Pleins feux sur la profession des armes : la capitaine de frégate Selena Aral, commandant, QG des services logistiques de la base, BFC Halifax

Le 15 mars 2021 - Nouvelles de la Défense

Service royale de la logistique du Canada
 
Légende

Capitaine de frégate Selena Aral, commandant, QG des services logistiques de la base, BFC Halifax

Dans le cadre de notre engagement à continuer de relater ces histoires au-delà d’une journée en particulier, La Feuille d’érable dressera le profil de plusieurs dirigeantes à l’échelle des FAC, tout particulièrement celles qui œuvrent au SRLC. Nous ferons connaître leur exemple et leurs expériences, tout en célébrant le soutien inlassable qu’elles apportent aux opérations internationales et nationales, aux exercices et aux activités quotidiennes des Forces armées canadiennes.

Lisez le profil d’autres dirigeantes présenté dans le cadre de la série, notamment :

La carrière de la capitaine de frégate (Capf) Selena Aral a débuté en 1997; elle a servi comme manœuvrier pendant environ sept ans avant d’atteindre le grade de matelot-chef (matc). Pendant ce temps, elle s’est souvent trouvée responsable de l’approvisionnement du navire. Il ne lui a pas fallu beaucoup de temps pour constater qu’elle aimait bien cette fonction et cette responsabilité.

« J’ai eu un petit aperçu du monde de la logistique en m’acquittant de ces fonctions, continue-t-elle, et c’est à ce moment-là que j’ai constaté que j’avais un don pour ça : gestion des ressources, ingéniosité, mise en place des réseaux dont on a besoin pour fournir rapidement au navire ce dont il a besoin. J’aimais bien ce travail. »

Ayant décidé de donner libre cours à sa passion, la Matc Aral s’est inscrite au Programme d’instruction des officiers de la Réserve dans le but de devenir officier de la logistique de la Marine. Pour se faire valoir davantage, elle a décidé audacieusement de renoncer à son contrat de classe C à temps plein pour entreprendre des études en administration des affaires à l’Université Mount Saint Vincent, à Halifax.

« Je prenais un énorme risque, car je renonçais après tout à 55 000 $ par an, ajoute la Capf Aral. J’ai obtenu un prêt étudiant, tout en continuant de payer mon hypothèque et ma voiture. Pendant une année entière, c’était assez difficile. J’avais à peine les moyens de m’acheter du café; cependant, j’ai pu démontrer mes aptitudes, de même que mes compétences en mathématiques. On a accepté ma demande, heureusement. C’était un peu comme gagner le gros lot. »

Après avoir obtenu sa qualification complète, la Capf Aral a été choisie pour travailler avec le COMFOSCAN au Centre d’entraînement de Dwyer Hill, affectation comprenant un déploiement de six mois en Afghanistan. Par la suite, elle a été nommée chef du service de la logistique à bord du NCSM Ville de Québec. Pendant cette période, elle a constaté que le don qu’elle avait découvert alors qu’elle était militaire du rang lui servait toujours bien en tant qu’officier.

« Si j’ai connu du succès dans ma profession, c’est grâce à ma capacité de créer de solides réseaux et de nouer des relations étroites avec des organisations partout, explique la Capf Aral. Ainsi, si je me trouve dans une situation où j’ai absolument besoin de quelque chose, je sais que vers où me tourner pour y parvenir. Je sais comment exercer mon influence. »

Elle cite un exemple d’une situation survenue lors d’un déploiement dans le cadre de l’Op CARIBBE, en 2013. La même pièce des embarcations gonflables à coque rigide du navire ne cessait de se casser, menant ainsi à l’épuisement des approvisionnements. Alors qu’elle tentait d’obtenir la pièce par l’intermédiaire de la chaîne d’approvisionnement des FAC, elle a également trouvé des entreprises du sud des États‑Unis qui fabriquaient la pièce.

« Cependant, nous devions aussi composer avec le fait que nous étions en mer, précise-t-elle. Comment allais-je réussir à obtenir la pièce sans que nous ayons à accoster? Puis, je me suis souvenue de nombreux liens que j’avais tissés grâce au COMFOSCAN et je me suis dit : “Eh bien, voyons les Forces navales des États‑Unis à l’action.” » Ayant pris contact avec ses personnes-ressources à Norfolk, en Virginie, elle les a convaincues d’accepter la pièce puis de transformer sa livraison en une occasion de mener un exercice, exercice pendant lequel des pilotes des Forces navales des États‑Unis allaient tenter de situer le navire canadien en mer avant de procéder à un largage.

« Toutes ces démarches pour une minuscule pièce, dit-elle en riant. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque la pièce s’est cassée de nouveau! Nous avons donc convenu de faire la même chose, mais cette fois-ci, les Forces navales ont effectué un largage pendant la nuit. Mon commandant était transporté de joie : jamais auparavant n’avait-il vu un O Log organiser ce genre de chose. Je savais que les forces armées cherchent toujours des occasions d’entraînement; c’est pourquoi, tant que je leur offrirais une occasion d’effectuer le travail pour lequel leur personnel avait été entraîné, je savais que nous allions y arriver. C’était amusant pour tous les gens à bord du navire de voir la façon dont la logistique peut réellement porter ses fruits, une fois que l’on sait comment exploiter les bonnes ressources. »

Maintenant, en sa qualité de commandant du quartier général des services logistiques de la base à la BFC Halifax, la Capf Aral est responsable de 450 personnes et de 14 entrepôts situés d’un bout à l’autre de la Nouvelle‑Écosse. Bien qu’être à la tête d’un grand groupe ayant une empreinte aussi vaste puisse s’avérer difficile, elle surmonte les défis en ayant une présence constante dans la vie de ses subalternes.

« Je fais savoir que je vais me rendre dans un lieu donné, et je demande au personnel de me confier une tâche », précise la Capf Aral. Même le fait d’accomplir les tâches les plus banales, par exemple, se débarrasser de vêtements ou changer des pneus d’hiver, lui permet de jouer un rôle actif dans le travail de son équipe, ainsi que de prendre connaissance de points qu’elle peut améliorer, comme le remplacement nécessaire d’un chargeur de plate-forme.

« Au début, les gens me fixaient comme si j’avais dix têtes, confie-t-elle. Mais après un certain temps, ils sont devenus de plus en plus enthousiastes à cette idée : “Qu’allons-nous lui confier comme tâche cette fois-ci?” Je ne suis pas seulement une figure de proue; les gens savent que je me préoccupe véritablement de ce qui se passe dans leur monde. »

Selon la Capf Aral, son équipe répond bien à son style de leadership. Elle évoque une visite récente effectuée par le contre-amiral (Cam) Brian Santarpia, commandant des Forces maritimes de l’Atlantique, pendant laquelle le personnel a élaboré un scénario complexe chargeant l’amiral de trouver un « condensateur de flux », de lui faire subir un contrôle des matières dangereuses et de le livrer à une DeLorean (en réalité, un véhicule excédentaire) et ce, à temps pour son prochain exposé de mission. Le scénario a offert à l’amiral une expérience pratique du travail accompli par son unité de la logistique, en plus d’avoir permis à l’équipe de traiter directement avec son commandant régional.

« Je ne veux pas uniquement être une figure de proue ou une gestionnaire; j’essaye de créer une atmosphère davantage axée sur le travail d’équipe, explique-t-elle. J’essaye d’établir synergie et cohésion au sein de mon unité. J’ai adopté ce style de leadership, et je crois qu’il porte ses fruits. »

Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez sélectionner toutes les cases qui s'appliquent :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :