L’IMF Cape Scott et les mécaniciens de la flotte aident à préparer le NCSM Montréal pour son déploiement
Nouvelles de la Marine / Le 9 mars 2022
Par Joanie Veitch
Lorsque le Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Montréal a quitté son port d’attache, à Halifax, le 19 janvier 2022, les efforts accomplis pour que le navire devienne « transhorizon » ont été l’aboutissement d’une énorme quantité de planification et de préparation.
Cela concernait non seulement l’équipage du navire, mais aussi un grand nombre de membres du personnel de maintenance de la flotte en coulisse – des ouvriers de production et des mécaniciens qui ont travaillé d’innombrables heures pour s’assurer que la frégate de la classe Halifax était prête à prendre la mer.
Leur objectif commun? Faire en sorte que le navire soit pleinement opérationnel pour sa mission à disponibilité opérationnelle élevée, un déploiement de six mois durant l’opération Reassurance – une première pour le Montréal – dans le cadre du soutien continu de la Marine royale canadienne au 2e Groupe maritime permanent OTAN2 (SNMG2) en Europe du Nord.
« La préparation d’un navire comme le Montréal pour une mission à disponibilité opérationnelle élevée est la chose la plus difficile que nous faisons en tant que Marine. Il s’agit d’un processus énorme et d’une tonne de travail – des dizaines de milliers d’heures, a déclaré le capitaine de corvette (Capc) Ian Blay, ingénieur au service Disponibilité opérationnelle technique de la flotte à Halifax.
Dans ce service, le Capc Blay collabore à la fois avec le personnel de l’Installation de maintenance de la Flotte Cape Scott (IMFCS) et le personnel du navire pour s’assurer que tous les travaux d’entretien et de réparation requis pour un déploiement à venir sont désignés et classés par ordre de priorité.
Bien que le calendrier opérationnel des navires de la flotte soit établi selon un cycle de cinq ans, la période de travail la plus intense pour une mission à disponibilité opérationnelle élevée est dans les 18 mois précédant le déploiement du navire.
« Essentiellement, nous examinons ce qui est brisé et que nous devons réparer. La maintenance corrective est la première catégorie de maintenance, mais nous nous intéressons également à la maintenance préventive, c’est-à-dire à ce qui doit être fait pour que les choses ne se brisent pas. Cela nous permet de prendre de l’avance et pour nous assurer que tout se passe aussi bien que possible », a déclaré le Capc Blay.
Au début du calendrier de maintenance, les travaux visent principalement à assurer la sécurité du navire à quai et en mer. Une fois les travaux nécessaires effectués sur la coque, l’inspection et l’entretien des systèmes de lutte contre les avaries et de l’équipement de lutte contre les incendies sont une priorité absolue, avant de passer aux hélices, aux turbines à gaz et au moteur diesel de propulsion, ainsi qu’aux radars de navigation et à d’autres éléments.
L’adage souvent cité selon lequel un navire de guerre doit être capable de flotter, de se déplacer et de combattre nous amène à la phase suivante du calendrier de maintenance : le génie des systèmes de combat.
C’est là qu’interviennent Steve Watters et son équipe de la Division du génie des systèmes de combat de l’IMFCS. Aujourd’hui civil, Steve Watters a servi dans la Marine pendant 17 ans avant de prendre sa retraite en 2007 et de se joindre à l’IMFCS en 2008 en tant qu’officier du génie des systèmes de combat.
Entre les exigences de dernière minute, l’installation de nouveaux systèmes ou logiciels, les fréquents changements de calendrier et de priorité, ainsi que la gestion des défectuosités de plusieurs systèmes et les travaux à effectuer à quai et en mer, il n’est jamais simple de rendre un navire « prêt à partir », a déclaré Watters.
« Chaque déploiement s’accompagne d’installation de nouveaux systèmes ou de logiciels, ce qui entraîne toujours quelques problèmes qu’il faut résoudre. »
Parmi les exemples les plus exigeants de ce type de travail pour préparer le plus récent déploiement de l’Op Reassurance, mentionnons l’installation d’une nouvelle version du logiciel du système de gestion du combat, la résolution d’un problème d’alignement des capteurs qui aurait pu avoir des répercussions sur la capacité de combat du navire, ainsi que l’installation et l’essai de nouvelles radios de la LIAISON 16 afin de remplacer un modèle plus ancien et désuet, a déclaré Watters.
« Être capable de partager les données de contact entre les navires, y compris nos alliés, est un élément clé pour fonctionner efficacement dans une marine moderne.
Parfois, un problème survient juste avant qu’un navire soit prêt à prendre la mer, comme ce fut le cas d’une défectuosité des missiles Sea Sparrow évolués qui étaient chargés. Le problème a été résolu, mais a entraîné un retard dans le calendrier établi, a déclaré Watters.
« Avec l’aide de l’ISEA (organisme de génie en service), le génie des systèmes de surface a pu trouver le problème afin qu’il soit résolu, mais le Montréal a perdu quelques jours de son temps de préparation, car il a dû retourner au dépôt de munitions pour remplacer certains missiles. »
Comme pour tous les déploiements effectués depuis mars 2020, la COVID-19 a ajouté une autre couche de défis. Alors que l’équipage du Montréal, composé de 240 personnes, se préparait au déploiement, le nombre croissant de cas du variant Omicron a fait que la Base des Forces canadiennes Halifax a fonctionné selon un protocole plus restrictif, ce qui a touché les horaires de travail et le moment des essais, car les travailleurs extérieurs peuvent devoir s’isoler pour assurer la sécurité de l’équipage avant de monter à bord.
« La COVID a eu un effet énorme lorsqu’elle est apparue, mais avec le temps, nous avons pu nous adapter. Nous avons adopté davantage un travail par quarts, de sorte qu’il n’y a pas autant de personnes qui travaillent ensemble en même temps, et nous avons mieux réussi à effectuer le travail au début afin de ne pas avoir trop de travail à la fin, a déclaré le Capc Blay. C’est toujours une course à toute vitesse jusqu’à la ligne d’arrivée, mais la COVID la rend encore plus concrète. »
Dans les dernières semaines et les derniers jours précédant la date de départ d’un navire, il est essentiel d’établir un ordre de priorité entre le travail qui doit être effectué à Halifax et celui qui peut être fait à distance, a déclaré Watters.
« Dans ma division, nous sommes toujours près de la date d’échéance, nous essayons de terminer les essais des systèmes et nous continuons de corriger les bogues au fur et à mesure. Il n’est pas rare que nous envoyions des personnes avec le navire pour un jour ou deux lors de son déploiement, puis qu’elles descendent lorsque le navire poursuit sa route, a déclaré Watters. Nous maintenons une communication permanente avec le personnel du navire à bord. C’est vraiment un travail d’équipe, mais l’expertise du personnel de l’IMFCS est essentielle. »