Calmer les esprits loin du bercail : le parcours à l’étranger d’une infirmière en santé mentale

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Le 13 février 2026 - Nouvelles de la Défense

Temps de lecture estimé : 2:58

Écrit par : Lieutenante de vaisseau Nova Dowling, C.D., B.Sc.Inf., infirmière autorisée, infirmière en santé mentale au Centre des Services de santé des Forces canadiennes (HORSCAN), Détachement Geilenkirchen, Allemagne

Militaire en uniforme à l’extérieur de la clinique médicale de l’Unité de soutien des Forces canadiennes Europe à Geilenkirchen (Allemagne)
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La lieutenante de vaisseau Nova Dowling, devant la clinique médicale de l’Unité de soutien des Forces canadiennes Europe (USFC [E]), à Geilenkirchen, en Allemagne. Photo : Lt Patrick Dowling

Durant l’été de 2024, j’ai rayé un point de ma liste d’aspirations professionnelles après avoir été nommée à un poste d’infirmière en santé mentale à Geilenkirchen, en Allemagne. L’adaptation à de nouveaux environnements fait partie de ma vie depuis longtemps : j’ai émigré des Philippines à l’adolescence, j’ai rempli diverses affectations d’un bout à l’autre du Canada, j’ai traversé l’océan Atlantique à bord d’un navire canadien de Sa Majesté et j’ai accompli des déploiements au Koweït et en Lettonie. De même, le fait d’être affectée à un poste à l’étranger s’est avéré une expérience tout à fait unique.

Lorsque les gens me demandent ce que c’est d’être affectée à l’étranger, je m’arrête souvent pour me demander s’ils s’interrogent sur le fait de travailler ou de vivre à l’étranger.

À bien des égards, le rôle d’infirmière ou infirmier ou en santé mentale demeure le même. En tant qu’infirmiers autorisés ayant suivi une formation spécialisée, les infirmiers en santé mentale travaillent au sein d’équipes interdisciplinaires afin d’offrir des soins en santé mentale en temps opportun, entre autres, évaluation, counseling, intervention en cas de crise, coordination de cas, psychoéducation et soutien relativement à des initiatives générales en matière de santé, comme la campagne de vaccination annuelle contre la grippe.

Cependant, une différence remarquable de l’expérience outre-mer des infirmiers en santé mentale, c’est la taille réduite de l’équipe. Au Canada, un service de santé mentale pourrait compter environ 40 personnes, tandis qu’à l’étranger, il pourrait être formé de deux personnes seulement, ce qui entraîne une diminution des possibilités de consultation et fait en sorte qu’un centre de soutien psychiatrique se trouve souvent à plusieurs fuseaux horaires du lieu d’affectation. Parallèlement, le champ de responsabilités s’élargit. Plutôt que de servir dans une seule zone géographique, les infirmiers en santé mentale fournissent des soins virtuels dans plusieurs pays, se déplacent dans le cadre de visites des lieux et présentent des séances d’accueil au personnel nouvellement affecté dans toute l’Europe.

Un autre aspect qui fait partie intégrante d’une affectation à l’étranger est le fait de vivre et de travailler aux côtés de la population que l’on appuie. Une telle proximité oblige les infirmiers en santé mentale à maintenir des limites professionnelles de sorte à protéger l’intégrité des soins, tout en étant en mesure de profiter d’activités amusantes tenues par la base.Les prestataires de soins de santé ne sont pas à l’abri des mêmes « bosses et ecchymoses » que les militaires affectés à l’étranger et leurs familles; il peut aussi leur arriver de composer avec des défis associés à la réinstallation, aux obstacles linguistiques et à l’adaptation à une nouvelle culture. Le fait de reconnaître ce chevauchement rappelle aux prestataires de soins de santé de faire régulièrement le point sur leur santé mentale, tout comme ils encouragent les personnes qu’ils soutiennent à le faire.

Pour ma part, voyager en Europe offre une perspective nouvelle et un renouveau, qu’il s’agisse de visiter un musée en Pologne, de se tenir dans un cimetière de guerre canadien aux Pays-Bas ou d’explorer des sites anciens en Allemagne. L’engagement communautaire a également été une expérience enrichissante. Le bénévolat à l’appui d’initiatives comme le comité de financement de l’unité de la base, les écoles internationales locales et la chapelle de la base ont favorisé en moi un sentiment d’appartenance sur lequel je me fonde pendant les moments difficiles. Dans le contexte d’une affectation à l’étranger, nous dépendons fortement les uns des autres, et si ces communautés existent, c’est grâce à un engagement commun.

La réalisation d’une affectation à l’étranger en tant qu’infirmière ou infirmier en santé mentale, se veut à la fois une responsabilité et un privilège. Bien qu’il ne soit pas toujours facile de vivre à l’étranger, on vit des moments de rapprochement avec des patients, des collègues et des membres de la communauté, lesquels soulignent continuellement la raison pour laquelle il importe vraiment de soutenir la santé mentale du personnel des Forces armées canadiennes, de même que notre propre santé mentale.

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2026-02-13