ouest. Norman Wells a connu son deuxième été le plus frais jamais enregistré. Les températures dans le Nord‑Est de la Colombie‑Britannique étaient inférieures à la normale.

Le total des précipitations reçues au cours de l’été dernier était supérieur à la normale dans le Nord‑Ouest de la Colombie‑Britannique ainsi que dans une grande partie des Territoires du Nord‑Ouest, du Sud‑Est du Yukon et du Nord de l’Alaska. Les conditions étaient plus sèches que la normale dans les îles Aléoutiennes, le Sud de l’Alaska et le Centre du Yukon. Les niveaux des réservoirs de la région de Mayo ont rarement été aussi bas en raison du faible enneigement de l’hiver dernier et des faibles précipitations de cet été.

Températures moyennes (°F/°C) et anomalies (supérieure/inférieure) de juin à août 2019
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La carte montre que la majeure partie de l’Alaska, du Yukon et du Nord‑Ouest de la Colombie‑Britannique ont enregistré des températures supérieures à la normale au cours de l’été dernier, cependant les Territoires du Nord‑Ouest ont connu des températures inférieures à la normale. Norman Wells a connu son deuxième été le plus frais jamais enregistré. Les températures dans le Nord‑Est de la Colombie‑Britannique étaient inférieures à la normale.

Total des précipitations reçues (po/mm) et anomalies (sec/pluvieux) de juin à août 2019
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La carte montre que le total des précipitations reçues au cours de l’été dernier était supérieur à la normale dans le Nord Ouest de la Colombie Britannique ainsi que dans une grande partie des Territoires du Nord Ouest, du Sud Est du Yukon et du Nord de l’Alaska. Les conditions étaient plus sèches que la normale dans les îles Aléoutiennes, le Sud de l’Alaska et le Centre du Yukon. Les niveaux des réservoirs de la région de Mayo ont rarement été aussi bas en raison du faible enneigement de l’hiver dernier et des faibles précipitations de cet été.

Photo de la neige tombée sur la route à Upper Liard le 18 août 2019
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L’été 2019 a causé quelques surprises. Cette photo d’Upper Liard prise le 18 août montre les conditions routières pas très estivales observées pendant une brève période à la mi août. Photo : Georgi Pearson, Whitehorse (Yukon)

Photo de l’érosion du littoral à Tuktoyaktuk prise en août 2019
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De forts vents du nord ouest ont soufflé pendant plusieurs jours au cours de la longue fin de semaine du mois d’août et ont entraîné une importante érosion par les vagues dans la baie de Tuktoyaktuk. Il y a eu suffisamment d’érosion pour causer l’effondrement de la structure d’un fumoir. Photo : Janet Elias

Chaleur et sécheresse – Incidence sur la foudre et les feux de forêt

Feu de forêt dans la région de Dawson
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Un nuage de fumée s’élève d’un feu de forêt faisant rage dans la région de Dawson et qui a été photographié depuis la cabine d’un hélicoptère de lutte contre les feux de forêt.
Photo : Gestion des feux de forêt du Yukon

Le Nord Ouest du continent a connu un printemps sec et plus chaud que la normale, ce qui a créé les conditions préalables qui ont mené à une saison des feux de forêt difficile durant l’été 2019. Les conditions météorologiques, notamment en juillet, ont donné lieu à une saison des orages électriques record. Cette période a battu son plein en juillet, puisque 48 154 éclairs ont frappé le Yukon pendant ce mois, ce qui constitue un record absolu (de 2002 à 2019). En raison de ce nombre record d’éclairs, la saison de la lutte contre les feux a été intense, et les feux ont nui à la qualité de l’air dans de nombreuses régions dans le Nord. Entre le début de la saison des feux et le 1er septembre, il y a eu au Yukon 112 feux, et une superficie totale de 252 912 hectares (ou 976 milles carrés) a été brûlée. Le 10 août, il y a eu des éclairs à moins de 500 km (ou 300 milles) du pôle Nord, ce qui est très inhabituel.

Diagramme du nombre d’éclairs ayant frappé le Yukon en juin, en juillet (mois record) et en août
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Un diagramme à colonnes montrant le nombre d’éclairs qui ont frappé le Yukon en juin, en juillet et en août 2019 ainsi que le nombre habituel d’éclairs qui frappent cette région pendant ces mois, selon les registres de 2002 à 2019. En juillet 2019, il y a eu environ 48 000 éclairs au Yukon, ce qui constitue un record absolu.

Feux de forêt en Alaska et dans le Nord‑Ouest du Canada

Au cours de l’été 2019, les feux de forêt ont brûlé près de 1,4 million d’hectares (3,5 millions d’acres) en Alaska, au Yukon et dans les Territoires du Nord‑Ouest, ce qui est 3,25 fois supérieur à la moyenne établie sur 40 ans pour la portion de l’Alaska de la superficie brûlée. Une conséquence inévitable de la combustion d’une si grande superficie de forêt boréale est la production de grandes quantités de fumée qui sont transportées loin des flammes. La fumée produite par les feux de forêt qui faisaient rage en Alaska cet été a été aperçue (et sentie) dans de nombreuses régions de l’état, à l’exception de North Slope et des îles Aléoutiennes, et elle a parfois causé du temps très brumeux au Yukon, dans le Nord de la Colombie‑Britannique et dans l’enclave de l’Alaska. En Alaska, les régions situées au centre de l’état sont généralement celles où la présence de fumée est la plus importante.

Cet été, à Fairbanks, la fumée produite par les feux de forêt était suffisamment dense pour réduire considérablement la visibilité pendant 23 jours. Cette situation n’est pas différente de celle d’autres étés au cours des 15 dernières années, dont le plus récent remonte à 2015, pendant lequel il y avait eu 27 jours de fumée avec une visibilité de moins de 10 km (6 milles). La situation était beaucoup plus inhabituelle à Anchorage, où la présence de fumée dense produite par les feux de forêt est rare en raison de son emplacement sur la côte. Cette année, le feu de forêt de Swan Lake, situé dans la péninsule Kenai, à environ 55 km (35 milles) d’Anchorage, a causé plusieurs nuages de fumée qui se sont déplacés dans les vents urbains d’Anchorage soufflant du sud et du sud‑est. La visibilité a été réduite pendant un total de 296 heures en raison de la fumée à Anchorage, une durée près de trois fois supérieure à celle du record précédent de 119 heures établi en 2004.

Feu de forêt de Swan Lake
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Carte de la superficie totale brûlée par le feu de forêt de Swan Lake qui s’est produit à la fin du mois d’août 2019, par rapport aux collectivités d’Anchorage et de la péninsule Kenai.

Le feu de McKinley s’est déclenché le 17 août près de Caswell durant une période de forts vents provenant du nord. En raison du printemps record sur le plan de la chaleur, de la fonte des neiges très rapide et de l’été record avec du temps chaud et sec, la forêt devenue sèche et vulnérable aux incendies s’est facilement enflammée une fois le feu déclenché et alimenté par de forts vents du nord. Cette situation a fait en sorte que le feu s’est propagé rapidement. Le feu a détruit plus de 50 résidences et entreprises, a causé la fermeture pendant des heures de la route Parks, le lien routier principal entre Anchorage et Fairbanks, et a entraîné l’interruption de services du chemin de fer Alaska Railroad. Bien que cette partie de l’Alaska ait déjà connu d’importants feux de forêt, ceux ci se produisaient généralement à la fin mai ou en juin : un feu dévastateur qui survient dans cette région au cours de la deuxième moitié du mois d’août semble une situation sans précédent.

Conditions de glaces de mer à la fin du mois d’août 2019 dans les mers de Beaufort et des Tchouktches

En raison du printemps chaud, la quantité de glaces de mer près de l’Alaska a été plus faible que jamais pendant la majeure partie de l’été, et les glaces continuaient de se retirer. L’étendue moyenne des glaces dans la mer des Tchouktches pendant les trois mois de l’été était la plus petite enregistrée depuis 1979. Dans la mer de Beaufort, l’étendue globale des glaces en juin se situait au 2e rang des superficies les plus faibles jamais enregistrées, et au 5e rang en juillet et en août. Au cours des dernières années, il y a parfois eu des périodes sans glace près de l’Alaska vers la fin de la saison de fonte. Cet été, les dernières glaces ont fondu au cours des premiers jours du mois d’août. Ainsi, les eaux jusqu’à 160 km (100 milles) de la côte de l’Alaska ont été libres de glace pendant le restant de l’été.

Couverture de glace de mer dans les mers des Tchouktches et de Béring ainsi que dans le sud de l’océan Arctique, dans le Nord, le 26 août 2019
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Carte de la couverture de glace de mer dans les mers de Béring et des Tchouktches ainsi que dans le sud de l’océan Arctique, au nord de 80° N, le 26 août 2019. L’étendue des glaces dans la mer de Béring, entre l’Alaska et la Russie, a atteint ou s’approche du niveau le plus faible jamais enregistré.

Il y a eu une fonte des glaces importante dans la mer de Beaufort au cours de l’été dernier. En réalité, la fonte a atteint le 75 °N au début du mois d’août. Même s’il y avait plus de glaces que la normale dans la partie sud est de la mer de Beaufort, près du cap Bathurst, il s’agissait de l’exception à la règle, puisque les quantités de glaces de mer étaient toutes très faibles cet été. Malgré la fonte de glaces importante dans la mer de Beaufort, aucun minimum record n’a été établi cette année concernant la faible étendue des glaces (3e rang de l’étendue la plus petite) à la fin du mois d’août.

Carte montrant l’écart par rapport à la couverture de glace de mer normale dans la partie est de la mer de Beaufort le 26 août 2019
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La couverture de glace de mer dans la mer de Beaufort était inférieure à la normale, d’après les statistiques établies entre 1981 et 2010.

Aperçu des températures et des précipitations : octobre à décembre 2019

L’aperçu des températures et des précipitations pour la période d’octobre à décembre 2019 s’appuie sur un modèle de prévisions climatiques combinées du Canada et des États Unis.

La carte de l’aperçu des températures montre que, pour la période d’octobre à décembre 2019, il y a de 50 à 95 % de probabilité que l’Alaska et les Territoires du Nord Ouest connaissent des températures supérieure à la moyenne (régions en orange et en rouge). Les probabilités les plus élevées sont dans le Nord de l’Alaska, les îles Aléoutiennes, le Nord et le Sud Est du Yukon, les Territoires du Nord Ouest et le Nord de la Colombie Britannique.

Probabilité qu’il y ait un écart par rapport aux températures normales entre octobre et décembre 2019, selon les prévisions combinées du Canada et des États Unis
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Probabilité que les températures soient au dessus, en dessous et près de la normale, d’après les prévisions :

  • Période d’octobre à décembre 2019;
  • Prévisions établies le 12 septembre 2019.

La carte montre que, pour la période d’octobre à décembre 2019, il y a de 50 à 95 % de probabilité que l’Alaska et le Nord Ouest du Canada connaissent des températures supérieures à la moyenne (couleurs chaudes). Les probabilités les plus élevées sont dans le Nord de l’Alaska, les îles Aléoutiennes, le Nord et le Sud Est du Yukon, les Territoires du Nord Ouest et le Nord de la Colombie Britannique.

La carte de l’aperçu des précipitations montre que, pour la période d’octobre à décembre 2019, il y a de 40 à 70 % de probabilité que la majeure partie de l’Alaska et des Territoires du Nord Ouest ainsi que le Yukon et le Nord de la Colombie Britannique reçoivent des quantités de précipitations supérieures à la normale (régions en vert). Il y a de 40 à 60 % de probabilité que le Nord Ouest de l’Alaska et une partie du Nord Ouest des Territoires du Nord Ouest reçoivent des quantités de précipitations inférieures à la normale (région en brun).

Probabilité qu’il y ait un écart par rapport aux quantités de précipitations normales entre octobre et décembre 2019, selon les prévisions combinées du Canada et des États Unis
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Probabilité que les quantités de précipitations soient au dessus, en dessous et près de la normale, d’après les prévisions (sans calibration) :

  • Période d’octobre à décembre 2019;
  • Prévisions établies le 12 septembre 2019.

La carte de l’aperçu des précipitations montre que, pour la période d’octobre à décembre 2019, il y a de 40 à 70 % de probabilité que la majeure partie de l’Alaska et des Territoires du Nord Ouest ainsi que le Nord de la Colombie Britannique et le Yukon reçoivent des quantités de précipitations supérieures à la normale (régions en vert). Il y a de 40 à 60 % de probabilité que le Nord Ouest de l’Alaska et une partie du Nord Ouest des Territoires du Nord Ouest reçoivent des quantités de précipitations inférieures à la normale (région en brun).

Le contenu et les images sont le fruit d’une collaboration entre l’Alaska Center for Climate Assessment and Policy et Environnement et Changement climatique Canada.

Partenaires de la région de l’Alaska

Personnes ressources de l’Alaska Center for Climate Assessment and Policy

Rick Thoman : rthoman@alaska.edu 

Brian Brettschneider : brbrettschneider@alaska.edu

Personne ressource d’Environnement et Changement climatique Canada pour la région de l’Ouest

Mark Barton : mark.barton@canada.ca

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