Sources d'eau : les cours d'eau

Introduction

Les cours d’eau tiennent une importance immense pour la géologie, la biologie, l’histoire et la culture du Canada.  Bien qu’ils ne contiennent qu’une portion légère du montant total d’eau dans le pays, les cours d’eau jouent un rôle indispensable dans le cycle hydrologique.  Ils fonctionnent en tant que canaux versants pour l’eau de surface; fournissent un habitat, une alimentation et un moyen de transport pour d’innombrables organismes; offrent des routes de voyage pour l’exploration, le commerce et le loisir; laissent des dépôts dispendieux de sédiments; fournissent de la puissance pour la production d’énergie électrique; et créent le paysage majestueux dont nous associons si souvent avec la nature canadienne.

D'après les données

Les tableaux suivants donnent une idée du rang des cours d’eau au Canada parmi ceux à travers le monde.

Les plus grands cours d'eau du monde

Ce tableau classe les plus grands cours d'eau du monde selon la superficie du bassin versant en milliers de kilomètres carrés.

Selon la superficie du bassin versant
Rang Nom Superficie du bassin versant (1 000 km2)
1 Amazone 6 915
2 Congo 3 680
3 Murray 3 520
4 La Plata 3 100
5 Ob 2 990
6 Mississippi* 2 980
7 Nil 2 870
8 Yénisei 2 580
9 Lena 2 490
10 Niger 2 090
11 Amur 1 855
12 Yangtze 1 800
13 Mackenzie* 1 790
14 Ganges 1 730
15 Volga 1 380
16 Zambezi 1 330
17 Saint-Laurent* 1 030

* Situé en tout ou en partie au Canada

Ce tableau classe les plus grands cours d'eau du monde selon la longueur en kilomètres.

Selon la longueur
Rang Nom Longueur (km)
1 Nil 6 670
2 Mississippi* 6 420
3 Amazone 6 280
4 Yangtze 5 520
6 La Plata 4 700
7 Hwang Ho 4 670
8 Mekong 4 500
9 Lena 4 400
10 Congo 4 370
11
Mackenzie*
4241
12 Niger 4 160
13 Ob 3 650
14a Yénisei 3 490
14b
Murray 3 490
15 Volga 3 350
16 Indus 3 180
17 Saint-Laurent* 3 060
18a Ganges 3 000
18b
Yukon*
3 000

* Situé en tout ou en partie au Canada

Ce tableau classe les plus grands cours d'eau du monde selon le débit total annuel moyen en kilomètres cubes par an.

Selon le débit total annuel moyen
Rang Nom Débit total annuel moyen (km3/année)
1 Amazone 6 923
2 Gange 1 386
3 Congo 1 320
4 Orinoco 1 007
5 Yangtze 1 006
6 La Plata 811
7 Yénisei 618
8 Lena 539
9 Mississippi* 510
10 Mekong 505
11 Chutsyan 430
12 Ob 404
13 Amur 360
14 Mackenzie* 325
15 Saint-Laurent* 318
16 Niger 302
17 Volga 255

* Situé en tout ou en partie au Canada

Source : Adaptation de World Water Resources and Their Uses. Document du SHI et de l'UNESCO réalisé par Prof. Igor A. Shiklomanov, 1999.
* Situé en tout ou en partie au Canada.

Les rivières sont des cours d’eau naturels, s’écoulant en canaux à travers la surface, qui déversent des aires discrètes de terre.  L’existence, la taille et le débit d’un cours d’eau est influencé par : la disponibilité d’eau de surface, un canal souterrain, et l’inclinaison de la surface.  Dans ce sens, les cours d’eau constituent et des fleuves immenses, et des petits ruisseaux.

En fait, situées au nord du 60e parallèle se trouvent les plus importantes masses d'eau du Canada. Le Mackenzie par exemple, le plus grand fleuve du Canada, compte plus de 4 000 kilomètres de longueur. Les plus longs cours d’eau du Canada sont décrits dans le tableau ci-dessous.  

Les plus longs cours d'eau du Canada

*Portion canadienne seulement
Les valeurs ont été arrondies.

Réseau hydrographique

Il est important de se rappeler que toute cette eau est interreliée. On appelle bassin versant ou bassin hydrographique la zone qui draine toutes les précipitations reçues sous forme de ruissellement ou d’écoulement de base (sources souterraines) par une rivière donnée ou un ensemble donné de rivières. Tous ces petits bassins versants forment ensemble un bassin versant régional lequel, à son tour, s’ajoute à d’autres pour former un bassin versant à l’échelle du continent.

