Chapitre 10 : Services climatiques et utilisation de l’information sur le climat
Auteurs
Auteurs coordonnateurs principaux
Trevor Murdock, Environnement et Changement climatique Canada
Isabelle Charron, Ouranos
Auteurs principaux
Teah Lizée, Environnement et Changement climatique Canada
Diane Chaumont, Ouranos
Auteurs contributeurs
Eva Gnegy, Environnement et Changement climatique Canada
Ali Greenslade, Gouvernement métis d’Otipemisiwak de la Nation métisse de l’Alberta
Megan Hartwell, Environnement et Changement climatique Canada
Jennifer Pylypiw, Gouvernement métis d’Otipemisiwak de la Nation métisse de l’Alberta
Gouvernement national Tŝilhqot’in
Janna Wale, membre de la Nation Gitxsan
Référence recommandée du chapitre
Murdock, T.Q., Charron, I., Lizée, T., Chaumont, D., Gnegy, E., et Hartwell, M. (2026). Services climatiques et utilisation de l’information sur le climat. Dans Rapport sur le climat changeant du Canada de 2026, (pp XX-XX). Gouvernement du Canada.
Énoncé de la page d’accueil
Ce chapitre décrit le rôle des services climatiques dans l’accompagnement des différents lecteurs qui souhaitent utiliser les informations contenues dans ce rapport et d’autres sources pour la planification de mesures d’adaptation, l’appréciation des risques, la conception et la gestion des urgences dans un climat en changement. Il présente également certaines considérations communes pour trouver, choisir et utiliser les informations sur le climat futur.
Résumé en langage clair
L’évaluation des changements du climat physique au Canada présentée dans le présent rapport a été élaborée par des équipes d’auteurs possédant une expertise approfondie dans ce domaine. Le présent chapitre comble l’écart entre la science du climat physique et l’application pratique des données et informations climatiques à l’échelle régionale et locale. Il se distingue des autres chapitres du présent rapport, car, plutôt que de fournir une évaluation officielle, il propose un point de départ pour comprendre comment utiliser efficacement les informations climatiques disponibles.
L’un des principaux rôles des fournisseurs de services climatiques consiste à adapter les données et informations climatiques aux besoins particuliers des utilisateurs selon leur région, leur secteur ou leur profession. Ces fournisseurs collaborent donc avec les utilisateurs afin de cerner leurs besoins, de les conseiller sur l’utilisation des données et informations climatiques et, au besoin, de produire avec eux des informations. Leurs mandats et priorités varient considérablement : certains offrent des services d’adaptation, tandis que d’autres mènent des recherches climatiques régionales appliquées. Bien qu’il existe de nombreux fournisseurs de services climatiques à l’échelle mondiale, il n’existe aucune norme officielle ni aucun organisme de réglementation pour la fourniture d’informations climatiques.
Les exigences et incitatifs liés à l’utilisation des projections climatiques sont de plus en plus fréquents. Ils proviennent de divers ordres de gouvernement, d’associations professionnelles et d’organismes responsables des normes et des codes. Par conséquent, de nombreux professionnels qui n’ont jamais utilisé de projections climatiques doivent désormais le faire (ou devront bientôt le faire). Malgré la diversité des utilisateurs et des usages possibles, certaines considérations communes sont importantes dans le domaine des services climatiques. Parmi celles‑ci figurent la pertinence des informations par rapport aux besoins des utilisateurs, la prise en compte du domaine d’intérêt et de la résolution requise, la période de changement des indicateurs climatiques d’intérêt, la description des scénarios d’émissions et la détermination des horizons temporels pertinents, l’exploration des fourchettes de changement (incertitude) et la compréhension des différences liées au choix des périodes de référence.
Les fournisseurs de services climatiques jouent également un rôle dans le soutien à l’adaptation aux changements climatiques, notamment en facilitant l’appréciation des risques climatiques. Pour ce faire, ils classent souvent les informations climatiques selon des catégories d’aléas, afin d’aider les utilisateurs à déterminer les variables climatiques pertinentes et les projections disponibles. Dans ce chapitre, nous présentons un ensemble de douze catégories d’aléas pertinentes pour le Canada. Pour chacune d’entre elles, nous nous appuyons sur les informations fournies dans d’autres chapitres du présent rapport portant sur les aléas correspondants.
10.1 : Introduction
Les chapitres 2 à 9 du présent rapport évaluent l’état des connaissances sur les principaux aspects des changements passés et futurs du climat physique au Canada (voir la section 1.3.2 du chapitre 1, pour connaître la portée du présent rapport). À de nombreux endroits, ces chapitres s’appuient sur des informations à l’échelle mondiale et régionale tirées des rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) (GIEC, 2021b, 2022b). Cependant, comme l’indique l’un des deux rapports cités du GIEC, ces informations ne sont généralement pas disponibles à l’échelle nationale, locale ou sectorielle, alors que ces échelles sont essentielles pour l’adaptation au climat en changement :
« Les informations climatiques fournies par le GIEC sont déjà utilisées dans certains travaux de planification des mesures d’adaptation aux changements climatiques. Cependant, selon le contexte décisionnel, ces informations peuvent être trop imprécises, trop générales ou trop disciplinaires pour éclairer directement la prise de décisions à l’échelle où les mesures d’adaptation sont prises (Howarth et Painter, 2016; Nissan et al., 2019). Ainsi, si le rôle du GIEC est clairement perçu comme celui d’une référence – un point de départ faisant autorité –, des informations complémentaires sont nécessaires pour transposer les évaluations à l’échelle nationale, locale ou sectorielle (Howarth et Painter, 2016; Kjellström et al., 2016; van den Hurk et al., 2018; Vaughan et al., 2018). »
– Traduction libre d’un extrait du chapitre 12, Climate Change Information for Regional Impact and for Risk Assessment, de la publication Climate Change 2021: The Physical Science Basis (Ranasinghe et al., 2021)
Notre objectif dans ce chapitre est d’aider les lecteurs à passer de la connaissance à l’application, de les aider à utiliser ce rapport selon leur propre contexte, de leur indiquer où trouver des informations plus précises et de leur préciser ce à quoi ils doivent s’attendre lorsqu’ils utilisent des informations climatiques adaptées. Nous commençons par décrire le rôle des fournisseurs de services climatiques (voir le tableau 10.1 pour les définitions des services climatiques). Ce rôle s’est développé pour combler le fossé entre les évaluations des connaissances à grande échelle et les informations localisées et précises dont les utilisateurs ont besoin.
La lutte contre les changements climatiques repose à la fois sur l’atténuation et l’adaptation. L’atténuation vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre afin de limiter la sévérité des répercussions liées au réchauffement planétaire. L’adaptation vise à accroître la résilience face aux changements climatiques déjà observés et à ceux qui sont inévitables. Ces deux volets se déploient simultanément à mesure que le climat continue de changer, et sont souvent interreliés. Par exemple, dans le contexte des changements climatiques, de nombreux efforts d’atténuation devront explicitement tenir compte du climat futur pour être efficaces. Les risques climatiques futurs peuvent être réduits par la mise en œuvre conjointe de mesures d’atténuation et d’adaptation (GIEC, 2018).
Les changements climatiques n’auront pas les mêmes répercussions d’un endroit à l’autre au Canada. Par conséquent, les lecteurs qui utilisent ce rapport pour s’adapter aux changements climatiques doivent utiliser les informations en fonction de leur propre contexte. Dans certains cas, cela exige d’évaluer de faibles différences dans les caractéristiques locales, qui peuvent néanmoins avoir une grande incidence sur la manière dont les répercussions des changements climatiques se manifesteront (sections 10.3.1 et 10.3.2). Les répercussions doivent aussi être évaluées différemment selon les professions et les secteurs économiques.
Dans un climat stable, les décideurs pouvaient se préparer aux conditions météorologiques et climatiques attendues en s’appuyant uniquement les données historiques (lorsque suffisamment d’observations étaient disponibles). Toutefois, dans un climat en changement, l’adaptation exige de passer d’une approche fondée exclusivement sur le climat passé à une approche intégrant les projections climatiques. Il est essentiel de tenir explicitement du climat futur dans de nombreuses activités de planification et de prise de décisions, telles que l’appréciation des risques, la conception et la gestion des urgences (O’Kane et al., 2024). Cependant, il n’est pas toujours facile de déterminer comment les contextes professionnel, sectoriel ou local influent sur l’interprétation des données et des informations. Les projections climatiques constituent un outil puissant, mais leur utilisation élargie pose certains défis : la diversité des résultats possibles, l’évolution des méthodes de projection, l’absence de projections pour certains aléas d’intérêt et le fait que la plupart des professionnels les maîtrisent encore peu. Lorsque les projections sont difficiles d’accès ou qu’il n’existe pas de directives claires pour leur utilisation, cela peut entraîner une paralysie décisionnelle ou un retour à l’utilisation exclusive des données historiques. C’est précisément pour faciliter ce processus complexe et nuancé que le rôle des fournisseurs de services climatiques s’est développé.
Afin d’aider les lecteurs à combiner les informations du présent rapport avec des données climatiques localisées et adaptées, nous avons divisé ce chapitre en trois sections principales. La première présente un aperçu des services climatiques et des rôles qu’ils jouent (section 10.2). La deuxième décrit les éléments communs à considérer lors de l’utilisation des projections climatiques (section 10.3). Enfin, la troisième propose une synthèse de douze catégories d’aléas climatiques (section 10.4), soit :
- Chaleur extrême et vagues de chaleur;
- Froid extrême, perte de froid et sol gelé de manière saisonnière;
- Précipitations extrêmes (fortes précipitations, pluie verglaçante, grêle et chutes de neige abondantes) et inondations pluviales;
- Tempêtes extratropicales et ouragans;
- Orages;
- Inondations non pluviales (pluie sur neige, fonte des neiges et embâcles);
- Sécheresses;
- Feux de forêt;
- Réchauffement du pergélisol et changements au niveau du paysage liés à la fonte, et perte de glace en milieu terrestre;
- Changement du niveau de la mer, ondes de tempête et inondations côtières;
- Aléas en milieu marin (circulation océanique, température des océans, vagues de chaleur marines, salinité des océans, stratification des océans, acidification des océans et désoxygénation);
- Vents forts.
Cette liste s’appuie sur le contenu d’autres chapitres du présent rapport et sur des exemples illustrant comment divers indicateurs ont été ou pourraient être utilisés pour éclairer les décisions liées à un aléa donné. Enfin, la section 10.5 présente un résumé de haut niveau des principaux messages du chapitre.
Faits saillants de la figure : Aperçu visuel du contenu du chapitre et des liens importants entre les chapitres.
Description longue
La figure 10.1 est un schéma conceptuel qui sert de feuille de route pour le chapitre 10 et guide les lecteurs vers les principaux liens entre les chapitres. Dans la partie supérieure de la figure, un encadré présente le titre du chapitre ainsi qu’un court énoncé décrivant son objectif général. Dans la partie inférieure de la figure, d’autres encadrés énumèrent les principales sections du chapitre, les encadrés et les études de cas. Un encadré distinct recense les principaux liens entre les chapitres afin d’aider les lecteurs à repérer des informations connexes sur les sujets abordés dans ce chapitre.
Figure 10.1 Guide visuel du contenu du chapitre 10 et des liens entre les chapitres.
10.2 : Services climatiques
10.2.1 : Définition des services climatiques
De manière générale, les fournisseurs de services climatiques produisent des informations destinées à faciliter la prise de décisions (OMM, 2011) en matière de gestion des risques climatiques et de planification des mesures d’adaptation (Hewitt et Lowe, 2018). Toutefois, fournir des services climatiques ne consiste pas simplement à produire des données : les fournisseurs déploient également des efforts considérables pour veiller à ce que les informations et données produites soient utiles, utilisables et utilisées (Máñez Costa et al., 2022; Vaughan et al., 2018).
Les services climatiques se distinguent généralement des services de prévision météorologique, puisqu’ils portent sur le climat futur à l’échelle régionale et sur de longues périodes. Les prévisions météorologiques, à l’inverse, se concentrent sur des conditions météorologiques à court terme, dans des endroits précis. Il arrive cependant que les deux types de services soient fournis par une même organisation, et que certains fournisseurs aient pour mandat de produire des prédictions saisonnières ou décennales.
Le domaine des services climatiques évolue rapidement (Lourenço et al., 2016; O’Kane et al., 2024) et prend inévitablement une dimension régionale ou locale. Pour ces raisons, il n’existe pas de définition unique des services climatiques (voir le tableau 10.1 pour des exemples). L’offre varie selon les produits proposés, les services rendus, les publics desservis et le niveau de mobilisation aux fins d’adaptation des produits. Par exemple, certains fournisseurs participent à la production de données brutes et à la recherche scientifique, et mettent leur expertise au service de synthèses, d’analyses statistiques et d’autres produits d’information et conseils d’experts sur mesure (OMM, 2011). D’autres participent activement à l’élaboration conjointe de produits adaptés avec les utilisateurs aux fins d’appréciation des risques et d’adaptation, notamment par la tenue de travaux transdisciplinaires réunissant spécialistes de la modélisation climatique, experts des répercussions et acteurs de l’adaptation (Findlater et al., 2021; Hewitt et al., 2012). Voir la section 10.3.2 pour des exemples de collaboration entre fournisseurs et utilisateurs dans l’élaboration et la prestation de services adaptés.
Tableau 10.1 : Trois définitions des services climatiques.
| Source | Définition |
|---|---|
| Sixième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), Annexe VII : Glossaire (GIEC, 2021a) | Les services climatiques consistent à fournir des informations climatiques de manière à faciliter la prise de décisions. Ils comprennent une participation adéquate des utilisateurs et des fournisseurs, reposent sur des informations et des compétences scientifiquement crédibles, s’appuient sur un mécanisme d’accès efficace et répondent aux besoins des utilisateurs (Hewitt et al., 2012). |
| Cadre mondial pour les services climatiques (Global Framework for Climate Services - GFCS) de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) (OMM, 2024) | Les services climatiques consistent en la fourniture et l’utilisation de données, d’informations et de connaissances climatiques afin d’aider à la prise de décisions. Ils nécessitent une collaboration appropriée entre le bénéficiaire et le fournisseur du service, ainsi qu’un mécanisme d’accès efficace permettant une action en temps opportun. |
| Climate Service Partnership (CSP) (en anglais seulement) | Les services climatiques comprennent la production, la traduction, le transfert et l’utilisation des connaissances et informations climatiques pour soutenir la prise de décisions orientées par le climat et l’élaboration de politiques et de plans adaptés. […] Des services efficaces exigent des capacités techniques établies et une communication active entre producteurs, traducteurs et utilisateurs de l’information (Climate Services Partnership, sans date). |
Adapté de : Brasseur et Gallardo (2016).
Les fournisseurs de services climatiques peuvent jouer divers rôles à chaque étape du cycle de planification des mesures d’adaptation illustré à la figure 10.2. La première étape, soit la mobilisation et la planification précoces, nécessite souvent des conseils, des ressources et de la formation. La deuxième étape, soit la compréhension des changements climatiques, comprend l’utilisation d’informations climatiques historiques et de projections fiables, adaptées à un contexte précis (région, secteur, utilisateurs, etc.). La troisième étape, la détermination des répercussions des changements climatiques, nécessite une adaptation plus poussée de l’information au contexte et aux aléas connexes, afin d’alimenter les évaluations des risques et les mesures d’adaptation correspondantes.
Faits saillants de la figure : Les services climatiques jouent un rôle à chaque étape du cycle de planification des mesures d’adaptation aux changements climatiques, même si certains fournisseurs se spécialisent dans certaines étapes plus que d’autres.
Description longue
La figure présente un cycle type de planification des mesures d’adaptation, divisé en six étapes. La forme circulaire de la figure, où l’étape 6 ramène à l’étape 1, souligne que l’adaptation est un processus itératif et continu, qui est réexaminé à mesure que de nouvelles informations deviennent disponibles. Les six étapes correspondent aux tâches suivantes : (1) Mobilisation et planification précoce; (2) Comprendre comment le climat changera; (3) Déterminer les répercussions des changements climatiques; (4) Évaluer les risques, les vulnérabilités et les possibilités; (5) Déterminer les mesures d’adaptation; (6) Mettre en œuvre, surveiller et examiner les mesures.
Figure 10.2 : Illustration de la nature itérative du cycle d’adaptation et de ses principales étapes. Les services climatiques peuvent intervenir à chacune d’elles. Adapté de : Figure 2 de la Stratégie nationale d’adaptation du Canada (ECCC, 2023).
L’intégration des considérations relatives aux changements climatiques dans les cadres de gestion quotidiens des infrastructures et des actifs est essentielle pour l’adaptation dans de nombreuses municipalités. Pour un exemple concret de mise en œuvre, visionnez l’entrevue où l’adjoint administratif principal de la communauté de Selkirk, au Manitoba, décrit cette approche. Vous la trouverez dans le rapport de synthèse du processus d’évaluation nationale « Le Canada dans un climat en changement».
Malgré la diversité des publics desservis (Vaughan et Dessai, 2014), un ensemble central d’utilisateurs comprend généralement les analystes des politiques, les décideurs, les associations professionnelles et industrielles et les utilisateurs individuels œuvrant dans des secteurs spécialisés. Ces utilisateurs incluent notamment des ingénieurs, des planificateurs, des agriculteurs, des agronomes, des écologistes et des consultants. Certains fournisseurs visent explicitement à informer le grand public, les médias et le système d’éducation (BC Climate Action Secretariat, 2025), tandis que ce n’est pas une priorité pour d’autres. Enfin, certains fournisseurs collaborent étroitement avec des chercheurs spécialisés en sciences du climat ou études des répercussions.
Les fournisseurs de services climatiques ont en commun des caractéristiques essentielles qui les rendent précieux pour les décideurs : leur crédibilité (autorité perçue ou fiabilité de leurs compétences techniques), leur légitimité (équité perçue des données produites) et leur pertinence (adéquation perçue des informations aux besoins des utilisateurs) (Cash et al., 2003). Les services climatiques s’appuient notamment sur des rapports d’évaluation comme celui‑ci pour garantir que les conseils fournis sont actuels et crédibles. Le présent rapport, rédigé par des experts, a fait l’objet d’un examen approfondi par des pairs et utilise un langage cohérent concernant (voir la section 1.4.3 du chapitre 1). Le rôle des services climatiques consiste essentiellement à utiliser des informations crédibles de manière pertinente pour les utilisateurs.
Encadré 10.1 : Fournisseurs de services climatiques au Canada
Le paysage des fournisseurs de services climatiques au Canada est en pleine évolution, à mesure que de plus en plus d’utilisateurs ont besoin d’accéder à ces services. Depuis plus de deux décennies, ces services sont offerts sous diverses formes, selon les besoins des utilisateurs, dans certaines régions du pays, et sont offerts par des fournisseurs régionaux de services climatiques, des organismes à but non lucratif, des établissements universitaires et des sociétés d’experts‑conseils.
En 2018, le gouvernement du Canada a créé le Centre canadien des services climatiques, au sein d’Environnement et Changement climatique Canada. En tant que fournisseur national, le Centre joue un rôle de coordination des services climatiques à l’échelle du pays et contribue à la mise en œuvre de la Stratégie nationale d’adaptation du Canada (chapitre 1, encadré 1.1) (ECCC, 2023). La demande croissante pour ces services se reflète dans l’augmentation de 36 % du volume de demandes reçues par le Centre d’aide des Services climatiques, qui est passée d’environ 500 demandes par année en 2019‑2021 à plus de 700 en 2022‑2024.
Il est impossible d’établir une liste exhaustive des fournisseurs de services climatiques, car une telle liste deviendrait rapidement obsolète, risquerait d’être trop longue pour être utile ou dépendrait de distinctions arbitraires quant aux organisations considérées comme telles. Cela reflète la grande diversité des organisations œuvrant ou ayant œuvré dans ce domaine. À titre de point de départ, le tableau 1 de l’encadré 10.1 présente cinq fournisseurs régionaux de services climatiques (au moment de la publication) qui appuient directement le fournisseur national dans l’accomplissement de son mandat, notamment par l’entremise du portail Donneesclimatiques.ca.
Il convient de noter qu’aucun fournisseur régional de services climatiques pour le nord du Canada ne figure dans le tableau 10.1 de l’encadré 10.1. Pour cette région, une approche collaborative a été mise en place avec de multiples partenaires, dont des organisations autochtones, des fournisseurs régionaux de services climatiques et Relations Couronne‑Autochtones et Affaires du Nord Canada.
De nombreuses autres organisations, non incluses dans la liste, continuent de fournir des services climatiques (voir, par exemple, l’étude de cas 10.1). Étant donné la nouveauté et l’évolution rapide du paysage des services climatiques, il peut être utile de faire le point sur les fournisseurs qui pourraient être disponibles.
Encadré 10.1, tableau 1 : Liste de cinq fournisseurs régionaux de services climatiques associés au fournisseur national pour offrir des services climatiques dans différentes régions du Canada (au moment de la publication).
| Fournisseur régional de services climatiques | Année de création | Région |
|---|---|---|
| Ouranos | 2001 | Principalement au Québec |
| Pacific Climate Impacts Consortium | 2005 | Colombie-Britannique et régions avoisinantes |
| ClimateWest (en anglais seulement) | 2021 | Provinces des Prairies |
| CLIMAtlantic (en anglais seulement) | 2021 | Canada atlantique |
| Centre de ressources d’adaptation climatique de l’Ontario | 2023 | Région des Grands Lacs et Ontario |
Comme l’indique l’encadré 10.1, la demande pour les services climatiques continue de croître, notamment de la part de professionnels qui n’avaient jamais auparavant utilisé de données de projections climatiques. Cette hausse s’explique en partie par l’obligation devenue plus courante de tenir explicitement compte du climat futur. Voici quelques exemples d’initiatives en ce sens (au moment de la publication) :
- la modernisation des codes nationaux, notamment le Code national du bâtiment du Canada, du Code canadien sur le calcul des ponts routiers, le Code canadien de l’électricité, le Code national de prévention des incendies et le Code national de l’énergie pour les bâtiments (Commission canadienne des codes du bâtiment et de prévention des incendies, 2022a, 2022c, 2022b; Canadian Standards Association, 2019, 2024a);
- les codes du bâtiment et les marchés publics au niveau provincial. Par exemple, en 2015, le ministère des Transports et de l’Infrastructure de la Colombie-Britannique (nommé ministère des Transports et des Transports en commun au moment de la publication) a exigé que les changements climatiques soient explicitement pris en compte dans toutes les nouvelles conceptions (BC Ministry of Transportation and Infrastructure, 2015, 2019);
- les programmes de financement d’infrastructures qui encouragent les candidats à intégrer des projections climatiques dans leur planification;
- l’élaboration et l’adoption de stratégies et de plans d’adaptation à l’échelle nationale et régionale;
- l’intégration des changements climatiques dans les modèles de risque de compagnies d’assurance pour éclairer la couverture d’assurance et les dommages liés au climat;
- ligne directrice B-15 sur la gestion des risques climatiques du Bureau du surintendant des institutions financières (OSFI, 2023), qui établit l’attente selon laquelle les institutions financières fédérales prennent en compte les informations sur le climat futur dans leur gestion des risques liés au climat.
10.2.2 : Comprendre les besoins des utilisateurs, adapter et produire en collaboration
Combler le fossé entre la production d’informations utiles et la production d’informations qui sont également utilisables et utilisées comporte plusieurs défis. Même si leurs mandats diffèrent, tous les fournisseurs de services climatiques doivent reconnaître que la fourniture d’informations crédibles et adaptées aux besoins des utilisateurs exige un effort concerté (Hewitt et al., 2012; Huard et al., 2014). Autrement dit, l’adaptation des informations repose sur une compréhension approfondie des produits, des services et des conseils dont les utilisateurs ont réellement besoin. Une telle compréhension ne peut être acquise uniquement au moyen d’un sondage des besoins; elle nécessite une mobilisation constructive des utilisateurs, y compris, dans certains cas, une collaboration directe ou une cocréation de produits. Par ailleurs, les services climatiques intègrent de plus en plus divers types de connaissances, allant de données scientifiques à des récits narratifs, afin de mieux rejoindre les groupes ciblés de décideurs (Moezzi et al., 2017).
Tout comme les utilisateurs ont des besoins variés, ces besoins évoluent au fil du temps. Les fournisseurs de services climatiques investissent continuellement des ressources pour comprendre ces besoins, de manière à garantir que leurs produits et services demeurent pertinents et évoluent en fonction de l’évolution des besoins. Ils doivent fournir des informations et des données fiables et défendables, tout en s’assurant que les utilisateurs comprennent ce qui leur est fourni et comment ces informations peuvent servir dans leurs processus décisionnels. Cela est particulièrement crucial dans un contexte où de nouvelles données deviennent constamment accessibles.
Plusieurs facteurs sont essentiels pour offrir des services climatiques multidisciplinaires et intersectoriels efficaces. Selon une vision préliminaire des services climatiques élaborée par le National Research Council des États-Unis (National Research Council et al., 2001), les organisations efficaces dans ce domaine sont celles qui : 1) sont axées sur les utilisateurs; 2) sont soutenues par des programmes de recherche actifs; 3) fournissent des informations, y compris des projections climatiques, à différentes échelles spatiales et temporelles; 4) assurent la gestion de leur base de connaissances; 5) participent à des collaborations actives et bien définies avec les administrations, les entreprises, la société civile organisée et le milieu universitaire. Les constats issus d’évaluations récentes des services climatiques soulignent également l’importance d’une compréhension fine des besoins des utilisateurs, du renforcement des capacités pour combler le fossé entre la science climatique et l’expertise des utilisateurs, ainsi que de la volonté de cocréer des informations lorsque cela est pertinent (Lucas, 2025).
Pour en savoir plus sur l’émergence des services climatiques, leur histoire, leur évaluation et les défis associés à leur prestation, voir le chapitre 12 de la contribution du Groupe de travail I au sixième rapport d’évaluation (en anglais seulement) du GIEC (Ranasinghe et al., 2021).
Étude de cas 10.1 : Changements climatiques, sécurité alimentaire et récolte d’aliments sauvages par les Tŝilhqot’in
Le gouvernement national Tŝilhqot’in (en anglais seulement) est l’organisme directeur représentant la Nation Tŝilhqot’in et les six communautés Tŝilhqot’in, Xeni Gwet’in, Yuneŝit’in, Tl’esqox, Tl’etinqox, Tŝideldel et ɁEsdilagh. Les Tŝilhqot’in, ou « peuple de la rivière », occupent un territoire situé entre la chaîne Côtière et le fleuve Fraser, dans le centre de la Colombie-Britannique.
Référence recommandée :
Gouvernement national Tŝilhqot’in (2026). Changements climatiques, sécurité alimentaire et récolte d’aliments sauvages par les Tŝilhqot’in [Étude de cas 10.1]. Dans Rapport sur le climat changeant du Canada de 2026, (pp XX-XX). Gouvernement du Canada.
De 2021 à 2022, le gouvernement national Tŝilhqot’in a mené un projet visant à mieux comprendre les répercussions des changements climatiques sur la sécurité alimentaire traditionnelle et, par conséquent, sur la santé et le bien‑être des Tŝilhqot’in, ainsi qu’à élaborer des stratégies pour lutter contre ces changements. Ce projet visait à cerner les effets potentiels du climat futur sur les aliments traditionnels importants. Financé par le Programme d’action pour la santé des Autochtones de l’Autorité de la santé des Premières Nations, il visait à soutenir les initiatives de planification de la Nation Tŝilhqot’in. Cette nation compte six communautés membres (ʔEsdilagh, Tl’esqox, Tl’etinqox, Tŝideldel, Yuneŝitin et Xeni Gwet’in), et son territoire se trouve au centre de la Colombie-Britannique. L’accès aux aliments traditionnels constitue un élément essentiel de la santé de la population (deni), et repose sur la santé des terres, des ressources et du territoire (nen). Comprendre comment la terre, l’eau et les ressources changent et influencent la sécurité culturelle (nenqay detelɁaŝ) et gérer les effets cumulatifs sont essentiels à la planification de l’adaptation. L’équipe du projet a collaboré avec les communautés Tŝilhqot’in afin de cerner les préoccupations, d’apprécier les risques, de cartographier les changements projetés sur le territoire, de produire des documents d’information sur les changements climatiques et de concevoir des stratégies pour la suite des travaux.
En se concentrant sur les priorités communautaires en matière de sécurité alimentaire, le gouvernement national Tŝilhqot’in a collaboré avec ESSA Technologies Ltd. pour évaluer le territoire Tŝilhqot’in, examiner les recherches et analyser les données scientifiques (notamment les données climatiques de ClimateNA) (en anglais seulement) (Centre for Forest Conservation Genetics, 2025b; Mahony et al., 2022; Wang et al., 2016) afin de mieux comprendre les changements environnementaux. Afin d’éclairer la gestion environnementale et la planification des ressources naturelles, la première phase des travaux a porté sur les changements projetés de variables climatiques annuelles et saisonnières, en comparant les observations de 1981 à 2020 aux projections pour le milieu du siècle (de 2061 à 2080). Les projections incluaient : la température annuelle moyenne et la température maximale estivale; les précipitations automnales et hivernales; les déficits hydriques au printemps, en été et sur une base annuelle; les scénarios d’émissions intermédiaires (SSP2-4.5) et très élevées (SSP5-8.5).
La classification biogéoclimatique des écosystèmes (CBE) est un système de classification hiérarchique rigoureux utilisé pour décrire la végétation des écosystèmes matures en Colombie‑Britannique (B.C. Ministry of Forests, 1991). Au cours de la deuxième phase des travaux, Tongli Wang, Ph. D., professeur agrégé au département des sciences forestières et de la conservation de l’Université de Colombie‑Britannique, a fourni des données sur les changements projetés dans les zones de CBE afin d’éclairer la planification de haut niveau du gouvernement national Tŝilhqot’in (voir Wang et al., 2012 pour la cartographie initiale des zones de CBE)Note de bas de page 1. À l’aide des ensembles de données de projection de la CBE, ESSA Technologies a cartographié les changements projetés pour repérer les zones appelées à changer de façon marquée et celles qui demeureraient relativement stables. La figure 1 de l’étude de cas 10.1 illustre les niveaux de changement des écosystèmes sur le territoire Tŝilhqot’in entre aujourd’hui et la fin du siècle.
Description longue
Cette carte présente les cours d’eau, les lacs, les zones d’eau salée, les routes principales, certains noms de localités ainsi que des éléments du relief. À l’intérieur des limites du territoire de la Nation Tŝilhqot’in, le degré de changement des écosystèmes entre la situation actuelle et la fin du siècle est représenté par des nuances de couleurs. Les zones pâles indiquent un degré de changement élevé, tandis que les zones foncées indiquent un degré de changement faible. Les zones de changement projeté faible sont identifiées comme des refuges climatiques potentiels, alors que les zones de changement projeté élevé sont considérées comme des zones de répercussions des changements climatiques.
La carte montre que le degré de changement des écosystèmes est le plus élevé le long de la limite sud‑ouest du territoire, une région caractérisée par la présence d’une chaîne de montagnes. À l’inverse, le degré de changement le plus faible semble se situer dans le coin nord‑est du territoire, bien que de petites zones de changement plus faible sont également présentes dans l’ensemble du territoire.
Étude de cas 10.1, figure 1 : Carte présentant les niveaux de changement des écosystèmes (d’élevé à faible, en gris) dans les zones de classification biogéoclimatique des écosystèmes (CBE) dans un scénario d’émissions intermédiaires (SSP2‑4.5) pour la période de 2011 à 2100 sur le territoire de la Nation Tŝilhqot’in.
L’évolution des tendances de distribution des écosystèmes met en évidence deux types de zones importants pour soutenir la gestion des ressources et la sécurité alimentaire à long terme : les refuges climatiques et les zones de répercussions des changements climatiques. Les refuges climatiques sont des écosystèmes où les changements devraient être minimes et qui continueraient à offrir les conditions existantes pour un habitat convenable. La protection des écosystèmes et la surveillance des populations d’espèces, de la diversité génétique et des facteurs de stress potentiels peuvent accroître la résilience de ces écosystèmes aux changements. Les zones de répercussions des changements climatiques sont des écosystèmes où les changements devraient être les plus importants et où des efforts de restauration des écosystèmes et la gestion éclairée des populations existantes seraient importants.
Pour approfondir ces travaux, Phillips et al. (2025) ont modélisé la répartition de six espèces végétales importantes sur le plan culturel, qui sont récoltées à des fins alimentaires et médicinales et qui sont importantes pour les espèces sauvages et leur habitat. Les espèces modélisées étaient l’amélanchier à feuilles d’aulne (dɨg, Amelanchier alnifolia), la claytonie lancéolée (súnt’iny, Claytonia lanceolate), le thé du Labrador (bedzɨsh yedeyan, Rhododendron groenlandicum), le rhododendron du Columbia (ledi, Rhododendron columbianum), la shépherdie du Canada (nuŵɨsh, Shepherdia canadensis) et le cerisier de Virginie (melguns, Prunus virginiana). Le caractère convenable actuel de l’habitat a été modélisé, et des projections ont été faites dans un scénario d’émissions intermédiaires (SSP2‑4.5). Les figures 2, 3 et 4 de l’étude de cas 10.1 présentent les résultats pour le thé du Labrador.
Description longue
Cette carte présente les cours d’eau, les lacs, les zones d’eau salée, les routes principales, certains noms de localités ainsi que des éléments du relief. À l’intérieur des limites du territoire de la Nation Tŝilhqot’in, le caractère convenable de l’habitat modélisé pour le thé du Labrador est représenté par des nuances de couleurs. Les zones pâles indiquent un caractère convenable faible, tandis que les zones foncées correspondent à un caractère convenable élevé. La carte représente les conditions climatiques actuelles et sert de point de référence pour la comparaison avec des projections futures du caractère convenable de l’habitat dans un contexte de changements climatiques. Environ la moitié du territoire présente un caractère convenable moyen à élevé pour le thé du Labrador, surtout dans la majeure partie de la portion nord du territoire, à l’exception des régions situées plus près de la chaîne de montagnes dans le sud ouest.
Étude de cas 10.1, figure 2 : Carte montrant le caractère convenable passé de l’habitat (d’élevé à faible, en gris) pour le thé du Labrador sur le territoire de la Nation Tŝilhqot’in, estimé pour la période de 1991 à 2020.
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Cette carte présente les cours d’eau, les lacs, les zones d’eau salée, les routes principales, certains noms de localités ainsi que des éléments du relief. À l’intérieur des limites du territoire de la Nation Tŝilhqot’in, le caractère convenable de l’habitat modélisé pour le thé du Labrador est représenté par des nuances de couleurs. Les zones pâles indiquent un caractère convenable faible, tandis que les zones foncées correspondent à un caractère convenable élevé.
Cette carte illustre le caractère convenable de l’habitat projeté pour le thé du Labrador d’ici le milieu du siècle. Les zones où l’habitat présente un caractère convenable élevé ne comptent plus que pour environ un quart de la superficie du territoire et se concentrent principalement dans le centre‑nord du territoire, tandis que les zones qui présentaient auparavant un caractère convenable élevé ont désormais un caractère convenable moyen. Dans l’ensemble, cette carte représente une période de transition entre les conditions du début du siècle et celles projetées pour la fin du siècle.
Étude de cas 10.1, figure 3 : Carte montrant le caractère convenable projeté de l’habitat (d’élevé à faible, en gris) pour le thé du Labrador sur le territoire de la Nation Tŝilhqot’in, d’ici le milieu du siècle (2041‑2070) dans un scénario d’émissions intermédiaires (SSP2-4.5).
Description longue
Cette carte présente les cours d’eau, les lacs, les zones d’eau salée, les routes principales, certains noms de localités ainsi que des éléments du relief. À l’intérieur des limites du territoire de la Nation Tŝilhqot’in, le caractère convenable de l’habitat modélisé pour le thé du Labrador est représentée par des nuances de couleurs. Les zones pâles indiquent un caractère convenable faible, tandis que les zones foncées correspondent à un caractère convenable élevé.
Cette carte illustre le caractère convenable de l’habitat projeté pour le thé du Labrador d’ici la fin du siècle. Les zones où l’habitat présente un caractère convenable élevé comptent pour moins du quart de la superficie du territoire et se concentrent principalement dans le centre‑nord du territoire. Les zones où l’habitat présentait un caractère convenable moyen sont maintenant plus petites ou le caractère convenable est plus faible. Cette carte facilite l’interprétation des changements écologiques à long terme pertinents pour les valeurs culturelles et écologiques.
Étude de cas 10.1, figure 4 : Carte montrant le caractère convenable projeté de l’habitat (d’élevé à faible, en gris) pour le thé du Labrador sur le territoire de la Nation Tŝilhqot’in, d’ici la fin du siècle (2071‑2100) dans un scénario d’émissions intermédiaires (SSP2-4.5).
En parallèle, le forestier, le biologiste de la faune et l’agronome du gouvernement national Tŝilhqot’in ont encadré des étudiants diplômés du programme Sustainability Scholars de l’Université de Colombie‑Britannique afin de mener des analyses documentaires sur la protection des espèces sauvages et des sols. Les équipes du gouvernement national Tŝilhqot’in continuent de travailler avec les membres de la Nation Tsilhqot’in (jeunes, aînés et détenteurs de connaissances) et le grand public, et de collaborer avec des administrations et des universités externes pour faire progresser les approches de gestion durable des ressources. Grâce à une collaboration respectueuse et à l’intégration des connaissances autochtones et scientifiques, le gouvernement national Tŝilhqot’in a établi une base solide pour planifier la sécurité alimentaire dans un climat en changement.
10.2.3 : Normes relatives aux services climatiques
À l’heure actuelle, aucune norme ni certification ne régit officiellement la fourniture de données, d’informations ou de conseils sur le climat. Toutefois, on observe depuis peu une tendance internationale vers l’adoption volontaire de normes relatives aux services climatiques (Climate Sense, 2022) (en anglais seulement). Ces normes reposent notamment sur des principes tels que la souplesse, la collaboration, la flexibilité, l’intégration, l’apprentissage, la traçabilité et la transparence. Un nouveau volet de ce travail porte sur la définition d’une éthique propre aux fournisseurs de services climatiques, notamment en ce qui concerne leur responsabilité partagée lorsqu’ils fournissent des informations utilisées pour l’appréciation des risques (Biella et al., 2024; Dee et al., 2024).
Les fournisseurs de services climatiques qui interagissent avec les décideurs offrent généralement des conseils détaillés sur l’utilisation appropriée des données. Par exemple, ils encouragent l’utilisation d’une fourchette de projections de modèles climatiques et aident les utilisateurs à comprendre les différentes sources d’incertitude (scénarios d’émissions, modèles climatiques, méthodes de mise à l’échelle et variabilité climatique interne) ainsi que leur importance relative selon les horizons temporels (encadré 10.2; chapitre 3, section 3.3). Voir la section 10.3 pour d’autres considérations liées à l’utilisation des données climatiques.
10.2.4 : Normes et plateformes relatives aux données climatiques au Canada
L’accessibilité et la reproductibilité des données et résultats scientifiques constituent des enjeux importants dans l’ensemble des disciplines scientifiques (Baker, 2016). La plupart des fournisseurs de services climatiques au Canada adhèrent à des principes visant à garantir la qualité des produits de données diffusés pour appuyer l’adaptation, compte tenu des coûts financiers et humains associés aux changements climatiques (Sawyer et al., 2020). Ces principes, également adoptés dans le sixième rapport d’évaluation du GIEC (Iturbide et al., 2022), sont regroupés sous l’acronyme FAIR, qui signifie « Findable, Accessible, Interoperable, and Reusable » (faciles à trouver, accessibles, interopérables et réutilisables). Conformément à ces principes, les fournisseurs de services climatiques au Canada fournissent généralement des détails sur les données qu’ils diffusent, notamment la provenance, la pertinence et l’exhaustivité, les incertitudes connexes, et les méthodes utilisées (par exemple, calcul d’indicateurs, mise à l’échelle, correction des biais dans les simulations climatiques).
Afin de favoriser l’application des principes FAIR, les fournisseurs nationaux et régionaux collaborent entre eux, ainsi qu’avec des chercheurs et des utilisateurs avancés, au sein de la plateforme Pôle d’analyse et de visualisation de l’information climatique et scientifique (PAVICS). Développée et maintenue par Ouranos et de nombreux collaborateurs, cette plateforme constitue un laboratoire virtuel regroupant données climatiques, métadonnées et outils d’analyse destinés aux fournisseurs de services climatiques et aux utilisateurs avancés. Elle permet d’analyser les observations, les projections et les réanalyses, tout en assurant le contrôle de la qualité des données et métadonnées, sans nécessiter leur téléchargement local. Depuis sa création en 2018, elle est devenue un outil central pour la préparation d’une grande partie des données diffusées par plusieurs grands portails canadiens et demeure accessible au public.
La plateforme GeoMet, fournie par le Service météorologique du Canada, applique également les principes FAIR. Elle permet au public d’accéder à des ensembles de données météorologiques, climatiques et hydrologiques conformément à la licence de gouvernement ouvert, grâce à des services Web interopérables et à des interfaces de programmation d’applications.
Encadré 10.2 : Fournir des conseils aide les utilisateurs à éviter la surcharge de données et la paralysie décisionnelle
Les fournisseurs de services climatiques améliorent l’accessibilité et la convivialité des données climatiques destinées à soutenir la prise de décisions en matière d’adaptation. Cependant, cette abondance de données liées aux risques climatiques physiques peut devenir un obstacle : trop volumineuses ou trop techniques, elles risquent d’entraver la prise de décisions. Une idée fausse répandue consiste à croire que les informations scientifiques se transmettent directement des chercheurs aux utilisateurs finaux (Feldman et Ingram, 2009). En réalité, les données sont souvent présentées selon une logique propre aux experts, mais peu intuitive pour les praticiens qui doivent intégrer le climat futur dans leur travail. Cet écart entre la science du climat et la prise de décisions a été qualifié de « vallée de la mort » (Swart et al., 2021). Des conseils adéquats permettent d’aider les utilisateurs à naviguer dans la complexité des données climatiques, notamment en ce qui concerne l’interprétation de l’incertitude et de la confiance.
Pour les projections climatiques, la gamme des futurs possibles est liée à plusieurs facteurs : les scénarios d’émissions, la variabilité climatique interne et les différences entre les modèles climatiques (section 10.3.5). Pour éviter la paralysie décisionnelle, il est important de communiquer clairement ces renseignements et le degré de confiance scientifique dans ceux‑ci. Sans orientation claire, les utilisateurs peuvent se limiter à une seule valeur (souvent la médiane ou la moyenne) (Wallisch et Karlovich, 2019) ou revenir uniquement aux observations par manque de compréhension.
Il est également nécessaire de préciser le niveau de confiance scientifique et la différence entre ce niveau et l’incertitude. Les ensembles de données et les rapports peuvent inclure des degrés de confiance. Par exemple, les chapitres du présent rapport consacrés à l’évaluation des connaissances (chapitres 2 à 9) utilisent un vocabulaire normalisé, conforme aux recommandations des cinquième et sixième rapports d’évaluation du GIEC, tel que décrit à la section 1.4.3 du chapitre 1. Toutefois, il est tout aussi important de guider les utilisateurs dans l’interprétation pratique de ces degrés de confiance. Sans orientation, un faible degré de confiance pourrait être perçu, à tort, comme une justification pour ignorer l’information, alors qu’il indique plutôt qu’elle doit être utilisée avec prudence.
Enfin, fournir des conseils implique aussi d’aider les utilisateurs à comprendre quand les normes, pratiques et principes heuristiques élaborés pour un climat stable doivent être revus, mis à jour, voire complètement révisés pour être adaptés à un climat en changement. Sans orientation suffisante, l’ampleur de ce défi pourrait entraîner une paralysie décisionnelle.
10.3 : Considérations communes pour l’utilisation des projections climatiques
Pour caractériser le climat futur dans un monde en réchauffement, il est essentiel d’intégrer des projections climatiques, car les données historiques seules sont insuffisantes (voir la section 10.2.3 pour une discussion sur l’émergence de normes et de principes éthiques liés à la fourniture de projections climatiques). Les portails climatiques accessibles au public constituent l’un des moyens les plus courants d’obtenir des données climatiques. Afin de répondre à des besoins locaux particuliers et aux exigences des gouvernements provinciaux et territoriaux, de nombreux fournisseurs de services climatiques ont créé leurs propres produits et portails (encadré 10.1, tableau 1). Le portail national Donnéesclimatiques.ca résulte d’une collaboration entre plusieurs partenaires, et repose notamment sur des plateformes nationales telles que PAVICS et GeoMet, qui permettent aux chercheurs et aux utilisateurs avancés d’effectuer des analyses et de collaborer au développement de codes (section 10.2.4).
Le choix des projections à utiliser peut être complexe, car les différentes sources peuvent sembler fournir des informations différentes. Toutefois, Lavoie, Caron et al. (2024) ont montré que, pour quatre portails canadiens, les différences méthodologiques sont généralement mineures et peu susceptibles d’influencer la prise de décisions dans des applications pratiques. La préférence pour une seule valeur objectivement correcte convient mieux à un climat stable qu’à un climat en changement.
Dans certains cas, les portails en ligne ne fournissent pas l’indicateur souhaité, le format requis ou le niveau d’agrégation régionale nécessaire. Les fournisseurs de services climatiques peuvent alors produire des analyses personnalisées. La disponibilité de données fiables sur le climat futur dépend toutefois de la capacité des modèles climatiques à simuler des variables ou phénomènes complexes. Lorsque cette capacité limite la production de projections faisant autorité, les besoins des utilisateurs peuvent être satisfaits par des orientations qualitatives fondées sur des analyses documentaires.
Quel que soit l’endroit où les utilisateurs cherchent des informations adaptées à leurs besoins, ils devront faire une série de choix. Pour les aider à trouver les informations pertinentes et à effectuer les choix les plus appropriés, l’encadré ci‑dessous et les sections suivantes présentent plusieurs considérations importantes.
Encadré 10.3 : Améliorer la convivialité des données climatiques grâce à l’élaboration conjointe de visualisations sur mesure
Révisé par Cambium Indigenous Professional Services et le gouvernement de la Nation crie.
Les services climatiques visent à fournir des informations utiles, utilisables et utilisées pour soutenir la résilience aux changements climatiques (section 10.2.1) dans le cadre de la planification des mesures d’adaptation. Pour atteindre cet objectif, les fournisseurs collaborent souvent avec des partenaires et des utilisateurs à la mise au point de nouvelles méthodes permettant de contextualiser les changements climatiques et de réduire la surcharge de données ainsi que la paralysie décisionnelle.
L’élaboration conjointe d’outils et de méthodes permet aux utilisateurs d’exprimer leurs besoins et aux experts de fournir des informations pertinentes sans multiplier inutilement les données. Le Centre canadien des services climatiques a participé à un projet mené par Cambium Indigenous Professional Services pour développer des profils de données climatiques communautaires avec quatre partenaires des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Cette collaboration a produit un modèle flexible et des conseils permettant de contextualiser les données climatiques à partir de l’expérience vécue.
L’intégration d’un cadre générationnel, qui présente les données parallèlement à une durée de vie représentative, a permis aux membres des communautés de mieux comprendre l’évolution du climat et à mieux se positionner dans ce contexte. Ce cadre, qui montre une personne passant de l’enfance à un âge avancé, permet de visualiser et de communiquer les répercussions à long terme des changements climatiques en s’alignant mieux sur les visions du monde et les modes de connaissance autochtones. Des concepts semblables ont été utilisés indépendamment ailleurs, par exemple dans le rapport de synthèse du sixième rapport d’évaluation du GIEC (GIEC, 2023) et par d’autres organisations au Canada qui s’efforcent de communiquer des informations sur le climat.
Une collaboration avec le gouvernement de la Nation crie, Cambium Indigenous Professional Services et le Centre canadien des services climatiques visait une communication efficace de données climatiques lors d’un atelier sur l’adaptation aux changements climatiques et la préparation aux urgences environnementales à Chisasibi, au Québec. Elle a permis de développer des graphiques multigénérationnels, tels que la figure 1 de l’encadré 10.3, qui a été présentée à la Nation crie de Chisasibi. Cette figure réduit la surcharge de données pour les membres de la communauté grâce à une présentation intuitive.
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Cette infographie utilise trois générations humaines —jeunes, adultes et personnes âgées — pour illustrer la façon dont l’augmentation projetée de la température de la journée la plus chaude de l’année sera vécue au fil du temps à Chisasibi, au Québec. Une ligne du temps allant du milieu du XXᵉ siècle à la fin du XXIe siècle met en relation chaque génération avec les conditions climatiques projetées. Des thermomètres présentent les températures médianes projetées, tandis que des bandes colorées représentent les fourchettes d’incertitude comprises entre les 10ᵉ et 90ᵉ centiles des projections issues des modèles climatiques. La figure met l’accent sur l’expérience vécue, le cadrage intergénérationnel et les répercussions à long terme du réchauffement.
La génération 1, qui correspond aux personnes âgées d’aujourd’hui, a connu une journée la plus chaude à 26,2 °C durant sa jeunesse, et à 27,6 °C comme personne âgée. La génération 2, qui correspond aux adultes d’aujourd’hui, a connu une journée la plus chaude à 27,6 °C à l’âge adulte et pourrait connaître une journée la plus chaude à 29,2 °C lorsqu’elle sera âgée. La génération 3, les jeunes d'aujourd'hui, connaît actuellement une journée la plus chaude à 27,6 °C, pourrait connaître une journée la plus chaude à 29,2 °C lorsqu'elle sera adulte, et une journée la plus chaude à 31,0 °C lorsqu'elle sera âgée.
Encadré 10.3, figure 1 : Graphique multigénérationnel sous forme de thermomètres montrant comment différentes générations vivront les augmentations des températures extrêmes annuelles dues aux changements climatiques. Source : Adapté avec la permission du gouvernement de la Nation crie.
La figure 1 de l’encadré 10.3 illustre trois générations pour contextualiser davantage les changements climatiques entre 1950 et la fin du siècle. Cette approche représente les trois générations d’aujourd’hui (les personnes âgées, les adultes et les jeunes) et est centrée sur l’année 2025. Les personnes âgées d’aujourd’hui, nées dans les années 1960, ont connu le climat passé pendant leur enfance. Les adultes d’aujourd’hui, nés dans les années 1990, connaîtront les changements projetés pour le milieu du siècle. Les jeunes d’aujourd’hui, nés dans les années 2020, connaîtront encore plus de changements projetés d’ici la fin du siècle.
Pour situer les générations par rapport aux données, un indice climatique est présenté au‑dessus de la ligne de temps. Des thermomètres remplis proportionnellement ont été choisis pour illustrer la température moyenne des jours les plus chauds à Chisasibi, d’après les modèles climatiques de la phase 6 du Projet d’intercomparaison de modèles couplés (CMIP6) mis à l’échelle (Lavoie, Bourgault, et al., 2024). La ligne noire et la valeur numérique indiquent le 50e centile de l’ensemble des modèles pour le scénario d’émissions choisi. La zone rosée représente l’intervalle d’incertitude entre les 10e et 90e centiles.
Un seul scénario d’émissions est présenté dans cette figure, afin de communiquer plus efficacement l’information pertinente et de réduire la surcharge d’informations. D’autres scénarios ont été fournis dans la documentation d’accompagnement pour les utilisateurs souhaitant obtenir des renseignements techniques supplémentaires. Le choix du scénario (voir également la section 10.3.4) a été effectué en collaboration avec le gouvernement de la Nation crie, afin d’assurer la cohérence avec les règlements provinciaux qui déterminent le scénario à utiliser dans la planification des mesures d’adaptation.
Enfin, la figure se termine par un énoncé en langage clair résumant les changements climatiques auxquels les générations d’aujourd’hui seront confrontées au cours de leur vie. Cette approche fait appel aux meilleures pratiques liées aux services climatiques, notamment l’accent mis sur la valeur du changement et la volonté de rendre l’information plus accessible et plus facile à comprendre pour le public visé.
Pour en savoir plus sur l’atelier sur l’adaptation aux changements climatiques et la préparation aux urgences environnementales organisé à Chisasibi, veuillez consulter la carte des actions en adaptation.
10.3.1 : Prise en compte du domaine spatial, de la résolution, de la mise à l’échelle et de la correction des biais
Le « domaine spatial » désigne une zone d’intérêt ou une région pour laquelle des statistiques issues de projections climatiques sont calculées. Il peut s’agit d’un lieu géographique précis ou d’une zone définie, telle qu’un bassin versant. Les caractéristiques climatiques locales (par exemple celles propres aux zones côtières ou aux régions à topographie complexe) ne sont souvent pas visibles dans les moyennes calculées sur de vastes régions qui englobent les variations de ces caractéristiques. Or, ce sont précisément ces endroits particuliers, au sein de zones plus vastes, qui nécessitent des analyses de risques. Il est donc important d’affiner les régions d’intérêt en collaboration avec les utilisateurs.
Les modèles climatiques globaux (MCG) simulent les équations fondamentales du mouvement et du transfert de chaleur, de la quantité de mouvement et d’autres variables physiques à l’échelle planétaire. Pour y parvenir, ces modèles reproduisent les caractéristiques et les interactions entre les nombreux systèmes physiques, chimiques et biologiques qui composent le système climatique. En raison des limites de calcul, la plupart des MCG fonctionnent à des résolutions spatiales relativement grossières, généralement supérieures à 100 km x 100 km. Cette échelle est adéquate pour produire des synthèses à grande échelle, comme celles présentées ailleurs dans le présent rapport. Cependant, l’adaptation repose, dans la pratique, sur des informations sous-régionales ou locales; l’amélioration de la résolution spatiale constitue donc un aspect central des services climatiques.
Heureusement, il est possible de générer des projections à haute résolution grâce à la « mise à l’échelle », qui compte deux grandes catégories. La première, la mise à l’échelle dynamique, utilise des simulations de MCG pour alimenter des modèles climatiques régionaux couvrant une zone restreinte. La deuxième, la mise à l’échelle statistique, combine projections de MCG et données informations spatiales historiques à haute résolution (Maraun et Widmann, 2018). Les modèles climatiques comportent toutefois des biais systématiques (chapitre 3, encadré 3.3) qui doivent être corrigés avant d’être utilisés pour calculer des indicateurs climatiques ou comme données d’entrée pour d’autres modèles. Les méthodes de mise à l’échelle statistique incluent généralement une étape de correction des biais, laquelle peut aussi être effectuée en post-traitement, parfois en augmentant encore la résolution (Sobie et Murdock, 2017).
Il est important que les fournisseurs de services climatiques comprennent et expliquent les avantages et les désavantages des différentes méthodes de mise à l’échelle et de correction des biais, notamment l’incertitude supplémentaire qu’elles introduisent. Le tableau 10.2 présente certains des principaux avantages et limites de ces approches. Il convient de noter qu’à mesure que les ressources informatiques et les méthodes de mise à l’échelle s’améliorent, les résolutions des projections pourraient augmenter par rapport aux résolutions indiquées dans ce tableau au moment de la publication.
Tableau 10.2 : Comparaison des résolutions types, des résultats et des principales limites des modèles climatiques mondiaux, de la mise à l’échelle dynamique à partir de modèles climatiques régionaux, de la mise à l’échelle statistique, et de la correction des biais à haute résolution.
| - | Modèle climatique global (MCG) | Modèle climatique régional (mise à l’échelle dynamique) | Mise à l’échelle statistique | Correction des biais à haute résolution |
|---|---|---|---|---|
| Résolution spatiale type actuelle | ~100 km x 100 km | ~12 km x 12 km à 50 km x 50 km | ~6 km x 10 km (ou station) | ~1 km x 1 km (ou station) |
| Données typiques produites | Variables atmosphériques et océanographiques et indicateurs connexes | Variables atmosphériques ou océanographiques et indicateurs connexes | Principalement disponibles pour la température, les précipitations, l’humidité et les indicateurs connexes, y compris les extrêmes | Température, précipitations et indicateurs connexes (en particulier ceux dépendant d’un seuil) |
| Principaux avantages | Grands ensembles (nombreuses exécutions) | Nombreuses variables physiquement cohérentes disponibles | Besoins modestes en ressources | Résultat final à haute résolution |
| Principales limites | Résolutions grossières | Ensembles plus petits (moins de membres), domaine limité | Nécessite des données historiques, qui sont rares dans certaines régions; nécessite des étapes pour tester la validité à l’avenir et conserver les relations entre les variables | Une précision élevée peut être trompeuse, d’où la nécessité de fournir des conseils d’interprétation |
La mise à l’échelle et la correction des biais permettent de mieux représenter les caractéristiques topographiques, ce qui est particulièrement important pour certaines variables, notamment les indicateurs qui comptent le nombre d’événements dépassant des seuils fixes et d’événements extrêmes. Pour ces raisons, il est important de tenir compte des forces et faiblesses des différentes méthodes décrites dans le tableau 10.2 afin d’associer chaque type de données à l’utilisation prévue. Toutefois, comme l’indique le Guide sur les scénarios climatiques d’Ouranos (Charron, 2016), il est communément admis que les données à haute résolution sont toujours plus utiles ou plus précises. Cela peut mener à une préférence pour les données issues des modèles climatiques régionaux (MCR) ou de méthodes de mise à l’échelle statistique plutôt que pour les données issues des MCG. Or, une résolution plus haute ne garantit pas un meilleur résultat pour toutes les variables ni des informations plus utiles pour les décideurs. L’exactitude et la résolution (précision) ne sont pas équivalentes. L’objectif est d’améliorer l’exactitude. Une résolution plus haute peut toutefois rendre les résultats plus faciles à comprendre, ce qui peut faciliter la planification des mesures d’adaptation à l’échelle locale (Charron, 2016).
La simulation d’événements extrêmes à l’échelle locale demeure un défi considérable, car de nombreux extrêmes localisés sont contrôlés par des processus physiques non représentés ou seulement partiellement représentés dans les modèles climatiques conçus pour des simulations de grandes zones (chapitre 8, résumé en langage clair). La résolution spatiale est intrinsèquement liée aux événements extrêmes, car les valeurs produites par un modèle correspondent aux conditions moyennes dans chaque point de grille, tandis que les événements extrêmes observés aux stations ou dans les zones habitées se produisent en des points précis. La résolution d’un modèle peut limiter la représentation directe de la topographie et d’autres phénomènes locaux pouvant contribuer aux événements extrêmes. En outre, il est possible que les événements extrêmes les plus intenses ne se produisent pas par hasard dans les simulations choisies, car ces événements sont, par définition, très rares.
Enfin, il convient également de noter que la plupart des séries de données d’observation sont relativement courtes et ne constituent donc pas une représentation statistique adéquate du climat passé. Cela peut avoir une incidence sur la mise à l’échelle statistique et la correction des biais, car ces observations sont utilisées pour ajuster les projections climatiques.
10.3.2 : Choix des informations climatiques pertinentes
L’accès à l’information s’améliore, mais toute recherche portant sur le climat futur doit commencer par une clarification des besoins et de l’objectif. Par exemple, l’objectif est-il de sensibiliser des décideurs, de réaliser une appréciation des risques ou de mettre en œuvre des mesures d’adaptation? Des variables, des indicateurs, des aléas, des formats de données ou des régions particuliers sont-ils nécessaires, ou des compromis peuvent-ils être faits pour permettre l’utilisation d’informations plus facilement accessibles?
Comme décrit à la section 10.4, les utilisateurs savent généralement quel aléa les intéresse, mais pas nécessairement quels indicateurs climatiques seraient les plus pertinents à utiliser. Les fournisseurs de services climatiques jouent un rôle en aidant les utilisateurs à choisir, et dans certains cas à définir, de nouveaux indicateurs. Par exemple, Ogden et al.(2005) ont défini un indicateur climatique pertinent pour la survie des tiques à pattes noires, fondé sur le nombre annuel de degrés-jours cumulés au‑dessus de 0 °C. Ils ont ensuite validé cet indicateur au moyen de diverses études sur le terrain (Gabriele-Rivet et al., 2015; Leighton et al., 2012; Ripoche et al., 2022). Cet indicateur est désormais une référence pour cartographier la prévalence future des tiques à pattes noires dans un climat canadien en changement, comme le montrent Ripoche et al.(2023) et comme cela est décrit dans une étude de cas de Donneesclimatiques.ca. Il n’est pas toujours possible de définir et de valider de nouveaux indicateurs de cette manière, mais la littérature scientifique, les conseils (par exemple, Cannon et al., 2020), les connaissances locales, l’analyse des données météorologiques et le jugement professionnel constituent autant de sources permettant de déterminer, en collaboration avec les utilisateurs, quels indicateurs climatiques utiliser.
Adaptation grâce à l’utilisation de différents outils pour résumer et visualiser les données climatiques
Les analogues climatiques spatiaux constituent un exemple d’outil efficace pour communiquer les changements projetés. Ils sont des lieux qui connaissent actuellement des conditions climatiques similaires à celles prévues dans l’avenir pour un lieu donné. Ils peuvent servir de point de départ pour proposer des mesures d’adaptation. Par exemple, au lieu d’exprimer les changements projetés pour une ville sous forme de valeurs numériques (par exemple, les changements dans le nombre de jours chauds, de nuits chaudes et de degrés-jours de climatisation), on fournit une liste de villes où ces valeurs correspondent aux normales climatiques actuelles. Ainsi, les valeurs de changement abstraites sont traduites en situations contemporaines concrètes. Les utilisateurs peuvent examiner les pratiques de gestion en place dans les lieux analogues pour mieux comprendre comment se préparer et s’adapter aux changements attendus dans les indicateurs climatiques choisis. Par exemple, pour les trois indicateurs mentionnés ci-dessus, le climat moyen projeté à Yellowknife pour la période de 2041 à 2070 dans un scénario d’émissions intermédiaires (SSP2-4.5) est analogue au climat récent à Nanaimo (voir l’application d’analogues spatiaux sur Donneesclimatiques.ca).
Adaptation des projections des modèles climatiques globaux pour améliorer leur pertinence locale grâce à la mise à l’échelle
Les besoins des utilisateurs peuvent faire de l’élaboration de méthodes de mise à l’échelle (section 10.3.1) une priorité. Par exemple, la pluie verglaçante peut avoir des répercussions importantes sur les infrastructures, la végétation ainsi que sur les transports routiers et aériens. Les améliorations de la résolution spatiale et temporelle des MCR ont permis une représentation plus réaliste des principaux processus menant aux épisodes de pluie verglaçante, lesquels se développent sur de courtes périodes et peuvent varier sur de petites distances. De plus, comme les MCG actuels ne simulent pas directement les différents types de précipitations (neige, pluie, pluie verglaçante et grésil), des méthodes diagnostiques ont été mises au point pour permettre de les distinguer dans les MCR. Les utilisateurs ont besoin de ce type d’informations, et les efforts réalisés au cours de la dernière décennie ont été consacrés à l’élaboration et à l’utilisation de données sur la pluie verglaçante issues des MCR (Cannon et al., 2020; McCray et al., 2022; Ouranos, 2024; St‑Pierre et al., 2019).
Adaptation des données au contexte local et interprétation des résultats en collaboration
Les services climatiques jouent un rôle important en collaborant avec les utilisateurs pour s’assurer que le contexte local est pris en compte dans l’interprétation des projections climatiques (voir également l’étude de cas 10.2). Un exemple de l’influence du contexte local peut être observé en comparant les rapports d’évaluation des répercussions climatiques régionales coproduits par un fournisseur régional de services climatiques (Pacific Climate Impacts Consortium), chacun en collaboration avec trois districts régionaux adjacents : district régional du Grand Vancouver, district régional de la capitale (Grand Victoria) et district régional de Cowichan Valley (District régional de Cowichan Valley, 2017; Metro Vancouver et al., 2016; PCIC, 2024).
Même si les projections indiquaient des tendances similaires de réchauffement et de changements dans les précipitations à l’échelle de la région, les trois rapports proposent des interprétations différentes des résultats. Par exemple, les répercussions des changements climatiques sur l’approvisionnement en eau différaient d’un district à l’autre en raison des caractéristiques propres à chaque bassin versant. D’autres divergences d’interprétation concernaient le tourisme, la préparation aux situations d’urgence et la demande énergétique saisonnière, chaque district régional ayant une démographie et une structure de gouvernance différentes. Pour le district régional du Grand Vancouver, les travaux ont été menés à l’interne et dirigés par le service de l’eau et de l’assainissement, qui était chargé de collaborer avec les autres services concernés. Pour le district régional de la capitale, plus petit, le processus était interne, mais entièrement intersectoriel et mobilisait les administrations municipales membres. Dans le cas du district régional plus rural de Cowichan Valley, le projet était mené par la communauté et reposait sur un comité consultatif composé de représentants autochtones, régionaux, municipaux et communautaires.
Dans le cas du district régional du Grand Vancouver, un autre exemple illustrant l’importance de la production en collaboration pour garantir la pertinence des résultats par rapport au contexte local provient de collaborations ultérieures avec des fournisseurs de services climatiques ciblant des secteurs précis afin de répondre à leurs besoins. Par exemple, une évaluation complète des répercussions climatiques régionales a été élaborée pour l’autorité sanitaire régionale; cette évaluation a porté sur les répercussions sur la santé humaine et les bâtiments (Aubie Vines et al., 2018; Vancouver Coastal Health et Fraser Health, 2022), et des indicateurs sur mesure des extrêmes de précipitations ont été mis au point pour le secteur agricole (Li et al., 2018).
Étude de cas 10.2 : Services écosystémiques et changements des cycles saisonniers : le point de vue des Gitxsan
Cette étude de cas a été rédigée par Janna Wale, chercheuse gitxsan spécialisée dans le climat. Mme Wale est membre de la Première Nation de Gitanmaax et elle est d’ascendance mixte crie métisse et européenne du côté maternel. Elle réside actuellement sur le territoire Snuneymuxw, sur ce qui est aujourd’hui connu sous le nom d’île de Vancouver, en Colombie-Britannique.
Référence recommandée :
Wale, J. (2026). Services écosystémiques et changements des cycles saisonniers : le point de vue des Gitxsan [Étude de cas 10.2]. Dans Rapport sur le climat changeant du Canada de 2026, (pp XX-XX). Gouvernement du Canada.
Les communautés autochtones entretiennent des relations profondes avec leurs terres et leurs territoires. Ces relations incluent une compréhension des cycles saisonniers qui relient les contextes sociaux et écologiques. Le calendrier gitxsan compte treize lunes (mois) et quatre saisons. Chaque lune est nommée d’après les événements naturels qui se produisent pendant sa période et les activités gitxsan qui y sont associées. Cependant, les changements climatiques entraînent des changements dans les cycles saisonniers traditionnels (étude de cas 10.2, figure 1).
Description longue
Cette figure compare deux représentations du cycle saisonnier des Gitxsan. Le premier panneau illustre le cycle saisonnier traditionnel, aligné sur les indicateurs écologiques et les activités culturelles. Le deuxième panneau montre un cycle contemporain perturbé par les changements climatiques et d’autres facteurs, illustrant les changements dans le calendrier et la fiabilité des événements saisonniers. Cette comparaison souligne la façon dont les changements climatiques influencent les processus écologiques, les pratiques culturelles et les services écosystémiques sur le territoire des Gitxsan.
a) Cycle saisonnier traditionnel des Gitxsan
Dans ce panneau, les activités saisonnières sont présentées selon leur séquence habituelle au fil des saisons.
Saison hivernale
• Chasse automnale tardive
• Un peu de piégeage avant le milieu de l’hiver
• Chasse supplémentaire et colletage du lapin
• Utilisation des denrées entreposées
• Saison du festin dans les villages d’hiver
• Piégeage de la martre, du lynx, du renard, du pékan, du carcajou et du loup
• Chasse au lapin, au porc-épic, à l’orignal, au caribou et au chevreuil
• Territoires de piégeage, y compris les territoires du Nord
Mars
• Pêche de la truite arc-en-ciel
• Randonnée jusqu’à la rivière Nass pour la pêche et le commerce de l’eulakane
• Récolte de plantes médicinales
• Piégeage du castor dans les marécages et lacs des territoires de piégeage
Avril et mai
• Légumes du printemps, chasse à l’ours
• Récolte du cambium
• Retour à la vallée de la Skeena
Saison estivale
• Cueillette de baies de shépherdies et d’amélanchiers
• Utilisation des stations de pêche et des zones écologiques en fond de vallée
• Fumage et entreposage du saumon pour les denrées hivernales
• Pêche du saumon
• Dispersion vers les sites de pêche
Fin août et septembre
• Utilisation des zones alpines et de montagne
• Viande séchée et baies, traitement des peaux
• Petits groupes, camps temporaires
• Territoires de chasse de la marmotte
• Chasse au caribou et à la chèvre de montagne
• Dispersion pour la cueillette de baies
Octobre
• Préparation à l’hiver
• Purification avant la saison de la chasse
• Récolte automnale des plantes médicinales
b) Cycle saisonnier contemporain perturbé des Gitxsan
Dans ce panneau, le cycle saisonnier traditionnel est perturbé. Plutôt que de présenter les activités traditionnelles dans leur séquence habituelle, chaque saison ou mois est décrit en fonction des conditions climatiques changeantes et de leurs répercussions sur les pratiques saisonnières.
Saison hivernale
• Saison écourtée, moins de chutes de neige, températures moyennes plus chaudes
• Chasse et piégeage; les espèces chassées sont plus difficiles à trouver; le manque de températures très froides entraîne une réduction du manteau neigeux
Mars
• Les nombreuses fluctuations des températures entraînent un cycle dégel-regel; les plantes sortent de leur dormance trop tôt et fanent; les animaux ont de la difficulté à percer la couche de gel pour accéder aux plantes
Avril et mai (Gwooyim)
• Fonte de la neige; les températures plus élevées que la moyenne augmentent la fonte et le risque d’inondations précoces; accès réduit aux sites de récolte
Saison estivale
• Les températures moyennes élevées signifient des étés longs; le moment de la récolte des plantes, notamment médicinales, est modifié et irrégulier
Juillet et début août (Sint)
• Récolte de baies et de plantes; les températures élevées entraînent la mort et le dessèchement des cultures; faibles remontes de saumons; les poissons sont en mauvaise condition
Fin août et septembre (Xwsit)
• Poursuite de la saison de la chasse; les animaux sont difficiles à trouver et ne sont pas dans leurs aires de répartition habituelles; les ressources commencent à se chevaucher pour ce qui est du calendrier, forçant les chasseurs à faire un choix
Octobre
• Le chevauchement des ressources récoltables se poursuit; toutefois, le calendrier et l’abondance ont changé; le degré élevé de fonte en altitude réduit l’accès à la pêche.
• L’irrégularité des températures de gel accroît l’accès aux activités de chasse.
Étude de cas 10.2, figure 1 : Cycle saisonnier traditionnel et contemporain des Gitxsan. a) Cycle saisonnier traditionnel des Gitxsan, qui comprend les activités saisonnières. b) Cycle saisonnier contemporain des Gitxsan, perturbé par les changements climatiques et d’autres facteurs. Adapté de : a) Main Johnson (1997); b) Wale et Parrott (2024).
Les changements climatiques modifient le cycle saisonnier traditionnel, mais également les services écosystémiques qui soutiennent le bien‑être humain et écologique. Les services écosystémiques, tels que le cycle des nutriments, le soutien à la biodiversité et le stockage du carbone, varient selon le cycle saisonnier. Les cycles de gel et de dégel, les périodes de floraison et les migrations animales déterminent le fonctionnement des écosystèmes et leur capacité à soutenir la vie. Les perturbations des signaux saisonniers ont déjà eu une incidence sur la disponibilité des aliments et des plantes médicinales traditionnels, et par conséquent sur la continuité culturelle et la santé des communautés. Ces perturbations diminuent également la capacité des écosystèmes à fournir divers services, du stockage de carbone à la résistance aux feux de forêt.
Dans les territoires des Gitxsan, des indicateurs de longue date, tels que les remontées de saumons, le mûrissement des baies et la migration des orignaux, sont devenus moins prévisibles. Les membres des communautés ont observé que « c’est presque comme si les plantes étaient désorientées ». Ces changements ont une incidence non seulement sur la sécurité alimentaire, mais aussi sur les processus écologiques qui sous‑tendent les pratiques culturelles, les relations et les responsabilités. Lorsque les saisons de récolte deviennent irrégulières, l’accès aux services écosystémiques essentiels, tels que l’approvisionnement alimentaire, la santé de l’habitat et la qualité de l’eau, le devient également.
C’est là que la gouvernance autochtone et les services climatiques se rejoignent. Des informations adaptées, fondées sur la collaboration, garantissent que les connaissances climatiques sont non seulement techniquement exactes, mais aussi pertinentes et utilisables. Sur le territoire des Gitxsan, des cadres de gouvernance relationnelle existent déjà. La pratique consistant à surveiller les changements saisonniers et à s’y adapter n’est pas nouvelle; elle est ancrée dans notre cycle saisonnier, dans nos cultures et dans la façon dont nous gérons la terre.
Enfin, l’action constitue un élément important pour renforcer la résilience, mais nous sommes d’avis qu’il revient à chaque communauté de décider des mesures à prendre en fonction de ses valeurs, de sa culture et de ses objectifs, en conformité avec sa souveraineté et son statut de nation. C’est à cette étape que les projections climatiques prospectives peuvent être utilisées, en partenariat avec les modes de connaissance et d’existence autochtones, afin d’aider les communautés à protéger et à renforcer les services écosystémiques en période d’incertitude. En écoutant attentivement et grâce à l’observation, aux cérémonies, aux données et aux récits, nous pouvons protéger les services écosystémiques qui nous soutiennent pour les générations à venir.
10.3.3 : Prise en compte de la chronologie des événements et des échelles de temps des indicateurs
Comme mentionné à la section 10.4.2, la chronologie des aléas peut être très importante. L’échelle temporelle à laquelle les variables et les indicateurs climatiques sont définis a également son importance. Par exemple, un forestier souhaitant déterminer quelles espèces d’arbres conviendront à un endroit donné dans l’avenir pourrait s’intéresser principalement à des indicateurs dérivés de données mensuelles ou saisonnières. Un producteur de sirop d’érable pourrait vouloir connaître les changements des dates de début et de fin de la saison de gel, dérivés de données quotidiennes. Un utilisateur installant un système de collecte des eaux de pluie doté d’une capacité maximale pourrait avoir besoin d’information sur les accumulations de précipitations sur des périodes plus courtes qu’une journée (par exemple, à intervalles de 15 minutes, d’une heure ou de six heures), comme indiqué à la section 10.4.6 en ce qui concerne les précipitations extrêmes et les risques d’inondation liés aux pluies. De même, un ingénieur modélisant la consommation d’énergie d’un bâtiment conçu pour un climat futur aura besoin de données horaires sur la température. Comme dans le cas de la mise à l’échelle spatiale (section 10.3.1), des méthodes numériques peuvent, dans certains cas, être utilisées pour obtenir des données ayant une résolution temporelle supérieure ou inférieure à celle des résultats des modèles climatiques (Gaur et Lacasse, 2022; Wells et al., 2020).
10.3.4 : Évaluation des scénarios d’émissions et détermination des horizons temporels
Lorsqu’on utilise des projections climatiques, de multiples scénarios d’émissions sont généralement pris en compte afin de s’assurer que diverses répercussions possibles sont évaluées dans différentes conditions susceptibles de se produire (voir également la section 3.3.1 du chapitre 3). Selon l’application envisagée, il est essentiel de déterminer les horizons temporels futurs pour l’évaluation des changements. Divers facteurs peuvent être pris en compte, tels que la durée de vie des infrastructures, la capacité d’adaptation d’un système, le type de mesure à mettre en œuvre et la disponibilité des projections (voir, par exemple, l’étude de cas 10.3).
L’horizon temporel d’intérêt peut aider à orienter le choix des scénarios d’émissions. Si la durée de vie d’un projet ne dépasse pas 2040, le scénario d’émissions peut avoir une incidence minime, puisque les changements climatiques projetés à cet horizon sont similaires d’un scénario à l’autre (chapitre 3, section 3.2.1). Si la durée de vie prévue d’un projet est longue, le choix du scénario peut être beaucoup plus déterminant, car les projections climatiques divergent considérablement entre les trajectoires d’émissions d’ici la fin du siècle.
Certaines applications doivent également tenir compte des changements climatiques au-delà de 2100. C’est le cas notamment pour l’aménagement du territoire, comme la foresterie et la conservation des écosystèmes, ainsi que pour l’adaptation des infrastructures, par exemple pour l’entretien ou la restauration des sites miniers et la protection des côtes contre les ondes de tempête. Cependant, la plupart des simulations climatiques contenues dans les archives CMIP6 s’arrêtent à la fin du siècle, ce qui rend impossible leur utilisation pour des projections fiables à l’échelle régionale au-delà de 2100 (Easterling et al., 2024). Certains fournisseurs de services climatiques au Canada travaillent à l’élaboration de projections climatiques postérieures à 2100, qui seront éventuellement disponibles sur les portails de données canadiens, comme le profil de projet de scénarios climatiques post‑2100 dans le secteur minier d’Ouranos.
Pour plus d’information sur les différentes sources d’incertitude dans les projections climatiques et sur la manière dont ces changements se produisent à différentes échelles temporelles, voir la section 3.3.3 du chapitre 3. Un exemple de la façon dont les services climatiques décrivent les scénarios d’émissions est présenté dans un article de la Zone d’apprentissage de Donneesclimatiques.ca portant sur le choix des scénarios d’émissions pour l’utilisation de projections climatiques futures. Les niveaux de réchauffement planétaire constituent un autre moyen (complémentaire aux scénarios d’émissions) d’examiner une gamme de conditions climatiques futures. Voir l’encadré 3.1 du chapitre 3 pour plus d’information sur l’évaluation des changements climatiques selon différents niveaux de réchauffement planétaire.
10.3.5 : Exploration des fourchettes de changement (incertitude)
Trois principales sources d’incertitude sont présentes dans les projections climatiques : la variabilité climatique interne, l’incertitude liée aux modèles et l’incertitude liée aux scénarios d’émissions. Ces trois sources d’incertitude sont abordées à la section 3.3. du chapitre 3. Les fournisseurs de services climatiques offrent également des conseils aux utilisateurs afin de s’assurer que les conséquences de chacune des sources d’incertitude sont bien comprises, comme l’article sur les incertitudes relatives aux projections climatiques publié dans la Zone d’apprentissage de Donneesclimatiques.ca.
L’incertitude liée aux scénarios d’émissions peut être traitée séparément des deux autres sources d’incertitude lorsque des ensembles de projections climatiques fondés sur différents scénarios sont disponibles. À l’heure actuelle, les projections sont généralement présentées par scénario d’émissions ou selon différents niveaux de réchauffement planétaire.
La variabilité climatique interne fait référence aux fluctuations naturelles du climat qui se produisent sans changement dans le forçage climatique naturel (tels que les éruptions volcaniques) ou découlant de l’activité humaine (tels que l’augmentation des concentrations des gaz à effet de serre due aux activités humaines). Pour assurer une représentation adéquate de la variabilité climatique interne, les fournisseurs de services climatiques recommandent aux utilisateurs de prendre en compte un ensemble de projections climatiques, idéalement issues de multiples modèles. Ainsi, l’incertitude liée à la variabilité climatique interne et aux modèles peut être représentée par des centiles couvrant la majorité des projections. Dans certains cas, il peut être nécessaire d’utiliser un sous-ensemble de l’ensemble disponible. Par exemple, il peut être coûteux sur le plan informatique de tenir compte de tous les modèles disponibles lorsque des modélisations hydrologiques, écologiques ou autres doivent être réalisées par la suite. Dans ces situations, les fournisseurs de services climatiques aident les utilisateurs à choisir un nombre approprié de modèles, tout en évitant les pièges courants, comme le fait d’accorder trop de poids à la concordance apparente d’un modèle avec les observations, concordance qui peut être davantage attribuable à des similitudes fortuites de la variabilité naturelle du climat qu’à la capacité du modèle (Mahony et al., 2022).
10.3.6 : Différences entre les périodes de référence
Dans l’ensemble de ce rapport, les périodes de référence utilisées pour comparer les changements climatiques projetés et les périodes pour lesquelles les tendances passées sont calculées différemment. Par exemple, le chapitre 2 utilise la période de 1961 à 1990 pour les changements observés de température et de précipitations, le chapitre 3 utilise la période de 1850 à 1900 (la période préindustrielle approximative dans le présent rapport) pour les changements projetés de température et de précipitations, et le chapitre 8 utilise les périodes de 1971 à 2000 et de 1986 à 2016 pour les changements projetés de certains extrêmes. Une période de référence unique normalisée n’est pas possible. Le choix d’une période de référence reflète un mélange de conventions, de considérations pratiques, de disponibilité des données et de contraintes opérationnelles (comme le fait que la densité des stations d’observation au Canada a atteint un sommet entre 1971 et 2000). Sans ajustement des résultats pour tenir compte des différentes périodes de référence, les lecteurs pourraient interpréter à tort certaines conclusions comme contradictoires alors qu’elles sont en réalité cohérentes.
Par exemple, la figure 2.7 du chapitre 2 indique que les années 2010, 2023 et 2006 sont les années les plus chaudes jamais enregistrées, avec des températures supérieures de 3,05 °C, 2,84 °C et 2,46 °C, respectivement, à la moyenne de la période de référence de 1961 à 1990. Un lecteur peut vouloir exprimer ces valeurs par rapport à une autre période de référence afin de les comparer à des conditions climatiques plus récentes ou à des sources de données ayant une période de référence différente. Pour permettre la « conversion » des températures entre différentes périodes de référence, nous avons créé le tableau 10.3, qui présente les différences observées de température annuelle au Canada entre plusieurs périodes. À l’aide de ce tableau, nous pouvons comparer les lignes correspondant aux périodes de 1961 à 1990 et de 1991 à 2020. Pour le Canada, la différence moyenne de température entre ces deux périodes est de 1,0 °C. Ainsi, l’année la plus chaude (2010) a donc été environ 2,05 °C plus chaude que la période de référence plus récente, soit de 1991 à 2020 (3,05 °C moins 1,0 °C). Il convient de noter que le classement des années les plus chaudes demeure inchangé.
L’utilisation de projections dans les services climatiques et les processus d’adaptation suppose souvent implicitement que nous sommes actuellement prêts à faire face à un climat passé donné. Toutefois, selon l’utilisation particulière des projections, y compris le secteur et la compétence concernés, différentes périodes de référence passées peuvent mieux représenter les « pratiques actuelles » servant de base aux changements projetés. Le fait de déplacer progressivement les périodes de référence dans le temps à mesure que de nouvelles données deviennent disponibles peut mener à une sous-estimation de l’ampleur du défi que représente l’adaptation, car il s’agit en fait d’une cible en évolution. Cela s’explique par le fait que la période de référence considérée comme « normale » évolue elle‑même au fil du temps. Le tableau 10.3 peut être utilisé pour comprendre l’ampleur de cet effet au fil du temps. Il convient de noter que certaines périodes successives peuvent connaître un réchauffement moindre que les périodes précédentes en raison de la variabilité naturelle. Des régions comme le Québec et le nord du Canada présentent un réchauffement plus marqué par rapport à leur période de référence la plus récente, de 2015 à 2024, comparativement à la période de référence de 1971 à 2000, et ce, dans une mesure plus importante que les autres régions.
Tableau 10.3 : Périodes de référence courantes et différences de la température annuelle moyenneNote de bas de page 2 par rapport à la période de référence de 1971 à 2000 pour les principales régions utilisées dans ce rapport.
Voir la figure 2.2. du chapitre 2 pour les définitions des régions. Il convient de souligner que, dans le présent rapport, le Nord canadien désigne la région délimitée par les frontières politiques des trois territoires, tandis que le Sud du Canada désigne toutes les autres régions combinées.
| Période de référence | Canada | C.‑B. | Prairies | Ontario | Québec | Canada atlantique | Nord canadien | Sud du Canada |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1961-1990 | -0,3 | -0,3 | -0,3 | -0,2 | -0,2 | -0,2 | -0,5 | -0,3 |
| 1971-2000 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 |
| 1981-2010 | 0,5 | 0,4 | 0,4 | 0,4 | 0,6 | 0,4 | 0,5 | 0,4 |
| 1986-2005 | 0,4 | 0,5 | 0,4 | 0,4 | 0,4 | 0,2 | 0,4 | 0,4 |
| 1986-2016 | 0,6 | 0,6 | 0,5 | 0,5 | 0,7 | 0,6 | 0,8 | 0,6 |
| 1991-2020 | 0,7 | 0,6 | 0,5 | 0,5 | 0,9 | 0,7 | 1,0 | 0,6 |
| 1995-2014 | 0,8 | 0,4 | 0,5 | 0,6 | 1,2 | 1,1 | 1,0 | 0,7 |
| 2015-2024 | 1,3 | 1,1 | 1,0 | 1,1 | 1,4 | 1,2 | 1,7 | 1,2 |
Il convient de noter que le tableau 10.3 donne un aperçu de l’ampleur des effets liés à l’utilisation de différentes périodes de référence, mais les régions concernées sont vastes. Les endroits à l’intérieur de ces régions peuvent donc différer considérablement. Les différences saisonnières peuvent également être plus marquées. Les lecteurs sont invités à utiliser ce tableau comme point de départ. Pour obtenir de l’information sur des régions plus petites, des endroits précis, des saisons et d’autres variables, il est important de consulter d’autres données afin de déterminer l’ampleur des effets liés à l’utilisation de différentes périodes de référence.
Le tableau 1 de l’encadré 2.4 du chapitre 2 présente la part du réchauffement par rapport à la période de référence préindustrielle (de 1850 à 1900) qui est attribuable au forçage climatique découlant de l’activité humaine. Il est normal qu’il y ait des divergences entre le réchauffement indiqué pour les périodes historiques dans le tableau 1 de l’encadré 2.4 et dans le tableau 10.3, puisque le tableau 1 présente uniquement la réponse au forçage découlant de l’activité humaine, alors que le tableau 10.3 inclut également les effets de la variabilité naturelle du climat survenue dans la région entre ces périodes. En d’autres termes, le tableau 1 de l’encadré 2.4 sert à comprendre comment les régions ont réagi au forçage climatique découlant de l’activité humaine, tandis que le tableau 10.3 permet de comparer les projections climatiques pour une même région utilisant des périodes de référence différentes. Malheureusement, en raison d’un nombre insuffisant d’observations mondiales pour la période de 1850 à 1900, cette période de référence n’est pas incluse dans le tableau 10.3. Nous pouvons déduire des estimations du tableau 1 de l’encadré 2.4 que le réchauffement serait d’environ 2 °C inférieur si la projection était exprimée par rapport à la décennie la plus récente (de 2015 à 2024), puisqu’il s’agit de l’ampleur du réchauffement attribuable au forçage découlant de l’activité humaine entre ces deux périodes. Le chapitre 3 indique que d’ici la fin du siècle (de 2081 à 2100), la température moyenne du Canada devrait être supérieure de 5 °C à celle simulée pour la période de 1850 à 1900 (selon le scénario d’émissions intermédiaires SSP2-4.5).
10.4 : Une approche fondée sur les aléas pour explorer les données climatiques
Le climat du Canada a changé au cours du dernier siècle (voir la synthèse à la section 2.2 du chapitre 2), et les répercussions, les pertes et les dommages associés aux changements climatiques se font sentir partout au Canada, en particulier dans certains secteurs clés de l’économie et dans certains écosystèmes sensibles (Lulham et al., 2023). Les coûts des dommages attribuables aux répercussions des changements climatiques augmentent dans de nombreux secteurs économiques au Canada, notamment les infrastructures et la santé (Clark et al., 2021, 2022; Ness et al., 2021; Sawyer et al., 2020). Par conséquent, la nécessité de mieux anticiper les répercussions d’un climat en changement, y compris les risques et les possibilités, et de s’y préparer se fait de plus en plus pressante. Au Canada, l’utilisation des projections climatiques évolue d’une recommandation à une exigence.
La planification et la préparation liées aux risques climatiques s’effectuent à plusieurs niveaux décisionnels. La Stratégie nationale d’adaptation du Canada (ECCC, 2023) présente des objectifs et des cibles visant à renforcer la résilience dans cinq systèmes interconnectés, qui peuvent être résumés comme suit : réduire les répercussions des catastrophes liées au climat, améliorer la santé et le bien‑être de tous, protéger et restaurer la nature et la biodiversité, construire et entretenir des infrastructures résilientes, et soutenir l’économie et les travailleurs (voir également l’encadré 1.1 du chapitre 1). Des stratégies d’adaptation officielles ont été élaborées, et continuent d’être élaborées, par diverses administrations et organisations.
Au cœur de la planification des mesures d’adaptation se trouve la compréhension des risques actuels et futurs liés au climat en changement. Les répercussions des changements climatiques posent des risques différents selon les secteurs économiques et les populations. Pour apprécier les risques climatiques physiques, il est souvent utile de les caractériser en fonction des aléas climatiques.
10.4.1 : Comprendre les risques climatiques
La littérature sur les risques est vaste et approfondie. Des normes internationales relatives à la gestion des risques, telles que la norme ISO 31000 de l’Organisation internationale de normalisation (ISO, 2018), existent depuis plusieurs décennies. Il en va de même pour des guides et des cadres.
Les risques climatiques décrivent les répercussions négatives potentielles des changements climatiques. Sur le plan conceptuel, les risques sont généralement divisés en trois composantes (figure 10.3). Premièrement, pour caractériser l’évolution des risques climatiques, il est nécessaire de comprendre les aléas climatiques et l’incidence du climat en changement sur ceux‑ci. Deuxièmement, les risques surviennent si, et seulement si, des biens ou des systèmes sont à la fois exposés aux aléas et vulnérables à ceux‑ci.
Faits saillants de la figure : Les risques climatiques résultent des interactions entre les aléas climatiques et la vulnérabilité et l’exposition des systèmes naturels et humains à ces aléas.
Description longue
Cette figure présente un cadre conceptuel des risques climatiques. Au centre du cadre se trouve les « Risques », affichés dans un triangle afin d’illustrer qu’ils résultent de l’interaction entre trois composantes : les « Aléas », la « Vulnérabilité » et l’« Exposition ». Chacune de ces composantes est représentée par un demi‑cercle relié au triangle central des risques.
À gauche du centre du cadre figure une section intitulée « Climat », qui comprend deux encadrés nommés « Variabilité naturelle » et « Changements climatiques d’origine anthropique ». Cette section comporte une flèche orientée vers la droite, en direction du centre du diagramme, indiquant que ces aspects du climat influencent principalement la composante « Aléas » des risques climatiques.
À droite du centre du cadre se trouve une section intitulée « Processus socioéconomiques », qui comprend trois encadrés intitulés « Trajectoires socioéconomiques », « Mesures d’adaptation et d’atténuation » et « Gouvernance ». Cette section comporte une flèche orientée vers la gauche, en direction du centre du diagramme, indiquant que ces processus socioéconomiques interagissent principalement avec les composantes « Vulnérabilité » et « Exposition » des risques climatiques.
À partir du triangle central « Risques », une ligne verticale relie celui‑ci à un encadré intitulé « Répercussions ». Des flèches reliant cet encadré aux « Risques » et aux « Processus socioéconomiques » illustrent le fait que les répercussions climatiques peuvent, à leur tour, avoir une incidence sur ces composantes.
Depuis la base de la section « Processus socioéconomiques », une flèche unidirectionnelle intitulée « Émissions et changement d’utilisation des terres » relie cette section à la section « Climat ».
Cette figure vise à illustrer les interactions complexes entre les différents éléments qui contribuent aux risques climatiques.
Figure 10.3 : Cadre conceptuel pour comprendre les risques climatiques. Les risques liés aux répercussions des changements climatiques découlent de l’interaction entre les aléas climatiques (y compris les événements dangereux et les tendances) et la vulnérabilité et l’exposition des systèmes humains et naturels. Les changements dans le système climatique (à gauche) et dans les processus socioéconomiques, notamment l’adaptation et l’atténuation (à droite), sont des facteurs déterminants des aléas, de l’exposition et de la vulnérabilité. Bien que les risques soient généralement définis de manière à ne tenir compte que des répercussions négatives, les changements climatiques peuvent également offrir des possibilités. Il existe plusieurs variantes de cette figure, dont des versions plus récentes. Cette version correspond le mieux aux concepts abordés ici. Pour en savoir plus sur l’appréciation régionale des risques climatiques en général, voir le chapitre 12 de la contribution du Groupe de travail I au sixième rapport d’évaluation du GIEC (Ranasinghe et al., 2021), et pour les appréciations des risques liés aux infrastructures au Canada, voir la méta‑analyse et les études de cas du Comité sur la vulnérabilité de l’ingénierie des infrastructures publiques (CVIIP) (MacMillan et al., 2024b, 2024a). Source : Figure SPM.1 du résumé à l’intention des décideurs du Groupe de travail II du cinquième rapport d’évaluation du GIEC (GIEC, 2014).
Le terme « aléa » est utilisé dans de nombreux contextes. En ce qui concerne le climat, il renvoie à l’information sur les conditions climatiques actuelles et futures susceptibles d’entraîner des répercussions défavorables liées au climat, comme le montre la figure 10.3. Le Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe définit un aléa comme « un processus, un phénomène ou une activité humaine susceptible d’entraîner des pertes en vies humaines, des blessures ou d’autres effets sur la santé, des dommages matériels, des perturbations sociales et économiques ou une dégradation de l’environnement » (UNDRR, 2016). Les deux définitions ont en commun l’idée qu’un aléa représente un élément ayant le potentiel d’entraîner des conséquences négatives.
Étude de cas 10.3 : Mâmawi Nistam : Resilience Through Seasons, un rapport sur les risques climatiques et la vulnérabilité rédigé par le gouvernement métis d’Otipemisiwak, de la Nation métisse de l’Alberta
Rédigé par Jennifer Pylypiw et Ali Greenslade, au nom du service de l’environnement et des changements climatiques du gouvernement métis d’Otipemisiwak, qui fait partie de la Nation métisse de l’Alberta. Jennifer est métisse du côté de sa mère et ukrainienne du côté de son père. Elle est fière de porter avec elle les enseignements de tous ses ancêtres alors qu’elle travaille à recentrer les façons d’être et les connaissances autochtones dans toutes les discussions sur le climat. Ali est le bras droit de Jenn. D’ascendance mixte européenne, elle a grandi en Alberta, a suivi une formation en leadership dans le domaine de l’action climatique et s’efforce continuellement d’être une alliée et une amie de la Nation métisse.
Référence recommandée :
Pylypiw, J. et Greenslade, A. (2026). Mâmawi Nistam : Resilience Through Seasons, un rapport sur les risques climatiques et la vulnérabilité rédigé par le gouvernement métis d’Otipemisiwak, de la Nation métisse de l’Alberta [Étude de cas 10.3]. Dans Rapport sur le climat changeant du Canada de 2026, (pp XX-XX). Gouvernement du Canada.
Alors que nous vivons une crise climatique, il n’a jamais été aussi important de tenter de comprendre les risques climatiques auxquels nous faisons face et de déterminer les mesures (parfois appelées « adaptation aux changements climatiques ») que nous pouvons entreprendre pour assurer une bonne qualité de vie.
Habituellement, la planification des mesures d’adaptation aux changements climatiques commence par une appréciation des risques liés aux changements climatiques. Cependant, ces appréciations se concentrent généralement uniquement sur les répercussions sur l’environnement bâti, en centrant la compréhension des aléas climatiques sur leurs répercussions sur les infrastructures, telles que les ponts, les bâtiments, les routes et les lignes de transport d’électricité. Cette façon de penser est limitée et ignore le fait que les infrastructures n’existent pas sans les humains et les animaux qui les utilisent.
Lorsque nous avons entrepris la planification des mesures d’adaptation de notre nation, nous nous sommes demandé : « Et si nous pensions aux êtres humains à l’intérieur des bâtiments? Et si nous pensions aux animaux qui migrent sous les lignes de transport d’électricité et aux poissons dans la rivière sous le pont? Car quelle est la valeur d’un bâtiment s’il n’y a personne pour l’occuper? Quelle est la valeur d’un pont s’il n’y a ni oiseaux ni poissons qui dansent en dessous? »
Nous avons réalisé une appréciation des risques climatiques d’une manière différente afin de mieux comprendre comment réduire les risques et renforcer la résilience de nos proches interreliés : plus de 72 000 Métis en Alberta et les terres auxquelles ils appartiennent. Notre rapport s’intitule Mâmawi Nistam (Otipemisiwak Métis Government et The Resilience Institute, 2025), ce qui signifie « ensemble d’abord ». Le nom offert à ces enseignements rend hommage au peuple métis, descendant de grands‑mères autochtones et de grands‑pères européens, dont les ancêtres marchent avec nous aujourd’hui.
L’objectif principal de cette évaluation était de faire les choses différemment. Nous y sommes parvenus en regroupant les connaissances et l’expérience des Métis avec les données climatiques occidentales, plaçant ainsi les liens entre les humains et la nature au centre de l’évaluation.
Nous avons recueilli des informations et des récits auprès de personnes métisses de diverses façons, intégrant finalement plus de 3 600 voix métisses dans notre rapport grâce à un engagement direct et à une analyse documentaire.
Nous avons écouté les aînés.
Nous avons travaillé avec Climalogik Inc. pour générer des projections des aléas climatiques importants pour notre peuple et nos terres en Alberta (tels que les inondations, les feux de forêt et la sécheresse) à court, moyen et long terme, selon deux scénarios d’émissions (RCP4.5 et RCP8.5). Nous nous sommes réunis et avons mangé du banique, discuté de jardins communautaires et de la manière de récolter les plantes médicinales de façon respectueuse, et rêvé de remettre le bon feu sur les terres et de ramener le bison à la maison.
En nous rassemblant de manière respectueuse, nous renforçons la confiance entre nous et au sein de notre communauté. Nous avons diffusé des projections climatiques et des informations sur les changements climatiques dans un espace sécuritaire où les questions pouvaient être posées et les craintes partagées (étude de cas 10.3, figure 1). Ceux qui se sont joints à nous ont cru les informations sur les changements climatiques présentées parce qu’ils croient en leur lien avec leur nation.
Nous avons superposé des récits aux projections, permettant à l’avenir et aux aléas prévus d’exister non seulement comme un risque pour les infrastructures, mais aussi pour une façon d’être. Nous avons rassemblé les voix des aînés, des jeunes, des kokums, des chasseurs, des pêcheurs, des agriculteurs, des personnes bispirituelles et de nos ancêtres, et avons donné une voix aux plantes et aux animaux, à nos proches non humains et à la terre, dans nos rubriques et dans nos cœurs. Nous avons mis l’accent sur l’héritage de résilience des Métis et sur la manière dont de meilleures mesures pour lutter contre les répercussions des changements climatiques peuvent aussi aider les gens à se reconnecter à la terre et les uns aux autres de manière positive.
Les jeunes ont souligné qu’ils ont des aspirations au-delà de leur rôle de chefs de file de demain en matière de climat. Nous devons agir aujourd’hui pour alléger leur fardeau.
Nous avons choisi de nous rassembler et de ne plus être exclus des appréciations des risques et des études. Ensemble, nos voix sont plus fortes. La seule façon de bâtir une véritable résilience climatique est de donner la priorité à notre compréhension de l’incidence des risques liés aux changements climatiques sur les liens entre toutes choses, humaines et non humaines, construites et naturelles.
Nous sommes reconnaissants envers les aînés qui ont guidé notre parcours, envers les citoyens métis qui demeurent fermes dans leurs rêves d’un avenir meilleur pour leurs enfants, envers nos partenaires du The Resilience Institute qui ont donné vie à la vision de ce projet, et envers l’équipe de leadership autochtone en matière de climat du ministère des Relations Couronne‑Autochtones et Affaires du Nord Canada, qui nous a permis de réaliser ce projet à notre façon.
Description longue
La figure montre les risques et les répercussions associés à l’élément iskotêw (le feu). Les saisons sont disposées aux quatre coins d’un rectangle et suivent le tracé du symbole de l’infini au centre de la figure. L’enchaînement saisonnier commence au printemps, dans le coin supérieur gauche, se poursuit en diagonale vers l’été dans le coin inférieur droit, puis remonte vers l’automne dans le coin supérieur droit, redescend en diagonale vers l’hiver dans le coin inférieur gauche et revient ensuite au printemps.
Printemps : sîkwan (coin supérieur gauche)
• Risque
Les feux de forêt commencent plus tôt
• Répercussions sur les moyens de subsistance des Métis
Évacuations/déplacements
Perte de revenus et de culture
Perte de nature
Perte de vies
Été : nîpin (coin inférieur droit)
• Risque
Les feux de forêt sont plus extrêmes et plus fréquents
• Répercussions sur les moyens de subsistance des Métis
Pression sur la santé mentale
Évacuations/déplacements
Perte de revenus et de culture
Perte d’infrastructures
Perte de vies
Automne : takwâkin (coin supérieur droit)
• Risque
Les feux de forêt durent plus longtemps
• Répercussions sur les moyens de subsistance des Métis
Évacuations/déplacements
Perte de revenus et de culture
Perte de nature
Perte de vies
Hiver : pipon (coin inférieur gauche)
• Risque
Feux dormants
• Répercussions sur les moyens de subsistance des Métis
Perte de terrains de piégeage
Fardeau financier
Incapacité de récolter
Étude de cas 10.3, figure 1 : Cette figure présente un exemple de l’approche de la Nation métisse de l’Alberta et de The Resilience Institute pour catégoriser les risques et les répercussions climatiques sous l’élément « Feu », l’un des quatre éléments classiques : Feu, Eau, Air et Terre. Des figures similaires pour l’eau, l’air et la terre sont présentées dans le rapport Mâmawi Nistam. Ces éléments sont entrelacés avec le symbole métis de l’infini, qui représente la rencontre de deux lignées ancestrales (autochtone et européenne) et symbolise à la fois l’immortalité de la Nation métisse et les quatre saisons, afin de mettre en valeur les répercussions des changements climatiques. Source : Gouvernement métis d’Otipemisiwak et The Resilience Institute (2025).
10.4.2 : Comprendre les aléas climatiques
Le terme « aléa » est utilisé dans de nombreux contextes. En ce qui concerne le climat, il peut désigner l’information sur les conditions climatiques actuelles et futures susceptibles d’entraîner des répercussions néfastes liées au climat, comme l’illustre la figure 10.3. Le Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe définit un aléa comme « un processus, un phénomène ou une activité humaine susceptible d’entraîner des pertes en vies humaines, des blessures ou d’autres effets sur la santé, des dommages matériels, des perturbations sociales et économiques ou une dégradation de l’environnement » (UNDRR, 2016). Les deux définitions ont en commun l’idée qu’un aléa représente un élément ayant le potentiel d’entraîner des conséquences négatives.
Une nouvelle pratique parmi les fournisseurs de services climatiques consiste à utiliser les aléas pour catégoriser les données climatiques d’une manière qui reflète les préoccupations des utilisateurs. Si certains indicateurs et variables climatiques sont directement pertinents pour certains aléas, d’autres ne représentent pas entièrement un aléa préoccupant, mais peuvent tout de même servir d’indicateurs raisonnables pour l’analyse. Dans ces derniers cas, de multiples indicateurs peuvent être nécessaires pour obtenir un portrait plus complet de l’évolution de l’aléa. Auparavant, les données climatiques étaient généralement présentées uniquement selon les variables climatiques.
Le Système mondial d’observation du climat et l’Organisation météorologique mondiale ont identifié des variables climatiques essentielles qui caractérisent le climat de la Terre, telles que la température de surface et les précipitations (SMOC, 2025). Plusieurs indicateurs peuvent être dérivés de ces variables climatiques essentielles. Par exemple, la catégorie de la température de surface comprend des indicateurs tels que la première gelée en automne, le nombre de jours au-dessus de 30 °C et la nuit la plus froide. L’atlas climatique interactif (en anglais seulement), l’atlas climatique interactif Copernicus (en anglais seulement) et le sixième rapport d’évaluation du GIEC (GIEC, 2022a) présentent des indicateurs climatiques dérivés de ces variables essentielles. Le GIEC désigne ces indicateurs comme des facteurs d’impact climatique et les définit comme « des conditions du système climatique physique (par exemple, les moyennes, les événements, les extrêmes) qui ont une incidence sur un élément de la société ou des écosystèmes » (Ranasinghe et al., 2021). Cette approche centrée sur les variables peut être difficile à comprendre pour les utilisateurs qui ne s’intéressent pas à l’ensemble des indicateurs. Elle suppose également que les utilisateurs possèdent un certain niveau de connaissance du climat et des facteurs climatiques associés à un aléa donné.
Des organisations internationales ont entrepris des efforts pour traduire les données climatiques en informations plus utiles en établissant un lien plus clair entre les aléas et les répercussions selon une perspective sectorielle (Tebaldi et al., 2023). Bien que les décideurs préoccupés par les aléas et les risques liés aux changements climatiques savent généralement que des données climatiques existent, ils ne savent pas toujours comment trouver et utiliser les variables climatiques pertinentes pour différents besoins. Une approche fondée sur les aléas vise à combler cette lacune afin que les communautés et les praticiens puissent mieux accéder aux données climatiques et les utiliser. Organiser les données climatiques par aléa correspond davantage à la manière dont les informations climatiques sont prises en compte dans des domaines tels que la réduction des risques de catastrophe et la gestion des urgences, comme l’illustrent les profils d’information sur les aléas du Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe et du Conseil international des sciences (UNDRR et ISC, 2025). Cela peut également aider à présenter les informations climatiques de manière à mieux rejoindre un public plus large, y compris les décideurs. Au Canada, les travaux commencent à intégrer une approche davantage axée sur les aléas, notamment par l’élaboration de cartes des aléas et des répercussions. Par exemple, dans le rapport La santé des Canadiens et des Canadiennes dans un climat en changement, le chapitre 3, Aléas naturels, adopte une approche sectorielle et axée sur les aléas pour apprécier les risques liés aux données climatiques (Gosselin et al., 2022). Dans Le rapport sur les enjeux nationaux, le chapitre 7, Impacts sur les secteurs et mesures d’adaptation, adopte sur une approche axée sur les répercussions sectorielles (Lemmen et al., 2021). Le Profil national des risques de Sécurité publique Canada utilise également une approche plus large fondée sur les aléas, tout en incluant certaines informations sur le climat futur (Sécurité publique Canada, 2023).
Comme indiqué au chapitre 8, les changements climatiques ont des répercussions importantes sur les aléas et les événements extrêmes. Ils peuvent en modifier la fréquence, l’intensité, la durée et la chronologie. Dans les descriptions des changements projetés dans les sections sur les aléas qui suivent, nous décrivons généralement les changements touchant une ou plusieurs de ces quatre dimensions des changements liés aux aléas :
- La fréquence, qui fait référence au nombre d’événements au cours d’une période donnée. Les changements de fréquence surviennent lorsque les événements deviennent plus ou moins fréquents, ou lorsque la probabilité, l’intervalle de récurrence, la période de retourNote de bas de page 3 ou le temps d’attente évoluent.
- L’intensité, qui fait référence à l’ampleur des événements. Les changements d’intensité surviennent lorsque les événements atteignent des valeurs plus élevées ou plus basses, ou lorsque le niveau de retour ou la sévérité des événements change.
- La durée, qui fait référence à la durée des événements. Les changements de durée surviennent lorsque les événements ou les saisons durent plus ou moins longtemps.
- La chronologie, qui fait référence au moment où les événements se produisent. Les changements de chronologie surviennent lorsque les événements commencent ou se terminent à une période différente de l’année.
Il est également important de noter que les aléas ne surviennent pas uniquement comme des événements isolés, mais aussi comme des événements combinés, qui doivent également être pris en compte (Zscheischler et al., 2018). Les événements combinés sont des événements extrêmes qui se produisent simultanément ou en séquence, ainsi que cumulativement dans le temps (chapitre 8, section 8.7), et ils sont jusqu’à présent mal représentés dans les appréciations des risques.
10.4.3 : Guide des sections sur les aléas climatiques
Dans les sections qui suivent, nous souhaitons résumer l’information présentée dans le présent rapport afin d’aider les lecteurs à trouver les renseignements pertinents selon les aléas climatiques qui les intéressent. Nous nous concentrons sur douze catégories d’aléas climatiques et les indicateurs climatiques connexes. Ces catégories constituent un point de départ pour explorer le contenu du présent rapport, mais ne se veulent ni exhaustives ni prescriptives.
Chacune des sections suivantes traite d’une catégorie d’aléas distincte et comprend des détails sur les éléments suivants :
- Les aléas connexes, qui renvoient à d’autres sections du présent rapport (le RCCC de 2026, ou Rapport sur le climat changeant du Canada) contenant de l’information sur les aléas pouvant être liés.
- Les sections et messages clés du RCCC de 2026, qui reproduisent les messages clés, y compris le langage calibré pour exprimer l’incertitudeNote de bas de page 4 provenant d’autres chapitres du présent rapport où les aléas sont abordés. En mettant l’accent sur les changements projetés, les messages clés les plus pertinents sont placés en tête de liste, les autres étant présentés dans l’ordre croissant des sections. Dans certains cas, des extraits de messages clés sont reproduits. Les versions complètes se trouvent dans leurs sections respectives, et une liste de tous les messages clés est disponible dans une annexe au résumé du rapport.
- Les mots clés pertinents, qui comprennent divers termes utilisés pour désigner de manière informelle les aléas dans différents secteurs et professions, ainsi que des termes étroitement liés ou utiles pour les utilisateurs souhaitant explorer plus à fond un aléa donné.
- La direction des changements projetés et les exemples d’indicateurs décrivent les changements touchant une ou plusieurs des dimensions présentées à la section 10.4.2. Dans la plupart des cas, les changements projetés et les indicateurs climatiques correspondants sont évalués dans le présent rapport, et les sections pertinentes sont indiquées entre crochets.
- Des détails supplémentaires sur la manière d’interpréter les données pour cet aléa, qui comprennent une discussion sur divers sujets, tels que l’utilisation des projections climatiques pour l’adaptation, ainsi que des éléments de contexte, des mises en garde ou des limites pertinentes à l’interprétation des données. Les exemples de secteurs, d’industries ou de communautés touchés par chaque aléa sont illustratifs plutôt qu’exhaustifs.
Pour les lecteurs cherchant de l’information sur d’autres sujets couramment recherchés et pertinents à plusieurs chapitres, tels que les méthodes d’évaluation du climat, les variables climatiques ou les thèmes transversaux abordés dans le présent rapport, il peut être utile de consulter les guides visuels des liens entre les chapitres au début de chaque chapitre, ainsi que le tableau récapitulatif indiquant où trouver l’information sur les principaux thèmes transversaux dans l’annexe Indice des thèmes transversaux dans le rapport du chapitre 1.
La modélisation climatique et l’information qui en découle sont dynamiques, car la recherche met continuellement à jour notre compréhension des systèmes climatiques et les capacités informatiques s’améliorent sans cesse. Les sections suivantes sur les catégories d’aléas constituent donc un aperçu des données et informations climatiques contenues dans le présent rapport et disponibles au moment de sa publication.
Il est important de garder à l’esprit que les aléas climatiques sont influencés par divers mécanismes et facteurs sous-jacents. Les changements climatiques peuvent avoir une incidence complexe sur les différentes composantes des aléas climatiques, et les causes des changements observés sont abordées dans tous les chapitres du présent rapport. Certains aléas climatiques interagissent avec des facteurs qui ne sont pas liés au climat. Par exemple, les conditions du pergélisol dépendent de caractéristiques géophysiques, et les feux de forêt sont influencés à la fois par les conditions météorologiques propices aux feux et par d’autres facteurs liés aux combustibles et à l’ignition (chapitre 9, section 9.5.1.7 et étude de cas 9.1). En outre, comme indiqué à la section 4.7.1 du chapitre 4, les changements des indicateurs de temps violent décrivant les conditions favorisant la survenue d’événements météorologiques violents n’impliquent pas nécessairement des changements de ces événements eux‑mêmes, et la capacité de ces indicateurs à décrire les conditions de temps violent peut varier selon les régions et les saisons.
10.4.4 : Chaleur extrême et vagues de chaleur
Aléas connexes
- Sécheresses (4.10) et feux de forêt (10.4.11)
- Voir lechapitre 4, Processus océan-atmosphère à grande échelle agissant sur le climat, pour connaître les influences possibles sur la chaleur extrême et les vagues de chaleur.
Sections et messages clés du RCCC de 2026
- 8.2 : Extrêmes de température
- Extrait du Message clé 8.2 : On prévoit une augmentation de l’intensité et de la fréquence des épisodes de chaleur extrême […] dans toutes les régions du Canada, les changements s’amplifiant à mesure que la température moyenne mondiale augmente (degré de confiance élevé).
- 8.7.4 : Stress thermique perçu par les humains
- Message clé 8.14 : L’intensité et la fréquence du stress thermique perçu par les humains, qui résulte des effets combinés de valeurs élevées de température et d’humidité, ont augmenté au Canada dans son ensemble (degré de confiance élevé). Le stress thermique perçu par les humains devrait augmenter au Canada, principalement en raison de la hausse des températures de l’air (degré de confiance élevé).
- 2.2 : Synthèse des changements passés
- Message clé 2.1 : Le Canada se réchauffe dans toutes les régions et toutes les saisons. Le Canada s’est réchauffé de 2,0 °C au cours de la période de 1948 à 2023 (très probable: de 0,9 à 3,1 °C), les régions nordiques ayant connu un réchauffement de 2,6 °C (très probable : de 1,4 à 4,1 °C) et le réchauffement étant généralement plus important en hiver qu’en été.
- Extrait du Message clé 2.4 : L’allongement des saisons de croissance, l’augmentation des besoins en climatisation des bâtiments et la hausse des extrêmes de chaleur observés en été sont tous des facteurs compatibles avec un climat en réchauffement […]. Les saisons des feux de forêt se sont allongées (degré de confiance élevé) et la superficie brûlée par les feux de forêt a augmenté (degré de confiance moyen).
- 3.4 : Température
- Extrait du Message clé 3.6 : La température moyenne de l’air à la surface devrait augmenter partout au Canada, et ce, en toutes saisons (degré de confiance très élevé).
- Message clé 3.7 : Dans le scénario fondé sur les politiques actuelles, la température annuelle moyenne devrait augmenter de 5,0 °C (3,8–6,6 °C) d’ici la période 2081-2100 par rapport à la période 1850-1900 (degré de confiance élevé), et les hausses les plus importantes dans le nord du Canada en hiver pourraient dépasser 10 °C dans certaines régions (degré de confiance moyen). Dans un scénario sans politiques, le réchauffement moyen projeté au Canada est de 6,9 °C (5,2–8,9 °C) au cours de la même période (degré de confiance élevé). Dans un scénario de carboneutralité, la température annuelle moyenne au Canada devrait se stabiliser après 2050, avec une hausse de 3,5 °C (2,3–4,8 °C) au cours de la période 2081-2100 par rapport aux niveaux de la période 1850-1900 (degré de confiance élevé).
Mots clés pertinents
Températures extrêmes, températures chaudes extrêmes, chaleur extrême, extrêmes chauds, vagues de chaleur, canicules, nuits tropicales, indice humidex, stress thermique, jour le plus chaud, dôme de chaleur
Tableau 10.4 : Changements de direction projetés et exemples d’indicateurs pour la chaleur extrême et les vagues de chaleur.
Il convient de noter que l’orientation du changement projeté est générale et correspond à une moyenne pour l’ensemble du Canada. Pour plus de détails sur les indicateurs et les changements projetés, les lecteurs sont invités à consulter les sections du présent rapport sur lesquelles ces résumés sont basés (comme indiqué entre crochets).
| Orientation du changement projeté | Exemples d’indicateurs |
|---|---|
| Étés plus chauds [2.4, 3.4] | Température moyenne en été |
| Plus de jours chauds [8.2] | Jours chauds : nombre de jours chauds où la température maximale dépasse un seuil pertinent au niveau local (par exemple, 25 °C ou 30 °C). |
| Les jours les plus chauds deviennent encore plus chauds [8.2] | Jour le plus chaud : température maximale quotidienne la plus élevée. |
| Augmentation des degrés-jours de climatisation [2.4] | Degré-jours de climatisation : nombre de degrés-jour cumulés au-dessus de 18 °C par année, utilisé pour estimer les besoins en refroidissement dans les bâtiments. |
| Plus de jours à indice humidex élevé [8.7.4] | Jours d’humidex : l’humidex est un indicateur de la température ressentie, calculé en combinant les valeurs de température et d’humidité. Nombre de jours d’humidex dépassant un seuil pertinent, tel que 30 ou 40. |
| Augmentation de l’intensité (niveau de retour plus élevé) et de la fréquence (période de retour plus courte) des épisodes de chaleur extrême [8.2] | Niveaux et périodes de retour des épisodes de chaleur extrême : épisode de chaleur extrême qui se produit en moyenne une fois tous les 10, 20 et 50 ans (un épisode de chaleur extrême survenant une fois tous les 20 ans aurait 5 % de chances de se produire au cours d’une année donnée). |
| Augmentation de l’intensité, de la fréquence et de la durée des vagues de chaleur (telles que définies par les seuils de température pertinents au niveau local) [8.2] |
|
Détails supplémentaires sur la manière d’interpréter les données pour cet aléa
La chaleur extrême a déjà des répercussions et continuera d’en avoir sur des secteurs tels que l’agriculture, les écosystèmes et la santé humaine au Canada (Lulham et al., 2023). De nombreux indicateurs permettent de décrire comment les épisodes de chaleur extrême évolueront sur le plan de la fréquence, de l’intensité, de la durée et de la chronologie. Les indicateurs fondés sur des seuils sont particulièrement utiles, car ils traduisent des variables climatiques, telles que la température maximale, en valeurs plus concrètes pour les décideurs. Par exemple, des indicateurs tels que les jours chauds, définis comme le nombre de jours où les températures maximales dépassent 30 °C, peuvent être plus utiles à certains utilisateurs que la température maximale. Les jours chauds peuvent fournir des informations plus directement liées au besoin de solutions de refroidissement, en particulier dans les régions où ces jours étaient rares dans le passé. Les seuils peuvent être utilisés pour quantifier si et à quelle fréquence des niveaux critiques seront franchis dans l’avenir. Cela aide les planificateurs à déterminer si un événement autrefois rare deviendra suffisamment courant pour justifier des changements aux infrastructures. Dans les régions où les jours chauds étaient auparavant rares, comme les communautés côtières et nordiques du Canada, même une augmentation modeste du nombre de jours chauds pourrait avoir des répercussions importantes, en raison d’une exposition limitée dans le passé, du peu d’expérience de la gestion des épisodes de chaleur extrême et d’une résilience globale plus faible à la chaleur extrême.
Les projections de chaleur extrême sont utilisées dans les secteurs de la santé publique et de la santé humaine. Par exemple, les hôpitaux doivent être conçus de manière à maintenir une température optimale pour la santé. Dans un climat futur où les épisodes de chaleur extrême seront plus fréquents, les infrastructures de refroidissement des hôpitaux devront être capables de supporter des charges plus élevées, et il est possible que les vagues de chaleur mettent à rude épreuve le système de santé si elles entraînent une hausse des cas de maladies liées à la chaleur durant ces épisodes de chaleur extrême (Aubie Vines et al., 2018; Canadian Standards Association, 2024b; Vancouver Coastal Health et Fraser Health, 2022).
10.4.5 : Froid extrême, perte de froid et sol gelé de façon saisonnière
Aléas connexes
- Réchauffement du pergélisol et changements au niveau du paysage liés à la fonte, et perte de glace en milieu terrestre (4.12)
- Voir le chapitre 4, Processus océan-atmosphère à grande échelle agissant sur le climat, pour connaître les influences possibles sur le froid extrême, le réchauffement des températures extrêmement basses et le sol gelé de façon saisonnière.
Sections et messages clés du RCCC de 2026
- 8.2 : Extrêmes de température
- Extrait du Message clé 8.2 : On prévoit […] une diminution de l’intensité et de la fréquence des épisodes de froid extrême dans toutes les régions du Canada, les changements s’amplifiant à mesure que la température moyenne mondiale augmente (degré de confiance élevé).
- 2.2 : Synthèse des changements passés
- Message clé 2.1 : Le Canada se réchauffe dans toutes les régions et toutes les saisons. Le Canada s’est réchauffé de 2,0 °C au cours de la période de 1948 à 2023 (très probable: de 0,9 à 3,1 °C), les régions nordiques ayant connu un réchauffement de 2,6 °C (très probable : de 1,4 à 4,1 °C) et le réchauffement étant généralement plus important en hiver qu’en été.
- Extrait du Message clé 2.4 : […] tous des facteurs compatibles avec un climat en réchauffement […] tout comme la réduction des besoins en chauffage des bâtiments et la diminution de la sévérité des extrêmes de froid observées en hiver. […] Le réchauffement climatique a également entraîné des changements importants dans le cycle de l’eau et la cryosphère (degré de confiance élevé), comme en témoignent l’augmentation des précipitations annuelles et l’intensification des extrêmes de précipitations, la réduction du manteau neigeux et de la masse des glaciers, le pic printanier plus précoce du débit des rivières, la diminution de la glace lacustre et fluviale et le dégel du pergélisol.
- 3.4 : Température
- Extrait du Message clé 3.6 : La température moyenne de l’air à la surface devrait augmenter partout au Canada, et ce, en toutes saisons (degré de confiance très élevé).
- Message clé 3.7 : Dans le scénario fondé sur les politiques actuelles, la température annuelle moyenne devrait augmenter de 5,0 °C (3,8–6,6 °C) d’ici la période 2081-2100 par rapport à la période 1850-1900 (degré de confiance élevé), et les hausses les plus importantes dans le nord du Canada en hiver pourraient dépasser 10 °C dans certaines régions (degré de confiance moyen). Dans un scénario sans politiques, le réchauffement moyen projeté au Canada est de 6,9 °C (5,2–8,9 °C) au cours de la même période (degré de confiance élevé). Dans un scénario de carboneutralité, la température annuelle moyenne au Canada devrait se stabiliser après 2050, avec une hausse de 3,5 °C (2,3–4,8 °C) au cours de la période 2081-2100 par rapport aux niveaux de la période 1850-1900 (degré de confiance élevé).
- 6.6 : Sol gelé de façon saisonnière
- Message clé 6.12 : Le nombre annuel de jours où le sol est gelé de façon saisonnière et la profondeur maximale annuelle du sol gelé de façon saisonnière à l’extérieur des zones pergélisolées devraient diminuer partout au Canada jusqu’au milieu du siècle, avant de se stabiliser dans un scénario d’émissions faibles (degré de confiance élevé). En revanche, ces indicateurs du sol gelé de façon saisonnière devraient continuer à diminuer jusqu’à la fin du siècle et au-delà dans les scénarios d’émissions de carbone plus élevées et d’augmentation des températures mondiales (degré de confiance élevé).
- 4.1 : Amplification arctique
- Message clé 4.2 : L’amplification arctique et le réchauffement plus rapide de l’Arctique canadien par rapport au reste du Canada se poursuivront au cours du XXIe siècle (degré de confiance très élevé). Au cours des prochaines décennies, l’Arctique canadien devrait se réchauffer à un rythme plus de deux fois supérieur à la moyenne mondiale (degré de confiance moyen).
Mots clés pertinents
- Froid extrême, coups de froid extrême, coups de froid, vague de froid, épisode de froid, perte de froid, températures moyennes hivernales, températures minimales hivernales, réchauffement hivernal, redoux en plein hiver
- Sol gelé de façon saisonnière, sol gelé
Tableau 10.5 : Changements de direction projetés et exemples d’indicateurs pour le froid extrême, la perte de froid et le sol gelé de façon saisonnière.
Il convient de noter que l’orientation du changement projeté est générale et correspond à la moyenne pour l’ensemble du Canada. Pour plus de détails sur les indicateurs et les changements projetés, les lecteurs sont invités à consulter les sections du présent rapport sur lesquelles ces résumés sont basés (comme indiqué entre crochets).
| Orientation du changement projeté | Exemples d’indicateurs |
|---|---|
| Moins de nuits froides [8.2] | Nuits froides : nombre de nuits froides où la température minimale est inférieure à un seuil pertinent au niveau local (par exemple -25 °C ou -30 °C). |
| Les nuits les plus froides deviennent plus chaudes [8.2] | Nuit la plus froide : température minimale quotidienne la plus basse. |
| Diminution de l’intensité (niveau de retour plus faible) et de la fréquence (période de retour plus longue) des épisodes de froid extrême [8.2] | Niveaux et périodes de retour des épisodes de froid extrême : épisode de froid extrême qui se produit en moyenne une fois tous les 20 ans (un épisode de froid extrême survenant une fois tous les 20 ans aurait 5 % de chances de se produire au cours d’une année donnée). |
| Coups de froid plus courts et moins froids [8.2] |
|
| Moins de jours de gel [6.6] | Jours de gel : nombre de jours où la température de l’air descend en dessous de 0 °C. |
| Moins de jours avec sol gelé [6.6], diminution de la profondeur à laquelle le sol gèle [6.6] |
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Détails supplémentaires sur la manière d’interpréter les données pour cet aléa
Les facteurs à l’origine des épisodes de froid extrême comprennent notamment le vortex polaire, les courants‑jets et le réchauffement de l’Arctique (chapitre 4, encadrés 4.3 et 4.4). Une diminution des épisodes de froid extrême est souvent considérée comme utile, puisque de nombreux secteurs peuvent bénéficier d’hivers plus courts et plus doux. Toutefois, dans certains cas, cela peut constituer un aléa. Dans des secteurs comme la foresterie, l’absence d’épisodes de froid extrême peut entraîner une augmentation des infestations de ravageurs et des maladies en milieu forestier. Un exemple marquant est que des conditions hivernales plus chaudes depuis les années 1990 ont mené à une infestation de dendroctones du pin ponderosa, qui a détruit plus de 18 millions d’hectares de forêt en Colombie-Britannique (F. Warren et al., 2021). L’aire de répartition de ce ravageur devrait continuer de s’étendre dans les forêts de pins du nord et de l’est du Canada à mesure que les températures augmentent (F. Warren et al., 2021). Des changements dans les cycles d’infestation de la livrée des forêts ont également été observés dans les forêts boréales du Canada et ont une incidence sur la santé et la gestion des forêts (Cooke et Roland, 2018). Dans le passé, les coups de froid en plein hiver limitaient les infestations de ces ravageurs et d’autres espèces, car les températures hivernales sont un facteur clé influençant la survie des œufs et la dynamique des populations dans les climats nordiques (Cooke et Roland, 2003). Comprendre comment les indicateurs liés à cet aléa évolueront peut donc aider les gestionnaires forestiers à planifier les programmes de plantation d’arbres et de transfert de semences (McKenney et al., 2009; O’Neill et al., 2017; Thomson et al., 2010).
Les changements environnementaux dans le nord du Canada ont déjà des répercussions sur les communautés autochtones et leurs activités traditionnelles, et continueront d’en avoir de nombreuses façons (voir, par exemple, les études de cas 6.1 et 8.1). Par exemple, la population dans l’Inuit Nunangat (terres ancestrales des Inuits) entretient une relation étroite avec la terre et en dépend pour sa subsistance, ses modes de vie et sa culture (étude de cas 2.1) (Reed et al., 2024). Une étude menée par des Inuits et fondée sur des entretiens a révélé que cette relation est essentielle à la santé mentale et physique ainsi qu’au bien-être des Inuits, de même qu’à leurs activités traditionnelles, telles que la chasse et la pêche (Middleton et al., 2020). Comme l’a exprimé un aîné d’une communauté inuite du Nunatsiavut, « Nous sommes un peuple de l’hiver... un peuple de la neige; nous voulons la neige, nous voulons la glace ». Les auteurs soulignent également que, dans le passé, l’hiver était la saison offrant la plus grande mobilité, lorsque la formation de la glace de mer et le manteau neigeux permettaient d’accéder à des terres éloignées des communautés. Cependant, avec le réchauffement des températures extrêmement basses et des hivers, les communautés font face à des changements qui ont une incidence sur leurs activités traditionnelles, tels qu’une variabilité accrue de la saison de déplacement sécuritaire, des changements dans l’accès aux aliments traditionnels et des changements des options d’entreposage des aliments (Hancock et al., 2022). Ces changements ont également une incidence sur le bien-être des communautés (Reed et al., 2024). Les services climatiques peuvent aider les communautés à s’adapter et à se préparer à ces changements actuels et futurs en traduisant les données climatiques, telles que la saison de gel ou la première gelée en automne, en indicateurs plus concrets et plus faciles à comprendre, tels que des indicateurs de sécurité pour la motoneige ou la chasse.
10.4.6 : Précipitations extrêmes (fortes précipitations, pluie verglaçante, grêle et chutes de neige abondantes) et inondations pluviales
Aléas connexes
- Inondations non pluviales (pluie sur neige, fonte des neiges et embâcles) (4.9); tempêtes extratropicales et ouragans (10.4.7); orages (10.4.8); et changement du niveau de la mer, ondes de tempête et inondations côtières (10.4.13)
- Voir le chapitre 4, Processus océan-atmosphère à grande échelle agissant sur le climat, pour connaître les influences possibles sur les précipitations extrêmes (fortes précipitations, pluie verglaçante, grêle et chutes de neige abondantes) et les inondations pluviales.
Sections et messages clés du RCCC de 2026
- 8.3 : Précipitations extrêmes
- 8.3.1 : Extrêmes de précipitations totales sur un jour et sur cinq jours
- Message clé 8.4 : On prévoit une augmentation de la fréquence et de l’intensité des précipitations extrêmes sur un jour et sur cinq jours dans toutes les régions du Canada (degré de confiance élevé), les changements devenant plus importants à mesure que la température moyenne mondiale augmente (degré de confiance élevé).
- 8.3.2 : Extrêmes de pluie de courte durée
- Message clé 8.6 : L’intensité et la fréquence des épisodes de pluie extrême de courte durée au Canada devraient augmenter à l’avenir (degré de confiance élevé), et ces augmentations devraient s’accentuer à mesure que la température moyenne mondiale augmentera (degré de confiance élevé). Le taux d’intensification projeté des épisodes de pluie extrême de courte durée pour le Canada dans son ensemble correspond au taux d’augmentation de l’humidité atmosphérique et au réchauffement moyen au Canada (degré de confiance moyen).
- 8.3.3 : Chutes de neige extrêmes sur un jour
- Extrait du Message clé 8.7: Dans un contexte de réchauffement futur, il est projeté que ces fortes chutes de neige augmenteront dans une grande partie du nord et de l’est du Canada (degré de confiance moyen). Dans le sud-ouest du Canada, les fortes chutes de neige sur un jour ont diminué depuis le milieu du XXe siècle (degré de confiance moyen), tandis qu’aucune tendance claire n’a été observée dans le sud-est du Canada. Le degré de confiance est faible en ce qui concerne l’ampleur et la direction des changements futurs des chutes de neige extrêmes dans le sud du Canada.
- 8.3.4 : Extrêmes de pluie verglaçante
- Extrait du Message clé 8.8 : La fréquence des épisodes extrêmes de pluie verglaçante devrait augmenter dans la plupart des régions du Canada (faible degré de confiance), tandis que certaines baisses ou l’absence de changement significatif sont projetées dans certaines parties du sud de l’Ontario, des provinces de l’Atlantique et des régions côtières de la baie d’Hudson (faible degré de confiance).
- 8.3.5 : Grêle
- Extrait du Message clé 8.9 : Les projections indiquent une augmentation potentielle de la fréquence de la grosse grêle dans certaines parties de l’ouest du Canada (très faible degré de confiance), mais cette évaluation repose sur des données probantes limitées et comporte des défis importants en matière de modélisation.
- 2.2 : Synthèse des changements passés
- Extrait du Message clé 2.4 : Le réchauffement climatique a également entraîné des changements importants dans le cycle de l’eau et la cryosphère (degré de confiance élevé), comme en témoignent l’augmentation des précipitations annuelles et l’intensification des extrêmes de précipitations, la réduction du manteau neigeux et de la masse des glaciers, le pic printanier plus précoce du débit des rivières, la diminution de la glace lacustre et fluviale et le dégel du pergélisol.
- 2.5 : Changements passés sur le plan des précipitations
- Message clé 2.9 : Les précipitations annuelles totales ont augmenté au Canada depuis 1949, avec des augmentations en pourcentage plus importantes dans le nord du pays (degré de confiance très élevé). Les précipitations annuelles totales ont augmenté beaucoup plus rapidement au Canada que sur l’ensemble des terres émergées de la planète au cours d’une période similaire (degré de confiance très élevé).
- Message clé 2.12 : On estime que la quantité annuelle de neige tombée et le nombre annuel de jours de neige ont diminué à la plupart des stations du Sud du Canada, mais ont augmenté à la plupart des stations du Nord canadien (degré de confiance moyen). La proportion de jours de précipitations sous forme de neige et la proportion de précipitations tombant sous forme de neige ont toutes deux diminué dans la majeure partie du Canada (degré de confiance moyen).
- 3.5 : Précipitations
- Extrait du Message clé 3.8 : Les précipitations hivernales et annuelles moyennes devraient augmenter partout au Canada, en particulier dans le nord du pays et autour de la baie d’Hudson (degré de confiance élevé). Les précipitations estivales moyennes devraient augmenter dans le nord du Canada (degré de confiance moyen), mais diminuer dans certaines régions du sud du pays (faible degré de confiance).
- Message clé 3.9 : Les chutes de neige annuelles devraient augmenter dans le nord du Canada, mais diminuer dans le sud, en particulier dans les régions côtières (degré de confiance moyen). Cette tendance reflète une augmentation des précipitations partout au Canada, mais, sous l’effet du réchauffement, celles-ci seront moins sous forme de neige dans les régions les plus méridionales. Dans le scénario fondé sur les politiques actuelles et celui sans politiques, les précipitations verglaçantes devraient devenir plus fréquentes dans la majeure partie du Canada, mais moins fréquentes dans le Canada atlantique et le sud de l’Ontario (degré de confiance moyen), en raison des changements dans l’occurrence simultanée de conditions de gel à la surface et d’air plus chaud en altitude.
- 5.2 : Composante atmosphérique du cycle de l’eau
- Message clé 5.1 : La composante atmosphérique du cycle hydrologique du Canada a été modifiée et continuera de l’être sous l’influence humaine (degré de confiance moyen). Les précipitations annuelles totales et les épisodes de fortes précipitations ont augmenté et devraient continuer d’augmenter (degré de confiance élevé). L’évaporation pendant la saison chaude a augmenté et devrait continuer d’augmenter dans une grande partie du Canada, y compris à partir des eaux libres, en raison de l’allongement des périodes sans glace (faible degré de confiance). L’isotherme de 0 °C (ligne de même température) devrait se déplacer vers le nord et à des altitudes plus élevées dans tout le Canada (degré de confiance moyen), ce qui devrait entraîner des changements dans la proportion des précipitations sous forme de pluie par rapport à celles sous forme de neige.
- 5.7 : Inondations
- Message clé 5.10 : On s’attend à ce que les augmentations projetées des précipitations extrêmes entraînent des crues soudaines plus fréquentes et plus intenses à travers le Canada (degré de confiance élevé). On s’attend à ce que les températures plus élevées entraînent une fonte des neiges plus précoce, des épisodes de pluie sur neige et des débâcles, ce qui se traduira par des inondations fluviales printanières plus précoces (degré de confiance moyen). Cependant, leur fréquence future reste incertaine en raison des interactions entre la hausse des températures, la réduction du manteau neigeux et la dynamique complexe des inondations liées aux embâcles et à la fonte des neiges.
- 8.3.1 : Extrêmes de précipitations totales sur un jour et sur cinq jours
Mots clés pertinents
- Précipitations extrêmes, fortes précipitations, précipitations intenses, extrêmes de pluie de courte durée, intensité-durée-fréquence (IDF), précipitations persistantes, épisodes de pluie extrêmes, orage de grêle, grêle, neige, chutes de neige, isotherme de 0 °C, ligne de température constante, glissements de terrain déclenchés par les précipitations
- Inondations dominées par les pluies, inondations associées à la pluie, inondations pluviales, inondations urbaines, crues soudaines
Tableau 10.6 : Changements de direction projetés et exemples d’indicateurs pour les précipitations extrêmes (fortes précipitations, pluie verglaçante, grêle et chutes de neige abondantes) et les inondations pluviales.
Il convient de noter que l’orientation du changement projeté est générale et correspond à une moyenne pour l’ensemble du Canada. Pour plus de détails sur les indicateurs et les changements projetés, les lecteurs sont invités à consulter les sections du présent rapport sur lesquelles ces résumés sont basés (comme indiqué entre crochets).
| Orientation du changement projeté | Exemples d’indicateurs |
|---|---|
| Augmentation de la fréquence des jours de fortes précipitations [8.3.1] | Jours de fortes précipitations : nombre de jours au cours de la période sélectionnée où au moins 10 mm de précipitations sont tombés, également appelés jours humides. |
| Augmentation de l’intensité les jours où les précipitations sont les plus abondantes [8.3.1] | Jours où les précipitations sont les plus abondantes : précipitations maximales sur un jour et sur cinq jours (en millimètres). |
| Augmentation de l’intensité des extrêmes de pluie de courte durée [8.3.2] |
|
| Augmentation de la fréquence des épisodes de pluie extrêmes [8.3.1] | Périodes de retour des épisodes de pluie extrêmes : changements dans la récurrence des quantités maximales annuelles de précipitations sur un jour pour les périodes de 10, 20 et 50 ans. |
| Augmentation de la fréquence et de l’intensité des rivières atmosphériques au-dessus du Canada [4.5] | Fréquence des rivières atmosphériques : couloirs longs, étroits et transitoires de fort transport horizontal de vapeur d’eau. Cet indicateur est basé sur le nombre moyen de jours présentant des conditions de rivière atmosphérique. |
| Augmentation des chutes de neige dans les régions nordiques, diminution des chutes de neige dans les régions méridionales [2.5.1.2, 3.5.2] | Chutes de neige : total annuel des chutes de neige, là où les précipitations se produisent lorsque la température moyenne quotidienne est inférieure à zéro. |
| Augmentation des chutes de neige abondantes dans la majeure partie du Canada [8.3.3] |
|
| Augmentation de la fréquence des épisodes de pluie verglaçante dans la majeure partie du Canada, mais diminution de la fréquence dans le sud de l’Ontario et les provinces de l’Atlantique [2.5.1.3, 3.5.3] | Pluie verglaçante : nombre moyen d’heures de pluie verglaçante par année. |
| Augmentation des épisodes de pluie verglaçante extrêmes dans de nombreuses régions, mais diminution ou absence de changement significatif dans le sud de l’Ontario, au Canada atlantique et dans les régions côtières de la baie d’Hudson [8.3.4] | Épisodes de pluie verglaçante extrême : niveau de retour sur 50 ans de la quantité de pluie verglaçante maximale annuelle sur un jour. |
| Augmentation du nombre de jours de grêle relativement grosse en été dans certaines régions proches des Rocheuses [8.3.5]. | Jours de grêle relativement grosse : nombre de jours marqués par des grêlons d’un diamètre de 2 cm ou plus. |
Détails supplémentaires sur la manière d’interpréter les données pour cet aléa
L’influence des changements climatiques sur le cycle de l’eau a déjà des répercussions sur les secteurs de l’alimentation, de l’énergie et des ressources naturelles au Canada, ainsi que sur les communautés et l’environnement naturel (Carlson et al., 2021). Cela se reflète dans le grand nombre d’aléas connexes. Pour les fortes précipitations ou les inondations fluviales en particulier, les courbes IDF sont largement utilisées par les praticiens. Elles sont utiles, par exemple, pour la gestion des eaux pluviales, l’urbanisme et l’appréciation des risques d’inondation. Les courbes IDF sont généralement mises à jour à mesure que de nouvelles observations deviennent disponibles. En 2019, Environnement et Changement climatique Canada a publié des directives encourageant les utilisateurs à appliquer une méthode de mise à l’échelle de la température (chapitre 8, encadré 8.3) aux courbes IDF afin d’élaborer des courbes IDF ajustées pour l’avenir, qui tiennent compte des changements climatiques. Cette approche est devenue une pratique courante (Canadian Standards Association, 2025; Martel et al., 2021), et les municipalités et d’autres organisations l’intègrent désormais à leurs travaux, comme Yang et al.(2024). À l’aide de ces courbes IDF ajustées pour l’avenir, Yang et al.(2024) ont observé que le débit de pointe et la durée des inondations devraient tous deux augmenter, et que les systèmes actuels de gestion des eaux pluviales pourraient être surchargés dans le futur. La Zone d’apprentissage de Donneesclimatiques.ca décrit l’utilisation des données IDF dans le contexte d’un climat en changement.
10.4.7 : Tempêtes extratropicales et ouragans
Aléas connexes
Précipitations extrêmes (fortes précipitations, pluie verglaçante, grêle et chutes de neige abondantes) et inondations pluviales (10.4.6); orages (10.4.8); inondations non pluviales (pluie sur neige, fonte des neiges et embâcles) (10.4.9); changement du niveau de la mer, ondes de tempête et inondations côtières (10.4.13); et vents forts (10.4.15)
Sections et messages clés du RCCC de 2026
- 4.4 : Tempêtes extratropicales et blocages atmosphériques
- Message clé 4.4 : Une certaine incertitude caractérise les changements observés au cours des dernières décennies dans la fréquence et l’intensité des tempêtes extratropicales et des blocages atmosphériques. Le degré de confiance associé aux effets de l’influence humaine sur ces changements historiques est faible. On prévoit un déplacement vers les pôles des tempêtes extratropicales et une diminution de la fréquence des tempêtes extratropicales en été au-dessus du Canada (faible degré de confiance). Les blocages atmosphériques devraient être moins fréquents au-dessus du Canada, mais il existe d’importantes variations régionales (faible degré de confiance).
- 4.6 : Ouragans de l’Atlantique Nord
- Message clé 4.8 : Les projections indiquent une augmentation des taux moyens de précipitations, des taux maximaux de précipitations et des vitesses maximales du vent associés aux ouragans de l’Atlantique Nord ainsi que de la proportion d’ouragans de l’Atlantique Nord atteignant les catégories 4 et 5 (degré de confiance élevé). Cependant, en ce qui concerne le petit nombre d’ouragans touchant le Canada, un degré de confiance moyen est associé à l’augmentation des taux de précipitations, tandis que le degré de confiance est faible pour ce qui est de l’augmentation des vitesses du vent. Les changements dans la fréquence des ouragans touchant le Canada sont incertains.
- 4.3 : Courants-jets, trajectoires des tempêtes et modes de variabilité atmosphérique
- Message clé 4.3 : Les changements observés au cours des dernières décennies dans les courants-jets et les trajectoires des tempêtes qui touchent le Canada sont faibles et ne sont visibles que pendant certaines saisons et dans certaines régions. Le degré de confiance associé aux effets de l’influence humaine sur ces changements historiques est faible. Un déplacement global vers les pôles des courants-jets et des trajectoires des tempêtes est projeté d’ici la fin du XXIe siècle, mais les changements sont faibles et dépendent de la région et de la saison (faible degré de confiance).
- 8.4 : Vents extrêmes
- Message clé 8.10 : Les données disponibles sont insuffisantes pour évaluer les changements historiques des vents extrêmes au Canada en raison de la couverture et de la représentativité limitées des stations, des incertitudes importantes liées aux produits de réanalyse et du manque d’études examinant les tendances des vents extrêmes. Le degré de confiance quant à la direction et à l’ampleur des changements futurs des vents extrêmes est très faible en raison du nombre limité d’études et de l’incertitude importante liée aux projections des modèles sur les phénomènes liés au vent.
- 8.7 : Événements combinés
- 8.7.2 : Inondations côtières combinées
- Message clé 8.12 : Les inondations côtières combinées résultent de conditions climatiques qui se produisent en même temps, telles que de fortes pluies pendant des épisodes de niveaux d’eau extrêmes. Ces facteurs ont augmenté en fréquence et en intensité dans certaines régions du Canada, principalement dans les régions atlantiques (faible degré de confiance), et devraient devenir plus fréquents et plus intenses dans les lieux situés le long des côtes de l’Atlantique, du Pacifique et de l’Arctique occidental (degré de confiance moyen). Ces augmentations projetées sont principalement attribuables à l’élévation du niveau de la mer et à l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des précipitations extrêmes (degré de confiance moyen).
- 8.7.3 : Événements combinés de vent et de pluie
- Message clé 8.13 : Les données dont on dispose sont insuffisantes pour évaluer les changements historiques des événements combinés de vent et de pluie au Canada, en raison du nombre limité d’études portant sur les tendances observées. Les événements extrêmes combinés de vent et de pluie devraient augmenter (degré de confiance moyen), principalement en raison de la fréquence accrue des pluies extrêmes à l’avenir, mais les tendances régionales et l’ampleur des changements sont associées à un très faible degré de confiance.
- 8.7.2 : Inondations côtières combinées
Mots clés pertinents
- Blocage atmosphérique, cyclones extratropicaux, anticyclones, anticyclones extratropicaux, tempêtes extratropicales, anticyclones de blocage, cyclones puissants, cyclones explosifs, bombes cycloniques, tempêtes post-tropicales, cyclones post-tropicaux, transitions post‑tropicales, transitions extratropicales
- Ouragans dans l’Atlantique Nord, trajectoires des ouragans, tempêtes tropicales, tempêtes tropicales dans l’Atlantique, cyclones tropicaux, arrivée sur les côtes, tempêtes post-tropicales, cyclones post-tropicaux, transitions post-tropicales, transitions extratropicales
Tableau 10.7 : Changements de direction projetés et exemples d’indicateurs pour les tempêtes extratropicales et les ouragans.
Il convient de noter que l’orientation du changement projeté est générale et correspond à une moyenne pour l’ensemble du Canada. Pour plus de détails sur les indicateurs et les changements projetés, les lecteurs sont invités à consulter les sections du présent rapport sur lesquelles ces résumés sont basés (comme indiqué entre crochets).
| Orientation du changement projeté | Exemples d’indicateurs |
|---|---|
| Changement de position et d’intensité des courants-jets et des trajectoires des tempêtes, avec des changements variant selon les régions [4.3] | Vents faibles d’ouest en est : vitesse des vents d’ouest en est à 700 hPa (environ 3 km au-dessus de la surface de la Terre). |
| Augmentation de l’intensité des ouragans et des cyclones tropicaux [4.6] | Intensité des ouragans et des cyclones tropicaux : intensité et proportion des cyclones atteignant la catégorie 4 ou 5 à l’échelle mondiale. |
| Augmentation de l’intensité des précipitations liées aux cyclones tropicaux [4.6] | Précipitations liées aux ouragans et aux cyclones tropicaux : taux de précipitations moyens et maximaux associés à un cyclone tropical. |
| Changement incertain de la fréquence des cyclones tropicaux [4.6] | Nombre de cyclones tropicaux : fréquence des cyclones tropicaux. |
| Faibles changements dans les pressions du vent variant selon les régions, avec une variabilité interne élevée et une incertitude élevée [8.7.3] | Pressions du vent : pressions du vent de conception à différents intervalles de retour. |
Détails supplémentaires sur la manière d’interpréter les données pour cet aléa
Les cyclones extratropicaux et les ouragans peuvent entraîner des déplacements et des migrations, perturber l’approvisionnement et la distribution d’énergie, et nuire aux réseaux de transport (F. J. Warren et Lulham, 2021). Ils ont également une incidence sur les écosystèmes. Par exemple, les pratiques de gestion forestière en Nouvelle-Écosse tiennent compte de la fréquence de retour de nombreux aléas, y compris les cyclones et les ouragans. Comme de nombreuses régions du Canada, la Nouvelle-Écosse restaure ses forêts grâce à la mise en œuvre de la foresterie écologique, une pratique de gestion qui reproduit les régimes de perturbations naturelles afin de maintenir les structures forestières naturelles, la biodiversité et les processus fonctionnels (McLean et al., 2021). Les changements climatiques modifieront les régimes de perturbations à l’avenir (Taylor et al., 2020).
Les répercussions des cyclones et des anticyclones dépendent de leur intensité, de leur vitesse de déplacement et de leur fréquence. Les cyclones et les anticyclones particulièrement puissants peuvent entraîner des conditions météorologiques extrêmes au Canada (Barlow et al., 2019; Grotjahn et al., 2016; Yu et al., 2022). De plus, l’augmentation des températures de surface de la mer et une évaporation accrue aux hautes latitudes devraient influencer la trajectoire, la taille et la fréquence des cyclones tropicaux (Knutson et al., 2020).
La section 4.6.3 du chapitre 4 évalue la fréquence des cyclones tropicaux et des ouragans dans l’Atlantique. Bien que les projections pour le bassin de l’Atlantique Nord demeurent incertaines, une augmentation de l’intensité des cyclones tropicaux et des ouragans dans l’Atlantique est projetée à l’échelle mondiale. Une augmentation de la proportion de cyclones tropicaux et d’ouragans de catégorie 4 et 5 est projetée, accompagnée d’une augmentation des taux de précipitations (degré de confiance moyen) et de la vitesse des vents (faible degré de confiance).
10.4.8 : Orages
Aléas connexes
Précipitations extrêmes (fortes précipitations, pluie verglaçante, grêle et chutes de neige abondantes) et inondations pluviales (10.4.6); tempêtes extratropicales et ouragans (10.4.7); inondations non pluviales (pluie sur neige, fonte des neiges et embâcles) (10.4.9); et vents forts (10.4.15)
Sections et messages clés du RCCC de 2026
- 4.7 : Conditions environnementales à grande échelle favorisant les orages
- Message clé 4.10 : Les conditions environnementales à grande échelle favorisant les orages devraient devenir plus fréquentes dans le centre et l’est du Canada au printemps, en été et en automne (degré de confiance élevé). Cependant, le degré de confiance quant à l’augmentation des orages et autres phénomènes météorologiques violents est faible, car une augmentation des conditions environnementales favorables n’entraîne pas toujours une augmentation des orages.
- 8.4 : Vents extrêmes
- Message clé 8.10 : Les données disponibles sont insuffisantes pour évaluer les changements historiques des vents extrêmes au Canada en raison de la couverture et de la représentativité limitées des stations, des incertitudes importantes liées aux produits de réanalyse et du manque d’études examinant les tendances des vents extrêmes. Le degré de confiance quant à la direction et à l’ampleur des changements futurs des vents extrêmes est très faible en raison du nombre limité d’études et de l’incertitude importante liée aux projections des modèles sur les phénomènes liés au vent.
Mots clés pertinents
Tempêtes convectives, environnements propices aux tempêtes convectives, tempêtes convectives à grande échelle, conditions environnementales à grande échelle favorables aux orages, énergie convective potentielle disponible, tornades, tempêtes, orages, vents de tempête, rafales descendantes, microrafales, déréchos
Tableau 10.8 : Changements de direction projetés et exemples d’indicateurs pour les orages.
Il convient de noter que l’orientation du changement projeté est générale et correspond à une moyenne pour l’ensemble du Canada. Pour plus de détails sur les indicateurs et les changements projetés, les lecteurs sont invités à consulter les sections du présent rapport sur lesquelles ces résumés sont basés (comme indiqué entre crochets).
| Orientation du changement projeté | Exemples d’indicateurs |
|---|---|
| Conditions plus favorables à la formation de tempêtes, mais incertitude quant à savoir si la prévalence accrue de ces conditions se traduira par une augmentation des phénomènes météorologiques violents [4.7] |
|
| En général, faibles diminutions du cisaillement vertical du vent, mais incertitude quant à l’évolution des rafales [4.7] |
Cisaillement vertical du vent : changement de la vitesse ou de la direction du vent qui accompagne un changement d’altitude. |
Détails supplémentaires sur la manière d’interpréter les données pour cet aléa
Les orages, ou tempêtes convectives, sont des phénomènes atmosphériques complexes souvent associés à d’autres aléas climatiques, tels que le foudroiement, les dommages causés par le vent, les tornades, la grêle et les crues éclairs (NAV CANADA, sans date). Bien que ces aléas et leurs répercussions suscitent beaucoup d’intérêt, les modèles climatiques ne fournissent pour l’instant que peu d’informations directes à leur sujet (chapitre 4, sections 4.4 et 4.6). Il est toutefois possible d’utiliser des informations sur les conditions favorisant la formation de ces aléas ainsi que des données indirectes pour évaluer leur évolution dans le temps. Comme indiqué à la section 4.7.1 du chapitre 4, les indicateurs de temps violent sont différents des phénomènes météorologiques violents. La corrélation entre ces indicateurs et ces phénomènes peut varier selon les régions et les saisons (Tippett et al., 2019). En d’autres termes, les changements observés dans ces indicateurs ne se traduiront pas nécessairement par des changements dans les phénomènes météorologiques violents (chapitre 4). Toutefois, ces indicateurs permettent d’examiner les changements dans la fréquence des conditions à grande échelle qui favorisent la formation de tempêtes convectives et de phénomènes météorologiques violents. De cette manière, ils peuvent être utiles pour analyser les changements futurs dans les risques liés aux phénomènes météorologiques violents à partir des projections climatiques. La majorité des modèles climatiques n’ont pas une résolution horizontale ou verticale adéquate pour modéliser directement des systèmes météorologiques à l’échelle de quelques dizaines à quelques centaines de kilomètres, ce qui rend impossibles des mesures plus directes.
Le rapport sur les Perspectives régionales, publié dans le cadre du processus d’évaluation nationale « Le Canada dans un climat en changement », présente une étude de cas portant sur une stratégie d’adaptation mise en œuvre par Metrolinx. Metrolinx est l’autorité responsable des transports publics dans la région du Grand Toronto. Cette étude de cas met en évidence la manière dont les ingénieurs ont intégré des indicateurs climatiques dans leur travail, qu’il s’agisse de concevoir des voies ferrées plus résilientes aux changements climatiques ou d’adapter leurs activités aux tempêtes convectives et autres changements climatiques. Divers aspects de cette étude de cas de Metrolinx sont également présentés sur Donnéesclimatiques.ca dans une étude de cas écrite et dans un balado.
10.4.9 : Inondations non pluviales (pluie sur neige, fonte des neiges et embâcles)
Aléas connexes
- Précipitations extrêmes (fortes précipitations, pluie verglaçante, grêle et chutes de neige abondantes) et inondations pluviales (4.6); tempêtes extratropicales et ouragans (10.4.7); orages (10.4.8); et changement du niveau de la mer, ondes de tempête et inondations côtières (10.3.13)
- Voir le chapitre 6, Changements dans la cryosphère, pour connaître les influences possibles sur les inondations non pluviales (pluie sur neige, fonte des neiges et embâcles).
Sections et messages clés du RCCC de 2026
- 5.7 : Inondations
- Message clé 5.10 : On s’attend à ce que les augmentations projetées des précipitations extrêmes entraînent des crues soudaines plus fréquentes et plus intenses à travers le Canada (degré de confiance élevé). On s’attend à ce que les températures plus élevées entraînent une fonte des neiges plus précoce, des épisodes de pluie sur neige et des débâcles, ce qui se traduira par des inondations fluviales printanières plus précoces (degré de confiance moyen). Cependant, leur fréquence future reste incertaine en raison des interactions entre la hausse des températures, la réduction du manteau neigeux et la dynamique complexe des inondations liées aux embâcles et à la fonte des neiges.
- 2.5 : Changements passés des précipitations
- Message clé 2.9 : Les précipitations annuelles totales ont augmenté au Canada depuis 1949, avec des augmentations en pourcentage plus importantes dans le nord du pays (degré de confiance très élevé). Les précipitations annuelles totales ont augmenté beaucoup plus rapidement au Canada que sur l’ensemble des terres émergées de la planète au cours d’une période similaire (degré de confiance très élevé).
- Message clé 2.12 : On estime que la quantité annuelle de neige tombée et le nombre annuel de jours de neige ont diminué à la plupart des stations du Sud du Canada, mais ont augmenté à la plupart des stations du Nord canadien (degré de confiance moyen). La proportion de jours de précipitations sous forme de neige et la proportion de précipitations tombant sous forme de neige ont toutes deux diminué dans la majeure partie du Canada (degré de confiance moyen).
- 3.5 : Précipitations
- Extrait du Message clé 3.8: Les précipitations hivernales et annuelles moyennes devraient augmenter partout au Canada, en particulier dans le nord du pays et autour de la baie d’Hudson (degré de confiance élevé). Les précipitations estivales moyennes devraient augmenter dans le nord du Canada (degré de confiance moyen), mais diminuer dans certaines régions du sud du pays (faible degré de confiance).
- Extrait du Message clé 3.9 : Les chutes de neige annuelles devraient augmenter dans le nord du Canada, mais diminuer dans le sud, en particulier dans les régions côtières (degré de confiance moyen). Cette tendance reflète une augmentation des précipitations partout au Canada, mais, sous l’effet du réchauffement, celles-ci seront moins sous forme de neige dans les régions les plus méridionales.
- 5.2 : Composante atmosphérique du cycle de l’eau
- Message clé 5.1 : La composante atmosphérique du cycle hydrologique du Canada a été modifiée et continuera de l’être sous l’influence humaine (degré de confiance moyen). Les précipitations annuelles totales et les épisodes de fortes précipitations ont augmenté et devraient continuer d’augmenter (degré de confiance élevé). L’évaporation pendant la saison chaude a augmenté et devrait continuer d’augmenter dans une grande partie du Canada, y compris à partir des eaux libres, en raison de l’allongement des périodes sans glace (faible degré de confiance). L’isotherme de 0 °C (ligne de même température) devrait se déplacer vers le nord et à des altitudes plus élevées dans tout le Canada (degré de confiance moyen), ce qui devrait entraîner des changements dans la proportion des précipitations sous forme de pluie par rapport à celles sous forme de neige.
- 5.3 : Débits fluviaux et leur chronologie
- Message clé 5.2 : D’importants changements dans le débit des cours d’eau au Canada se sont produits et devraient se poursuivre sur une base saisonnière. Au cours des 50 à 70 dernières années, les débits des cours d’eau ont augmenté en hiver et au printemps et ont diminué en été dans certaines régions (degré de confiance élevé). Les augmentations hivernales devraient se poursuivre dans tout le pays, tandis que les diminutions estivales devraient se produire dans l’ouest du Canada (degré de confiance élevé).
- Message clé 5.3 : Les débits annuels ont augmenté dans les régions du nord du Canada dominées par le pergélisol et continueront de le faire (degré de confiance élevé). Aucun changement historique à long terme ou projeté des débits annuels n’est évident dans le reste du pays (degré de confiance élevé).
- Message clé 5.4 : Les débits fluviaux atteignent leur maximum au printemps plus tôt dans tout le Canada en raison de l’arrivée plus précoce des crues printanières. Ce changement a entraîné une transition des régimes hydrologiques dominés par la fonte des neiges vers des régimes dominés par les pluies. Ces changements devraient se poursuivre (degré de confiance élevé).
- 6.5 : Glaciers
- Message clé 6.10 : Les glaciers du Canada devraient continuer à perdre de la masse dans tous les scénarios d’émissions futurs (degré de confiance très élevé). Dans l’ouest du Canada, plus de 70 % de la glace de glacier (en volume) devrait disparaître d’ici 2100, même si le réchauffement est limité à 1,5 °C (degré de confiance élevé). Le nombre et la sévérité des aléas liés aux glaciers, tels que les inondations et les glissements de terrain, devraient augmenter, particulièrement dans l’ouest du Canada (degré de confiance moyen). L’eau de fonte provenant des glaciers et des calottes glaciaires de l’Arctique canadien continuera de figurer parmi les plus importantes sources glaciaires de l’élévation du niveau de la mer à l’échelle mondiale jusqu’en 2100 et au‑delà (degré de confiance très élevé).
Mots clés pertinents
- Extrêmes hydrologiques, extrêmes hydrométéorologiques
- Inondations, crues, surplus d’eau, inondation mixte
- Inondations dues à la pluie sur neige, épisodes de pluie sur neige, inondations dues à la pluie sur glace
- Crues de fonte de neige, crues printanières, inondations liées à la fonte des neiges, inondations dominées par la fonte des neiges, inondations liées à la neige, épisodes extrêmes de fonte des neiges, épisodes de fonte des glaces extrême
- Inondations dues aux embâcles, débâcles, débâcles thermiques, mouvement des glaces, glace de rivière, englacement, crue printanière
- Inondations fluviales, inondations riveraines, événements d’écoulement fluvial, épisodes de débit élevé, régime d’écoulement fluvial
- Inondation glaciaire, inondation dominée par les glaciers
Tableau 10.9 : Changements de direction projetés et exemples d’indicateurs pour les inondations non pluviales (pluie sur neige, fonte des neiges et embâcles)
Il convient de noter que l’orientation du changement projeté est générale et correspond à une moyenne pour l’ensemble du Canada. Pour plus de détails sur les indicateurs et les changements projetés, les lecteurs sont invités à consulter les sections du présent rapport sur lesquelles ces résumés sont basés (comme indiqué entre crochets).
| Type | Orientation du changement projeté | Exemples d’indicateurs |
|---|---|---|
| Pluie sur neige | Augmentation des épisodes de pluie sur neige dans certaines régions de haute altitude et de latitude moyenne, diminution de la fréquence des épisodes de pluie sur neige dans les zones de faible altitude en raison de la perte de manteau neigeux, et augmentation des pluies hivernales sur le manteau neigeux dans certaines régions [5.7] | Jours de pluie sur neige : jours où les précipitations liquides et l’équivalent en eau de la neige sont supérieurs à 1 mm. |
| Changements dans la chronologie et la fréquence des épisodes de pluie sur neige dus à des changements de la ligne de gel, augmentation des épisodes de pluie sur neige due au passage de la neige à la pluie au nord de l’isotherme de 0 °C et à des altitudes plus élevées où le manteau neigeux persiste, et diminution des épisodes de pluie sur neige dans les régions méridionales et de basse altitude en raison de la réduction du manteau neigeux [5.2, 5.7] | Isotherme de 0 °C ou ligne de gel : l’isotherme de 0 °C détermine la phase de précipitation et influe sur l’endroit et la chronologie des chutes de neige, des pluies et de la fonte des neiges. | |
| Fonte des neiges | Modification de l’écoulement fluvial, avec des variations selon les régions et les saisons [5.3] | Écoulement fluvial (débit, écoulement, vitesse du courant) : volume d’eau s’écoulant dans un cours d’eau, exprimé en m3/s. |
| Crues printanières plus précoces en raison d’une fonte des neiges plus précoce et d’un pic de débit printanier plus précoce [5.3] | Période d’écoulement fluvial maximal : période où l’écoulement est le plus élevé. | |
| Changements dans la chronologie et la fréquence des épisodes liés à la fonte des neiges, certains régimes dominés par la fonte des neiges laissant place à des régimes dominés par la pluie dans certaines régions en raison des changements de la ligne de gel [5.3] | Isotherme de 0 °C ou ligne de gel : l’isotherme de 0 °C détermine la phase de précipitation et influe sur l’endroit et la chronologie des chutes de neige, des pluies et de la fonte des neiges. | |
| Diminution de la durée du manteau neigeux et de l’épaisseur maximale du manteau neigeux dans la plupart des endroits, mais avec des variations selon les régions [5.7, 6.2] |
|
|
| Embâcle | Changements incertains et variables selon les régions dans la fréquence et la sévérité des embâcles [5.7, 6.4] | Épaisseur de la glace de rivière : l’équation de Stefan relie l’épaisseur de la glace de rivière au nombre de degrés-jour de gel accumulés. |
Détails supplémentaires sur la manière d’interpréter les données pour cet aléa
Les inondations sont la catastrophe naturelle la plus fréquemment signalée au Canada, selon la Base de données canadienne sur les catastrophes, qui contient des informations sur les catastrophes importantes survenues entre 1900 et 2022 (Sécurité publique Canada, 2025). Les inondations peuvent survenir à tout moment de l’année, à proximité ou loin des plans d’eau, et peuvent être déclenchées par plusieurs mécanismes différents (Sécurité publique Canada, 2023). Les principales catégories d’inondations examinées dans ces sections sur les aléas sont les crues printanières (fonte des neiges), les inondations pluviales (fortes précipitations; section 10.4.6), les embâcles, les épisodes de pluie sur neige et les inondations côtières causées par les ondes de tempête et l’élévation du niveau de la mer (section 10.4.13).
Les nombreux renvois à d’autres chapitres dans cette section et dans la section 10.4.6 (précipitations extrêmes) montrent que les inondations constituent un aléa transversal. Cela s’explique par le fait que les inondations sont un aléa complexe ayant de multiples causes, dont certaines découlent d’interactions entre différents aspects du climat. Cet aléa est également complexe en raison des interactions avec des facteurs non climatiques, tels que la topographie, les conditions de surface et la mise en œuvre de mesures d’adaptation. Il s’agit d’un aléa important à comprendre et auquel il faut s’adapter en raison de la gravité de ses conséquences. Comprendre les risques d’inondation nécessite généralement d’utiliser des projections issues de modèles climatiques pour alimenter des modèles hydrologiques afin de comprendre les changements dans l’écoulement fluvial, et potentiellement des modèles hydrauliques afin de comprendre la vulnérabilité aux inondations à une échelle spatiale fine (Ressources naturelles Canada, 2023).
Au cours du XXIe siècle, les responsables des infrastructures de transport de la Colombie-Britannique ont utilisé des indicateurs climatiques pour évaluer l’augmentation des risques d’inondation. Les glissements de terrain constituent une préoccupation importante pour les infrastructures de transport dans cette région. Dans Sobie (2020), l’auteur a combiné un modèle de glissement de terrain avec des projections de précipitations à échelle réduite et des données géologiques historiques pour générer des simulations détaillées des aléas de glissements de terrain en Colombie-Britannique au cours du XXIe siècle. En 2010, le ministère des Transports et des Infrastructures de la Colombie-Britannique a réalisé une évaluation de la vulnérabilité technique de la route de Coquihalla aux changements climatiques (BC Ministry of Transportation and Infrastructure, 2010), qui a permis de conclure que la route de Coquihalla est généralement résiliente aux changements climatiques, à l’exception de la réponse des infrastructures de drainage au Pineapple Express (rivière atmosphérique). Cette appréciation des risques a mené à l’exigence (BC Ministry of Transportation and Infrastructure, 2015, 2019) de prise en compte des changements climatiques dans tous les nouveaux projets ainsi que dans les travaux de réhabilitation et d’entretien. En novembre 2021, une rivière atmosphérique a touché terre dans le sud‑ouest de la Colombie-Britannique, apportant des précipitations intenses dans la région, y compris sur le tronçon de route qui avait fait l’objet d’une appréciation des risques climatiques environ 15 ans plus tôt. Gillett et al. (2022) ont constaté que les changements climatiques découlant de l’activité humaine avaient contribué de manière importante à la probabilité d’un tel événement de rivière atmosphérique, et que la probabilité de tels événements augmentera à l’avenir. L’utilisation explicite de projections climatiques dans tous les projets de construction liés aux transports depuis près d’une décennie vise à réduire l’incidence de ces événements sur les infrastructures de transport. Après les dommages causés à la route de Coquihalla en 2021, le ministère s’efforce désormais de garantir que les travaux de modernisation soient également résilients face au climat en changement.
10.4.10 : Sécheresses
Aléas connexes
- Chaleur extrême et vagues de chaleur (4.4); et feux de forêt (10.4.11)
- Voir la section 4.8 du chapitre 4, Phénomène El Niño-oscillation australe et autres modes de variabilité couplés océan-atmosphère, pour connaître les influences possibles sur les sécheresses; et la section 5.5 du chapitre 5, Eaux souterraines, et l’incidence des changements liés aux sécheresses sur celles‑ci.
Sections et messages clés du RCCC de 2026
- 5.6 : Sécheresses
- Message clé 5.8 : On projette que les sécheresses météorologiques et agricoles seront plus longues, plus fréquentes et plus intenses dans le centre et le sud du Canada pendant l’été, et qu’elles seront plus marquées avec l’augmentation du réchauffement planétaire et à la fin du siècle (degré de confiance élevé). Les sécheresses hydrologiques estivales devraient également être plus longues, plus fréquentes et plus intenses dans de nombreuses régions du sud du Canada, principalement en raison de l’augmentation de l’évaporation et de la diminution du ruissellement dans les régions montagneuses (faible degré de confiance). Historiquement, des sécheresses périodiques se sont produites dans une grande partie du Canada, mais aucun changement à long terme de leur fréquence n’est détectable (degré de confiance élevé).
- 5.9 : Synthèse des changements dans le cycle de l’eau
- Message clé 5.11 : De nombreux processus liés au cycle de l’eau se produisent désormais plus tôt au printemps (degré de confiance élevé), notamment la fonte des neiges, la crue printanière, la recharge des aquifères et une date de déglacement. Ces changements devraient se poursuivre (degré de confiance élevé) et pourraient avoir des conséquences sur la sécurité future de l’eau douce.
- Message clé 5.12 : Le réchauffement climatique a modifié et continuera de modifier le cycle hydrologique au Canada (degré de confiance moyen). Cela se traduit par une augmentation des précipitations, des changements dans la proportion des précipitations sous forme de pluie par rapport à celles sous forme de neige, une augmentation de l’évaporation pendant la saison chaude et un risque accru d’inondations soudaines et de sécheresses estivales. On s’attend à ce que ces changements aient une incidence directe sur la disponibilité de l’eau douce de surface et souterraine dans tout le Canada.
- 6.2 : Neige terrestre
- Message clé 6.2 : La durée du manteau neigeux devrait diminuer à l’échelle canadienne et les accumulations maximales de neige devraient diminuer dans la majeure partie du pays avec le réchauffement climatique (degré de confiance très élevé). Contrairement au reste du Canada, les régions occidentales et centrales du nord du Canada devraient connaître des accumulations maximales de neige plus importantes en raison de chutes de neige plus abondantes, malgré une saison d’enneigement plus courte (degré de confiance moyen).
- Message clé 6.3 : Les données historiques et les changements observés du manteau neigeux sont plus incertains dans les régions montagneuses que dans les autres régions (degré de confiance élevé). Dans un climat plus chaud, les régions montagneuses devraient connaître une accumulation de neige moindre et davantage d’épisodes de fonte en plein hiver, ce qui réduira la prévisibilité des ressources en eau au Canada et modifiera leur disponibilité (degré de confiance élevé).
Mots clés pertinents
Pénurie d’eau de surface, déficits hydriques, rareté de l’eau, pénuries d’eau, assèchement de la surface, période sèche, sécheresse météorologique/agricole/hydrologique/écologique, sécheresse éclair, absence de neige, indice de précipitations normalisé), évapotranspiration potentielle, indice de sévérité de sécheresse de Palmer, indice de précipitations et d’évapotranspiration normalisé, indices de ruissellement normalisés, indice d’écoulement fluvial normalisé, indice des eaux souterraines normalisé, sécheresse survenant une fois tous les dix ans, déficit en équivalent en eau de la neige, indice du déficit en humidité du sol, indice d’humidité du climat, indice température‑humidité
Tableau 10.10 : Changements de direction projetés et exemples d’indicateurs pour les sécheresses
Il convient de noter que l’orientation du changement projeté est générale et correspond à une moyenne pour l’ensemble du Canada. Pour plus de détails sur les indicateurs et les changements projetés, les lecteurs sont invités à consulter les sections du présent rapport sur lesquelles ces résumés sont basés (comme indiqué entre crochets).
| Orientation du changement projeté | Exemples d’indicateurs |
|---|---|
| Changement des précipitations totales, avec des variations selon les régions et les saisons [2,5, 3,5] | Précipitations totales : quantité totale de précipitations (en millimètres) accumulées. |
| Augmentation de la sévérité des conditions de sécheresse dans certaines régions [5.6] | Indice de précipitations et d’évapotranspiration normalisé : indice de sécheresse qui intègre les précipitations, la température et l’évapotranspiration potentielle. |
| Augmentation de la fréquence (période de retour plus courte) des sécheresses dans certaines régions [5.6] | Niveaux et périodes de retour des sécheresses extrêmes : sécheresses survenant une fois tous les dix ans pendant la saison chaude (d’avril à septembre). |
| Augmentation de la fréquence et de la durée des périodes sèches [5.6] |
|
| Diminution du manteau neigeux dans la plupart des endroits, mais avec des variations considérables selon les régions [5.6, 6.2] | Équivalent en eau de la neige : quantité d’eau contenue dans le manteau neigeux (par exemple, en kg/m2) ou, de manière équivalente, hauteur de la couche d’eau (par exemple, en millimètres) qui résulterait de la fonte instantanée de l’ensemble du manteau neigeux. |
| Diminution de l’humidité du sol [5.6] | Humidité du sol en surface : humidité du sol jusqu’à une profondeur de 10 cm. |
| Modification du ruissellement de surface, avec des variations selon les régions [5.3, 5.6] | Ruissellement de surface : proportion des précipitations qui ne s’infiltrent pas dans le sol (en millimètres ou en mètres). |
Détails supplémentaires sur la manière d’interpréter les données pour cet aléa
La sécheresse est un enjeu important pour la gestion de l’eau et l’agriculture, puisqu’une sécheresse accrue pourrait limiter les possibilités liées aux changements climatiques, telles que la modification de l’adaptabilité des cultures et l’allongement de la saison de croissance (chapitre 5) (Lemmen et al., 2021). Dans la plupart des régions du pays, l’augmentation projetée du potentiel de sécheresse liée au climat est principalement due au réchauffement et à l’augmentation de l’évaporation qui en découle (chapitre 5, section 5.3). Les projections climatiques disponibles pour les conditions de sécheresse localisées au Canada se sont améliorées au cours des dernières décennies. Au début du siècle, les utilisateurs devaient déduire les conditions de sécheresse à partir des facteurs climatiques connus qui les influencent et de variables climatiques distinctes, telles que les précipitations totales et les températures maximales, à la résolution des MCG de l’époque, soit environ 2° à 6° (ou 120 km x 200 km à 360 km x 600 km) (Barrow et al., 2004).
Depuis, divers indices de sécheresse sont devenus disponibles (chapitre 5, section 5.6.1). Par exemple, en 2018, l’indice normalisé de précipitations et d’évapotranspiration a été calculé à l’aide de l’ensemble CMIP5. Ces projections étaient fondées sur les précipitations et l’évapotranspiration potentielle, elle‑même calculée à partir des données de température (Tam et al., 2019). En 2023, lorsque cet indice a été mis à jour avec l’ensemble CMIP6 (Tam et al., 2023), une méthode de calcul plus complexe de l’évapotranspiration potentielle a été utilisée, intégrant la vitesse du vent, l’humidité, le rayonnement et la température de l’air. Cette version utilise également des observations à haute résolution pour la correction des biais lorsque cela est possible et offre une couverture plus complète du Canada. Dans l’ensemble, l’évolution de la disponibilité des données climatiques liées à la sécheresse souligne la nécessité d’une approche itérative en matière de planification et de gestion des ressources en eau, afin que les nouvelles données climatiques puissent être intégrées aux décisions dès qu’elles deviennent disponibles. D’autres indicateurs de sécheresse, tels que les indicateurs composites, font l’objet de recherches actives, et de nouvelles méthodes sont encore en cours d’élaboration, comme les travaux de Soltani et al.(2024), qui utilisent l’apprentissage profond pour étudier les futures zones de sécheresse au Canada.
10.4.11 : Feux de forêt
Aléas connexes
Chaleur extrême et vagues de chaleur (10.4.4); et sécheresses (10.4.10)
Sections et messages clés du RCCC de 2026
- 8.7.1 : Météo des feux de forêt et feux de forêt
- Message clé 8.11 : La saison des feux s’est allongée dans la plupart des régions du Canada (degré de confiance élevé) et devrait continuer à s’allonger à mesure que la température moyenne mondiale augmente (degré de confiance élevé). La météo des feux de forêt, caractérisée par des conditions chaudes, sèches et venteuses favorisant les feux de forêt, a augmenté en Alberta et en Colombie-Britannique (degré de confiance moyen), certains facteurs indiquant une augmentation dans d’autres régions (très faible degré de confiance). La fréquence et l’intensité des conditions météorologiques extrêmes propices aux incendies devraient augmenter dans la plupart des régions du Canada à mesure que la température moyenne mondiale augmente (degré de confiance élevé).
- 9.5 : Le cycle du carbone au Canada
- Extrait du Message clé 9.10 : […] des phénomènes extrêmes comme la saison des feux de 2023 peuvent transformer les terres en une source temporaire de carbone (faible degré de confiance). À l’avenir, on s’attend à une augmentation tant de l’absorption de carbone due à la croissance accrue de la végétation (degré de confiance moyen) que des émissions de carbone provenant du dégel du pergélisol, des feux de forêt et d’autres perturbations (degré de confiance élevé).
- Message clé 9.11 : La superficie forestière annuelle brûlée par les incendies au Canada a augmenté depuis le début des années 1980 (degré de confiance moyen). On prévoit que la superficie brûlée augmentera davantage à mesure que le climat continuera de se réchauffer (degré de confiance élevé).
Mots clés pertinents
Incendie, feu de forêt, feux de végétation, conditions météorologiques propices aux feux de forêt forestiers, superficie brûlée, brûlis, masse combustible, sources d’ignition, humidité du combustible, comportement du feu, méthode d’évaluation des dangers de feu de forêt, méthode de l’indice forêt-météo (IFM), saison des feux, indice de propagation initiale, indice du combustible disponible, conditions météorologiques extrêmes propices aux feux de forêt
Tableau 10.11 : Changements de direction projetés et exemples d’indicateurs pour les feux de forêt
Il convient de noter que l’orientation du changement projeté est générale et correspond à une moyenne pour l’ensemble du Canada. Pour plus de détails sur les indicateurs et les changements projetés, les lecteurs sont invités à consulter les sections du présent rapport sur lesquelles ces résumés sont basés (comme indiqué entre crochets).
| Orientation du changement projeté | Exemples d’indicateurs |
|---|---|
| Augmentation de la fréquence et de la sévérité des conditions météorologiques propices aux feux de forêt [8.7.1] | Indice du combustible disponible extrême : mesure sans unité qui décrit les conditions de sécheresse du sol forestier, les valeurs élevées indiquant un danger de feu accru. L’indice est calculé à partir de la température, de l’humidité relative et des précipitations, et l’indice extrême correspond au 95e centile de l’indice quotidien pendant au cœur de la saison des feux, de mai à septembre. |
| Allongement de la saison des feux [8.7.1] | Durée de la saison des feux : nombre de jours pendant lesquels les feux de forêt sont les plus susceptibles de se produire, généralement défini comme commençant après trois jours consécutifs avec une température maximale supérieure à 12 °C et se terminant après trois jours consécutifs avec une température inférieure à 5 °C. |
| Superficie brûlée par les feux de forêt [8.7.1, 9.5.1.7] | Superficie brûlée par les feux de forêt : zone brûlée par les feux de forêt. |
Détails supplémentaires sur la manière d’interpréter les données pour cet aléa
Les feux de forêt et la fumée qu’ils produisent ont des répercussions considérables au Canada, car ils peuvent entraîner, par exemple, des évacuations, des dommages aux biens personnels et aux infrastructures publiques, des problèmes de qualité de l’air, des effets sur la santé et une visibilité réduite (Sécurité publique Canada, 2023; F. J. Warren et Lulham, 2021). L’activité des feux de forêt a augmenté au Canada au cours des dernières décennies, et les récentes saisons de feux de forêt extrêmes peuvent être directement liées aux changements climatiques causés par les activités humaines (chapitre 8, section 8.7.1, encadré 8.1). La composante climatique du danger de feu de forêt est liée aux conditions chaudes, sèches et venteuses, qui sont propices aux feux. Toutefois, l’activité des feux de forêt est également fortement influencée par des facteurs non liés au climat, tels que la végétation et les débris inflammables (combustible) ainsi que les sources d’ignition naturelles et découlant de l’activité humaine (chapitre 8, section 8.7.1; chapitre 9, section 9.5.1.7).
Comme décrit au chapitre 8, les professionnels de la lutte contre les feux de forêt au Canada utilisent largement et régulièrement la Méthode canadienne d’évaluation des dangers d’incendie de forêt (MCEDIF) pour estimer le danger de feu de forêt et planifier en conséquence en évaluant le potentiel d’ignition, de propagation et d’intensité des feux (Stocks et al., 1989). Cette méthode comprend plusieurs indicateurs qui constituent l’indice forêt‑météo (Van Wagner, 1987). Les projections de cet indice et une application Web ont été élaborées avec une contribution importante des utilisateurs à plusieurs étapes (Van Vliet et al., 2024) afin de réduire la surcharge décisionnelle et d’améliorer l’intégration appropriée des informations sur les conditions météorologiques propices aux feux dans la prise de décisions à long terme. Même avec de tels indices sur mesure, il est important de décrire avec soin les limites d’utilisation et les informations supplémentaires qui pourraient être nécessaires pour comprendre les risques futurs de feux de forêt.
Par exemple, la MCEDIF tient compte des trois principaux facteurs qui influencent généralement l’activité des feux de forêt : 1) des conditions climatiques chaudes, sèches et venteuses, qui favorisent l’ignition et la propagation des feux; 2) les combustibles, tels que la végétation et les débris, nécessaires à l’ignition et à la propagation des feux; 3) les sources d’ignition, qui peuvent être naturelles, comme la foudre, ou découlant de l’activité humaine, comme des étincelles provenant d’un feu de camp (Stocks et al., 1989). La MCEDIF tient également compte d’autres facteurs importants dans la lutte contre les feux de forêt, tels que la topographie (caractéristiques du paysage). Bien que les projections de l’indice forêt‑météo, telles que l’indice de combustible disponible extrême mentionné à la section 8.7.1 du chapitre 8, puissent informer les utilisateurs sur les aspects météorologiques du danger de feu, elles ne fournissent pas d’information sur les autres facteurs pris en compte par la MCEDIF : la disponibilité du combustible, la topographie et les sources d’ignition. Il est important de prendre en compte ces facteurs non climatiques pour mieux comprendre le danger de feu à l’échelle locale.
De plus, les répercussions des feux de forêt sur la santé humaine liées à la fumée nécessitent d’autres outils de modélisation en complément des indices forêt‑météo. L’élaboration d’outils de modélisation et d’indices qui tiennent compte du climat futur, en plus des données et projections relatives aux autres composantes des risques liés aux feux de forêt, constitue un domaine de travail en pleine évolution. En attendant, les utilisateurs cherchant de l’information sur d’autres aspects des conditions météorologiques propices aux feux de forêt peuvent consulter des évaluations localisées, des cartes de végétation, des programmes de surveillance ou des renseignements propres aux sources d’ignition.
10.4.12 : Réchauffement du pergélisol et changements au niveau du paysage liés au dégel, et perte de glace terrestre
Aléas connexes
- Froid extrême, perte de froid et sol gelé de façon saisonnière (4.5)
- Voir les sections 5.3, Débits fluviaux et leur chronologie,4, Niveaux des eaux de surface – lacs et milieux humides et 5.5, Eaux souterraines, du chapitre 5, pour connaître les influences possibles sur le réchauffement du pergélisol et les changements au niveau du paysage liés au dégel.
Sections et messages clés du RCCC de 2026
- 6.7 : Pergélisol
- Message clé 6.14 : Le réchauffement du pergélisol et les changements au niveau du paysage induits par le dégel devraient se poursuivre avec l’augmentation du réchauffement climatique (degré de confiance très élevé). Même si le climat se stabilise, un certain dégel continuera en profondeur (degré de confiance très élevé). Cependant, il existe un faible degré de confiance quant à l’ampleur et à la chronologie de ces changements en raison de l’influence des caractéristiques locales du sol.
- 6.5 : Glaciers
- Message clé 6.10 : Les glaciers du Canada devraient continuer à perdre de la masse dans tous les scénarios d’émissions futurs (degré de confiance très élevé). Dans l’ouest du Canada, plus de 70 % de la glace de glacier (en volume) devrait disparaître d’ici 2100, même si le réchauffement est limité à 1,5 °C (degré de confiance élevé). Le nombre et la sévérité des aléas liés aux glaciers, tels que les inondations et les glissements de terrain, devraient augmenter, particulièrement dans l’ouest du Canada (degré de confiance moyen). L’eau de fonte provenant des glaciers et des calottes glaciaires de l’Arctique canadien continuera de figurer parmi les plus importantes sources glaciaires de l’élévation du niveau de la mer à l’échelle mondiale jusqu’en 2100 et au‑delà (degré de confiance très élevé).
Mots clés pertinents
Pergélisol continu, pergélisol discontinu, pergélisol sporadique, pergélisol isolé, température du pergélisol, dégel du pergélisol, état thermique du pergélisol, températures du sol, profondeur de dégel, couche active, épaisseur de la couche active, changement du paysage lié au dégel, dégradation ou aggradation du pergélisol, subsidence due au dégel, tassement du sol, glace de sol, réseaux et étangs de coins de glace, lacs thermokastiques, reliefs et formes de relief thermokarstiques, formation d’étangs, agrandissement ou drainage de lacs, ruptures de talus tels que glissements régressifs, glissements de terrain, aléa géoscientifique, glaciers
Tableau 10.12 : Changements de direction projetés et exemples d’indicateurs pour le réchauffement du pergélisol et les changements au niveau du paysage liés au dégel
Il convient de noter que l’orientation du changement projeté est générale et correspond à une moyenne pour l’ensemble du Canada. Pour plus de détails sur les indicateurs et les changements projetés, les lecteurs sont invités à consulter les sections du présent rapport sur lesquelles ces résumés sont basés (comme indiqué entre crochets).
| Orientation du changement projeté | Exemples d’indicateurs |
|---|---|
| Dégel et dégradation accrus du pergélisol [6.7] |
Épaisseur de la couche active : couche de sol soumise à un cycle annuel de gel-dégel à des endroits précis. |
| Réchauffement continu du pergélisol [6.7] |
Températures du pergélisol (état thermique du pergélisol) : mesures de la température du sol à différentes profondeurs à des endroits précis. |
| Réduction de la superficie du pergélisol [6.7] |
Superficie du pergélisol (étendue) : tendances spatiales à grande échelle du dégel du pergélisol fondées sur la fraction de la superficie qui repose sur le pergélisol. |
| Diminution du volume du pergélisol dans l’hémisphère Nord [6.7] |
Volume du pergélisol : volume gelé moyen annuel dans les deux premiers mètres du sol. |
| Diminution de la masse des glaciers [6.5] |
Masse des glaciers : masse totale des glaciers. |
| Réchauffement des températures moyennes [2.4, 3.4] |
Température moyenne |
Détails supplémentaires sur la manière d’interpréter les données pour cet aléa
Le réchauffement du pergélisol et les changements au niveau du paysage liés au pergélisol sont préoccupants, car une grande partie du Canada repose sur le pergélisol (chapitre 6, figure 6.30). Dans le passé, le pergélisol demeurait gelé, ce qui rendait les transports, la stabilité des infrastructures et les utilisations traditionnelles des terres plus fiables dans les régions nordiques (Firelight Research Inc, 2022; Hancock et al., 2022). Cependant, le réchauffement du pergélisol et les changements au niveau du paysage qui en découlent ont des répercussions, telles que la subsidence et la formation de thermokarsts (lacs) (Lewkowicz et Way, 2019). Ils peuvent également avoir des répercussions sur d’autres aléas liés au climat, tels que l’érosion des côtes et les glissements de terrain (GRID-Arendal, 2020). Comprendre les conditions actuelles du pergélisol et la manière dont elles pourraient évoluer en réponse au climat en changement est essentiel pour évaluer les répercussions des changements climatiques et élaborer des stratégies d’adaptation dans le nord du Canada (voir l’évaluation détaillée des changements au niveau du pergélisol à la section 6.7 du chapitre 6) (Firelight Research Inc, 2022; GRID-Arendal, 2020; Hancock et al., 2022; Lewkowicz et Way, 2019). Puisque le pergélisol constitue un aléa géoscientifique, il est important d’utiliser des informations non climatiques en complément des données climatiques. Comme indiqué à la section 6.7 du chapitre 6, bien que les projections climatiques montrent clairement que, de manière générale, le pergélisol continuera de se réchauffer et de dégeler dans le nord du Canada, les projections liées au pergélisol comportent des limites, en particulier à l’échelle locale.
Les conditions de température du pergélisol sont complexes et dépendent de plusieurs facteurs liés au climat, tels que la température de l’air (y compris l’amplification arctique), les régimes de précipitations et le manteau neigeux. Les fournisseurs de services climatiques peuvent aider les utilisateurs en résumant l’état actuel des connaissances et en mettant en évidence les liens avec d’autres aléas en évolution, tels que les feux de forêt (section 10.4.11), qui peuvent avoir une incidence sur le pergélisol en modifiant les conditions de surface. De nombreux facteurs non climatiques sont propres à chaque endroit et ont une incidence sur la manière dont les changements climatiques touchent le pergélisol, et ils doivent également être pris en compte. Ces facteurs comprennent les propriétés du sol, les matériaux du sol, la matière organique et la végétation en surface, la glace de sol et des facteurs physiographiques, tels que la topographie, l’ombrage, l’albédo de surface, les propriétés hydrologiques et la géologie de surface. L’ensemble de ces facteurs détermine la réponse physique du paysage au dégel (chapitre 6, section 6.7). Les données et les approches utilisées pour modéliser le pergélisol présentent des limites, notamment en raison d’une représentation insuffisante des interactions complexes entre ces facteurs (chapitre 6, section 6.7.3).
Compte tenu des limites des réseaux de surveillance et des modèles utilisés, notamment la représentation inadéquate de facteurs et de processus importants influençant le pergélisol, l’ampleur et la chronologie du réchauffement et du dégel (en particulier à l’échelle régionale) demeurent incertaines, malgré un degré de confiance très élevé quant à la direction du changement (réchauffement, dégel accru).
10.4.13 : Changement du niveau de la mer, ondes de tempête et inondations côtières
Aléas connexes
Tempêtes extratropicales et ouragans (10.4.7); inondations non pluviales (pluie sur neige, fonte des neiges et embâcles) (10.4.9); et aléas en milieu marin (circulation océanique, température des océans, vague de chaleur marine, salinité des océans, stratification des océans, acidification des océans et désoxygénation) (10.4.14)
Sections et messages clés du RCCC de 2026
- 2.2 : Synthèse des changements passés
- Extrait du Message clé 2.5 : Les effets du réchauffement climatique sont également clairement visibles dans les zones océaniques du Canada, où l’on observe une augmentation de la température de l’eau, des vagues de chaleur marines plus fréquentes, un rafraîchissement des eaux océaniques proches de la surface et une diminution de la couverture de la glace de mer, ce qui a entraîné une augmentation de la hauteur des vagues dans l’Arctique (degré de confiance élevé). Certaines zones côtières du Canada subissent également les effets de l’élévation du niveau de la mer (degré de confiance très élevé) et de la fréquence accrue des épisodes de niveau de la mer extrême (degré de confiance élevé), qui peuvent contribuer à des inondations côtières.
- 7.4 : Niveau moyen mondial et relatif de la mer
- Message clé 7.7 : Le niveau moyen mondial de la mer devrait augmenter de plusieurs dizaines de centimètres au cours du XXIesiècle dans un scénario à faibles émissions, et il est improbable qu’il dépasse un mètre dans un scénario à très fortes émissions (degré de confiance moyen). Toutefois, le niveau relatif de la mer dans différentes régions du Canada devrait augmenter ou diminuer en fonction du mouvement vertical local du sol ainsi que de l’ampleur de l’élévation du niveau moyen mondial de la mer. En raison de l’affaissement du sol, certaines régions du Canada atlantique et de l’ouest de l’Arctique devraient connaître des augmentations du niveau relatif de la mer supérieures à la variation du niveau moyen mondial de la mer au cours du siècle à venir (degré de confiance élevé).
- 7.5 : Vagues et ondes de tempête
- Message clé 7.9 : L’allongement projeté de la saison sans glace dans l’Arctique entraînera une augmentation de la hauteur des vagues moyennes et extrêmes (degré de confiance élevé) et des ondes de tempête (degré de confiance moyen). Dans les régions du Canada atlantique qui ne sont pas affectées par la glace de mer, la hauteur moyenne des vagues devrait diminuer (degré de confiance moyen), tandis que de faibles changements sont projetés dans le Pacifique Nord-Est (faible degré de confiance). Les projections visant les régions dénuées de glace de mer fournissent des preuves limitées d’une augmentation de la hauteur des vagues extrêmes dans le Canada atlantique (faible degré de confiance).
- 7.6 : Niveau de la mer extrême
- Message clé 7.11 : On prévoit que les événements extrêmes liés au niveau de la mer seront plus fréquents et plus importants en raison de l’élévation relative du niveau de la mer dans de nombreuses régions du Canada (degré de confiance élevé). Le recul projeté de la glace de mer le long des côtes arctiques et atlantiques du Canada entraînera une augmentation des vagues et des ondes de tempête, ce qui aggravera les événements extrêmes liés au niveau de la mer (degré de confiance élevé).
- 6.3 : Glace de mer
- Message clé 6.6 : La période sans glace de mer devrait continuer de s’allonger dans les eaux de l’Arctique canadien et de la baie d’Hudson avec l’augmentation du réchauffement climatique (degré de confiance très élevé). Dans les régions où la glace de mer est saisonnière, le nombre de jours sans glace devrait augmenter d’environ un mois par hausse de 1 °C de la température moyenne mondiale, avec des hausses plus modestes dans la mer du Labrador et plus importantes dans la mer de Beaufort (degré de confiance moyen). Le transport de glace pluriannuelle vers le passage du Nord-Ouest devrait se poursuivre après le milieu du siècle, limitant ainsi la saison de navigation (degré de confiance moyen).
- 6.5 : Glaciers
- Message clé 6.10 : Les glaciers du Canada devraient continuer à perdre de la masse dans tous les scénarios d’émissions futurs (degré de confiance très élevé). Dans l’ouest du Canada, plus de 70 % de la glace de glacier (en volume) devrait disparaître d’ici 2100, même si le réchauffement est limité à 1,5 °C (degré de confiance élevé). Le nombre et la sévérité des aléas liés aux glaciers, tels que les inondations et les glissements de terrain, devraient augmenter, particulièrement dans l’ouest du Canada (degré de confiance moyen). L’eau de fonte provenant des glaciers et des calottes glaciaires de l’Arctique canadien continuera de figurer parmi les plus importantes sources glaciaires de l’élévation du niveau de la mer à l’échelle mondiale jusqu’en 2100 et au‑delà (degré de confiance très élevé).
- 8.7.2 : Inondations côtières combinées
- Message clé 8.12 : Les inondations côtières combinées résultent de conditions climatiques qui se produisent en même temps, telles que de fortes pluies pendant des épisodes de niveaux d’eau extrêmes. Ces facteurs ont augmenté en fréquence et en intensité dans certaines régions du Canada, principalement dans les régions atlantiques (faible degré de confiance), et devraient devenir plus fréquents et plus intenses dans les lieux situés le long des côtes de l’Atlantique, du Pacifique et de l’Arctique occidental (degré de confiance moyen). Ces augmentations projetées sont principalement attribuables à l’élévation du niveau de la mer et à l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des précipitations extrêmes (degré de confiance moyen).
Mots clés pertinents
- Élévation du niveau de la mer, niveau relatif de la mer, niveau moyen de la mer à l’échelle mondiale, inondations côtières, épisodes de niveaux d’eau extrêmes dans les zones côtières, niveau de la mer extrême, niveau extrême de l’eau tranquille, niveau d’eau total extrême, niveau de la mer le plus élevé, érosion côtière, érosion, intrusion d’eau salée, mouvement du sol, mouvement vertical du sol, subsidence, affaissement, soulèvement, instabilité de l’inlandsis de l’Antarctique
- Houle, marégraphe, marée, marée astronomique, vagues, hauteur des vagues, hauteur significative des vagues, période moyenne de la vague, direction moyenne des vagues, pression au niveau de la mer), vents extrêmes
Tableau 10.13 : Changements de direction projetés et exemples d’indicateurs pour le changement du niveau de la mer, les ondes de tempête et les inondations côtières
Il convient de noter que l’orientation du changement projeté est générale et correspond à une moyenne pour l’ensemble du Canada. Pour plus de détails sur les indicateurs et les changements projetés, les lecteurs sont invités à consulter les sections du présent rapport sur lesquelles ces résumés sont basés (comme indiqué entre crochets).
| Aléa | Orientation du changement projeté | Exemples d’indicateurs |
|---|---|---|
| Changement du niveau de la mer | Élévation du niveau relatif de la mer dans la plupart des endroits et baisse du niveau de la mer dans d’autres endroits, l’ampleur et la direction dépendant du mouvement vertical local du sol [7.4] | Niveau relatif de la mer : changement moyen du niveau de la mer observé sur la côte, y compris le mouvement vertical du sol. La moyenne élimine l’effet des marées, des ondes de tempête et des vagues sur le niveau de l’eau. |
| Augmentation de la hauteur des vagues et des ondes de tempête dans les régions touchées par la fonte de la glace de mer (principalement l’Arctique) [7.5] |
|
|
| Épisodes de niveau de la mer extrême plus importants et plus fréquents, principalement dus à l’élévation du niveau relatif de la mer [7.6] | Niveau de la mer extrême : combinaison du niveau moyen de la mer et de phénomènes à court terme, tels que les ondes de tempête, les marées et les vagues. | |
| Changement de la hauteur d’élévation, variable selon les régions [7.6] | Hauteur d’élévation : hauteur à laquelle les infrastructures doivent être surélevées pour maintenir le niveau actuel de risque d’inondation dans un scénario futur d’une hausse donnée de l’élévation du niveau de la mer, en fonction de la durée de vie opérationnelle prévue. | |
| Probabilité élevée de survenue d’événements extrêmes liés au niveau de la mer [7.6] | Périodes de retour de niveaux de la mer extrêmes : valeur extrême du niveau de la mer associée à une probabilité de dépassement annuelle moyenne de 1 % dans le passé (un épisode extrême survenant une fois tous les 100 ans aurait 1 % de chances de provoquer une inondation côtière à un endroit donné au cours d’une année donnée). | |
| Diminution de la masse des glaciers [6.5] | Masse des glaciers : masse totale des glaciers. | |
| Glace de mer | Glace de mer plus mince et augmentation des eaux arctiques passant d’un état de couverture de glace permanente à un état libre de glace selon les saisons [6.3] |
|
| Réduction (contraction) de l’étendue de la glace de mer dans l’Arctique [6.3] | Zone de glace de mer dans l’Arctique : superficie totale recouverte de glace de mer. | |
| Allongement de la saison sans glace dans les eaux saisonnièrement libres de glace [6.3] | Saison libre de glace : durée de la saison libre de glace fondée sur le nombre de jours sans glace. |
Détails supplémentaires sur la manière d’interpréter les données pour cet aléa
Le changement du niveau de la mer, les ondes de tempête et les inondations côtières sont des aléas interdépendants qui peuvent endommager les milieux naturels, avoir une incidence sur les biens immobiliers, perturber les infrastructures et désorganiser les communautés (F. J. Warren et Lulham, 2021). L’élévation du niveau moyen de la mer à l’échelle mondiale est un indicateur important des changements climatiques, qui dépend principalement de l’expansion thermique de l’eau de mer qui se réchauffe et la perte de glace des glaciers et des inlandsis (chapitre 7, section 7.4). Toutefois, à un endroit donné, c’est le changement relatif (ou local) du niveau de la mer qui importe le plus, car il tient compte du mouvement vertical du sol. Au Canada, certains endroits connaîtront une élévation du niveau relatif de la mer là où le sol s’affaisse, tandis que d’autres connaîtront une baisse du niveau relatif de la mer, là où le soulèvement du sol est supérieur au taux d’élévation du niveau de la mer à l’échelle mondiale (chapitre 7, section 7.4).
L’effet d’une élévation du niveau de la mer se manifestera d’abord par une augmentation de la fréquence et de l’ampleur des niveaux d’eau extrêmes. Des niveaux moyens plus élevés entraînent des niveaux d’eau plus importants lors des marées astronomiques hautes habituelles (chapitre 7, section 7.6, figure 7.28). De plus, les changements dans les ondes de tempête accentueront les inondations côtières (voir les sections 10.4.9 et 10.4.6 pour d’autres mécanismes d’inondation) ainsi que l’érosion côtière. Bien que les ondes de tempête soient influencées par le changement sous-jacent du niveau moyen de la mer, elles sont également touchées par les changements de variabilité du climat, les processus atmosphériques à grande échelle et la hauteur des vagues due au déclin de la glace de mer (chapitre 7, section 7.5.2.1).
Dans un contexte d’adaptation, il est important de tenir compte des projections les plus élevées du niveau de la mer à l’échelle mondiale, des niveaux extrêmes ou des scénarios renforcés décrits au chapitre 7. Bien que les projections des sections 7.4 et 7.6 du chapitre 7 s’étendent jusqu’en 2100, les changements du niveau de la mer se poursuivront bien au-delà de la fin du siècle, car l’expansion thermique de l’eau des océans et la fonte de glaciers et des inlandsis en réponse aux émissions passées de gaz à effet de serre sont des processus très lents. Les changements projetés du niveau de la mer à l’échelle mondiale sont similaires pour tous les scénarios futurs jusqu’au milieu du XXIe siècle, ce qui réduit la nécessité de choisir un scénario précis pour la planification. Pour les décisions à long terme susceptibles d’être influencées par ces changements du niveau de la mer, le principe de précaution suggère d’utiliser les projections du scénario d’émissions élevées (SSP5-8.5) (Fox-Kemper et al., 2021) (chapitre 7, section 7.4.2). Dans les cas où la tolérance au risque est faible et pour les projets dont l’horizon dépasse 2100, il est prudent de considérer le scénario à impact élevé et à faible probabilité, qui inclut une élévation ajustée du niveau de la mer à l’échelle mondiale reflétant une contribution potentielle d’une perte catastrophique de l’inlandsis de l’Antarctique (chapitre 7, encadré 7.2).
L’Outil canadien d’adaptation aux niveaux d’eau extrêmes (OCANEE) est un outil de planification des mesures d’adaptation qui combine des projections relatives à l’élévation du niveau de la mer avec des informations sur les ports locaux des côtes canadiennes pour le prochain siècle et fournit des recommandations sur la hauteur à laquelle construire les infrastructures côtières pour tenir compte de cette élévation projetée. Cet outil, mis au point pour les ports pour petits bateaux de Pêches et Océans Canada, est également utile aux planificateurs responsables d’infrastructures le long des côtes océaniques du Canada.
10.4.14 : Aléas en milieu marin (circulation océanique, température des océans, vagues de chaleur marines, salinité des océans, stratification des océans, acidification des océans et désoxygénation)
Aléas connexes
Changement du niveau de la mer, ondes de tempête et inondations côtières (10.4.13)
Sections et messages clés du RCCC de 2026
- 2.2 : Synthèse des changements passés
- Extrait du 2.5 : Les effets du réchauffement climatique sont également clairement visibles dans les zones océaniques du Canada, où l’on observe une augmentation de la température de l’eau, des vagues de chaleur marines plus fréquentes, un rafraîchissement des eaux océaniques proches de la surface et une diminution de la couverture de la glace de mer, ce qui a entraîné une augmentation de la hauteur des vagues dans l’Arctique (degré de confiance élevé). Les océans qui entourent le Canada ont également absorbé le dioxyde de carbone anthropique présent dans l’atmosphère, ce qui a entraîné l’acidification des océans dans les couches proches de la surface (degré de confiance très élevé).
- 4.9 : Circulation océanique
- Message clé 4.14 : Selon un degré de confiance élevé, la circulation méridienne de retournement atlantique (AMOC) s’affaiblira progressivement au cours du XXIesiècle en raison de l’influence humaine, ce qui réduira légèrement le réchauffement dans l’est et le nord du Canada. Cependant, on ne peut exclure la possibilité que l’AMOC s’arrête, ce qui entraînerait un refroidissement régional plus prononcé. On estime selon un degré de confiance moyen que l’AMOC ne s’arrêtera pas au cours du XXIe siècle.
- 7.2 : Températures océaniques
- Message clé 7.2 : Selon les projections, on s’attend à un réchauffement continu des océans qui entourent le Canada, dont l’ampleur augmentera avec la hausse des émissions de gaz à effet de serre (degré de confiance élevé). On s’attend également à ce que l’augmentation des températures moyennes annuelles de la mer soit plus importante dans les eaux adjacentes au Canada atlantique et à la Colombie-Britannique que dans l’Arctique (degré de confiance moyen). Pendant la période estivale, on s’attend à ce que les températures de surface de la mer augmentent le plus dans la mer de Beaufort et la baie d’Hudson, en partie en raison du déclin de la couverture saisonnière de glace de mer dans ces régions (degré de confiance moyen).
- Message clé 7.3 : On s’attend à des vagues de chaleur marines plus fréquentes et plus intenses dans les océans Pacifique et Atlantique autour du Canada depuis les années 1980, et cette tendance devrait continuer de s’accroître dans tous les océans, y compris l’Arctique, en raison des changements climatiques causés par l’être humain (degré de confiance élevé).
- 7.3 : Salinité et stratification des océans
- Message clé 7.4 : Les eaux de surface des océans qui entourent le Canada se caractérisent par une salinité faible et sont devenues encore plus douces depuis les années 1950 (degré de confiance élevé). L’apport croissant d’eau douce dans ces océans résulte de l’augmentation des précipitations et du ruissellement terrestre due au réchauffement, qui comprend l’eau de fonte des glaciers et des inlandsis (degré de confiance élevé). La dessalure des océans devrait se poursuivre tout au long du XXIesiècle; cependant, le nombre limité de scénarios d’émissions étudiés et la variabilité des projections des modèles ont conduit à l’attribution d’un faible degré de confiance pour l’Arctique et d’un degré de confiance moyen pour l’Atlantique et le Pacifique.
- Message clé 7.5 : La stratification accrue, ou la formation de couches dans la partie supérieure de l’océan en fonction de la densité de l’eau, dans les régions du nord-est du Pacifique et du sud du Canada atlantique résulte du réchauffement et de la dessalure de la surface de la mer (degré de confiance élevé). La stratification accrue réduit le mélange vertical des nutriments et d’autres composés chimiques dans la partie supérieure de l’océan, qui est un processus important dans l’écosystème marin.
- 7.7 : Chimie des océans
- Message clé 7.14 : Au cours du reste du XXIesiècle, les océans qui entourent le Canada devraient continuer d’absorber du dioxyde de carbone anthropique, de voir leur acidité augmenter (degré de confiance très élevé) et de perdre de l’oxygène dans leurs couches de subsurface (degré de confiance moyen). Le niveau d’acidification projeté pour la seconde moitié du siècle dépendra fortement du niveau des émissions futures de dioxyde de carbone (degré de confiance très élevé).
- 9.5 : Le cycle du carbone au Canada
- Message clé 9.12 : En moyenne, les océans du Canada (à l’intérieur de la zone économique exclusive) absorbent du dioxyde de carbone (CO₂) (degré de confiance moyen), bien que certaines zones côtières émettent du CO₂ (faible degré de confiance). Dans l’ensemble, les océans du Canada continueront d’absorber le CO₂ tant que les concentrations atmosphériques de CO₂ continueront d’augmenter (degré de confiance moyen).
Mots clés pertinents
- Circulation océanique, circulation méridienne de retournement de l’Atlantique (AMOC), force de l’AMOC, arrêt de l’AMOC, courants de circulation océanique, systèmes de courants océaniques, transport de chaleur, trou de réchauffement de l’Atlantique Nord
- Réchauffement des océans, températures de la mer en surface, contenu thermique des océans (CTO), température de la subsurface, bathymétrie, vagues de chaleur marines, coups de froid en milieu marin
- Salinité des océans, salinité des océans, baisse de la salinité, écoulement des eaux douces, salinité élevée, salé, unités de salinité pratique, salinité de l’eau de mer, salinité à la surface de la mer, densité de l’eau, circulation océanique, stratification de la densité verticale, mélange vertical, transport vertical, pycnocline
- Chimie des océans, acidification des océans, pH, désoxygénation des océans, oxygène dissous, hypoxie, absorption du dioxyde de carbone à la surface, niveaux totaux de carbone océanique, teneur en carbone, eutrophisation
Tableau 10.14 : Changements de direction projetés et exemples d’indicateurs pour les aléas en milieu marin (circulation océanique, température des océans, vagues de chaleur marines, salinité des océans, stratification des océans, acidification des océans et désoxygénation)
Il convient de noter que l’orientation du changement projeté est générale et correspond à une moyenne pour l’ensemble du Canada. Pour plus de détails sur les indicateurs et les changements projetés, les lecteurs sont invités à consulter les sections du présent rapport sur lesquelles ces résumés sont basés (comme indiqué entre crochets).
| Aléa | Orientation du changement projeté | Exemples d’indicateurs |
|---|---|---|
| Températures des océans et vagues de chaleur marines |
Réchauffement des océans [7.2] |
Température de la mer en surface : température de la couche supérieure des océans (°C). |
|
Augmentation de l’intensité, de la fréquence et de la durée des vagues de chaleur marines [7.2.3] |
Vagues de chaleur marines : périodes prolongées pendant lesquelles la température de la mer en surface dépasse le seuil du 90e centile observé pour une région et une période données. |
|
| Salinité et stratification des océans |
Baisse de la salinité à la surface des océans [7.3] |
Salinité à la surface de la mer : concentration de sel dans la couche superficielle des océans (en parties par mille ou en unités de salinité pratique). |
| Chimie des océans |
Augmentation de l’acidité des océans [7.7] |
|
|
Les océans perdent leur oxygène sous la surface [7.7.1.2] |
|
|
| Circulation océanique |
Affaiblissement de l’AMOC, avec possibilité d’arrêt [4.9] |
Force de la circulation méridienne de retournement de l’Atlantique (AMOC) à 26,5° N : maximum de la fonction de courant moyenne annuelle en dessous de 500 m dans l’Atlantique Nord (par exemple, en Sverdrup (Sv)). |
Détails supplémentaires sur la manière d’interpréter les données pour cet aléa
À mesure que les océans absorbent l’excès de chaleur et de dioxyde de carbone, leur surface se réchauffe et leur acidité augmente. Ce réchauffement, combiné à un apport accru d’eau douce en surface, accentue la stratification, réduit les échanges entre la surface et les couches profondes des océans et diminue le transport d’oxygène et de carbone d’origine anthropique vers les eaux plus profondes (Venegas et al., 2023). Ces changements en milieu marin devraient avoir une incidence sur les écosystèmes en favorisant certains organismes au détriment d’autres, en modifiant les aires de répartition et les profondeurs habituelles, et en réorganisant les réseaux trophiques. Les professionnels de la gestion des pêches et de l’aquaculture utilisent notamment les projections relatives à l’acidification et à l’hypoxie pour planifier l’adaptation des meilleures pratiques et les efforts d’atténuation dans les écloseries de mollusques (Doney et al., 2020).
Les données sur les océans sont de plus en plus accessibles grâce au Système intégré d’observation des océans du Canada récemment mis en place, mais elles demeurent moins accessibles que les données atmosphériques. Elles diffèrent également quant à leur disponibilité et au nombre d’indicateurs précalculés et facilement accessibles via des portails en ligne.
Bien que les MCG incluent des variables océaniques (à résolution grossière), des modèles océaniques régionaux sont également disponibles pour des zones limitées (généralement le long des côtes et à proximité de celles‑ci). Ces modèles régionaux peuvent comprendre des composantes simulant la circulation et la stratification, la biogéochimie et certains aspects de la modélisation des écosystèmes. La mise à l’échelle statistique des données sur les océans afin de les rendre plus pertinentes à l’échelle locale constitue un domaine de recherche relativement nouveau. Les algorithmes d’apprentissage automatique sont de plus en plus utilisés pour combler les lacunes (spatiales et temporelles) entre des mesures clairsemées des océans.
10.4.15 : Vents forts
Aléas connexes
Tempêtes extratropicales et ouragans (10.4.7) et orages (10.4.8)
Sections et messages clés du RCCC de 2026
- 8.4 : Vents extrêmes
- Message clé 8.10 : Les données disponibles sont insuffisantes pour évaluer les changements historiques des vents extrêmes au Canada en raison de la couverture et de la représentativité limitées des stations, des incertitudes importantes liées aux produits de réanalyse et du manque d’études examinant les tendances des vents extrêmes. Le degré de confiance quant à la direction et à l’ampleur des changements futurs des vents extrêmes est très faible en raison du nombre limité d’études et de l’incertitude importante liée aux projections des modèles sur les phénomènes liés au vent.
- 8.7.3 : Événements combinés de vent et de pluie
- Message clé 8.13 : Les données dont on dispose sont insuffisantes pour évaluer les changements historiques des événements combinés de vent et de pluie au Canada, en raison du nombre limité d’études portant sur les tendances observées. Les événements extrêmes combinés de vent et de pluie devraient augmenter (degré de confiance moyen), principalement en raison de la fréquence accrue des pluies extrêmes à l’avenir, mais les tendances régionales et l’ampleur des changements sont associées à un très faible degré de confiance.
- 2.6 : Changements passés de la vitesse du vent
- Extrait du Message clé 2.13 : Les vitesses moyennes annuelles et saisonnières des vents de surface ont diminué au cours de la période de 1953 à 2023 dans une grande partie du sud du Canada, depuis le sud des Prairies jusqu’au centre du Québec (degré de confiance moyen). En revanche, les vitesses moyennes des vents ont augmenté en Colombie-Britannique au printemps et à l’été (faible degré de confiance). Le degré de confiance global quant aux évaluations de l’ampleur des changements de la vitesse moyenne annuelle du vent est faible en raison de l’incohérence entre les produits de données d’observation.
- 3.6 : Vent moyen près de la surface
- Message clé 3.10 : La vitesse moyenne du vent près de la surface et le potentiel éolien devraient diminuer au Canada (faible degré de confiance). Les projections de la vitesse du vent au Canada sont très incertaines à cause du faible degré de concordance entre les modèles.
- 4.3 : Courants-jets, trajectoires des tempêtes et modes de variabilité atmosphérique
- Extrait du Message clé 4.3 : Les changements observés au cours des dernières décennies dans les courants-jets et les trajectoires des tempêtes qui touchent le Canada sont faibles et ne sont visibles que pendant certaines saisons et dans certaines régions. […] Un déplacement global vers les pôles des courants-jets et des trajectoires des tempêtes est projeté d’ici la fin du XXIe siècle, mais les changements sont faibles et dépendent de la région et de la saison (faible degré de confiance).
- 4.6 : Ouragans de l’Atlantique Nord
- Message clé 4.8 : Les projections indiquent une augmentation des taux moyens de précipitations, des taux maximaux de précipitations et des vitesses maximales du vent associés aux ouragans de l’Atlantique Nord ainsi que de la proportion d’ouragans de l’Atlantique Nord atteignant les catégories 4 et 5 (degré de confiance élevé). Cependant, en ce qui concerne le petit nombre d’ouragans touchant le Canada, un degré de confiance moyen est associé à l’augmentation des taux de précipitations, tandis que le degré de confiance est faible pour ce qui est de l’augmentation des vitesses du vent. Les changements dans la fréquence des ouragans touchant le Canada sont incertains.
Mots clés pertinents
- Vents extrêmes, extrêmes de vent, vents de surface, vents près de la surface, vents destructeurs, épisodes de foehn, chinook, tempêtes extrêmes, vitesse du vent, cisaillement du vent
- Extrêmes de vent liés aux cyclones, cyclones, tornades, rafales descendantes, déréchos, microrafales
Tableau 10.15 : Changements de direction projetés et exemples d’indicateurs pour les vents forts
Il convient de noter que l’orientation du changement projeté est générale et correspond à une moyenne pour l’ensemble du Canada. Pour plus de détails sur les indicateurs et les changements projetés, les lecteurs sont invités à consulter les sections du présent rapport sur lesquelles ces résumés sont basés (comme indiqué entre crochets).
| Orientation du changement projeté | Exemples d’indicateurs |
|---|---|
| Diminution des vitesses moyennes du vent près de la surface [2,6, 3,6] | Vitesses du vent à la surface (vents près de la surface) : vitesse du vent à 10 m. |
| Changement de la position et de l’intensité du courant-jet et des trajectoires des tempêtes, avec des variations selon les régions [4.3] | Vents d’ouest en est : vitesse des vents d’ouest en est à 700 hPa (environ 3 km au-dessus de la surface de la Terre). Les vitesses du vent à cette altitude dans l’atmosphère sont un indicateur de la force du courant-jet. |
| Faibles changements dans les pressions du vent variant selon les régions, avec une variabilité interne élevée et une incertitude élevée [8.7.3] (Cannon et al., 2020 ) | Pressions du vent : pressions du vent de conception à différents intervalles de retour. |
| Augmentation de l’intensité et de la fréquence des rivières atmosphériques, mais l’ampleur de cette augmentation est incertaine [4.5] | Fréquence des rivières atmosphériques : nombre de jours de rivières atmosphériques. Les rivières atmosphériques contribuent aux extrêmes de précipitations et de vents et aux extrêmes de précipitations et de vents combinés. |
Détails supplémentaires sur la manière d’interpréter les données pour cet aléa
Les vents et les vents violents jouent un rôle important dans la prise de décisions dans des secteurs tels que les énergies renouvelables, le développement des infrastructures et la préparation aux catastrophes (F. J. Warren et Lulham, 2021). Cependant, peu d’études ont estimé les tendances des vents extrêmes au Canada, comme l’indique la section 8.4.1 du chapitre 8. Les recherches sont également limitées concernant les mécanismes et les causes des changements observés et projetés des vents au Canada. Une autre difficulté pour comprendre l’évolution des vents est que les vitesses extrêmes se produisent souvent en association avec des tempêtes extrêmes, telles que les cyclones extratropicaux, les ouragans, les blizzards et les tornades (chapitre 8, section 8.4). Les modèles climatiques globaux actuels ont une résolution spatiale grossière et ne permettent pas de représenter les processus à petite échelle qui génèrent des vents extrêmes. Les vitesses de vent sont aussi fortement influencées par la topographie locale et les caractéristiques de la couverture terrestre, qui ne sont (actuellement) pas directement prises en compte dans les modèles climatiques à résolution grossière. Les projections de vent issues de différents modèles présentent souvent des différences importantes sur le plan de la vitesse et de la direction, ainsi que des incohérences entre les saisons et les régions, ce qui peut donner lieu à des changements moyens d’ensemble qui semblent faibles ou peu importants. Même si l’utilisation de projections modélisées du vent présente des défis, cela ne signifie pas que les données historiques sur le vent peuvent être utilisées seules comme indicateur des conditions futures. Il est important d’interpréter avec soin les connaissances actuelles sur les changements potentiels du vent, y compris les incertitudes. Par exemple, le document Les changements climatiques et les vents forts résume l’état des connaissances sur les changements projetés des vents au Canada d’une manière qui peut être utile pour la planification des mesures d’adaptation et la prise de décisions.
10.5 Conclusions
Les énoncés ci-dessous résument à un haut niveau le contenu des sections 10.2 à 10.4.
10.5.1 : Services climatiques
Les services climatiques ont vu le jour afin de rendre la science du climat plus applicable dans un contexte d’adaptation. Dans un climat en réchauffement, l’utilisation de projections climatiques permettra d’améliorer l’appréciation des risques, la conception, ainsi que d’autres activités de prise de décisions, d’élaboration de politiques et de la planification. Plutôt que de s’appuyer uniquement sur des observations reflétant les conditions climatiques passées, l’utilisation de projections climatiques permettra de renforcer la résilience.
Les services climatiques visent à fournir aux utilisateurs des données et des informations sous une forme utile, utilisable et utilisée. L’adaptation des informations aux besoins des utilisateurs est au cœur des services climatiques et garantit la pertinence des informations. Pour être crédibles, les fournisseurs de services climatiques doivent posséder une expertise dans le domaine. Bien qu'elles ne soient pas encore largement adoptées ni normalisées, les meilleures pratiques en matière de prestation de services climatiques commencent à voir le jour.
10.5.2 : Trouver et utiliser des projections climatiques adaptées
Les données climatiques sont disponibles auprès de nombreuses sources, notamment par l’intermédiaire de portails en ligne en libre-service conçus par des fournisseurs de services climatiques. Ces portails comprennent généralement différents niveaux de soutien, de formation et de ressources pour faciliter leur utilisation. De nombreux fournisseurs de services climatiques élaborent également des données et des informations climatiques adaptées à des indicateurs pertinents et à des formats largement utilisés.
L’utilisation de projections climatiques nécessite de soigneusement prendre en considération les incertitudes et les défis liés à l’adaptation dans un climat en changement. Les services climatiques ont notamment pour rôle important d’aider les utilisateurs à gérer ces enjeux en élaborant conjointement et de manière itérative des orientations et de bonnes pratiques. Par exemple, l’utilisation de projections climatiques nécessite de réfléchir aux conséquences de la couverture spatiale et temporelle et de la résolution des données climatiques, à la disponibilité de différents scénarios d’émissions, aux conséquences des fourchettes de changements et des incertitudes, ainsi qu’au choix de différentes périodes de référence.
10.5.3 : Aléas
L’utilisation d’informations sur les aléas adaptées à l’échelle régionale ou locale constitue un élément clé de l’appréciation des risques et de la planification des mesures d’adaptation.
Les aléas climatiques et les indicateurs connexes sont généralement touchés par les changements climatiques d’une manière qui peut modifier la fréquence, l’intensité, la durée et la chronologie des événements.
Foire aux questions
Les questions fréquemment posées changent au fil de l’évolution du nouveau domaine des services climatiques (tel que décrit dans la section 10.2). Pour cette raison, plutôt qu’une liste statique de questions fréquemment posées, ce chapitre inclut de nombreux liens vers des ressources externes ainsi qu’une section (10.3) où les considérations courantes liées à l’utilisation des projections climatiques sont décrites plus en détail.
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