Un exemple de courage : le cadet d’aviation Wilfred Cecil Alcock
Article de nouvelles / Le 8 mai 2017
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Par le major Bill March
Né à Knutsford, dans le Cheshire, en Angleterre, Wilfred Cecil Alcock, âgé de 21 ans, quitte sa famille à l’automne de 1912 afin de bâtir son avenir aux États-Unis. Il finit par s’installer dans la petite ville de New Bedford, située tout juste à l’extérieur de Boston, au Massachusetts. Il se taille une place dans la collectivité, en tant que gestionnaire d’impression d’une entreprise de publication, en plus de se joindre à la loge maçonnique.
Le cadet Alcock suit de près la guerre qui sévit dans son pays natal. Toutefois, à moins de retourner en Angleterre, il a peu de possibilités de s'enrôler dans une unité britannique. Enfin, à l’été 1917, il se rend à Toronto, en Ontario, où il se joint au Royal Flying Corps Canada, qui s’y est installé au printemps de la même année. Le 6 septembre 1917, le cadet Alcock, no 74783, est assermenté et connaît la joie du service militaire.
De la fin du mois de septembre au début de l’automne, il étudie l’aviation miliaire à l’École d’aéronautique de l’Université de Toronto. La tête remplie d’information sur les aéronefs, le télégraphe sans fil et les mitrailleuses, et les jambes endolories par une quantité appréciable d’exercices physiques, il vient à peine de commencer sa formation au pilotage à Borden, en Ontario, à environ 100 kilomètres au nord de Toronto, lorsque le moment du grand déménagement arrive.
Le brigadier-général Cuthbert Gurney Hoare, commandant du Royal Flying Corps Canada, tente d’éviter que la formation prenne du retard en raison de l’hiver canadien. Il conclut donc une entente avec les forces militaires des États-Unis, en vertu de laquelle, en échange de la formation d’un certain nombre de militaires états-uniens, deux escadres complètes du Royal Flying Corps Canada, à savoir la 42e Escadre Borden et la 43e Escadre Deseronto (situé tout juste à l’est de Toronto), logeront à des bases aériennes de l’État ensoleillé du Texas. Au début du mois de novembre 1917, le cadet Alcock monte dans un train à bord duquel il amorce un voyage d’environ 1 600 km vers sa nouvelle demeure, située tout juste à l’extérieur de Fort Worth, au Texas.
Le train arrive le 17 novembre et un seul accident grave a eu lieu en cours de route : un cadet perd la vie pendant le voyage après être tombé du train. Alcock et ses amis se retrouvent sous peu dans une tente à l’aérodrome no 2, Everman Field. Avec les aérodromes Taliaferro no 1, Hick’s Field, et no 3, Carruther’s Field, ces trois zones de formation forment le camp Taliaferro.
On ne peut que s’imaginer l’expression du cadet Alcock lorsque, une fois adapté à la routine du camp et après un sommeil aussi réparateur possible, il constate qu'une grande quantité de neige recouvre le sol à son réveil. Cette partie du Texas connaît un hiver exceptionnellement rude en 1917-1918. Pendant qu’il brise la glace qui recouvre le lavabo public pour se raser en vue de la parade matinale, le cadet Alcock se demande sans doute pourquoi le Royal Flying Corps Canada a pris la peine d’échanger la neige canadienne contre la neige américaine, qui est tout aussi froide.
Malgré la neige et les zones d’atterrissage boueuses qui en découlent, la formation s’amorce presque immédiatement. Le cadet Alcock, élève compétent, termine rapidement sa séance de formation de base au pilotage au 79e Escadron d’instruction du Canada; en peu de temps, il effectue un vol en solitaire dans l’aéronef respecté Curtiss JN-4.
Le 24 novembre, une semaine après son arrivée au Texas, il pilote l’aéronef JN-4 C-760 et s’exerce, semble-t-il, à voler en formation avec un autre aéronef JN-4, piloté, lui, par le cadet James Harold Thompson. Après avoir fait quelques acrobaties dans les airs pendant un certain temps, le cadet Alcock se retrouve légèrement sous le cadet Thompson; à ce moment, les deux JN-4 entrent en collision. Selon la fiche de blessé, la « section centrale de l’appareil du [cadet Alcock] a été emportée par le train d’atterrissage de l’appareil du [cadet Thompson] » et le JN-4 est tombé du ciel. Le cadet Alcock ne survit pas à la chute. Le cadet Thompson, quant à lui, fait un atterrissage forcé et subit des blessures mineures.
Comme il est coutume de le faire en Amérique du Nord, on envoie le corps du cadet Wilfred Alcock à sa ville natale. Le jeune homme est conduit à son dernier repos le 28 novembre, au cimetière Oak Grove, de New Bedford. Au moment de sa mort, le cadet Alcock n’a que 26 ans.