Les cours d’eau au Canada s’écoulent dans cinq bassins continentaux; un pour chacun des océans qui entourent le continent, soit le Pacifique, l’Arctique et l’Atlantique, de même pour la baie d’Hudson et le golfe du Mexique. Un bassin hydrographique ou bassin versant d’un cours d’eau -- c’est-à-dire le territoire qui alimente ce dernier -- est séparé des bassins contigus par des hautes terres appelées lignes de partage des eaux.

Carte - Les bassins versants du Canada

Vous trouverez des informations détaillées ci-dessous.

Carte - Les bassins versants du Canada. Eau douce et grands centres urbains Au Canada, environ 60 % des eaux douces coulent vers le nord tandis que 85 % de la population se trouve dans le sud du pays, le long de la frontière des États-Unis. La carte indiquées les 30 plus grandes villes du pays (accueillent ensemble environ 60 % de la population nationale), les cinq grand bassins hydrographiques, et l'écoulement. Les zones ombrées dans la partie sud de la carte représentent les régions où il y a plus d'une personne au kilomètre carré.

Plus de renseignements et de cartes sur la géographie du Canada sont fournies par l’Atlas du Canada de Ressources naturelles Canada, et incluent : l’eau douce, les réseaux hydrographiques, et les bassins versants du Canada.

L'eau... sculpteur de la Terre

Dans les cours d'eau où le courant est rapide, l'eau érode à divers degrés les terres sur son passage. Un cours d'eau peut sculpter des vallés profondes, surtout dans les parties élevées des bassins versants. Là où la pente est douce, l'eau ralentit sa course et dépose des matériaux. Ce phénomène se produit généralement dans les tronçons inférieurs, plus particulièrement près de l'embouchure du cours d'eau, dans un lac ou dans un océan. Dans les parties basses des bassins, les matériaux déposés créent parfois des deltas.

Le débit d'un cours d'eau, sa vitesse d'écoulement et la saison déterminent tous comment le cours d'eau façonne le paysage et influence l'utilisation que la population peut faire de ses eaux. Les précipitations, la fonte des neiges et les eaux souterraines contribuent toutes au débit et entraînent des variations de saison en saison et d'année en année.

Au Canada, la plupart des crues sont provoquées par la fonte des neiges au printemps. Les risques d'inondation sont donc plus importants à cette période de l'année. Cependant, les pluies torrentielles peuvent elles aussi entraîner des crues et des inondations, plus particulièrement dans le cas des petits cours d'eau. Les conséquences des pluies torrentielles et des inondations peuvent être beaucoup moindres sur les cours d'eau dotés d'un grand bassin versant. Au pays, les débits les plus bas sont généralement enregistrés à la fin de l'été, lorsque le volume des précipitations est peu élevé et que l'évapotranspiration et la consommation d'eau par les végétaux sont importantes, et à la fin de l'hiver, lorsque les cours d'eau sont encore recouverts de glace et que les précipitations sont retenues jusqu'au printemps suivant sous forme de neige et de glace.

Voir aussi la section sur l'érosion et la sédimentation

Quantifier le débit des cours d'eau

La Division des relevés hydrologiques du Canada d'Environnement Canada, en collaboration avec de nombreux organismes qui lui fournissent des données, mesure le volume d'eau s'écoulant dans des cours d'eau (débit) et enregistre le niveau de l'eau dans des lacs et des cours d'eau à plus de 2 600 endroits au Canada.

Comment mesure-t-on l'eau dans les lacs et les cours d'eau?

  • Le niveau de l'eau est déterminé manuellement par des préposés à la lecture d'échelles ou enregistré en continu sur du papier à graphique ou sous forme de données électroniques ou numériques.
  • Le débit (volume d'écoulement) est calculé à partir de multiples mesures qui précisent la profondeur et la largeur du chenal ainsi que la vitesse du courant; le débit moyen du cours d'eau pour un niveau donné est ainsi obtenu. Ces mesures peuvent être effectuées électroniquement du haut d'un pont, à gué, à partir d'une embarcation ou d'une nacelle suspendue à un câble tendu au dessus du cours d'eau. En hiver, les mesures sont effectuées sous la glace.
  • Un nombre suffisant de mesures du débit à différents niveaux (y compris le maximum et le minimum record) permet d'établir la fonction qui relie le niveau au débit à chaque endroit, ce qui permet à son tour de calculer le débit d'après les niveaux mesurés.
  • Les relevés historiques des 5 000 stations, en service et fermées, permettent tout de même d'évaluer le débit des cours d'eau sans station de jaugeage.

Le tableau ci-dessous indique le débit caractéristique de divers cours d'eau au Canada.

Ce tableau montre le débit caractéristique de divers cours d'eau en mètres cubes par seconde. Il précise également la moyenne annuelle ainsi que les moyennes quotidiennes maximale et minimale.

Débit caractéristique de divers cours d'eau
(par moyenne quotidienne et par ordre croissant en m3/second)
Lieu Cours d'eau
Moyenne annuelle
Moyenne quotidienne
     
Maximum
Minimum
Île-du-Prince-Édouard Rivière Dunk à Wall Road 2,55 84,7 0,212
Saskatchewan Rivière Qu'Appelle près de Lumsden 5,44 436 0
Nouveau-Brunswick Rivière Lepreau à Lepreau 7,37 340 0,028
Manitoba Rivière Manigotagan près de Manigotagan 8,93 103 0,065
Ontario Rivière Rideau à Ottawa 37,2 583 1,48
Terre-Neuve Rivière Gander à Big Chute 119 1 170 2,78
Alberta Rivière Athabaska à Hinton 175 1 200 10,8
Yukon Fleuve Yukon à Whitehorse 243 646 32,6
Saskatchewan Rivière Saskatchewan Sud à Saskatoon 254 3 940 14,2
Québec Rivière aux Outardes à la Centrale de Chute-aux-Outardes 387 2 830 10,5
Nouveau-Brunswick Rivière Saint-Jean en aval de Mactaquac 809 11 100 21,5
Ontario Rivière des Outaouais à Britannia 1 180 5 060 245
Terre-Neuve Fleuve Churchill en amont d'Upper Muskrat Falls 1 740 6 820 253
Colombie-Britannique Fleuve Fraser à Hope 2 720 15 200 340
Ontario Rivière Niagara à Queenston 5 880 9 760 2 440
Ontario Fleuve Saint-Laurent à Cornwall 7 350 10 700 4 500
Territoires du Nord-Ouest Fleuve Mackenzie à Norman Wells 8 480 33 300 1 680

Nota : Le présent tableau repose sur des données historiques recueillies jusqu'en 1999 et tirées de la base de données nationale HYDAT.

Il faut connaître le niveau et le débit des cours d'eau pour gérer les ressources hydriques de façon judicieuse afin de :

  • répartir l'eau entre différents utilisateurs;
  • gérer les ressources ou de réduire au minimum les effets d'un débit exceptionnel (p. ex., la protection contre les crues, la cartographie des plaines d'inondation, les canaux de dérivation et l'irrigation);
  • concevoir et construire des ponts, des canaux, des ponceaux, des routes, des réservoirs, des systèmes d'irrigation et de nombreux autres ouvrages;
  • planifier et réaliser des évaluations et des programmes environnementaux reliés à la qualité de l'eau, aux pêches et à l'habitat faunique;
  • faire en sorte que les ressources hydriques du pays soient exploitées tout en favorisant la protection et la conservation de l'environnement.

L'importance des cours d'eau dans l'histoire du pays

Les cours d’eau ont joué un rôle fondamental dans le développement politique et économique du Canada.  Par exemple, longtemps avant que le Canada ne devienne un pays, la rivière Rouge était la moelle du Manitoba. Tout comme le long du fleuve Saint-Laurent, les fermes étaient construites sur d'étroites et longues parcelles par lesquelles les colons avaient accès au fleuve.  Par conséquent, une société tout à fait particulière a pris naissance au XIXe siècle sur les bords de la rivière Rouge. Cette colonie de la rivière Rouge était, en effet, une société dualiste, composée presque à parts égales de Métis catholiques de langue française et de colons protestants de langue anglaise.

Pour le lointain gouvernement d'Ottawa, cette composition particulière de la population et les liens étroits qui unissaient celle-ci à la rivière étaient des abstractions qu'il ne pouvait comprendre. Il imposa aux gens une méthode d'arpentage qui faisait fi du peuplement de côtes et qui les privait de leur mode de vie. La violence éclata et atteint son paroxysme dans ce drame humain que fut la Rébellion de la rivière Rouge.

