Le Caporal-chef Tex Young : un professionnel méticuleux
Article de nouvelles / Le 18 mars 2013
« Les recrues autochtones m’ont enseigné la vraie définition du mot “courage” », affirme le Caporal-chef Grenville Tex Young, le contrôleur radar supérieur par intérim de la 15e Escadre Moose Jaw, en Saskatchewan.
À titre d’instructeur affecté au programme de recrutement autochtone de la 16e Escadre Borden, en Ontario, au printemps de 2012, le Cplc Young a appris à mieux comprendre les jeunes Autochtones et les difficultés qu’ils doivent surmonter. Or, ce n’était pas du tout ce à quoi il s’attendait.
« Avant d’aller à la BFC Borden, mon adjudant-maître m’avait dit que je serais un grand atout pour le programme en raison de mon expérience militaire et de mon travail auprès des Autochtones. Toutefois, c’est le contraire qui s’est produit. J’ai tant appris en côtoyant ces jeunes, notamment au sujet de l’adversité et des difficultés qui entravent leur route.
« Ils m’ont également insufflé beaucoup d’espoir, parce qu’ils ne rejettent la responsabilité de leurs problèmes sur personne. Ils ne laissent pas les obstacles de leur passé assombrir leur avenir. À mes yeux, c’est ça, le véritable courage. »
Le Cplc Young joue un rôle précieux dans le soutien du pilier de la disponibilité opérationnelle de la Stratégie de défense Le Canada d’abord. La 15e Escadre est en effet le lieu principal de déroulement du programme d’entraînement en vol de l’OTAN au Canada et la base d’attache de 2e École de pilotage des Forces canadiennes. Les Snowbirds, l’équipe militaire d’acrobaties aériennes, y ont également élu domicile.
Servir dans la Réserve de l’Armée de terre
Le Cplc Young a grandi à Hillmond, en Saskatchewan, et s’est joint à la Réserve de l’Armée de terre à titre de poseur de lignes en 1991. Affecté à la Force régulière en 1996, il est devenu sapeur (soldat) dans le 2e Régiment du génie de combat, pour ensuite travailler comme technicien des Groupes électrogènes. Il a participé à deux missions consécutives en Bosnie en 1997 et en 1998, la première en tant que membre de l’équipe mobile de réparation, et la seconde à titre de soldat du groupement tactique du 1er Bataillon, The Royal Canadian Regiment.
« Ces expériences m’ont ouvert les yeux à tant d’égards », dit le Cplc Young. « J’étais conscient de la chance que nous avions de vivre au Canada avant de partir en mission, mais je n’avais aucune idée de ce que j’allais voir et de ce que j’allais devoir faire une fois en Bosnie. J’ignorais à quel point ces collectivités étaient anéanties et se détestaient entre elles. »
En 2001, le Cplc Young se joint à l’Aviation royale canadienne dans le groupe des opérateurs/opératrices de contrôle aérospatiale, à titre de technicien de surveillance aérienne. « Je me suis toujours intéressé à l’aviation et je croyais que ce serait un secteur où je pourrais me mettre au défi. La surveillance est un élément important de la défense aérienne, et je tenais à faire quelque chose qui ait du sens et de l’importance sur le plan personnel. »
Une affectation à la 15e Escadre
En 2005, le Cplc Young devient contrôleur de radar d’approche de précision (PAR), un service du contrôle de la circulation aérienne (CC air), et est affecté à la 15e Escadre. « Nous sommes les seuls MR [militaires du rang] à faire du contrôle de la circulation aérienne, mais nous accomplissons notre travail à l’aide d’un terminal. »
Le secteur du CC air compte deux types bien distincts de contrôleurs. La tour de contrôle et l’unité chargée du terminal travaillent de concert avec des officiers et des militaires du rang pour effectuer différentes activités inter reliées. Les agents du CC air appliquent les règles de vol à vue pour diriger l’aéronef jusqu’à l’escadre, tandis que les contrôleurs PAR utilisent les règles de vol aux instruments pour les faire atterrir en toute sécurité.
« Même si l’approche finale est effectuée par le pilote, les contrôleurs PAR le guident. Une autre de nos tâches consiste à maintenir en tout temps une distance d’au moins 300 mètres à cinq kilomètres entre tous les aéronefs. »
À Moose Jaw, il est rare pour le personnel du CC air de travailler par roulement. En raison du nombre élevé d’élèves-pilotes, les contrôleurs PAR et les agents du CC air peuvent gérer de 15 à 20 approches pendant un quart de travail de six heures. « Les autorités du CC air exigent que nous gérions 18 approches par mois pour maintenir nos compétences. Ici, nous arrivons à le faire en une journée, et ce, régulièrement », affirme le Cplc Young, qui compte plus de 9 400 approches à son actif.
Mais ce n’est pas un travail qui convient à tout le monde.
« C’est intense et épuisant mentalement. Il faut posséder un ensemble de compétences complètement différentes pour arriver à faire ce travail. Il faut être en mesure d’effectuer plusieurs tâches à la fois et de prendre des décisions rapidement. Il faut également aimer le stress. Heureusement, le travail d’équipe entre les officiers et les MR est incroyable et hautement satisfaisant. Tout le monde collabore ici. »
Au service de la collectivité
Lorsqu’il ne guide pas des aéronefs jusqu’à l’aérodrome balayé par les vents des Prairies du centre-ouest, où se trouve son avant-poste, le Cplc Young joue un rôle actif dans la collectivité métisse locale.
« Je remplis beaucoup de documents de subvention pour faire progresser les projets des Autochtones et des Métis du coin. Le rôle que je joue dans cette collectivité revêt une grande importance pour moi. C’était une collectivité dont j’ignorais tout, jusqu’à ce que je rencontre ma femme, qui est Métisse. Nous pouvons faire tant de choses pour combler le fossé entre le milieu militaire et le milieu autochtone. »
Mais, pour faire partie du milieu du CC air, il faut avoir une tendance perfectionniste.
« Vous devez avoir l’attitude de celui qui veut être le meilleur dans son domaine. Il le faut, parce que le boulot se résume à faire atterrir des aéronefs en toute sécurité. Le travail est imprévisible et les approches se déroulent à n’importe quel moment et sans avertissement, donc si vous faites preuve d’un excès de confiance, vous allez vite le regretter. »
Voici comment le Cplc Young réfléchit à ses quelque 20 années de service : « J’ai eu une carrière incroyable. J’ai tant appris dans les Forces canadiennes, et celle-ci m’a tant apporté sur le plan personnel. Elle s’est montrée incroyablement généreuse envers moi, et j’espère pouvoir lui rendre ce qu’elle m’a donné. »