Réunion préparatoire de Dhaka : Engagements conjoints

Compte rendu de la réunion

Dhaka, du 1er au 2 octobre 2017

Le gouvernement de la République populaire du Bangladesh à Dhaka a tenu la réunion préparatoire sur les engagements conjoints, qui a rassemblé des participants de 25 États membres et des représentants des Nations Unies. C’était la dernière réunion avant la Réunion des ministres de la Défense sur le maintien de la paix des Nations Unies, qui aura lieu les 14 et 15 novembre 2017 à Vancouver, au Canada. La réunion visait à préparer les produits livrables et les engagements relatifs aux engagements conjoints pour la réunion des ministres à Vancouver. Elle a servi de plateforme pour le bilan des progrès par rapport aux engagements, ainsi que pour la présentation des nouveaux engagements conjoints, la mise en valeur des nouveaux engagements afin de combler les lacunes qui subsistent en matière de capacité et la communication des pratiques exemplaires concernant la rotation des principaux éléments habilitants. Elle a également permis de prendre en compte les progrès relatifs à une représentation accrue des femmes dans les armées nationales et les déploiements internationaux, d’obtenir de nouveaux engagements liés aux genres de la part des États membres et d’échanger sur des moyens d’atteindre ces cibles au cours des prochaines années.

La réunion était organisée en trois séances principales. Chaque séance comportait des exposés présentés par des experts suivis de discussions ouvertes dans le but d’inviter les participants à exprimer leurs points de vue et à faire des commentaires. Des discussions en sous-groupes ont suivi les séances afin de donner la chance aux participants de contribuer et de commenter les enjeux particuliers abordés au cours des séances principales. Enfin, les États membres ont eu l’occasion de discuter de leurs engagements potentiels, qui seront annoncés officiellement à Vancouver.

Séance 1A : Points de discussion clés et recommandations sur les engagements conjoints et les exigences en matière de capacité actuelles et émergentes des Nations Unies

  • Les partenariats sont très importants pour l’organisation de contingents pour les opérations de maintien de la paix. À mesure que les États membres continuent d’intensifier leurs engagements envers le maintien de la paix des Nations Unies, l’importance de la coopération entre les États membres grandira aussi.
  • Les engagements conjoints sont des engagements en partenariat bilatéral, entre les États membres, ou en partenariat triangulaire, entre au moins deux États membres et les Nations Unies, afin de combler les lacunes en matière de capacité commune actuelles et émergentes.
  • Les aspects critiques des engagements conjoints sont des capacités de réaction rapide, des unités de soutien hautement qualifiées et le renforcement de la capacité d’instruction.
  • Les principaux défis qui entourent actuellement les engagements conjoints comprennent la transformation de ceux-ci en capacité dans la zone de mission, l’adaptation de l’équipement fourni en partenariat avec le personnel sur le terrain, la certification appropriée de l’entente de partenariat et l’entretien de l’équipement, ainsi que les modalités de remboursement.
  • Les partenariats et la coopération entre les Nations Unies et les États membres sont en cours depuis un certain temps. Il a été déterminé que des partenariats faciliteraient la contribution des États membres aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies. Ce concept n’a pas encore été pleinement démontré pour certains États membres et des fournisseurs d’équipement potentiels.
  • Il a été suggéré de mener une étude plus approfondie sur les engagements conjoints et les ententes de partenariat afin de mener une analyse exhaustive et de tenir compte des avantages comme des inconvénients. Après une étude délibérée, le Secrétariat de l’ONU devrait établir des politiques et des mécanismes clairs afférents aux engagements conjoints.

