Des aventures en altitude : On se souvient du capitaine d’aviation Glen Rawson
Article de nouvelles / Le 23 mars 2016
L’Aviation royale canadienne a perdu un précieux membre de sa famille récemment lors du décès du capitaine d’aviation (retraité) Glen Rawson le 5 mars 2016. Il avait 99 ans. Le capitaine d’aviation Rawson, qui a servi dans l’ARC pendant la Deuxième Guerre mondiale et, par la suite, a gardé des liens étroits avec la Force aérienne pendant toute sa vie. Il était un ami spécial et bien aimé du personnel de l’ARC de la 16e Escadre Borden, en Ontario.
Voici un article sur le capitaine d’aviation Rawson d’il y a deux ans.
Par Liesha Millward
Le capitaine d’aviation Glen Rawson (retraité) s’est enrôlé dans les Forces armées canadiennes en janvier 1940. Il y a mené une carrière longue et distinguée, au rythme de l’évolution de son ARC bien-aimée.
Il a fait son instruction au « Camp Borden », en Ontario (aujourd’hui la Base des forces canadiennes Borden) en 1940 et fut stagiaire du tout premier cours de pilote donné par le Programme d’entraînement aérien du Commonwealth britannique, à l’École de pilotage militaire no 1.
« Aujourd’hui, Borden est beaucoup, beaucoup plus grand. Il y a plus de gens, plein de nouveaux bâtiments. Quelques-uns des vieux hangars sont toujours là. Quand j’y suis passé, certains d’entre eux étaient encore en construction », raconte le capitaine d’aviation Rawson.
« À mon arrivée au Camp Borden, il fallait vraiment prendre ses précautions parce que l’aéroport n’était pas achevé. Certains de nos aéronefs dépassaient la piste parce qu’un des hommes avait mal jaugé la situation, et alors ils restaient pris dans le sable. Il n’y avait même pas de feux sur la piste. On mettait de petits pots de kérosène le long de la piste. Au décollage, si on s’approchait trop de la bordure de la piste, le souffle du moteur éteignait la flamme, et alors il n’y avait plus de lumière pour l’atterrissage. Il fallait attendre que quelqu’un aille rallumer le kérosène. Disons que ça nous incitait à aller tout droit, bien au centre. »
« En premier, on volait avec un instructeur de vol », poursuit-il, en parlant de son instruction. « Dans le Harvard [avion d’entraînement], l’instructeur prenait place sur le siège arrière et nous étions à l’avant. Il n’y avait pas de radio, alors il nous disait quoi faire dans le “Gosport tube” [un tuyau doté d’un cornet à une extrémité]. Il fallait mettre sa bouche au bout et crier. On avait du mal à entendre. Nous avions un casque avec des écouteurs ou des cache-oreilles, alors le son parcourait le tube pour se rendre à nos oreilles. Le tube allait jusqu’au siège arrière, et l’instructeur faisait de même. Quand l’instructeur jugeait que nous avions assez d’expérience et pouvions piloter seul, il nous envoyait en solo. On faisait énormément de vols en solo et on s’exerçait beaucoup jusqu’à la fin du cours. »
Quand le capitaine d’aviation Rawson a commencé sa carrière de pilote, la navigation se faisait essentiellement à l’aide de cartes et d’une boussole, ou encore visuellement, en regardant à l’extérieur. « Je me souviens d’un jour, ici même à Borden, où il y avait une nappe de nuages, par un temps raisonnablement calme. Mon instructeur m’a envoyé m’exercer en solo à des manœuvres acrobatiques », relate-t-il. « J’avais peur de m’exercer sous les nuages, parce qu’il n’y avait pas beaucoup d’espace. J’ai donc grimpé au-dessus des nuages et je suis resté là. Je m’amusais comme un petit fou quand j’ai constaté qu’il fallait que je redescende. J’ai donc retraversé les nuages et j’ai regardé partout autour. Je n’avais aucune idée d’où je me trouvais. Mon instructeur disait que si jamais ça m’arrivait, je devais mettre le cap sur l’est, puis voler jusqu’à un gros lac, et de là tournoyer jusqu’à ce que je voie un grand chalet blanc. Ensuite, il suffisait de changer de cap pour retourner à Borden. J’ai suivi ces instructions et j’ai enfin retrouvé Borden. »
En septembre 1940, le capitaine d’aviation Rawson a réussi son cours et a reçu son brevet de pilote à l’occasion d’une cérémonie tenue sur l’aire de trafic, à Borden. De nombreuses personnes qui avaient commencé le cours n’étaient pas là pour cette cérémonie. Trois stagiaires sont morts durant la période d’entraînement. Plus tard dans l’année, son instructeur, Peter Campbell, a perdu la vie en plongeant son appareil dans le lac Muskoka. [Note du rédacteur en chef : le corps du lieutenant Campbell a été repêché du lac et enterré à Guelph, en Ontario, en 2013.] De plus, piloter n’était pas à la portée de tous. Certains stagiaires ont abandonné et ont été affectés à d’autres groupes professionnels.
Le capitaine d’aviation Rawson est retourné à Borden pour un autre cours : le cours de pilotage de perfectionnement, qui se donnait au moyen d’appareils Northrop A17 Nomad. On y apprenait notamment à faire des bombardements en piqué et à larguer sur des objectifs des bombes fumigènes qui explosaient à l’impact. « Le Northrop A-17 avait un gros aileron perforé qui nous permettait de grimper à 20 000 pieds et de cabrer. Des objectifs étaient définis, dont un petit bâtiment », a-t-il expliqué. « J’ai regardé au sol et, voilà, j’ai vu le bâtiment. J’ai descendu en piqué et j’ai atteint la cible. Le bâtiment a explosé. Quelques jours plus tard, on m’a convoqué au bureau des commandants. Il y avait des appareils photo dans l’avion, pour prendre une photo afin de prouver qu’on avait atteint l’objectif. J’avais touché un poulailler. Je l’avais complètement détruit et j’avais tué toutes les poules », a avoué le capitaine d’aviation Rawson en riant. « On l’a dédommagé. Tout le monde aurait pu faire une erreur pareille, surtout si le ciel était brumeux à 20 000 pieds. »
Plus tard, le capitaine d’aviation Rawson est devenu lui-même instructeur. Il a aussi travaillé en recherche et sauvetage dans le Nord. Au fil de ses 22 années de service dans l’ARC et de ses nombreuses années avec les Cadets de l’Air, le capitaine d’aviation Rawson en a vu de toutes les couleurs. Il s’est vu décerner la Croix de l’Aviation pendant la Deuxième Guerre mondiale, la médaille du jubilé de la Reine ainsi qu’une décoration de la guerre de Corée. Il a aussi été intronisé au fellowship de la 16e Escadre, un honneur qui n’a été accordé qu’à neuf militaires pour souligner leur contribution exceptionnelle au Camp Borden.
« Les gens ont le même esprit de famille qu’avant, mais leur travail est plus exigeant dans certains cas », a indiqué le capitaine d’aviation Rawson. « Les appareils sont différents et la maintenance a aussi changé. La réparation et l’entretien des aéronefs sont plus techniques aujourd’hui, et ceux qui s’en occupent s’y connaissent plus qu’à l’époque. Dans le bon vieux temps, nous avions un moteur à essence et c’était simple. Les moteurs à réaction, c’est une autre paire de manches.
« Je pense que c’est le genre de personnes qui ressort le plus. Avec eux, surtout les pilotes, vous faites une bêtise et ils vous lancent toutes les insultes du monde, mais le lendemain ils sont prêts à mettre leur vie en jeu pour vous. Il y a comme un esprit de famille entre nous. On se tient. C’est très difficile à expliquer. »
Cet article est paru pour la première fois sur le site Web de la 16e Escadre Borden le 18 avril 2014.
du site Web de la maison funéraire Mighton Funeral Home Ltd.
C.A. « Glen » Rawson, anciennement de Hanover [en Ontario] est décédé à la maison de retraite Winston Park à Kitchener [en Ontario] après un court séjour de 14 mois, le samedi 5 mars 2016, dans sa 100e année.
Né le 17 janvier 1917, à Brandon, au Manitoba, de feus Gilbert et Helma Rawson, Glen a eu une carrière bien remplie et a excellé dans tout ce qu’il a entrepris. Il était un pilote de carrière dans l’Aviation royale canadienne et à sa retraite, il a agi à titre d’agent de probation et de libération conditionnelle à Walkerton [en Ontario] et il y a seulement 14 mois, il était déménagé à Kitchener pour être plus près de sa famille. Très actif au sein de la Loge maçonnique de Hanover ainsi que de la filiale no 130 Hanover de la Légion royale canadienne, Glen avait toujours un sourire aux lèvres et était toujours prêt à aider. Il était un des membres fondateurs du Saugeen Stamp Club où il aimait partager les histoires de ses collections et aimait apprendre comment ils avaient obtenu divers timbres. Un homme ayant une foi profonde, il a soutenu tous les programmes offerts par l’église et a passé de bons moments (rire et jouer au plus fin) avec les membres de l’Église Grace United, à Hanover. Pendant de nombreuses années, il a fait partie de l’Escadron des cadets de l’Air no 812 de Hanover et il a servi comme président de la commission de police de Hanover.
Il laisse dans le deuil ses deux filles, Révérend Judith Springett de Kitchener et Nancy Rawson de Hunter River, Île-du-Prince-Édouard. Parmi ses réalisations, il y avait ses quatre petits-enfants et ses deux arrière-petits-enfants. . . L’arrière-grand-père avait beaucoup d’histoires à raconter et aimait ses arrière-petits-enfants. . . La famille était importante ainsi que de passer de bons moments ensemble. L’ont précédé sa femme Jean (née Leeworthy) Rawson, sa sœur Effie Fraser et son frère William Rawson. Un service funéraire [a été tenu] le vendredi 11 mars 2016… à l’Église Grace United, de Hanover, [et il a été enterré] au cimetière de Hanover.