Salamandres: Règlement modifiant le règlement sur le commerce d’espèces animales et végétales sauvage (restriction à long terme à l'importation)

Le but du Règlement modifiant le Règlement sur le commerce d’espèces animales et végétales sauvages (le Règlement) est de prévenir l’introduction de la maladie fongique causée par le Batrachochytrium salamandrivorans (B. sal) dans les écosystèmes canadiens en interdisant l’importation de toutes les espèces de salamandres, à moins qu’un permis soit délivré à cette fin. Ce règlement remplacerait la restriction temporaire d’un an en vigueur depuis le 12 mai 2017 qui prendra fin le 11 mai 2018.

B. sal est une espèce de champignon pathogène d’origine asiatique qui a un effet dévastateur sur les populations de salamandres indigènes dans certains pays d’Europe. On croit que les échanges commerciaux de salamandres dans l’industrie des animaux de compagnie sont le principal moyen par lequel la maladie s’est propagée depuis l’Asie. Si le champignon pénètre dans les écosystèmes canadiens, les conséquences sur les salamandres indigènes seraient vraisemblablement graves. Bien que de nombreuses espèces de salamandres asiatiques aient développé une résistance ou une tolérance à B. sal, des essais d’infections expérimentales révèlent que les salamandres d’autres régions du monde, y compris les salamandres présentes au Canada, sont très sensibles à l’infection. Il n’y a, à ce jour, aucun cas connu d’infection chez les salamandres au Canada ou aux États‑Unis. S’il est introduit, on s’attend à ce que B. sal survive et persiste dans de nombreuses régions au Canada et qu’il soit impossible de l’éradiquer.

B. sal infecte les couches de la peau des espèces de salamandres vulnérables et peut entraîner des lésions cutanées, la perte du contrôle des mouvements du corps et la mort. Une fois introduit, le champignon peut se propager par contact direct (peau à peau) et par contact avec des matières organiques dans l’environnement, comme la boue, l’eau et les feuilles mortes. On s’attend à ce que B. sal se propage de l’Asie de l’Est, où il est endémique, à l’Europe de l’Ouest par l’intermédiaire du commerce international d’amphibiens.

Au Canada, on importe les salamandres principalement à titre d’animal de compagnie ou aux fins de la recherche. On estime que près de la moitié des salamandres importées au Canada proviennent de zones touchées d’Europe et d’Asie. Les espèces de salamandres asiatiques peuvent être porteuses de B. sal sans pour autant présenter des symptômes, ce qui rend la détection particulièrement difficile aux points d’entrée du Canada.

La Loi sur la protection d’espèces animales ou végétales sauvages et la réglementation de leur commerce international et interprovincial et le Règlement sur le commerce d’espèces animales et végétales sauvages sont utilisés pour protéger certaines espèces animales et végétales en réglementant le commerce international et interprovincial de ces espèces. L’article 21 de la Loi autorise le gouverneur en conseil à prendre les règlements nécessaires visant l’application de la Loi. Le Règlement ajoute l’ensemble de l’ordre des Caudata (c.-à‑d. toutes les espèces de salamandres) à l’annexe II du Règlement sur le commerce d’espèces animales et végétales sauvage et interdit ainsi l’importation de toutes les espèces de cet ordre, mortes ou vivantes, y compris les parties, les œufs, le sperme, les cultures tissulaires ou les embryons, à moins qu’un permis soit délivré à cette fin. La restriction de l’importation de toutes les espèces de salamandres est conforme au principe de précaution et tient compte des connaissances en évolution au sujet de la maladie. Cette approche constitue également la méthode d’application la plus pratique puisque les agents d’application de la loi sont en mesure de supposer que toutes les importations de salamandres nécessitent un permis.

L’initiative devrait avoir des effets environnementaux positifs importants en contribuant à la préservation des salamandres et en protégeant les espèces indigènes du Canada contre une menace importante. La protection des salamandres canadiennes contre B. sal en limitant l’importation contribuera à la biodiversité globale ainsi qu’à la conservation des avantages procurés par ces espèces dont jouit la population canadienne et de leurs utilisations potentielles futures. Bien que l’initiative entraînera de faibles coûts pour le gouvernement du Canada et les entreprises canadiennes, il est prévu que sa mise en vigueur produira d’importants avantages environnementaux qui l’emporteront sur ces modestes coûts.

L’initiative contribuera à 3 des objectifs de la Stratégie fédérale de développement durable 2016-2019:

  • la gestion durable des terres et des forêts
  • des populations d’espèces sauvages en santé et 
  • des mesures efficaces de lutte contre les changements climatiques

L’initiative le fera en réduisant la probabilité que des salamandres indigènes du Canada soient infectées par B. sal. Comptant parmi les vertébrés les plus abondants dans les habitats forestiers où elles sont présentes, les salamandres jouent un rôle important dans nos écosystèmes en contribuant à un biome plus équilibré et à l’atténuation des changements climatiques en raison de leur rôle dans les cycles des éléments nutritifs et du carbone. Des populations de salamandres en santé contribueront davantage à la diversification des écosystèmes qui, en retour, favorise une meilleure santé des forêts qui agissent comme puits de carbone, ce qui aide à atténuer les changements climatiques. Les salamandres peuvent aussi contribuer à la réduction des émissions de carbone en mangeant des insectes qui décomposent la litière de feuilles mortes et libèrent du dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Une étude a révélé que sur une superficie d’un hectare, une seule salamandre Ensatina peut prévenir le rejet de 200 kilogramme de carbone par année. À ce rythme, et en supposant une densité similaire dans l’ensemble de l’aire de répartition au Canada (Colombie‑Britannique), cette seule espèce pourrait réduire les émissions de carbone à raison de 72,3 tonnes métriques par année au Canada.  Cela équivaut à 265,1 tonnes métriques de dioxyde de carbone (CO2) par année, soit approximativement les émissions résultant de la combustion de 31 000 litres d’essence.

Étant donné que l’importation de salamandres au Canada nécessitera un permis, les représentants d’Environnement et Changement climatique Canada seront en mesure de faire le suivi du nombre de demandes de permis d’importation de salamandres. La collecte de données se poursuivra.

Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez sélectionner toutes les cases qui s'appliquent :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :