Rivière Sainte-Claire : secteur préoccupant

La rivière Sainte-Claire a été désignée secteur préoccupant binational en 1987 en vertu de l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs signé entre le Canada et les États-Unis. Des années d’industrialisation, d’urbanisation et d’utilisation des terres agricoles ont gravement dégradé la qualité de l’eau et la santé de l’écosystème de la rivière et de ses affluents. Neuf des quatorze altérations des utilisations bénéfiques (AUB) – qui mesurent l’impact d’une mauvaise qualité de l’eau sur l’environnement, la santé humaine ou l’économie – ont été désignées comme étant « altérées ». Trois autres ont été jugées « nécessitant une évaluation plus approfondie », ce qui signifie qu’il fallait plus de renseignements pour déterminer si elles étaient altérées.

Réalisations

Au cours des 30 dernières années, d’importants progrès ont été réalisés dans la restauration de la qualité de l’eau et de l’environnement de la rivière :

  • une réduction de 75 % des charges de contaminants dans la rivière depuis l’introduction de la Stratégie municipale industrielle de réduction des contaminants dans les industries pétrolières et chimiques;
  • le nettoyage de 13 300 mètres cubes de sédiments contaminés au mercure par Dow Chemical en 2002;
  • une réduction des bactéries et des rejets ayant une incidence sur les plages locales et la rivière, suite à la modernisation des infrastructures municipales

Restauration des utilisations bénéfiques

Au cours de la dernière décennie, d’importants progrès ont été réalisés pour améliorer les conditions environnementales du côté canadien. Ces AUB ne sont plus considérées comme étant « altérées » :

  • altération de la saveur des poissons et d'autres espèces sauvages (2011)
  • coûts accrus pour l’agriculture ou l’industrie (2012)
  • dégradation de l’aspect esthétique ou visuel (2016);
  • fermetures de plages (2018)
  • restrictions des activités de dragage (2018)
  • difformités ou problèmes de reproduction chez les oiseaux ou les animaux (2018)

Les travaux se poursuivent sur la restauration des autres utilisations bénéfiques :

  • restrictions sur les problèmes d’eau potable, de goût ou d’odeur – la fréquence des déversements a diminué depuis les années 1980 et les données de surveillance de la qualité de l’eau sont utilisées pour évaluer l’état de cette AUB;
  • perte d’habitat pour les poissons et la faune – les données de surveillance confirment que six des sept critères de restauration pour cette AUB ont été respectés, et des recherches scientifiques sont en cours pour évaluer le statut de cette AUB;
  • restrictions relatives à la consommation de poissons et d’animaux sauvages – les données de surveillance des contaminants du poisson montrent des améliorations et les études sur la faune montrent une forte baisse des concentrations de plusieurs contaminants;
  • dégradation du benthos (organismes qui vivent dans la rivière et au fond de celle-ci) – les conditions se sont améliorées, mais il faut assainir les sédiments pour tenir pleinement compte de l’impact des contaminants sur le benthos; 
  • dégradation des populations de poissons et d’espèces sauvages – plusieurs études montrent que les populations de poissons et d’espèces sauvages dans le secteur préoccupant sont semblables ou supérieures aux populations se trouvant à l’extérieur de ce secteur préoccupant;
  • tumeurs des poissons ou autres malformations – les données locales et panlacustres sur les tumeurs des poissons ont été évaluées et n’ont révélé aucune indication d’altération du secteur préoccupant. Les organismes vont de l’avant avec les prochaines étapes pour changer le statut de cette AUB de « nécessite une évaluation plus poussée » à « non altérée ».

Mesures récentes

La santé générale de la rivière Sainte-Claire s’est améliorée grâce à ces mesures récentes :

Gestion des eaux usées :

  • investissement de 30 millions de dollars en 2015 pour améliorer le réseau d’égout de la Ville de Sarnia, notamment les stations de pompage, les usines de traitement des eaux usées et le réseau d’égout;
  • la séparation d’environ 15 kilomètres d’égouts unitaires à Sarnia, qui a réduit le volume des débordements des égouts unitaires et des dérivations d’usines d’épuration des eaux usées dans la rivière de 40 % en moyenne de 2006 à 2014;
  • un investissement de 1,2 million de dollars dans un système automatisé de surveillance du débit des eaux usées dans les 56 stations de pompage de Sarnia afin d’améliorer la gestion du débit et de réduire le besoin de dérivations vers la rivière;
  • l’achèvement de l’usine de traitement des eaux usées du canton de St. Clair en 2013 à Courtright, en aval de Sarnia, au coût de 34,5 millions de dollars;
  • élimination d’une source d’eaux usées municipales dans la rivière par la désaffectation de l’usine de traitement des eaux usées de Corunna.

Restauration de l’habitat :

  • huit projets de littoral ont permis la restauration d’habitats de poissons sur deux kilomètres près du rivage depuis 2012, améliorant ainsi l’accès à la rivière pour d’autres espèces aquatiques comme le vison;
  • depuis 2010, plus de 200 hectares d’habitat côtier de terres humides de Walpole Island à l’extrémité sud de la baie Mitchell ont été améliorés, par l’élimination des plantes envahissantes, l’installation de structures pour l’habitat et la plantation de plantes indigènes, ce qui fournit un habitat précieux pour les poissons et la faune;
  • en 2019, la Première Nation de Walpole Island a commencé à planifier la restauration d’un marais de 675 hectares (1 668 acres), qui comprendra la mise en place d’une installation de régulation des eaux pour optimiser les niveaux d’eau et permettre l’accès des poissons pour la première fois depuis que le marais a été endigué il y a plus de 50 ans.

Sédiments :

Un projet de gestion des sédiments est en cours afin d’améliorer la qualité des sédiments et de l’eau dans les trois secteurs prioritaires restants du secteur préoccupant. En 2013, à la suite d’une étude d’évaluation et de consultations publiques, le dragage a été choisi comme la solution privilégiée pour nettoyer les sédiments contaminés au mercure sur le site. Entre 2014 et 2018, un comité composé d’Environnement et Changement climatique Canada, du ministère de l'Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs de l’Ontario, et de Dow Chemical Canada, ont collaboré à l’établissement d’un cadre pour travailler ensemble et obtenir un financement pour élaborer un plan d’ingénierie et de conception détaillé d’ici le printemps 2021. Ce plan décrira les mesures requises et les coûts estimatifs de la mise en œuvre des activités de dragage. L’Office de protection de la nature de la région de St. Clair sera le gestionnaire du projet pour cette phase.

Autres mesures à prendre :

Le gouvernement du Canada continuera de collaborer avec les partenaires locaux et provinciaux pour soutenir les mesures de restauration et réaliser les études de surveillance et d’évaluation environnementale nécessaires pour confirmer l’atteinte des objectifs de qualité de l’environnement. Les priorités à court terme sont les suivantes :

  • achever les mesures de restauration de l’habitat sur l’île Walpole et confirmer l’état de l’altération des utilisations bénéfiques (AUB) de la dégradation de l’habitat du poisson et de la faune;
  • achever la phase détaillée d’ingénierie et de conception du projet de gestion des sédiments;
  • poursuivre la surveillance de la qualité de l’eau et des sédiments pour faire le suivi des progrès et orienter les efforts de restauration qu’il reste à faire;
  • terminer les évaluations et collaborer avec les collectivités locales pour confirmer l’état des autres AUB.

Aperçu

Des progrès importants ont été réalisés dans le secteur préoccupant de la rivière Sainte-Claire, et on prévoit que cinq des six altérations d’utilisation bénéfique restantes seront restaurées d’ici 2023. Les mesures de restauration seront bientôt terminées et des plans sont en cours pour assainir les trois zones prioritaires de sédiments contaminés. En vertu de l’Accord Canada-Ontario sur la qualité de l’eau et la santé de l’écosystème des Grands Lacs, le gouvernement du Canada collabore avec la province de l’Ontario pour continuer de faire des progrès en vue de l’assainissement, du rétablissement de l’environnement et de la restauration des utilisations bénéfiques. Le Canada et les États-Unis continuent de travailler en étroite collaboration afin que ce secteur préoccupant binational puisse être radié de la liste. 
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