Sous la surface : comment les systèmes autonomes pourraient protéger le Canada

Marine royale canadienne  – 24 septembre 2026

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Des membres de l’équipe responsable des systèmes d’intervention dans les fonds marins utilisent un système d’unité de télésurveillance de l’environnement dans le cadre d’opérations de neutralisation d’anciennes munitions pendant l’opération REASSURANCE dans la Manche, au large de Le Tréport. Photo : Matelot de 1re classe Taylor Congdon.

Les vastes approches maritimes du Canada représentent un défi considérable en matière de surveillance pour la Marine royale canadienne (MRC).

« L’ampleur de notre champ d’action est énorme lorsqu’on pense au littoral canadien et aux eaux côtières », déclare le capitaine de frégate (Capf) Greg Atkinson, chef de section pour les systèmes autonomes à distance au sein de la MRC.

« C’est absolument gigantesque. »

Alors que la Marine étudie la façon dont les véhicules sous-marins autonomes (VSA) pourraient appuyer les activités de surveillance et d’autres opérations, l’étendue des eaux canadiennes demeure un élément essentiel à prendre en considération.

Les VSA sont certes prometteurs, mais le défi va au-delà de la simple acquisition et du déploiement de systèmes autonomes. La MRC doit déterminer s’ils procurent de véritables avantages opérationnels et comment ils peuvent compléter les capacités existantes.

« Est-ce que cela améliore nos capacités? Est-ce que cela les rend plus résilientes lorsqu’un adversaire emploie quelque chose de nouveau ou de perturbateur? C’est à cet égard que nous devons les mettre à l’épreuve », déclare le Capf Phillip Durand, l’un des experts de la MRC en matière d’opérations de lutte contre les drones maritimes.

L’Arctique présente certains des défis les plus complexes pour les systèmes autonomes.

Les distances considérables, les communications limitées, les conditions difficiles et les opérations sous la glace constituent autant d’obstacles importants qu’il faudra surmonter avant que cette technologie puisse être utilisée efficacement dans les eaux du Nord.

« Comment le système communiquera-t-il avec l’utilisateur? Comment sera-t-il alimenté et rechargé? Comment fonctionnera-t-il sous la glace? », demande le Capf Atkinson.

« Cette problématique comporte de nombreuses pièces à assembler. »

Un des domaines où les systèmes autonomes pourraient procurer un avantage opérationnel évident est celui de la lutte contre les mines. L’utilisation accrue de technologies autonomes pourrait permettre d’effectuer des tâches dangereuses sans obliger des marins ou des plongeurs à pénétrer dans des zones à risque.

« Ce que nous cherchons à faire grâce à l’autonomie, c’est retirer la personne du champ de mines », explique le Capf Atkinson.

« L’objectif est d’exécuter toute la gamme des activités de lutte contre les mines, de la détection et de l’identification jusqu’à la destruction, tout en demeurant à une distance sécuritaire de la zone de danger liée aux mines. »

La MRC collabore avec Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC) et d’autres partenaires. Les chercheurs réalisent des essais pour mettre à l’épreuve les systèmes autonomes dans des conditions maritimes réalistes et examiner la manière dont ils pourraient contribuer aux opérations ultérieures.

« Ce que nous faisons aujourd’hui, c’est tirer parti des travaux réalisés par RDDC en fournissant une capacité suffisamment mature qui pourrait facilement être intégrée aux exercices opérationnels, tout en contribuant à définir les besoins », déclare le Capf Atkinson.

La Marine accorde une attention particulière à l’autonomie elle-même

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L’équipage du NCSM Shawinigan et des membres de l’Unité de plongée de la Flotte (Atlantique) utilise un système d’unité de télésurveillance de l’environnement pour repérer des mines d’exercice.
Photo : Caporal-chef Anthony Laviolette

Même si les véhicules sans équipage existent déjà, leur réussite dans l’avenir pourrait dépendre de la réduction du niveau de supervision humaine nécessaire à leur utilisation.

 « Ce que nous surveillons, c’est l’autonomie de ces systèmes, leur capacité à naviguer de façon autonome et à accomplir la mission par eux-mêmes », indique le Capf Durand.

« Car à l’heure actuelle, nous avons un opérateur pour chaque type de système sans équipage. Nous devons augmenter cette capacité. » 

Une autonomie accrue pourrait éventuellement permettre à un seul opérateur de superviser plusieurs systèmes, ce qui étendrait la portée de la Marine sans nécessiter une augmentation proportionnelle des effectifs.

À plus long terme, les systèmes autonomes pourraient jouer un rôle de plus en plus important dans la surveillance maritime, les opérations de lutte contre les mines et d’autres missions navales. Pour la MRC, cependant, le succès ne sera pas mesuré par la technologie elle-même, mais par l’avantage opérationnel qu’elle procure aux marins.

En définitive, chaque nouvelle capacité doit répondre à la même question :

« De quoi un marin a-t-il réellement besoin pour accomplir son travail lorsque les conditions se détériorent, et pour terminer sa mission et rentrer chez lui sain et sauf? », conclut le Capf Durand.

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2026-09-25