Les rivières du patrimoine canadien

Établi en 1984, le Réseau de rivières du patrimoine canadien est un programme coopératif auquel participent présentement les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux. Le programme a pour objectifs de faire reconnaître à l'échelle nationale les rivières les plus importantes du Canada et de s'occuper de la gestion de celles-ci à long terme afin d'en préserver la valeur naturelle, historique et récréative pour le plus grand avantage et le plaisir des Canadiens d'aujourd'hui et de leurs enfants.

Réseau de rivières du patrimoine canadien

Vous trouverez des informations détaillées ci-dessous.

Source : Le Réseau de rivières du patrimoine canadien, 2004. www.chrs.ca

La carte du Canada montre l'emplacement des rivières du patrimoine canadien et indique si elles ont été désignées ou sont mises en candidature. Voici la liste de ces rivières :

  • Rivière Alsek, réserve de parc national Kluane, Yukon (désignée)
  • Rivière Arctic Red (Tsiigèhnjik), Territoires du Nord-Ouest (désignée)
  • Rivières Athabasca, Kicking Horse et Saskatchewan Nord, parcs nationaux des Rocheuses canadiennes, Alberta et Colombie-Britannique (désignées)
  • Rivière Bay du Nord, Terre-Neuve (mise en candidature)
  • Rivière Bloodvein, parc provincial Woodland Caribou en Ontario et parc sauvage Atikaki au Manitoba (désignée)
  • Rivière Bonnet Plume, Yukon (désignée)
  • Route frontalière des voyageurs; parcs provinciaux Quetico, Middle Falls et des Voyageurs, Ontario (désignée)
  • Rivière Churchill, Saskatchewan (mise en candidature)
  • Rivière Clearwater, parc provincial sauvage de la rivière Clearwater en Saskatchewan et Alberta (portion en Saskatchewan désignée; portion en Alberta mise en candidature)
  • Rivière Coppermine, Nunavut (mise en candidature)
  • Rivière Cowichan, Colombie-Britannique (mise en candidature)
  • Rivière Detroit, Ontario (désignée)
  • Fleuve Fraser, Colombie-Britannique (désignée)
  • Rivières des Français et Mattawa, parcs provinciaux de la rivière des Français et de la rivière Mattawa, Ontario (désignées)
  • Rivière Grand, Ontario (désignée)
  • Rivière Hayes, Manitoba (mise en candidature)
  • Rivière Hillsborough, Île-du-Prince-Édouard (désignée)
  • Rivière Humber, Ontario (désignée)
  • Rivière Jacques-Cartier, parc provincial de la Jacques-Cartier, Québec (mise en candidature)
  • Rivières Kazan et Thelon, Nunavut (désignée)
  • Rivière Main, Terre-Neuve (mise en candidature)
  • Réseau fluvial Margaree-lac Ainslie, Nouvelle-Écosse (désignée)
  • Rivière Missinaibi, parc provincial aquatique de la rivière Missinaibi, Ontario (mise en candidature)
  • Voie navigable Rideau, Ontario (désignée)
  • Rivière Seal, Manitoba (désignée)
  • Rivière Shelburne, Nouvelle-Écosse (désignée)
  • Rivière Soper, Nunavut (désignée)
  • Rivière Nahanni Sud, réserve de parc national Nahanni, Territoires du Nord-Ouest (désignée)
  • Rivière Sainte-Croix, Nouveau-Brunswick (désignée)
  • Rivière St. Marys, Ontario (désignée)
  • Rivière Tatshenshini, Yukon (mise en candidature)
  • Rivière Thames, Ontario (désignée)
  • Fleuve Yukon (tronçon Thirty Mile), Yukon (désignée)
  • Rivière The Three Rivers, Île-du-Prince-Édouard (mise en candidature)
  • Rivière Haute-Ristigouche, Nouveau-Brunswick (désignée)

La première rivière à être désignée rivière du patrimoine canadien fut la rivière des Français en Ontario (1986). De nos jours, on dénombre 39 rivières du patrimoine d'un bout à l'autre du pays. D'autres s'ajoutent d'année en année.

Pour plus de renseignements, consulter le site web du Réseau de rivières du patrimoine canadien.

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