Capitaine Yuasa partage son expérience d’aumonière bouddhiste au sein des Forces armées canadiennes lors de l'assemblée générale annuelle des temples bouddhistes Jodo Shinshu du Canada

Le 01 août 2024 - Nouvelles de la Défense

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(de gauche à droite) Joanne Yuasa, Tanis Moore Sensei, Roland Ikuta, Tatsuya Aoki, Robert Gubenco, Grant Ikuta, Kensho Hashimoto, Kiyonobu Kuwahara, Naoki Hirano

crédit photo : Greg Chor (Trésorier, JSBTC)

Les temples bouddhistes Jodo Shinshu du Canada (JSBTC) ont tenu leur assemblée générale annuelle cette année au temple bouddhiste du sud de l’Alberta à Lethbridge, en Alberta, du 25 au 28 avril. Le JSBTC est l’organisation administrative qui représente les temples du Canada dans la tradition d’une école japonaise de bouddhisme de la Terre pure. J’ai été invité à cet événement en tant que ministre du JSBTC, mais aussi pour présenter un exposé sur « Le bouddhisme et la guerre » et pour parler de mon expérience en tant qu’aumônier bouddhiste des Forces armées canadiennes (FAC).

La réaction des gens devant ma tenue en DCamcC m’a surpris. Ce n’est pas seulement une nouveauté pour les FAC d’avoir un aumônier bouddhiste, c’est aussi la première fois que le JSBTC a un aumônier militaire. Nombre de personnes réunies n’avaient jamais rencontré quelqu’un, voire parlé avec quelqu’un, qui portait le DCamC, et personne n’avait certainement jamais vu quelqu’un porter le DCamC sous la robe d’un ministre du culte! Plusieurs membres de la sangha (communauté de bouddhistes) ont profité de l’occasion pour raconter l’histoire de leur propre service militaire canadien ou de celui de leur famille.

J’ai notamment rencontré la plus jeune sœur du Bgén Mamoru « Sugi » Sugimoto, décédé en 2017. Tomiko Sugimoto (88 ans) m’a fièrement parlé des nombreuses réalisations de son frère, notamment le fait d’avoir été le premier Canadien d’origine japonaise à être promu au grade de brigadier-général dans les années 1970.Note de bas de page 1 Elle m’a également parlé de neveux diplômés du CMR et d’un grand-oncle qui a servi dans l’infanterie canadienne pendant la Première Guerre mondiale. Le soldat Sugimoto a été tué au combat et est enterré dans le nord de la France.

J’ai été touché par le fait que ma présence semblait nous permettre de parler des contributions des bouddhistes et des Canadiens d’origine japonaise à l’Armée canadienne. Tous les Nippo-Canadiens ne sont pas bouddhistes et tous les bouddhistes ne sont pas Nippo-canadiens, mais ces deux notions se recoupent dans mon être et, bien que la communauté reflète aujourd’hui la diversité de la société canadienne, historiquement, la sangha compte majoritairement des Canadiens d’origine japonaise. On ne voit pas beaucoup de Nippo-Canadiens au sein de l’Armée canadienne, non seulement en raison de notre faible population, mais aussi en raison de l’histoire de l’internement pendant la Seconde Guerre mondiale, qui a eu une incidence sur l’enrôlement des générations suivantes. Néanmoins, nous savons que les Nippo-Canadiens et les bouddhistes ont servi et continuent de servir avec brio. Je sais que le chemin qui m’a mené à ma place au sein des FAC a été tracé par ceux qui m’ont précédé, et je suis réellement reconnaissant d’avoir eu l’occasion de montrer à ma communauté bouddhiste ainsi qu’aux Canadiens d’origine japonaise qu’ils sont toujours représentés au sein des FAC. Cette représentation est encore plus visible maintenant que j’ai l’honneur de porter la Dharmachakra (la roue du Dharma) bouddhiste sur mon uniforme, au-dessus de mon nom japonais.

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2024-08-01