Séance 1B : Expériences et leçons retenues de la contribution à la rotation multinationale des C-130

  • La rotation des C130 pour la mission de stabilisation multidimensionnelle intégrée au Mali (MINUSMA) proposée par la Norvège a été un exemple de réussite d’une rotation des éléments habilitants primordiaux en partenariat avec d’autres pays.
  • C’est la remarquable coopération entre les pays partenaires dans de nombreux secteurs, dont la fourniture de soutien financier et la flexibilité dans la planification, qui a rendu possible cette réussite.
  • La rotation est rentable et permet une prévisibilité et une stabilité au chapitre de la planification des déploiements et des sorties pour les Nations Unies et les pays fournisseurs de troupes ou de policiers (PFT/PFP) concernés.
  • Il y a toutefois des difficultés et des aspects à améliorer : l’élaboration d’une composante d’infrastructure par un chef de file ou les Nations Unies est requise, il faut s’y prendre d’avance pour la planification et la coordination, et des rotations plus longues, soit d’au moins six mois, sont à privilégier.
  • En outre, les visites préalables au déploiement par les PFT/PFP sont essentielles, le processus de négociation des protocoles d’entente et des lettres d’accord doit être intégré, et les participants devraient pouvoir négocier avec les Nations Unies. Les Nations Unies devraient également jouer un plus grand rôle en tant qu’« entremetteur ».
  • La Norvège a suggéré d’évaluer la rentabilité de la rotation des C130 en comparant ce concept à la contribution d’un seul pays et à des solutions de rechange commerciales.
  • Le Bangladesh a aussi fait part de son expérience d’une rotation réussie des aéronefs C130, un élément habilitant clé déployé dans la République démocratique du Congo. Parmi les leçons retenues par le Bangladesh, mentionnons l’importance de la maintenance innovante afin de garder les aéronefs opérationnels pour le service dans le cadre de la mission et la nécessité de la gestion des risques.

Séance 1C : Partenariats pour le déploiement des éléments habilitants primordiaux

  • La meilleure façon pour les Nations Unies et les États membres de réduire les risques et de rendre les déploiements pour le maintien de la paix des Nations Unies plus efficaces consiste à travailler ensemble en partenariat. Les Nations Unies et les États membres se sont beaucoup améliorés à cet égard.
  • Toutefois, une meilleure coordination entre les PFT/PFP et les Nations Unies est nécessaire afin d’assurer la disponibilité des ressources appropriées pour les Casques bleus sur le terrain au bon endroit et au bon moment. Ainsi, il faut une meilleure planification, davantage d’engagements, un rendement plus solide et des partenariats efficaces pour renforcer la capacité des Nations Unies à maintenir la paix au XXIe siècle.
  • Le Système de préparation des capacités de maintien de la paix nouvellement introduit, qui comprend des visites d’évaluation et de consultation, des visites préalables au déploiement et des protocoles d’entente et des lettres d’accord, doit compléter une stratégie plus générale élaborée par les Nations Unies et les États membres afin de prendre des engagements plus efficaces.
  • Les partenariats pour le déploiement d’éléments habilitants primordiaux devraient être axés sur la fourniture de transport aérien stratégique ou tactique pour les unités de soutien, la formation et l’amélioration de la capacité d’intervention rapide.
  • L’installation d’un hôpital dans le Soudan du Sud par le Vietnam en partenariat avec le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Australie est un exemple de partenariat couronné de succès pour le déploiement d’éléments habilitants primordiaux.
  • Les Nations Unies et les États membres devraient continuer de collaborer au déploiement d’éléments habilitants primordiaux de qualité supérieure, tels que des unités de génie, médicales et d’aviation.

Section 2 : Points de discussion clés et recommandations sur la représentation accrue des femmes dans les armées nationales et les déploiements internationaux

  • Les femmes sont des multiplicatrices de force dans les opérations de maintien de la paix. Tous les participants ont convenu que l’inclusion de femmes Casques bleus améliorerait l’efficacité de ces opérations.
  • À présent, des 87 000 Casques bleus des Nations Unies déployés dans le cadre de diverses missions de maintien de la paix, seulement 2 200 sont des femmes, ce qui représente moins de 3 % du total des personnes déployées. Dans la plupart des zones de mission de maintien de la paix, la population locale est constituée de 51 % de femmes.
  • La participation accrue des femmes aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies contribuera à une meilleure compréhension de l’environnement de mission, à un meilleur accès à la population locale et à une collecte plus efficace des renseignements. La réussite de l’exécution des mandats de mission s’en trouvera favorisée.
  • Les participants étaient en faveur de la cible des Nations Unies de 15 % pour la participation des femmes à titre d’observatrices militaires et d’officiers d’état-major dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies. L’Éthiopie, le Kenya, le Ghana et l’Afrique du Sud ont déjà atteint cette cible.
  • Le Bangladesh, le Pakistan, l’Inde et le Népal devraient atteindre cette cible d’ici la fin de 2017.
  • Les Nations Unies ont demandé à tous les États membres de nommer des femmes aux postes d’observateur militaire et d’officier d’état-major en vue d’atteindre cette cible. Les Nations Unies travaillent également à élaborer un concept ou une stratégie afin de déployer des équipes d’engagement formées de femmes au niveau du peloton. Une autre priorité des Nations Unies est d’augmenter la représentation des femmes dans les postes de haute direction.
  • Pour atteindre la cible des Nations Unies, il a été recommandé de se pencher sur la formation adéquate des femmes Casques bleus et sur les défis et les incitatifs inhérents à leur déploiement (longs déploiements, manque d’établissements pour femmes, etc.).

Section 3 : Points de discussion clés et recommandations sur la réforme sur le maintien de la paix des Nations Unies

  • La secrétaire générale déléguée du Département de l’appui aux missions, Lisa M. Buttenheim, a donné un aperçu des réformes de l’architecture de paix et de sécurité, du système de gestion et des structures des Nations Unies proposées par leur secrétaire général.
  • Les principales caractéristiques des réformes proposées sont les suivantes.
    • En premier lieu, il faut renforcer et habiliter la direction de l’organisation.
    • En deuxième lieu, l’organisation doit devenir plus transparente, en mesure de démontrer un lien plus clair entre les ressources et les résultats et renforcer ses cadres de gestion des risques.
    • En troisième lieu, pour assurer une intervention efficace et rapide, il faut déléguer les pouvoirs, de manière responsable et dans des conditions claires, de sorte qu’ils puissent être exercés plus près du point de livraison.
    • Puis, en quatrième lieu, les structures de gestion au quartier général doivent être réorganisées afin d’assurer l’exercice des pouvoirs délégués à l’appui d’une exécution efficace du mandat dans sa totalité, entre autres en éliminant les fonctions redondantes, en établissant une répartition des rôles et des responsabilités et une séparation des tâches plus nettes et en prévoyant les freins et les contrepoids qui conviennent.
  • Des réformes au sein des Nations Unies sont depuis longtemps reclamées, et la proposition de réforme telle qu’elle est présentée par la secrétaire générale déléguée Buttenheim est encourageante pour les États membres. La réforme des Nations Unies doit s’attaquer à différents défis; la réforme structurelle doit être accompagnée d’une volonté de la part des États membres de résoudre les tensions entre les intérêts nationaux et les principes internationaux.
  • Il a également été souligné que la formulation de mandats de maintien de la paix devait comprendre la représentation des pays hôtes et des mesures visant à éliminer les causes premières du conflit. En cas de difficulté à intégrer les opinions des pays hôtes, il faudrait charger les QG des missions de poursuivre le dialogue avec les hôtes qui auraient autrement participé, ainsi que les habiliter et les encourager à le faire.
  • Pour une exécution réussie des mandats, il a également été suggéré que les commandants militaires importants (commandants des forces et commandants de secteurs) soient autorisés à apporter des modifications aux dispositions logistiques au cas par cas, selon les besoins, dans le cadre d’une opération de maintien de la paix.
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